Dans notre société complexe, au lieu d’affronter la complexité, on fonctionne par slogans politiques. Aucune pensée sur la raréfaction des ressources fossiles et sur le réchauffement climatique, on fait du populisme, le prix de l’essence ne doit pas augmenter…
C’est un non-sens écologique et une totale négation du sort des générations futures. Le prix de l’essence devrait aujourd’hui dépasser les 10 euros le litre au moins, c’est à ce prix qu’on penserait au long terme et à l’adaptation à une planète qui brûle par notre faute. Mais alors, comment se déplacer ? Réfléchissez, pourquoi se déplacer !
La connerie de nos représentants
– La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a exhorté le 11 septembre à augmenter les salaires et bloquer les prix du carburant.
– Fabien Roussel, présidentiable PCF, appelle à « se mobiliser sur les ronds-points » si le gouvernement n’agit pas « dans les jours qui viennent ».
– La candidate à la primaire socialiste Ségolène Royal a défendu sur RTL « un litre d’essence [qui] ne doit pas dépasser 1,70 euro ».
– le patron du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella : « se déplacer, se loger, se chauffer sont en train de devenir des biens de luxe… C’est un bras d’honneur aux millions de Français qui ont besoin de leurs véhicules pour se déplacer ». Le RN souhaite abaisser la TVA de 20 à 5,5 % et annuler les hausses des taxes appliquées lors du dernier mandat d’Emmanuel Macron.
– Le maire de Saint-Amand-les-Eaux (Nord) a réclamé « tout de suite » la baisse de la TVA sur les carburants « de 20 % à 5,5 % ».
Le point de vue des écologistes sans voiture
Nous avons posé à l’IA perplexity du MONDE la question suivante : Sur le long terme, le prix de l’essence doit-il augmenter, diminuer ou se stabiliser ? Sa réponse est significative de la myopie d’un journal qui se veut pourtant « de référence » :
« Les articles disponibles du MONDE ne permettent pas de répondre de manière définitive à cette question sur le long terme, car ils se concentrent sur les évolutions à court et moyen terme.
Pourtant ce n’est pas bien sorcier d’écrire à un moment ou un autre qu’une ressource basée sur une énergie non renouvelable et en voie de raréfaction doit voir tendanciellement son prix augmenter. C’est ce que nous répétons sur notre blog depuis des années et des années.
En savoir plus grâce à notre site biosphere de documentation
René Dumont, son programme lors de la présidentielle en 1974 :
« Chaque fois que vous prenez votre voiture pour le week-end, la France doit vendre un revolver à un pays pétrolier du Tiers-Monde. Sait-on que si tous les habitants du globe consommaient autant de pétrole que les Américains, les réserves prouvées ne tiendraient guère plus d’un an ? Pour faire 10 000 km, on consacre 150 heures à sa voiture (gain de l’argent nécessaire à l’achat et à l’entretien, conduite, embouteillage, hôpital). Cela revient à faire 6 kilomètres à l’heure, la vitesse d’un piéton. Le type de société que je propose est une société à basse consommation d’énergie. Cela veut dire que nous luttons par exemple contre la voiture individuelle. Nous demandons l’arrêt de la construction des autoroutes, l’arrêt de la fabrication des automobiles dépassant 4 CV… »
Yves Cochet, dans son livre Pétrole apocalypse, exprimait déjà en 2005 ce qui reste toujours d’actualité :
« La décroissance mondiale de la production de pétrole sera synonyme de décroissance du PIB pour l’économie mondiale dans son ensemble. Depuis plus de trente ans, les écologistes n’ont cessé de proposer la diminution des consommations d’énergie fossiles et la mise en œuvre de politiques de sobriété énergétique et de promotion des énergies renouvelables, l’abandon de l’agriculture productiviste au profit de l’agrobiologie, le désengagement de notre dépendance à l’égard des entreprises transnationales et la réhabilitation des circuits économiques courts. En vain. Il est déjà trop tard pour espérer transmettre à nos enfants un monde en meilleure santé que celui que nous connaissons aujourd’hui. Plus nous attendrons, plus leurs souffrances seront grandes et dévastatrices…« .

Ce blog biosphere a démarré en 2005, la même année où Yves COCHET a publié son livre « 2005 Pétrole apocalypse » Ce qu’il écrivait semble de plus en plus d’actualité alors que nos représentants veulent un prix de l’essence moins cher !
(résumé du livre) Suite au pic pétrolier, les pays importateurs souffriront de pénurie, ce qui les entraînera vers l’effondrement économique et social. Les responsables économiques et politiques n’ont pas anticipé la situation qui s’annonce. Où aller pour trouver à boire et à manger ? Nous n’avons plus de parents fermiers à la campagne chez lesquels nous réfugier comme nous l’avons fait au cours de la débâcle de 1940. Nous n’avons plus un ailleurs inexploré comme l’avaient jadis quelques hordes, émigrant massivement lorsque la pression démographique sur le territoire traditionnel dépassait sa capacité de charge écologique. (à suivre)
(suite) Que nous restera-t-il hormis la violence ? Les institutions centralisées de la France se déliteront sans doute pour laisser le pouvoir aux régions ou, plus vraisemblablement, aux cantons. La vie sociale se reconstruira autour des petites villes et des villages, proches des cultures et des poulaillers. Si les événements extérieurs à ces communautés locales le permettent !Tout ce qui ressemble à une organisation basée sur le transport bon marché à longue distance aura du mal à subsister, hormis les armées pendant quelque temps.
Nous n’avons aucun imaginaire, aucune expérience d’un tel déclin. Tous les grands exemples historiques, dépression de 1929, débâcle de 1940, n’ont plus de pertinence. L’organisation du monde actuel est telle, avec ses innombrables réseaux entrelacés, si mutuellement dépendants, si globalisés, que toute solution simple type retour à la terre apparaît comme irréalisable. (à suivre)
(suite et fin) Mon exercice de prospective repose sur un seul avenir tendanciel basé sur l’objectif unique de sobriété énergétique.
Au cours de ce 21ème siècle, il n’y aura plus d’aviation civile commerciale de masse. L’aviation d’affaires, organisée différemment, survivra un moment encore, tandis que la foule des gens ordinaires délaisserait l’exotisme des semaines bon marché aux Maldives pour se rabattre sur les WE à la campagne. Fin de PSA et de Renault, de LVMH et de l’Oréal, qui ont tant fait rêver nos contemporains pendant les années exubérantes du pétrole bon marché.
Dans une interview du 2 juillet 2005, le ministre de l’environnement britannique, Elliot Morley, encourage ses concitoyens à « penser l’impensable » : la mise en place de cartes de rationnement énergétiques individuelles.
https://biosphere.ouvaton.org/de-2005-a-2008/1119-2005-petrole-apocalypse-dyves-cochet
PSA, Renault, Total, LVMH, l’Oréal & Compagnie ont encore de beaux jours devant eux. Tôt ou tard, tout ce joli monde sera bien sûr obligé de se re-con-verdir. Les uns nous vendront des chevaux, des brouettes, des vélos, des carrosses, les autres de l’avoine, de la paille, peu importe du moment que ça rapporte gros. Business as usual ! Et puis ça sera du BIO pour le gratin (parce qu’il le veau bien) et du Soma (Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley) pour la populace.
– « se déplacer, se loger, se chauffer sont en train de devenir des biens de luxe… C’est un bras d’honneur aux millions de Français qui ont besoin de leurs véhicules pour se déplacer. » (Jordy)
Je vous jure, ça me donne envie de voter pour lui. Ou plutôt pour sa mémère, c’est pareil.
Comme quoi n’importe qui dit parfois des choses justes. Et populisme ou pas, ON s’en fout !
L’essence à 10 euros le litre ! Eh ben allons y ! J’en vois déjà qui rigolent. Notamment ces gros porcs qui roulent en grosses bagnoles de luxe. C’est sûr que ceux-là ne risquent pas de boiter.
– « Chaque fois que vous prenez votre voiture pour le week-end, la France doit vendre un revolver à un pays pétrolier du Tiers-Monde. […]
Pour faire 10 000 km, on consacre 150 heures à sa voiture (gain de l’argent nécessaire à l’achat et à l’entretien, conduite, embouteillage, hôpital). Cela revient à faire 6 kilomètres à l’heure, la vitesse d’un piéton.
Le type de société que je propose est une société à basse consommation d’énergie.
Cela veut dire que nous luttons par exemple contre la voiture individuelle.
Nous demandons l’arrêt de la construction des autoroutes, l’arrêt de la fabrication des automobiles dépassant 4 CV… » (René Dumont)
La France vend des armes, comme d’autres vendent du pétrole, de l’uranium, des bagnoles, du pinard ou n’importe quoi d’autre.
C’est comme ça, ON appelle ça le Marché, libre et non faussé. ( à suivre)
(suite) C’est à Ivan Illich que nous devons le concept de vitesse généralisée.
Que très peu de gens connaissent. Tout connement parce les vendeurs de bagnoles, d’essence, de week-ends pas chers etc. (le Système quoi) n’ont pas du tout intérêt à ce que le Pauvre Pékin (ici le bagnolard) soit trop con scient (lucide).
Notamment de bosser comme un con pour enrichir une clique de profiteurs.
René Dumont était CONTRE la Bagnole individuelle. Et donc logiquement CONTRE la construction de nouvelles autoroutes.
Par contre… il n’était pas CONTRE les petites bagnoles (de moins de 4CV).
(à suivre)
(et fin) Avant de revendiquer l’essence à 10 balles le litre… je pense qu’ON ferait mieux de revendiquer l’arrêt des constructions de ces monstres de ferraille (électriques ou thermiques peu importe).
Sans parler de toutes les autres aberrations (porte-avions, Paris-Venise à 20 euros, etc. etc.). Mais bon… ce n’est pas le sujet du jour. Quoi que… 😉
Qu’ON ne me fasse pas croire qu’ON ne sait pas construire des petites bagnoles, toutes simples, ne consommant pas plus de 3L/100.
Le CULTE de la Bagnole est « mille » fois pire que la Bagnole. C’est comme pour la Technologie. Ou encore le Pognon, le Travail, et tant d’autres choses.
– « En France, les ventes de VE se portent bien ; très bien même, puisqu’elles représentent désormais plus d’un tiers des immatriculations, un record absolu. À l’échelle du Vieux Continent, le vent pousse dans le même sens : + 51 % de ventes, une explosion provoquée par les hausses absurdes des prix des carburants. Une dynamique très favorable pour les constructeurs, mais complètement hétérogène à l’échelle mondiale. [etc.] »
(Le marché mondial des voitures électriques stagne, mais un continent continue de le tirer vers le haut – presse-citron.net 11 septembre 2026)
Vive donc le Vieux Continent, qui lui au moins a compris l’intérêt de passer à l’Électrique. Notamment «chez nous», en France, où la fée Électricité est la plus propre qui soit.
Et surtout, n’allons pas croire que les hausses «absurdes » des prix des carburants y sont pour quelque chose. (à suivre)
(suite) Bien sûr que non ! Si les ventes de carburant plongent et se cassent la figure, c’est tout simplement (connement) parce que les bagnolards ont enfin compris. Et qu’ils se sont con verdis à la Décroissance. La simplicité, la sobriété et tout ce qui va avec.
Pas comme les TotalEnergies & Compagnie qui eux enregistrent des bénéfices records.
Le plus triste (rigolo) dans tout ça, c’est le manque à gagner pour l’État. Le pauvre…
Les uns parlent de millions, les autres de milliards…
– Carburant : pourquoi l’État a perdu 80 millions malgré la flambée des prix (lenergeek.com/2026/07/06/)
– 30 milliards de manque à gagner, voitures électriques sous pression, ce que l’État examine sur l’avantage fiscal (clubdes500.com 14 août 2026)
Peu importe, l’argent c’est du vent ! N’empêche que, déjà que les caisses sont vides, la Dette et patati et patata… si maintenant les bagnolards rechignent à la faire le plein, et passent à l’Électrique… alors ça va mal finir c’est moi qui vous le (pré)dis !
En attendant, moi ce week-end j’ai fais le plein en Espagne. Gasoil, Ricard etc.
Ben quoi !!!???
Un exemple : France gazole 2,257 €/l contre 1,807 €/l en Espagne.
45 centimes d’écart par litre, soit 22,50 € sur un plein de 50 litres et 900 € sur 40 pleins.
À ce niveau, ce n’est plus anecdotique : c’est du pouvoir d’achat pour les ménages et de la compétitivité pour les entreprises. La vraie question n’est donc peut-être pas seulement «pourquoi le carburant augmente-t-il ?», mais pourquoi certains pays européens réussissent-ils à le maintenir nettement moins cher que d’autres ?
(CARBURANTS : COMMENT FONT-ILS ? fr.linkedin.com )