Le bouddhisme repose sur le principe d’interdépendance universelle, le taoïsme fonde l’harmonie sur un respect des équilibres spontanés dans le cosmos, le zen estime que le véritable corps humain est l’univers tout entier. Dans l’hindouisme, il n’y a pas l’idée que l’animal et la nature soient inférieurs. Les adeptes du jaïnisme se déplacent avec un masque sur la bouche de crainte d’avaler un moucheron et balayent devant eux pour éviter d’écraser le moindre vermisseau. Toutes les tribus indiennes ont en commun l’expression Père-Ciel et Mère-Terre, vision de l’univers en étroite liaison avec les écosystèmes.
Dans ces conceptions, l’idée d’une hiérarchie parmi les êtres n’existe pas puisque la notion de parenté ne se rapporte pas uniquement aux membres d’une famille ou d’un clan, elle inclut tous les êtres de l’environnement. Les monothéismes au contraire nous ont fait devenir anthropocentriques.
Lire, Définir anthropocentrisme, biocentrisme, écocentrisme
L’historien américain Lynn Townsend White (1907-1987), lui-même presbytérien, n’était pas un ennemi du christianisme. Mais, en mars 1967, ce médiéviste spécialisé dans l’histoire des techniques émet une thèse subversive : la crise écologique a été rendue possible par l’émergence, au cours du Moyen Age européen, d’une interprétation du christianisme qui en a fait « la religion la plus anthropocentrique que le monde ait connue ».
Lire, Les racines historiques de notre crise écologique (1967)
Certains versets de la Genèse dans l’Ancien Testament placent l’homme en surplomb de la nature. Il y est écrit que Dieu « créa l’homme à son image » et lui dit : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la Terre et soumettez-la. Soyez les maîtres des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, et de tous les animaux qui vont et viennent sur la Terre. » La sécularisation moderne ne constitue pas la mort du christianisme, mais opère un transfert de cette souveraineté religieuse en mission terrestre, avec l’entreprise coloniale et l’exploitation massive de la Terre. A cette généalogie religieuse de la morale économique s’en ajoute une autre, juridique : la conception libérale de la propriété privée, qui permet l’appropriation du monde. Dans son Second Traité du gouvernement civil (1690), l’idéologie propriétaire devient « un absolutisme propriétaire, qui consiste à pouvoir faire ce qu’on veut avec ce qui nous appartient. » Cette approche, qui fonde le droit moderne, est doublement problématique, puisqu’elle conduit à une privatisation des ressources tout en niant les dégâts causés par l’usage d’un bien, comme les pollutions.
Lire, L’homme, despote, intendant de la nature, petite partie ?
L’approche de John Locke trouve, elle aussi, sa justification dans une lecture de la Genèse. Le péché originel conduit l’homme à devoir travailler à la sueur de son front. Alors, « l’être humain ne vit plus dans une situation d’abondance qui lui permet de vivre sans travailler, mais doit au contraire travailler pour vivre ». Pour Locke, c’est donc le travail qui offre un droit naturel à s’approprier les choses. Avec ce « lien puissant entre travail et appropriation », le philosophe critique les Amérindiens, qui ne produisent pas et négligent donc une nature confiée par Dieu : cela justifie de les déloger d’un territoire qu’ils sont inaptes à faire fructifier. C’est cette vision « despotique » qui s’est imposée jusqu’à l’encyclique Laudato si, qui dote l’Eglise d’une doctrine nouvelle, l’écologie intégrale, et appelle les fidèles à une « conversion écologique ». Sa portée révolutionnaire se résume en une formule, répétée une dizaine de fois : « Tout est lié. » Le pape François condamne l’interprétation « despotique » au profit d’une autre, dite « de l’intendance », selon laquelle l’homme n’est pas là pour maîtriser la nature, mais pour prendre soin d’un jardin qui lui a été confié. Elle se justifie par le verset « Dieu vit tout ce qu’il avait fait ; et voici : cela était très bon » qui change la perspective : toute la Création est bonne en soi, et mérite donc un égard pour elle-même.
Lire aussi, Religion catholique et écologie : comparaison papale

– « Les causes de la crise contemporaine sont très complexes.
Dans l’encyclique Laudato si’ , le pape François voit dans la « mondialisation du paradigme technocratique » et l’« anthropocentrisme moderne » les causes principales de cette crise, soulignant qu’« il n’y a pas deux crises séparées, l’une environnementale et l’autre sociale, mais une seule et complexe crise socio-environnementale ». Il y a en effet, selon le pape, une « relation intime entre les pauvres et la fragilité de la planète » qui l’amène à « la conviction que tout est lié dans le monde » […] Le pape François considère que la crise écologique est un « appel à une profonde conversion intérieure » […] La terre n’est cependant pas une déesse : la protection de l’environnement ne doit pas devenir une nouvelle religion intégriste, inflexible dans sa dogmatique parfois aveugle, avec ses prêtres et ses prêtresses voués au culte de Gaïa et imposant leur diktat écologique sur cette terre et ses habitants. [etc.] »
( Sauvegarde de la Création – Wikipédia )
Le pape François vient de mourir. De mon point de vue… Pâques n’est pas non plus le meilleur moment pour bouffer du curé.
– « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la Terre et soumettez-la. Soyez les maîtres des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, et de tous les animaux qui vont et viennent sur la Terre. » (Genèse 1:28)
Celle-là, ou celui-là, verset, ou «argument», les zécologistes-malthusiens (pléonasme) bouffeurs de curés l’adoooorent. C’est d’ailleurs là-dessus qu’ils ont fondé leur religion.
Je le disais hier (à 18:40), le problème avec les textes sacrés c’est que chacun peut les interpréter comme bon lui semble. ( à suivre )
Elu au siège de Pierre en mars 2013, l’Argentin Jorge Mario Bergoglio, est bien mort ce lundi 21 avril, à l’âge de 88 ans. Le pape François a été un défenseur inlassable des pauvres, des migrants, de la planète saccagée, de l’entente interreligieuse. Le nom qu’il a choisi fait référence à François d’Assise, « l’homme de la pauvreté, l’homme de la paix, l’homme qui aime et préserve la Création ». Le 22 décembre 2014, cardinaux et évêques de la curie romaine écoutent François transformer la traditionnelle cérémonie de vœux de Noël en une charge ravageuse contre les maux dont souffrirait l’administration vaticane : « Alzheimer spirituel », « schizophrénie existentielle », « pétrification mentale et spirituelle », « terrorisme du bavardage », « maladie du visage funèbre ». Il publie le premier texte magistériel d’un pape sur l’écologie, qui est aussi une dénonciation en règle des rapports économiques mondiaux. (à suivre)
(suite) Mais sur le fond, le pape argentin est parfaitement en accord avec la doctrine de l’Eglise, que ce soit sur le mariage, la contraception ou l’IVG. Il a comparé le recours à l’IVG à l’embauche d’un « tueur à gages ». Contre l’avortement et l’euthanasie, il défend « la vie, de la conception à sa fin naturelle ». Il s’emporte contre « la culture du déchet », qui aboutit à mettre au rebut les plus faibles, les personnes âgées comme les embryons. Il qualifie de « prophétique » la condamnation de la pilule par Paul VI en 1968.
Cependant, Bergoglio juge contre-productif de brandir sans cesse une liste d’interdits. Les enseignements de l’Eglise, dit-il, « ne sont pas tous équivalents » et le cœur du message chrétien doit être d’abord un appel à la charité et à la justice avant d’être une exigence de tempérance.
Je le crois sincèrement préoccupé du sort des miséreux d’ où qu’ ils viennent, mais Il eût été bien inspiré de les pousser à se reproduire de façon raisonnée et non de façon lapinesque , ce qui aurait évité bien des morts (migra,nts morts en mer) et des souffrances : paix à son âme même si j’ étais en total désaccord avec lui sur l’ accueil bisounoursique et dément des (im)migrants .
(suite à 10:30) C’est justement ce que nous racontent ces articles de Biosphère mis en lien, et qui commencent à dater. Ainsi selon un certain point de vue… ce célèbre «Soyez féconds et multipliez» peut s’entendre de cette façon :
P.739 : «… lorsque le nombre des hommes, tel qu’il est prédéterminé, aura été rempli, alors certes on devra s’arrêter de faire des enfants ! Mais à présent, il faut bien que les humains coopèrent à l’élaboration de l’image de Dieu, tant que le monde subsiste et que son édification se poursuit. Croissez et multipliez, a-t-il été dit […] ». («Soyez féconds et multipliez» (Genèse 1,28) Maurice GILBERT – Nouvelle Revue Théologique ; nrt.be/fr/ )
Quoi qu’il en soit la Bible fourmille de passages dans lesquels Dieu ordonne aux hommes de prendre soin de la Terre. Faire comme s’ils n’existaient pas n’est pour moi qu’un signe de mauvaise foi.
– Étude biblique : Prendre soin de la planète de Dieu (tearfund.org)
(à suivre )
(et fin) Bref, comme je suis agnostique et que je n’ai donc rien d’une grenouille de bénitiers je pourrais très bien m’en foutre. Sauf que je me dis que l’Écologie n’a rien à gagner avec ce genre de « débats ».
J’invite donc les zécologistes-bouffeurs de curés (de papes, d’imams ou du rabbins peu importe) à se focaliser plutôt sur les véritables racines de la Crise écologique, économique, politique, culturelle, intellectuelle etc. tout est lié !
– « La seule religion qui nous emmerde, c’est la religion capitaliste » (Bernard Friot , 2023)
– Le capitalisme comme religion (Walter Benjamin – voir Wikipédia)