L’esprit démocratique évacué par le numérique

Des formulations aussi vagues et ambiguës ne visent qu’à endormir les gens – « liberté », « démocratie », et tous ces termes respectables. Ce sont des slogans rassurants. Ils favorisent les discussions oiseuses, et personne ne s’aperçoit de l’extraordinaire imprécision de ces propos. Un slogan comme « Démocratie » est en réalité un soporifique. Des dictatures se veulent des démocraties « populaires », l’occident a adopté une démocratie formelle où certains tirent les ficelles, c’est à ne plus rien comprendre. On peut passer très facilement du populisme à la dictature, les exemples contemporains sont nombreux. L’arrivée au pouvoir de Donald Trump par les urnes montre que la démocratie peut se fourvoyer. Et ce n’est pas un cas isolé.

L’idéal démocratique repose théoriquement sur quatre principes : l’élection des gouvernants par des citoyens éclairés, la capacité d’indépendance des élus, la liberté d’expression des gouvernés, mais surtout la mise à l’épreuve des choix politiques par une discussion publique informée et civilisée. Or la multiplication des sources d’information, au lieu de valoriser le dialogue démocratique, enferme les opinions dans des grottes différenciées dont on ne sort jamais. Une seule solution, lire ce blog et se désintéresser des réseaux sociaux.

Historique de la démocratie en marche

Le XIXe siècle était l’époque non pas des journalistes, mais des « publicistes » : on ne se préoccupe pas de produire une écriture journalistique « objective », on est au service d’une cause. Au tournant du XXe siècle émerge cependant un journalisme plus professionnel, dont l’ambition est désormais de diffuser des « nouvelles ». Une consommation de masse est rendue possible par les politiques scolaires de la IIIe République qui créent un public alphabétisé. De plus la consultation des médias est accessibles à faibles coûts grâce aux rotatives qji impriment en quantité grâce à une bobine de papier.

On peut alors construire un régime de vérité fondé sur la science, la raison et les faits. Les journalistes peuvent alors revendiquer un rôle de « centre de vérité » qui devient un contre-pouvoir si nécessaire.

L’impasse démocratique actuelle

Au tournant des années 2000, ce paysage favorable à l’expression démocratique est bouleversé par la démultiplication des chaînes de télévision et l’apparition des réseaux socio-numériques. Ces formes de communication sont destinées à des publics segmentés. Le régime de vérité du XIXe siècle s’en trouve modifié : l’opinion publique se conjugue désormais non plus au singulier, mais au pluriel. Cette polyphonie des énonciateurs de vérités engendre un phénomène de « diversification centrifuge ».

Les prises de parole et les visions du monde ne se croisent plus de manière contradictoire dans un espace public pluraliste et critique. Or ces échanges constituaient l’un des principaux piliers des régimes démocratiques.

Le point de vue des écologistes démocrates

– Hegel écrivait que la lecture du journal du matin était la messe de l’homme moderne.

– Aujourd’hui il est a craindre que les jeunes ne s’informent que sur les réseaux sociaux et se laisser berner par les influenceurs, les algorithmes et les chambres d’écho sans pouvoir développer leur libre arbitre.

– Le phénomène des bulles cognitives est la plus grande des menaces contre la démocratie.

– De plus la politique d’audience et la toute puissance de la publicité contribuent à la mise en avant des faits divers à la place de l’analyse approfondie.

– Si prévaut l’émotion du moment, alors oui la démocratie disparaît.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Techno-numérique = absence de démocratie

extraits : Les acteurs du secteur se sont empressés de promouvoir leurs produits en insistant sur leurs qualités supposément pro-démocratiques. On démocratise l’accès à l’information, on constitue ainsi une nouvelle démocratie, horizontale. : le citoyens lambda fait irruption dans l’espace médiatique. Internet, à travers la forme réseau, allait produire une société réticulaire dégagée des macropouvoirs. Mais au milieu des années 2010, le numérique commence à être envisagé comme une menace. Cyberharcèlement et fake news provoquent l’élection de Trump (2017) et le Brexit (2020)….

Démocratie ou dictature en temps de crises ?

extraits : La démocratie ? Le pire des systèmes, à l’exclusion de tous les autres. Ou, comme l’exprimait Winston Churchill : “La démocratie est un mauvais système, mais elle est le moins mauvais de tous les systèmes”. Avec la libre confrontation des idées, il s’agit pour les sociétés humaines de sortir des relations de pouvoirs pour les remplacer par des relations de coopération. La dictature va à l’inverse. Il semble que ce système autoritaire est en expansion dans beaucoup de pays, en Argentine par exemple….

Bilan 2024. L’autocratisation de la démocratie

extraits : au 31 décembre 2023, 71 % de la population mondiale (contre 48 % il y a dix ans) vivait dans une autocratie ; Sur les 60 pays qui ont organisé des scrutins nationaux, 31 sont des autocraties ; des dirigeants autoritaires ont été renforcés par les élections, comme en Russie ; En France, l’extrême droite a pris de l’ampleur, en Allemagne l’AfD progresse ; La cerise sur le gâteau, c’est évidemment la réélection de Donald Trump aux Etats-Unis…

Démocratie ou dictature, les tendances actuelles

extraits : Aujourd’hui, nous constatons que les principaux éléments qui, dans l’histoire, caractérisent une séquence précédant un basculement autoritaire sont en place : perte de repères, brutalisation, contestation des institutions et des élites, crispations identitaires, manipulation du langage, etc. L’extrémisme identitaire (religieux, nationaliste ou ethnique) durcit une opposition entre « eux » et « nous » potentiellement explosive et contagieuse. Personne ne maîtrise plus vraiment de tels engrenages enclenchés ou nourris par des apprentis sorciers croyant pouvoir instrumentaliser des passions qui finissent souvent par les dévorer eux-mêmes….

4 réflexions sur “L’esprit démocratique évacué par le numérique”

  1. – « La liberté consiste à faire tout ce que permet la longueur de la chaîne. » (Cavanna)

    C’est peut-être là ma définition préférée du mot « liberté ».
    Quant à la démocratie (démocraSSie), là aussi les quelques habitués de ce blog savent ce que j’en pense. Parmi ces formulations aussi vagues et ambiguës, qui ne visent qu’à endormir les gens (sic Biosphère), nous avons aussi cette fumeuse « souveraineté ».
    Et là je pense à notre philosophe meRdiatique, principalement sur CNews, celui qui commente tout, et n’importe quoi, et qui aime bien nous la mettre à toutes les sauces, la souveraineté. Selon lui « le nucléaire, c’est la souveraineté ». Le même qui, en 2021, nous expliquait que « le pass sanitaire, c’est la liberté ». Fallait oser quand même, non ?
    Hier, je poussais mon petit coup de gueule : « Mais nom de dieu où sont passés nos intellectuels !!?? » Et aucun n’est venu me répondre.
    Décidément, c’est bien ce que je pense. La réflexion c’est dépassé ! 🙂
    (à suivre)

    1. Comprenne qui pourra

      Le comble c’est quand ce « philosophe » qui vieillit mal (comme une vulgaire piquette), et qui raconte n’importe quoi (il n’y a pas que moi qui le dit), nous « explique » la Décadence.

      – « [blablabla] la haine des classiques et des chefs-d’œuvre de la littérature au motif qu’ils regorgent de stéréotypes racistes, sexistes, misogynes, phallocrates, xénophobes; même censure avec Astérix, Tintin, Babar ou Dix petits nègres; matraquage LGBT+ dans les écoles, les trains, les avions, la publicité, la télévision, le cinéma ; [blablabla] Castro, Pol Pot, Franz Fanon et les wokistes, les décolonialistes sont des produits intellectuels de Marx, de Sartre, de Garaudy, de Foucault, de Deleuze, de Derrida qui, jusqu’à preuve du contraire, sont des exemplaires prototypiques de mâles blancs européens… [et patati et patata] »
      (Michel Onfray : « Il n’est jamais trop tard pour redevenir libre »
      revuedesdeuxmondes.fr 02 déc 2022)

      1. esprit critique

        Nous avons là encore un bel exemple de ces discussions oiseuses (sic Biosphère), qui finalement ne servent (visent ?) qu’à nous endormir. Et/ou nous enfoncer, toujours plus, dans la Confusion et le grand n’importe quoi.

        – « L’esprit démocratique évacué par le numérique » ( titre Biosphère)
        Comment Biosphère peut-il penser une telle chose !!??
        Comment peut-ON oser… penser… qu’Internet, le Smartphone, la Pub, la Propagande, les influenceurs, et autres influenceuses, tout autant que les Onfray, Praud, Zemmour et Compagnie, puissent y être pour quelque chose dans cet énorme… fiasco ? 🙂
        (à suivre)

        1. Parti d'en rire

          (et fin) Mais qui donc peut croire que le responsable de cette évacuation… autrement dit de cette mise à la poubelle, ou aux chiottes, disons plus poliment de ce délabrement, de l’esprit démocratique… tout autant que celui de l’esprit critique, pour ne pas dire le responsable de ce grand n’importe quoi… c’est le Numérique ?

          Et là encore, notre intello de plateaux, qui ne serait rien sans le Numérique, est là pour nous dire quoi en penser :
          – Comment concilier « vie numérique » et instant présent ? (michelonfray.com)
          – Michel Onfray ou le mal qu’Internet peut faire à l’intellectuel
          (radiofrance.fr/franceculture 10 mai 2017)

          Décidément, c’est bien ce que je pense, la réflexion c’est dépassé !

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