Les réseaux sociaux, niet, à supprimer

Le temps passé sur les écrans ne cesse d’augmenter. En France, 42 % des adolescents de 12 à 17 ans passent entre deux et cinq heures par jour sur leur smartphone, en majorité sur les réseaux sociaux, 9 % y passant plus de cinq heures. Au terme de cinq années d’enquête, l’Agence nationale de sécurité sanitaire rend publique le 13 janvier 2026 une vaste expertise scientifique sur les risques que font peser ces plateformes sur la santé des 11-17 ans.

Pascale Santi : L’Anses s’est appuyée sur un groupe d’une cinquantaine d’experts dans différentes disciplines (épidémiologie, pédopsychiatrie, biologie, neurosciences, science de l’information, etc.) et plus d’un millier d’études scientifiques, ce qui a donné lieu à un volumineux rapport de 522 pages. Au cœur des préoccupations, le modèle économique des plateformes. Fondé sur la monétisation des données personnelles et de l’attention des utilisateurs, il vise à maximiser le temps passé en ligne. Pour y parvenir, les entreprises utilisent des stratégies de captation de l’attention : déroulement infini de contenus, notifications, likes, interfaces manipulatrices (dark patterns) et algorithmes proposant des contenus ultrapersonnalisés. Ces algorithmes peuvent générer un “effet spirale”, enfermant les jeunes dans des contenus de plus en plus ciblés, parfois extrêmes. Autant d’éléments qui peuvent « induire une perte de contrôle des utilisateurs », illustrée par ce défilement répétitif de la main appelé « scrolling ». Un risque d’autant plus marqué que l’adolescence est « une période charnière de construction de son identité, de maturation cérébrale et de vulnérabilité.

L’agence souligne des effets « multifactoriels » et négatifs sur la santé mentale et physique des jeunes. Le sommeil est l’un des premiers concernés : coucher plus tardif, difficulté d’endormissement, sommeil plus court… Les réseaux sociaux représentent également un facteur de risque de troubles anxiodépressifs… L’Anses met aussi en lumière l’impact de certains contenus centrés sur l’image et l’apparence physique, susceptibles d’altérer l’estime de soi, de valoriser la maigreur… L’agence pointe un autre risque majeur : les cyberviolences et le cyberharcèlement, amplifiés par la quête de validation sociale par les pairs (avec les likes, les commentaires…)

Il reste désormais au législateur la responsabilité de traduire ces constats scientifiques en mesures concrètes.

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Comment vivre sans les réseaux sociaux ?

extraits : Vivre sans smartphone, c’est possible. Tous les parents sans exception devraient interdire l’usage d’un smartphone par leurs enfants. Et le meilleur moyen pour arriver à ce résultat, c’est que les parents se passent eux aussi de smartphone et de réseaux sociaux. Dans les années 1950 en France, il n’y avait ni téléphone, ni téléviseur, encore moins d’ordinateur et de numérisation de notre monde. On s’en portait très bien, on peut se satisfaire des petits riens dans l’existence, aller au travail à pied, discuter avec le voisins, aller au bistrot du coin, faire une belote en famille, laisser les enfants jouer dans le jardin…

Le Danemark vent debout contre les écrans

Mette Frederiksen, première ministre du Danemark :« Nous avons accepté les téléphones portables dans la vie de nos enfants avec les meilleures intentions. Pour qu’ils puissent appeler à la maison et communiquer avec leurs amis. Mais, en réalité, nous avons libéré un monstre… Jamais auparavant autant d’enfants et d’adolescents n’ont souffert d’anxiété et de dépression … Beaucoup ont des difficultés à lire et à se concentrer… Sur leur écran, ils voient des choses qu’ils ne devraient pas… 60 % des garçons âgés de 11 à 19 ans ne voient pas un seul de leurs amis physiquement pendant leur temps libre au cours d’une semaine… »

Caroline Stage Olsen, ministre danoise du numérique : « Nous avons été trop naïfs. Nous avons confié la vie numérique de nos enfants à des plateformes qui n’ont jamais eu à cœur leur bien-être. Ils ont été les pions d’une gigantesque expérience dans laquelle des algorithmes et des fonctionnalités addictives ont été autorisés à contrôler leur quotidien. Cela doit cesser maintenant. » (extraits)

« Pas d’écrans avant 13 ans », c’est un minimum

extraits : Auparavant, les enfants vivaient des aventures, ils circulaient librement à vélo, exploraient les bois. Le jeu libre était un espace où ils pouvaient s’amuser et grandir de façon autonome. Ils vivaient des expériences essentielles au développement du cortex cérébral frontal et de leurs aptitudes sociales. Plus aujourd’hui avec les écrans. Les contenus créés par des intelligences artificielles les rendra encore plus accros aux écrans. Tout cela se terminera mal, très mal….

6 réflexions sur “Les réseaux sociaux, niet, à supprimer”

  1. Des contournements d’un contrôle de l’usage des réseaux sociaux sont toujours possibles, mais refuser le contrôle faire le jeu de la rhétorique libertarienne des plateformes. Qui peut prétendre qu’il faut s’abstenir de lutter contre un fléau sous prétexte que certains vont contrevenir aux règles édictées ?

    1. Oui, vous avez raison. Ce n’est là encore qu’un de ces arguments à la con que font valoir ceux qui s’accommodent très bien de toute cette merde.
      Ceci dit, je ne vois toujours pas trop en quoi consisterait cette lutte, digne de ce nom, contre ce fléau. Qui de toute façon reste intimement lié à celui d’Internet, lui même lié à celui des écrans en général, lui même lié à notre mode vie, etc. etc.
      Notre mode de vie qui est un véritable fléau pour la planète, le climat, la biodiversité, l’avenir des générations futures. Et en même temps une véritable catastrophe pour notre santé, à commencer par celle de nos cerveaux.

  2. ON sait que c’est toxique à tous points de vue. Mais non, au lieu de carrément l’interdire, ON blablate au sujet du «bon âge», du nombre heures max par jour, et des conneries comme ça.
    En disant ça comme ça ON pourra penser que je ne suis pas logique, moi qui ne cesse d’en appeler à la juste mesure. Un verre ça va, trois verres bonjour les dégâts. C’est cl’à oui. Un verre de quoi d’abord, de Ricard ? Et le whisky alors, et la vodka et j’en passe. Et puis comme s’il n’y avait que l’alcool, qui tuait lentement. 😉
    Nos pauvres jeunes, pas qu’eux d’ailleurs, ON les empoisonne de tous les côtés. Comme ici avec ces saloperies de réseaux sociaux, dont les dégâts sont indéniables, notamment sur les cerveaux.
    Comment pourrait-ON alors prendre les bonnes décisions, avec des cerveaux dans cet état ?
    Bonjour le cercle vicieux. Et c’est ainsi qu’ON avance des arguments à la con, comme ce fumeux risque de marginalisation. (à suivre)

    1. Esprit critique

      (suite) Sans les réseaux, aujourd’hui les relations sociales sont impossibles !
      Et sans Smartphone je vous dis pas. Et puis notre sacro-sainte liberté d’expression.
      ON raconte aussi que privés de cette merde nos pauvres petits junkies pourraient se tourner vers d’autres bien pires. Le Ricard par exemple. Et en même temps ON fait valoir les difficultés techniques pour mettre en place une telle interdiction. Bref, n’importe quoi !

      Et finalement, vu que tout ça est trop compliqué, et qu’en Démocrassie les interdictions c’est pas le Top, il ne nous reste donc plus que… l’éducation.
      ON va donc «sensibiliser» encore plus nos chers petits, aux dangers des réseaux.
      Autrement dit, «responsabiliser» des irresponsables.
      Pour les jeux vidéos ON verra plus tard. Et le reste n’en parlons pas. (à suivre)

      1. Esprit critique

        (et fin) Sans oublier l’accompagnement. L’assistance, si vous préférez.
        Bonjour Tiktok-Assistance. Et là ON va «accompagner» nos pauvres petits, leur tenir la main, pour qu’ils pianotent bien et comme il faut. Pas trop mais suffisamment quand même, autrement dit juste ce qu’il faut. La juste mesure quoi.
        Et puis responsable, équitable, durable et tout le toutim.
        Bref, hypocrisie et foutaises de tous les côtés !

  3. Le premier article de notre blog « biosphere » a été posté le 13 janvier 2005, il propose chaque jour un « point de vue des écologistes ». Hébergé par le serveur ouvaton.org, c’est un Journal indépendant sur l’actualité, nous ne sommes alignés sur aucune chapelle.
    https://biosphere.ouvaton.org/blog/
    Ce blog est directement relié à un site, on peut aller de l’un à l’autre rapidement.
    https://biosphere.ouvaton.org/
    Notre site « biosphere » est relativement statique, les contenus y sont organisés par pages pour la plupart anciennes. Mais c’est un « réseau de documentation des écologistes » qui fournit à peu près toute la culture que devrait avoir un écologiste militant. Nous avons une volonté de formation des citoyens. Nous ne sommes pas un réseau social qui met en contact n’importe qui pour n’importe quoi grâce à Facebook, TikTok, Twitter (X)…
    Prière par vos commentaires de faire en sorte d’améliorer l’intelligence collective, merci.

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