Décrite traditionnellement comme un milieu hostile, la montagne se charge, à partir du XVIIIᵉ siècle, sous l’influence notamment du courant romantique, de nombreuses vertus. Au fil du XIXᵉ siècle, la montagne se transforme en un lieu désirable. Excursionnisme, alpinisme et thermalisme se développent. L’armée crée les premiers bataillons de chasseurs alpins en 1888 pour surveiller sa frontière avec l’Italie. Bientôt arrive le ski-tourisme. En 1896, l’Isérois crée le premier Club de Ski de France, le « Ski Club des Alpes ». L’engouement hivernal se concrétise par la construction des premières stations (Val-d’Isère, Megève…). En 1907, le Club Alpin Français (organise le premier concours international de ski, à Montgenèvre.. La première édition les Jeux olympiques (JO) d’hiver a eu lieu en 1924 à Chamonix (Haute-Savoie). Alors que les sports d’hiver étaient réservés à la bourgeoisie, les classes moyennes peuvent aussi se l’offrir à partir du milieu du XXᵉ siècle. Le plan Neige, série de politiques d’aménagement prises par l’Etat de 1964 à 1977, ambitionne d’apporter le tourisme de masse sur les cimes. Une révolution culturelle qui trouve sa traduction iconique dans la comédie Les bronzés font du ski (1979).
Mais le réchauffement climatique est devenu une menace existentielle pour le ski. On se prépare désormais à un avenir sans neige. Ouf !
Le point de vue des écologistes sans skis
– Les sports d’hivers pour la grande majorité des pratiquants tiennent du manège à la foire du trône : on attend son tour, on monte. On redescend et on recommence à côté, ceci toute la journée.
– Le ski est avant tout une histoire de fric, en gagner et montrer qu’on en a. Comme tout le tourisme, plus c’est haut, plus c’est cher, mieux c’est.
– Le ski a été trop envisagé sous l’angle des pratiquants au détriment de ce qu’il fait aux populations locales et à la montagne.
– Trop d’espaces naturellement « sublimes » désormais bétonnés, privatisés, gâchés, pillés… Du gâchis.
– Vivement que cette parenthèse d’hyper-consommation se referme.
– Je suis heureux d’apprendre que cette activité si pernicieuse ne sera pas permise à nos descendants.
– Finalement, les sports d’hiver n’auront duré qu’un siècle, peut-être deux. Un simple instant dans l’histoire de l’humanité. Dans sa pire période de délire.
– Il serait temps de réapprendre les vrais bonheurs simples près de chez-soi. Le sort de la planète en dépend.
En savoir plus grâce à notre blog biosphere
JO d’hiver… à la neige très artificielle
extraits : Les JO d’hiver en Italie ont débuté le 6 février 2026. Ils se caractérisent par un format éclaté entre des sites éloignés parfois de plusieurs centaines de kilomètres. Cela multiplie les déplacements, un non-sens environnemental. L’enneigement des pistes n’a pu être assuré qu’à grand renfort de canons à neige dommageables pour la ressource hydrique de l’écosystème alpin. Des épreuves toujours plus nombreuses et plus spectaculaires pour justifier l’inflation des droits de retransmission ne sont pas compatibles avec les promesses de soutenabilité environnementale….
Jeux olympiques d’hiver 2030, un anachronisme
extraits : Edgar Grospiron est nommé président du Comité d’organisation des Jeux olympiques d’hiver 2030. L’ancien skieur acrobatique, médaillé d’or à Albertville en 1992, explique en février 2025 quel patron des Jeux il compte être. Mais il a beaucoup de mal à trouver des vertus au ski de compétition à l’heure du réchauffement climatique !…

Ultime journée de compétitions le dimanche 22 février… C’est pas trop tôt ! Le bobsleigh sera au programme, avec la troisième manche du bob à quatre…Rien à foutre, bientôt il n’y aura plus de glacier. Tant d’argent gaspillé pour défigurer les montagnes et nous faire oublier la situation catastrophique à laquelle nous avons mené la planète et tous ses habitants non-humains compris bien entendu. « Du pain et des jeux » disait-on avant l’effondrement de l’empire romains. L’histoire se répète.
Le bobsleigh c’est pareil, ça pue, ça pollue et ça rend con !
Perso, je préfère les courses de caisses à savon. D’ailleurs ce ne sont même pas de vrais courses, l’essentiel étant de participer et de faire les cons.
– « Le clou du spectacle, c’est bien sûr la remise des prix. Préparez un podium décoré, un micro, une fanfare ou une musique solennelle, et surtout… des trophées originaux ! N’hésitez pas à faire dans le décalé : un pneu doré pour la caisse la plus lente, une médaille en bois pour la meilleure gamelle, une coupe en forme de savon pour la caisse la plus propre… L’important, c’est de faire plaisir aux équipes et de les féliciter comme il se doit. »
(Organiser une course de caisse à savon : le guide ultime – imagina.com)
Mille fois nous avons repris ici cette phrase issue du journal La Décroissance :
– Le ski ça pue, ça pollue et ça rend con !
Et je peux dire que j’en sais quelque chose… vu que j’en ai été un grand con sot mateur. 🙂
Ceci dit, il y a dans cet article de Biosphère un passage qui ne me plait pas.
Plus exactement un mot… une interjection :
– « Mais le réchauffement climatique est devenu une menace existentielle pour le ski. On se prépare désormais à un avenir sans neige. Ouf ! »
C’est le Ouf ! bien sûr. Jadis… pour moi aussi la neige signifiait le ski, de piste et de randonnée, et désormais les raquettes. Aujourd’hui… quand j’entends tous ces gens qui pleurnichent parce qu’il n’y a pas de neige, ou pas assez, et DONC … que la Saison (de ski) va être compromise, et DONC ces pauvres saisonniers et patati et patata… je leur rentre dedans ! Gentiment bien sûr.
Et je leur parle de l’eau. Des glaciers qui fondent, des rivières quasiment à sec en été etc.
La délégation française a l’occasion d’égaler, voire dépasser, l’objectif des 21 médailles fixé par le Comité national olympique et sportif français avant l’ouverture des Jeux de Milan-Cortina. On n’en a rien à foutre des breloques. Il y en a maintenant tellement décernées dans des compétitions variées ici et dans d’autres sports que cela n’a plus aucune signification historique. D’ailleurs pourquoi toujours cultiver le chauvinisme français dans le sport de haut niveau. Un professionnel fait son show, c’est bon pour le spectacle, rien de plus. Enfin, même si la faculté d’équilibriste dans certaines épreuves de neige dévoilent un brio incontestable, pourquoi faire perdre du temps à des personnes douées en leur faisant dégrader des montagnes de moins en moins enneigées par notre faute ?