Les méthodes dites « naturelles » de contraception

Un écolo ne rejette pas toutes les techniques, seulement celles qui nous mettent en déséquilibre avec la biosphère. Alors, que peuvent penser les écolos des méthodes de contraception ? D’abord qu’elles sont nécessaires. La fécondité humaine laissée en liberté ne peut qu’accentuer l’explosion démographique et le niveau de surpopulation. Comme l’écrivait Malthus en 1798, « Nous pouvons tenir pour certain que, lorsque la population n’est arrêtée par aucun obstacle, elle va doubler tous les vingt-cinq ans, et croît de période en période selon une progression géométrique ». C’est pourquoi en matière de fécondité il opte pour l’obstacle « privatif » qui résulte d’une faculté de l’espèce humaine qui le distingue des animaux ; à savoir, la capacité de prévoir et d’apprécier des conséquences éloignées de ses actes. Sinon il y a obstacle « destructif » quand la population augmente au delà des moyens de subsistance. Si nous ne prenons pas nos responsabilités c’est la nature qui se charge de réguler la démographie humaine : « l’insalubrité des grandes villes, toutes les espèces de maladies et d’épidémies, la guerre, la peste, la famine », écrivait Malthus. 

                Mais Malthus, étant donné son statut de pasteur et ses convictions de l’époque, prônait la « contrainte morale » en matière de maîtrise de la fécondité : l’absence de mariages précoces jointe à la chasteté avant le mariage. C’est dans la lignée de ce message que s’inscrit l’Eglise catholique en ajoutant quelques notes de modernité. Le pape Jean-Paul II a fait la promotion de différentes méthodes de PFN (planification familiale naturelle) : méthode symptothermique, méthode de l’ovulation, méthode dite marquette. Ces méthodes sont fondées sur des processus naturels et non invasifs. Mais il faut bien avouer que les signes de fertilité ne sont pas toujours cohérents et clairs. Le moment de l’ovulation est imprévisible, même chez les femmes dont le cycle est régulier. Et il existe tant de situations où l’approche PFN devient l’inverse de l’idéal*.

                De toute façon les méthodes « naturelles » ne sont en rien naturelles : prendre sa température tous les jours ou observer la glaire cervicale ou bien interrompre l’acte sexe font injure à la nature du sexe. Aujourd’hui pourtant, selon un article du MONDE**, près d’une Française sur dix opte encore pour les méthodes de contraception dites naturelles (observation du cycle d’ovulation ou coïtus interruptus).  Tel couple avait opté pour le retrait avant éjaculation, cela a complètement gâché la relation sexuelle : elle lui disait tout le temps de faire gaffe. Et tous les mois, ils attendent ensemble la venue des règles « avec inquiétude ». Il est vrai qu’il y a aussi présence dans le liquide pré-éjaculatoire de spermatozoïdes capables de féconder l’ovocyte. D’un autre côté la prise quotidienne d’hormones dérègle pour partie la nature de la femme. Alors le stérilet paraît la meilleure méthode : un stérilet cuivre c’est environ 30 €, remboursé à 60 % et ça dure en moyenne 5 ans. Notons que cette contraception légèrement technicisée est bien préférable aux plus de 200 000 interruptions volontaires de grossesses décomptées chaque année dans la France actuelle.

* Dans les pas de Saint François d’Assise (l’appel de Jean-Paul II en faveur de l’écologie) de Marybeth Lorbiecki (546 pages, 23 euros)

** LE MONDE du 12 août 2014, La contraception « naturelle » de plus en plus prisée

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1 réflexion sur “Les méthodes dites « naturelles » de contraception”

  1. le stérilet est fait en polyethylène recouvert d’ un fil de cuivre .
    Un bon moyen contraceptif mais la stérilisation serait plus adaptée aux grosses « pondeuses » d’ Afrique et d’ Asie et est radicale .

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