les parlementaires pensent-ils?

LeMonde du 14 juillet nous informe que les centrales thermiques solaires à concentration produisent un kilowattheure au coût de 10 à 20 centimes d’euros (sous le soleil du Sahara). Pas assez compétitif face au kWh nucléaire ou fossile, entre 3 et 5 centimes d’euros ? La réponse paraît évidente pour les parlementaires italiens qui viennent de relancer le nucléaire vingt-deux ans après son arrêt total (référendum de novembre 1987, quelques mois après la catastrophe de Tchernobyl). Nos parlementaires français ne font pas mieux en relançant l’EPR.

A la crise écologique s’ajoute une crise de la représentation démocratique concernant la prise de décision. Car on ne peut comparer les prix de deux énergies de source fondamentalement différente. Le solaire est une énergie renouvelable, nucléaire et fossile sont non renouvelables : 40 ans de réserves pour le charbon, 50 ans pour le gaz, 60 ans pour l’uranium. Or brûler des ressources limitées, c’est comme brûler sa propre maison et vivre dans la rue avec ses enfants. Il y a l’aspect émissions de gaz à effet de serre qui se répercutera dans l’avenir, il y a aussi l’entropie : l’énergie utilisée ne sera jamais récupérable par nos enfants. Le nucléaire ajoute même le fait que les déchets seront à la charge des générations futures.

Si les générations futures avaient le droit de vote, il n’y aurait dans le monde que l’exploitation de sources d’énergie renouvelables. Alors, on peut se poser quelques questions : Les parlementaires énergivores font-ils des enfants ? Les parlementaires pensent-ils aux enfants des autres ? Les parlementaires pensent-ils ?

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15 réflexions sur “les parlementaires pensent-ils?”

  1. Tout n’est pas chiffrable et il est des libertés sur lesquelles mettre des prix est dérisoire. Mais je parle de fixer des prix sur des produits. Combien ca coute un produit avec le moins d’impact sur son environnement (sociale et environnement) ? Payons ce prix, payons le produit au prix qu’il coute à la planète. Tant que l’on fonctionnera avec une économie capitaliste se sera malheureusement l’unique solution, et quand on voit comment on sy’ accroche on peut dire qu’on en est pas encore sorti.

  2. Fixer des prix ? Le juste prix ? Je voudrais bien !

    Mais le travail de la nature possède une valeur si incommensurable avec tout ce que l’on peut chiffrer en euros (ou en dollars) qu’il paraît absurde de tenter même de le faire.

  3. Ce n’est qu’une question d’argent certes mais aussi de vision des choses. On ne met pas encore de chiffre sur l’environnement : combien ça coute de respirer de l’air propre?
    Il faut fixer des prix en fonction de l’impact sur la planète pour que l’on paye le juste prix. Je conseil a ceux qui ont avancés des arguments un peu vide de sens de regarder the story of stuff. C’est déjà un début pour ceux qui apparemment ne connaissent rien en environnement.
    Sinon le blog offre juste la possibilité aux abonnées de faire un blog et ne contrôle pas ce qu’il s’y passe, moi je trouve ce blog pas trop mal écrit, on peut pas reprocher à un bloger de ne pas assez développer un sujet qui fais déjà couler autant d’encre (elle va devenir quoi avec l’informatique cette expression? ) c’est pas vraiment le lieu, même si il faut parler du fond!

  4. Bonjour,
    Je ne comprends pas les réactions négatives d’Axel, LorD, JF de Lauzun. Je trouve leurs réactions étranges: soit pas d’argument, soit des arguments fallacieux ou qui écartent une partie de la vérité.

    Exemple, le coût d’une énergie. Le pétrole, le gaz, le charbon, le nucléaire ont toutes été fortement subventionnées. Sans ces subventions, on aurait dit: « le moteur à explosion? trop cher par rapport à la vapeur! »
    Donc le coût actuel d’un énergie est un faux débat. Une analyse de prix implique un coût initial, une durée d’exploitation, une diminution du coût marginal… Exemple: Sur 50 ans, quel sera le coût moyen du solaire à concentration s’il est développé à hauteur de XXX GW?

    Tout changement majeur de société démarre avec une prise de risque. Or le pari d’une nouvelle politique énergétique (sobriété + énergies renouvelables) peut être gagné. Ce n’est qu’une question d’argent (peut-être même pas autant dépensé pour le nucléaire); et de l’argent nous en avons dépensé récemment; par centaines de milliards.
    Et nous avons tout a gagné de ce pari: indépendance énergétique, absence de pollution, emplois salariés, richesses crées en France (au lieu d’importer de l’énergie)… En faisant chuter les prix de ces technologies elles s’exporteront sur la planète entière, et créront de l’emploi local

  5. Sans entrer dans le débat, je considère comme Axel que cet article est bien trop pauvre pour metiter de figurer sur lemonde.fr

    Les rédacteurs doivent être partis en vacances…

  6. Pourquoi Le Monde héberge-t-il de pareils blogs?

    Le journal augmente surement son trafic internet, en revanche du côté de la qualité on est en chute libre

  7. LorD : Je ne vois pas l’obscurantisme dans cet article, simple constat que nous ne calculons pas les projets à long terme, que nous ne payons pas le cout des choses car nous n’incluons pas la chance laissé aux générations futures. Je pense qu’on peut plutôt parler de ton ignorance, et de ta non fiabilité intellectuelle, tu n’avances AUCUN arguments, je remercie Adrien pour son commentaire.
    A oui au fait l’entropie colle pas non plus trop mal avec ce qu’il dit : la transformation est irréversible, création d’entropie bon après le système thermodynamique à étudier dépasse un peu mes compétences mais l’idée est que chaque goutte de pétrole aujourd’hui consommé est une goutte perdu, regarde le monde autour de toi et demande toi ou il n’y a pas de pétrole??!

    Je finirai par dire arrêtons de tout attendre de la recherche : la recherche est longue est ne donne pas toujours les résultats escomptés, je suis bien sur pour que l’on se donne les moyens de faire révolution technologique immense. Mais notre meilleur arme c’est le changement, on ne peut pas continuer a consommé comme nous le faisons. (et moi j’ai pas de voiture je fais du vélo et du métro alors toc)

  8. Il faudrait quand meme revenir aux bases de la physique: il n’existe pas a proprement parler d’energie renouvelable dans un systeme clos ( loi de la thermodynamique). Ce qui veut dire que l’energie solaire, nous la prenons a un endroit qui est censé la recevoir, que l’energie eolienne, nous la prenons a ceux qui sont derriere les pales sous le vent, etc. Bien entendu, la part de ce que nous prelevons est infime au debut, mais il en allait ainsi des premiers pompages de petrole.
    la seule source vraiment renouvelable serait d’aller prelever de l’energie solaire hors de la terre ( par exemple sous forme de capteurs solaires deployés dans l’espace sans ombre portée sur la Terre). Mais ce type de projet consommera peut etre plus d’energie qu’il en rapportera ( a cause du cout energetique de satellisation, sans parler du reste).
    On comprend donc que la solution reside dans deux axes
    1) la moderation energetique et la preservation des potentiels ( isolation optimale)
    2) l’augmentation de l’efficacité des moteurs ( de toutes sortes), du transport et du stockage de l’energie.
    – Les cables electriques ont une deperdition atroce.
    – les moteurs humains ont une efficacité nulle par rapport aux moteurs biologiques ( ne serait ce qu’un muscle animal). Il faudrait s’en inspirer ou les utiliser.

    Tout ceci ne peut etre mis en place que si une nouvelle forme de comptabilité prend en compte la realité des bilans energetiques ( et environnementaux bien entendu). Cela necessite beaucoup d’expertise scientifique et de courage politique, et ceci à l’echelle mondiale (cela ne sert a rien d’etre le seul continent energetiquement modéré si les 4 autres se goinfrent; idem pour la pollution).
    On peut donc craindre que l’humanité ne se resolve a mettre en place ces pratiques que lorsqu’elle sera acculée par des menaces imminentes. Ce qui est regrettable, car on risque de retourner a une civilisation energetique equivalente a celle du 19eme siecle AVEC la société qui va avec ( exploitation maximale des classes sociales pauvres). Ce serait un retour en arriere tres triste. Personnellement je trouve que l’on en voit les premices. Mais qui sait peut etre que l’humanité sortira au dernier moment un atout de sa manche?

  9. Le constat est la : les energies renouvelables ont un prix plux eleve aujourd’hui que les energies fossiles.
    La notion de cout total serait interressante a regarder.
    Mais le plus important c’est de travailler pour reduire ce surcout. L’innovation et les effets d’echelles reduiront les couts mais pour cela il faudrait que le marche des energies renouvelables soit stimule plus efficacement par les Etats.
    Il serait interressant de connaitre le cout d’un kw/h en 1930 pour le petrole et en 1960 pour le nucleaire.
    PS: desole pas d’accent sur mon clavier qwerty
    PS2: le but d’un blog est de partager de l’information, des points de vue, … Il n’est pas necessaire de vouloir prouver a tous que l’on est le seul a avoir raison.

  10. Je suis effaré par les mails de LorD et de JF de Lauzun. Tous deux reproduisent une pensée stérile qui cache un gros, gros manque d’argument et qui en l’absence manifeste de ces derniers, finissent par agacer. Que l’on soit écolo ou pas, d’ailleurs!

    JF de Lauzun tout d’abord, qui reprend la bonne vieille rengaine selon laquelle les écologistes ne sont que des donneurs de lecons (faites ce que je dis, pas ce que je fais). En effet tous les écologistes ne seront aptes à formuler des critiques que lorsqu’ils auront consenti à dépenser les millions d’euros nécessaires à l’achat d’une voiture solaire. C’est un peu comme si on demandait à un harki qui réclame son droit à la retraite d’ancien combattant de d’abord se convertir en SDF, position qui lui permettra ensuite de faire valoir ses positions en toute honnêteté intellectuelle. À vomir!

    LorD ensuite, qui discrédite l’ensemble de l’article du journaliste en fustigeant une méconnaissance de la notion d’entropie — mais sans prendre la peine de l’expliquer lui-même. Navrante également la mise en scène de sa supériorité intellectuelle — « j’ai un cerveau, toi pas » — qui cache difficilement son incapacité à voir plus loin que le discours officiel sur l’enfouissement des déchets nucléaires: je souhaite voir le jardin de LorD demain choisi par l’Etat francais pour un tel destin, et l’observer ensuite se ronger les ongles en voyant ses enfants jouer dans la zone, essayant de s’auto suggérer qu’il n’y a aucun danger… mais pas sûr qu’il apprendrait la lecon, le bougre!

    Allez les enfants, prenez cette article comme il est: un point de vue!

  11. J’ignore si il a une voiture mais il n’a visiblement aucune connaissance en ce qui concerne l’entropie. Plutôt que de raconter n’importe quoi il serait peut être temps d’aller se renseigner sur les solutions de gestions des déchets nucléaires, surtout quand on tient un blog (public) sur l’écologie.
    Bref mensonges, malhonnêteté, aveuglement idéologique, non fiabilité intellectuelle, incapacité à se forger une opinion en fonction de sources valables, obscurantisme total sont l’apanage de nombreux écologistes. Plutôt que de s’occuper des déchets d’autrui ils feraient mieux de s’occuper de ceux qu’ils ont dans leur tête avant de répandre leur pollution verbale aussi nocive que de l’uranium en plein air pour la démocratie.

  12. Séraphin de la Garaudière

    En France, les parlementaires pratiquent très bien la pensée technique (droit,économie, gestion, réglementation) et la pensée démagogique et conformiste qui consiste à flatter les penchants grégaires et naturellement conservateurs de l’électeur franchouillard.
    Sont-ils capables de se dégager des contingences, d’innover, de briser le moule ?
    Non, le vrai changement vient toujours de la rue (Mai 68) ou de la société civile (invention d’internet).
    Pensée unique, corporatisme, lobbies, dictature du scientisme et de certaines administrations (qui sont des États dans l’État) verrouillent complètement le système. Penser autrement est hors de portée des « élites », débordées par leurs tâches quotidiennes (travailler + pour gagner + et penser moins!).
    Entre deux révolutions, la technique la plus efficace est le changement individuel, comme on commence a le constater actuellement : les super marchés se vident, le secteur bio explose, les voitures françaises bruyantes, polluantes, cancérigènes et allergisantes (because diesel) séduisent de moins en moins. Donc, nos élites commencent un peu à s’affoler et à penser à de nouveaux produits moins toxiques (enfin!), aux voitures électriques (gros sujet tabou il y a encore peu de temps) etc.
    Affolons les de plus en plus, voilà la solution pour qu’ils commencent à penser!

  13. Il manque quelques aspects des données :
    1) les déchets nucléaires produits pour notre confort dureront des milliers d’années, et il est impossible de prendre en compte « économiquement » une telle durée :qui payera pour leur stockage dans 350 ans, ce coût a-t-il été comptabilisé ?
    Mais le marché (qui a TOUJOURS RAISON) le préfère, et pour cause : le marché ne sait pas prendre en compte le facteur temps au delà de, allez… 60 ans.
    Dire que nos descendants nous jugeront, et j’ai un peu honte.
    2) A combien évaluez vous l’heure de vie humaine dans vos calculs ?
    Sachant que les leucémies sont plus fréquentes aux abords des centrales, compte tenu de Tchernobyl, compte tenu des maladies constatées auprès des travailleurs de l’industrie du nucléaire, je me demande si vos calculs de centime par kwh sont à même de fournir une réponse CIVILISATIONNELLE plutôt qu’économique.

    Nous vivons dans une drôle de société qui se dit « évoluée » mais qui place en critère premier la rentabilité de morceau de papiers face à la vie humaine.

    Et enfin, je me réjouis pour les actionnaires italiens et les autres de cette bonne nouvelle ( pour eux), mais on sait déjà au service de qui travaillent « nos » gouvernants.

  14. Le monsieur qui a écrit cet article a-t-il une voiture ou voyage-t-il en transport solaire? L’énergie nucléaire a un avenir qui est la fission nucléaire sans compter que l’on peut faire des centrales avec le Thorium en lieu et place de l’uranium (les réserves de Thorium sont 4 fois supérieures à celles de l’uranium).

    De plus, on n’a pas de solution équivalente à l’essence pour les voitures. La solution ici passe sans doute par des solutions de synthèse de l’essence à partir du charbon (stocks bien plus importants encore) ou du bois (renouvelable).

    Il faut conserver une certaine foi en la science et la recherche.

    De plus, dans quelle mesure les agitations récentes d’hommes politiques comme Al Gore ne cachent-elles pas des pressions sur des pays en développement comme la Chine et l’Inde pour qu’il ne concurrencent pas sur le marché du pétrole les pays profiteurs développés?

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