Gianluca Grimalda sillonne l’Europe en train et en car pour présenter son livre A fuoco. Il mondo brucia, è ora di disobbedire (« en feu. Le monde brûle, il est temps de désobéir », Feltrinelli, 400 pages, 18 euros, non traduit). C’est l’histoire d’un chercheur prêt à avaler des dizaines de milliers de kilomètres en train, en cargo, en ferry et en stop pour revenir en Europe après une mission scientifique en Papouasie-Nouvelle-Guinée, quitte à devenir le premier salarié connu pour avoir été licencié, car il avait refusé de prendre l’avion.
Gianluca Grimalda : La COP26 à Glasgow [en 2021] a été un autre moment charnière, on allait savoir si les limites posées lors de l’accord de Paris [signé en 2015] seraient respectées. Je me suis rendu compte que les engagements étaient insuffisants. J’ai réduit progressivement les voyages en avion, jusqu’à complètement arrêter en 2023, quand j’ai réussi à rejoindre Bougainville, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, depuis Kiel, en Allemagne, où se trouvait mon employeur l’IfW, sans prendre ce moyen de transport. J’ai choisi Bougainville comme terrain de recherche, car c’est là que se trouvent les premiers réfugiés climatiques. Le monde brûle, j’ai basculé dans la désobéissance civile. Tout a basculé en 2022. Avec d’autres chercheurs, je me suis collé au sol dans le showroom de la marque automobile Porsche, à Wolfsburg . La fondation Volkswagen [propriétaire de Porsche] finance la chaire de mon employeur. Une semaine plus tard, j’ai reçu un avertissement, à la prochaine action de désobéissance civile, je serai licencié. Dix jours plus tard, j’ai participé au blocage de 11 aéroports de jets privés, dans différents pays. Mais je mène mes actions de désobéissance civile sur mon temps de vacances.
En 2023, l’IfW a approuvé mon voyage, aller-retour, en Papouasie-Nouvelle-Guinée en mobilité douce… Mon retour a pris du retard à cause d’une explosion volcanique… J’ai reçu un ultimatum brutal de mon employeur : si je ne rentrais pas au laboratoire sous cinq jours, ce qui impliquait de prendre l’avion, je perdais mon emploi. Mais je ne veux pas passer pour un « giaman » : en Papouasie-Nouvelle-Guinée, les hommes blancs sont accusés d’être des « giaman », des imposteurs qui promettent des choses et qui, pour leur profit personnel, ne les tiennent pas. Je n’ai pas pris l’avion, et j’ai reçu une lettre actant mon renvoi… Mon père a honte que je porte son nom de famille !
Le débat récurrent entre anti-écolos et éco-sensibles
Orlando Furioso Rapido : Apologie d’un comportement puéril et égocentrique aux antipodes des valeurs de gauche.
Gabuzo : Quand je lis cet article, je vois seulement un homme qui a des convictions et qui agit en fonction, et qui en assume toutes les conséquences. Il ne se pose pas non plus en donneur de leçons pour les autres, il explique juste son propre comportement. Pourtant ça a l’air d’horripiler un nombre impressionnant de commentateurs, qui ne peuvent pas supporter que certains fassent des choix différents d’eux.
VF : Cet homme est un clown. En plus 3 semaines en train et en bus, quel bilan carbone? Qui bosse a sa place pendant qu’il se promène ? Est il certain que des trains a l’électricité produite au charbon, des vieux bus thermiques, des voitures pourries et des ferry d’un autre âge. Si au moins il en avait profité pour évaluer scientifiquement la comparaison entre le bilan carbone de sa promenade par rapport a un voyage en avion.
ICILA : Face au choix mortifère et suicidaire de nos élites qui ont choisi de sacrifier l’avenir de nos propres enfants pour tenir leurs objectifs hors-sol du présent, Gianluca est une des seules personnes cohérentes de l’élite. Intelligence dans le sens faire face aux réalités et changer de comportement alors que nos politiques procrastinent depuis plus de 50 ans.
En savoir plus grâce à notre blog biosphere
Licencié pour avoir refusé de prendre l’avion
extraits : De plus en plus de personnes commencent à ressentir la « honte de voler » en avion, flygskam en suédois, flight shame en anglais. Ce sentiment de culpabilité nous semble tout à fait normal rationnel, moralement nécessaire, et même inéluctable à l’heure de la fin du kérosène et du réchauffement climatique. On obtiendra même peut-être un jour le comportement idéal : « J’ai honte de voyager en avion, j’ai honte de manger de la viande, j’ai honte de lire « Le Monde » numérique, j’ai honte de rester plus de deux minutes sous la douche, j’ai honte de faire du tourisme au long cours, j’ai honte de ne pas avoir de toilettes sèches, j’ai honte de posséder encore une voiture thermique (vade retro Satanas !)… » On installera des confessionnaux où chacun pourra regretter ses péchés et la planète sera (peut-être) sauvée....
L’urgence écologique entraîne la désobéissance civile
extraits : Aujourd’hui la première caractéristique de la désobéissance civile, c’est d’être mis au profit d’une cause nouvelle, la défense de l’environnement : actions de Greenpeace, faucheurs volontaires d’OGM, blocages de ponts de Londres par Extinction Rebellion, grèves scolaires pour le climat, etc. Ces mouvements ont désormais une dimension internationale, du fait des réseaux sociaux, qui permettent une circulation instantanée des informations, mais aussi parce que les conséquences du réchauffement climatique s’exercent à l’échelle planétaire. A l’origine de la désobéissance civile, l’Américain Henry David Thoreau (1817-1862) qui a écrit : « en cas de conflit entre ce que me dit ma conscience et ce que me dit la loi, je dois obéir à ma conscience… sous un gouvernement injuste, la place d’un homme juste est en prison ; etc. »….
La désobéissance civile des scientifiques
extraits : Le 6 avril 2022, le climatologue américain Peter Kalmus s’est enchaîné à la porte d’une banque J.P. Morgan, premier investisseur dans les énergies fossiles. Devant le sentiment de voir les alertes scientifiques ignorées, il a décidé de s’engager dans une action de désobéissance civile. Dans les jours qui ont suivi, plus de mille deux cents scientifiques avaient participé à des actions de ce type dans vingt-six pays. Selon un argument fréquemment opposé, un certain principe de neutralité requerrait que les scientifiques s’abstiennent d’intervenir dans le débat public. Mais l’épistémologie récente considère que des sciences dépourvues de valeurs constituent un idéal illusoire et peu désirable lorsque les savoirs produits peuvent avoir des implications délétères. La neutralité est simplement mise en avant pour défendre le statu quo !….

Là encore Biosphère a besoin de classer les réactions en 2 catégories. Au diable les nuances, vive la pensée binaire ! VF est donc un anti-écolo.
Déjà, vu qu’écolo ne veut plus rien dire (tout le monde peut s‘en dire), pour moi c’est donc exactement pareil avec anti-écolo. Moi, par exemple, avec tout ce que je raconte, et vu qu’en plus de ne pas prendre l’Avion je refuse de me dire écolo… eh ben je suis un anti-écolo.
Autrement dit un connard (ultra-con) et j’en passe.
Mais revenons à VF. Selon lui Gianluca Grimalda est un clown. Et selon moi un artiste, ce qui n’est pas exactement pareil.
VF pose toutefois une question intéressante, au sujet du bilan carbone de tout ce cirque.
– Rire pour réfléchir, au risque de provoquer (Biosphère 31 juillet 2024 )
En moyenne, un vol long-courrier émet environ 0,15 à 0,25 kg de CO2 par passager par kilomètre. Pour un vol de 14000 km (Kiel – Bougainville) ça nous donne une estimation d’environ 2100 à 3500 kg de CO2.
En moyenne, un ferry émet entre 50 et 200 grammes de CO2 par passager-kilomètre. Pour un trajet de 1000 km ça nous donne entre 50 et 200 kg de CO2.. En moyenne, un bus diesel émet environ 30 à 50 grammes de CO2 par passager-kilomètre. Pour un trajet de 1000 km ça nous donne 40 kg de CO2 (si le bus est plein).
Soyons gentils, ON dira que le bilan carbone du périple de notre artiste aura donc été d’environ 100 x 14 = 1400 kg de CO2. Soit un gain non négligeable de 1000 kg de CO2.
Ce qui lui permet donc de compenser. Autrement dit de remettre ça, de sillonner l’Europe pour faire la promo de son bouquin. Et je vous fais grâce des kg de CO2 (et des arbres et de l’eau etc.) pour ce bouquin. Comme de tous ceux que notre artiste aura générés avec tout ce cirque (articles, commentaires etc.) .
C’est dans l’article “Licencié pour avoir refusé de prendre l’avion“ (Biosphère janvier 2025) que j’ai découvert Gianluca Grimalda. Merci Biosphère. Et bien sûr j’ai largement commenté…
J’ai dit ce que je pensais du personnage (CHAPEAU L’ARTISTE !) … j’ai raconté une petite histoire au sujet de The Cure, une autre au sujet d’un autre artiste (STORYTELLING 26 janvier 2025 à 14:17), j’ai également parlé d’aviophobie, dit comment les compagnies s’en inquiétaient … et puis j’ai parlé de cette autre maladie, à la mode, le Flygskam (la honte de voler en avion).
Et comme tout est lié, qu’un sujet (article) nous amène à un autre, nous en arrivons encore une fois à la désobéissance civile. Et à la punition (avec ou sans «») qu’elle entraîne.
Tant que nous en sommes là, rappelons que l’écologie est, par nature, « punitive » (sic Biosphère 22 AOÛT 2025 À 16:48). C’est comme la corvée de vaisselle. 🙂
– « Michel C, la « punition » de l’acte illégal est recherché par un militant non violent qui prend son procès comme moment d’explication publique de son acte […] »
(Biosphère 6 JANVIER 2023 À 23:28 “A mort les activistes du climat !!!”)
Ce à quoi j’ai osé répondre : « Effectivement, le but du militant (qualifié alors d’«activiste» voire «terroriste») est UNIQUEMENT d’attirer l’attention du Public, de faire parler de lui, autrement dit de faire le Buzz. Aujourd’hui tout et n’importe quoi est bon pour faire le Buzz. Sauf que le Buzz ne dure que quelques jours, tout passe, tout lasse, tout casse. »
(MICHEL C 7 JANVIER 2023 À 11:57 “L’urgence écologique entraîne la désobéissance civile”)
Effectivement, dire ça comme ça… c’est plutôt osé. D’ailleurs c’est bien à ça qu’ON les reconnaît. Et si je dis qu’en sillonnant l’Europe notre artiste ne cherche là encore qu’à faire le Buzz, à faire de la Pub pour son bouquin, qui lui ne fera qu’en rajouter au poids des bouquins qui ne font rien avancer du tout et patati et patata … alors là je vous dis pas de quoi ON va me qualifier !!!
D’ultra-con, de connard, d’ultra-nihiliste ou une connerie du genre :
– « Prenons un commentaire du nihiliste Michel C sur ce blog : « le but du militant est UNIQUEMENT d’attirer l’attention du Public, n’importe quoi pour faire le Buzz ». C’est nier le fait qu’il s’agit de militants qui cherchent la lumière [et blablabla] »
( Biosphère 7 JANVIER 2023 À 20:04 )
Et c’est comme qu’ON fait progresser la conn euh pardon, l’intelligence collective !