Lettre ouverte à Marine Tondelier

Bonjour Marine

Notre parti « Les Écologistes » a un gros problème. Tous les autre partis se veulent écolos, et certains de nos militants rejoignent la « cohérence écologique » de Glucksmann, d’autres Mélenchon qui nous fait un appel du pied, nous n’avons donc plus de spécificité.

La seule voie à mon avis, c’est que tu sois candidate autonome lors de la présidentielle en présentant un programme profondément écologique, donc radical.

Il ne faut pas continuer à nous bercer d’illusion sur le prix futur de l’essence, la croissance économique qui est notre passé, le pouvoir d’achat impossible à maintenir dans un monde fini, etc. Certes cela va demander des efforts aux Français, mais tu serais la seule à tenir un discours de vérité. Je pense que nous pourrions alors avoir plus de 5 % des voix dans un pays qui en a marre des fausses promesses proférées seulement aux moment de l’élection.

Je suis devenu écolo lors de mon vote pour René Dumont au moment de la présidentielle de 1974. Son programme reste d’actualité et pourrait t’inspirer, en voici un résumé… Il est malheureusement inquiétant de voir que depuis plus de 50 ans, l’urgence écologique n’a pas été prise en compte. Je compte sur toi…

Fraternellement,

Michel Sourrouille

1974 L’écologie ou la mort (à vous de choisir)

la campagne de René Dumont, les objectifs de l’écologie politique

Un livre qui n’a rien perdu de sa fraîcheur dont voici un résumé  restructuré :

1/6) Naissance de l’écologie politique

René Dumont présente en 1974 sa candidature à la présidence de la République sur une plate-forme écologique ; l’écologie politique est née. C’est le résultat de trois ans de réflexion : publication du rapport du Club de Rome (les méfaits des exponentielles), querelle Mansholt-Marchais, articles de l’Ecologist, déclaration de Menton (alerte de crise écologique) signée par des centaines de scientifiques, de la Conférence des Nations unies sur l’environnement de Stockholm. C’est le résultat de trois ans de prise de conscience militante, d’abord underground puis publique, des marches de Fessenheim, de Bugey, de Gravelines contre la construction de centrales nucléaires, des manifestations du Larzac, du débat sur le parc national de la Vanoise, des manifs à vélo de Paris. C’est le résultat du mépris dans lequel ont été tenus les Français depuis dix ans, en ce qui concerne la gestion de leur environnement.

A chaque élection, des écologistes en colère vont trouver les candidats des divers partis politiques. Ils sont reçus avec… une certaine condescendance. En juin 1972, le ministre des finances Giscard d’Estaing organise un colloque sur les conclusions fort alarmantes du Club de Rome. En mai 1974, le candidat Giscard d’Estaing ne leur accorde plus la moindre considération, ne parle que de croissance ! Et pourtant les écologistes anglais, américains et français sont tous d’accord. Si nous maintenons le taux d’expansion actuel de la population et de la production industrielle jusqu’au siècle prochain, ce dernier ne se terminera pas sans l’effondrement total de notre civilisation. Par épuisement des réserves minérales et pétrolières ; par la dégradation poussée des sols (érosion, lessivage, latérisation…) ; par la pollution insoutenable de l’air et des eaux ; enfin par une altération des climats, due notamment à l’accumulation du gaz carbonique…

Une fois la nourriture et le logement assurés, aucun problème n’est plus important pour l’avenir de la France que l’environnement. Voilà pourquoi le mouvement écologique devient politique. Voilà pourquoi, pour la première fois dans l’histoire des sociétés, un homme présente sa candidature à la direction d’un Etat avec pour programme la préservation de la vie. Il est grand temps que réagissent tous ceux qui se préoccupent de la société que nous laisserons à nos descendants.

2/6) Démographie et surpopulation

Une croissance démographique insensée vient empirer la situation. Depuis 1650, la population du globe a augmenté à un rythme exponentiel. Nous sommes près de 4 milliards, nous serons 7 milliards en l’an 2000 ; même avec une réduction importante des taux de fécondité, on ne serait pas loin de 6 milliards. C’est la FIN du monde ou la FAIM du monde. Nous sommes les premiers à avoir dit que la croissance démographique doit être arrêtée d’abord dans les pays riches, parce que c’est dans les pays riches que le pillage du Tiers-Monde, par le gaspillage des matières sous-payées, aboutit aux plus grandes destructions de richesse.

L’homme attaque la nature depuis 100 000 ans par le feu, le déboisement, le défrichage, etc. Nourrir plus d’homme implique la destruction du milieu naturel. Du reste, si nous nous multiplions inconsidérément, le phosphore nécessaire à l’agriculture manquerait bientôt. Il faut réagir contre la surpopulation. En Inde surpeuplée certes, mais surtout chez les riches : 500 fois plus d’énergie consommée par tête à new York que chez le paysan indien. Ce qui remet en cause toutes les formes d’encouragement à la natalité, chez nous en France. La « France de 100 millions de Français » chère à M.Debré est une absurdité. Les propositions du mouvement écologique : la limitation des naissances ; la liberté de la contraception et de l’avortement. Nous luttons pour le droit absolu de toutes les femmes de régler à leur seule convenance les problèmes de contraception et d’avortement.

3/6) Agriculture en péril

L’espace disponible se rétrécit : les 100 000 hectares des meilleures terres disparaissent sous le béton, un cinquième de département français. Il faut abolir le système de subventions agricoles qui revient à donner une Mercedes de plus à ceux qui en ont déjà une.

L’agriculture intensive, quand elle néglige la fumure organique et n’utilise que des engrais minéraux accompagnés de pesticides divers, menace gravement sa propre pérennité. La récupération de tous les déchets organiques est une exigence absolue. Pour produire 1000 calories de bifteck, on dépense 2500 calories de pétrole. Une laitue de serre demande un litre de pétrole. L’emploi des engrais artificiels, qui se développe à la suite des travaux de Liebig, repose sur une méconnaissance des règles de la nutrition végétale. Il ne tient pas compte de la vie du sol, ni de l’association mycorhizale, c’est-à-dire de ce pont que forment des champignons vivants entre le sol et les racines. Le résultat, c’est que l’agriculture surindustrielle stérilise les sols, déséquilibre les plantes cultivées et leur ôte toute résistance, ce qui rend nécessaire l’emploi d’une quantité de pesticides. D’ailleurs les marchands d’insecticides et d’engrais, comme par hasard, sont les mêmes.

L’agriculture écologique peut offrir une solution durable : façons culturales qui stimulent l’activité bactérienne dans l’humus, polyculture raisonnable, restauration des haies, ressources locales. L’agriculture biologique est aussi la technique agricole la mieux adaptée au Tiers-Monde.

4/6) Contre la croissance

De quelle croissance s’agit-il ? S’il s’agit de la croissance illimitée des marchandises alors OUI la croissance est une illusion dangereuse. Si on fait les vrais calculs en intégrant les dégradations, on s’aperçoit que nous sommes déjà en croissance négative. Viennent toutes les menaces sur les ressources naturelles, renouvelables ou non. Il nous faudrait donc ralentir la croissance en attendant de développer des formes d’énergie non polluantes et non dangereuses. Il ne s’agit pas de stabiliser la société, ce que le terme croissance zéro pourrait laisser supposer, il faut en changer. Il faut faire en sorte que le profit de quelques-uns ne tire pas son origine de la dégradation de ce qui appartient à tous : l’eau propre, l’air pur, la beauté des paysages. Si nous ne nous décidons pas aujourd’hui, sereinement, à prendre les problèmes socio-écologiques de front, c’est dans la confusion et sous la pression de catastrophes que nous serons obligés de le faire. Cela peut conduire à des guerres, à des dictatures.

Si les Français consentaient à vivre au niveau de vie de 1920 avec les moyens de travail et d’équipement de 1974, des économistes ont  calculé qu’il suffirait de travailler quatre heures par jour, de 25 à 40 ans, pour satisfaire les besoins. Il est bien évident que les Français ne sont pas prêts à accepter cette solution, mais tout de même…Je ne promets pas la richesse pour tout le monde, je promets moins de richesse pour les riches de façon à pouvoir maintenir la consommation des autres. Il est bien évident que les plus responsables de la pollution sont ceux qui ont le pouvoir, mais il faut reconnaître que l’ensemble de la classe ouvrière française profite en partie par son système de vie de l’exploitation de la richesse du Tiers-Monde. Elle doit reconnaître, tout en luttant contre le régime capitaliste, que les plus exploités ne sont pas ici, ce sont les travailleurs du Tiers-Monde.

5/6) Pour des techniques douces

L’écart ne fait que se creuser entre les techniques de lutte contre les nuisances et la technologie génératrice de nuisances. Nous consommons 2 fois plus d’énergie qu’en 1963 ; sommes-nous 2 fois plus heureux ? Le Français consomme 2,85 fois moins d’énergie que l’Américain ; est-il trois fois moins heureux ? En surexploitant les combustibles fossiles, on vole les ressources des générations futures. Quel monde laisserons-nous à nos enfants ?

Chaque fois que vous prenez votre voiture pour le week-end, la France doit vendre un revolver à un pays pétrolier du Tiers-Monde. Sait-on que si tous les habitants du globe consommaient autant de pétrole que les Américains, les réserves prouvées ne tiendraient guère plus d’un an ? Pour faire 10 000 km, on consacre 150 heures à sa voiture (gain de l’argent nécessaire à l’achat et à l’entretien, conduite, embouteillage, hôpital). Cela revient à faire 6 kilomètres à l’heure, la vitesse d’un piéton. Le type de société que je propose est une société à basse consommation d’énergie. Cela veut dire que nous luttons par exemple contre la voiture individuelle. Nous demandons l’arrêt de la construction des autoroutes, l’arrêt de la fabrication des automobiles dépassant 4 CV… On peut penser dès à présent à réorienter l’industrie automobile vers la production des composantes de logements ou des systèmes d’énergie solaire ou éolienne.

Nous demandons le moratoire de l’énergie nucléaire. Nous refusons de continuer à faire des bombes atomiques et à gaspiller la majorité des chercheurs en recherche militaire. Nous sommes pour l’utilisation de techniques de production décentralisées, non polluantes et fondées sur des ressources renouvelables, comme l’énergie solaire par exemple (« techniques douces »).

6/6) Conclusion : l’écologie contre l’économie

Il est impossible de subordonner la survie des hommes à des impératifs économiques. L’économie, c’est des conditions de travail concentrationnaires, la concentration de la production et de l’habitat. Leur économie c’est celle des cinq P. : profit, puissance, prestige, pillage et pollution. Pour engager notre société dans cette direction, il faut favoriser la décentralisation et permettre aux communautés régionales d’être autonome. Il faut privilégier des unités de petite taille et renoncer au gigantisme industriel.

Personne n’est admis à avoir une vue globale des choses, ce qui est désastreux d’un point de vue écologique car tout est lié à tout. L’Ecologie, c’est un mot simple. Il veut dire que l’homme comme toutes les espèces vivantes, est inclus dans un milieu qui comprend la nature, les autres espèces vivantes, les autres hommes et qu’il ne peut se permettre de détruire ce milieu sans se détruire lui-même. La terre doit être à ceux qui la travaillent, les usines à ceux qui les font tourner. On a compris que la défense de la nature ne se limite pas à tel ou tel point particulier, mais exige une remise en cause fondamentale pour abouti à notre double objectif :

  1. Réduction fondamentale des injustices sociales à l’échelle mondiale, en vue de la réduction prioritaire du gaspillage et des consommations abusives des riches ; donc de leur nombre comme de leur revenu.
  2. Elaboration d’une civilisation à basse consommation d’énergie, de viande et de métaux, économisant pour les générations futures les ressources rares de la planète, arrêtant le pillage du Tiers-Monde et la destruction de la nature, source de toute vie.

(éditions Pauvert)

12 réflexions sur “Lettre ouverte à Marine Tondelier”

  1. Marine Tondelier, secrétaire nationale des Ecologistes en visite à la Braderie de Lille, a accusé le RN de voir dans une possible victoire russe en Ukraine « leur alliance naturelle dans ce conflit ». Vladimir Poutine, Donald Trump et Elon Musk seraient les soutiens d’une Marine Le Pen qualifiée de « cheval de Troie ».

    Cherchez le message écolo de Marine, nous ne l’avons pas trouvé !

    1. Invitée lundi 7 septembre de LCI dans Le Grand Entretien, Marine Tondelier a pointé « les limites des sondages » d’opinion, martelant que « personne ne gagnera seul » cette élection.
      à propos de Jean-Luc Mélenchon : « Je vois une partie de la gauche qui veut tuer une autre partie de la gauche. Les Écologistes ne seront pas là pour appuyer sur la détente. »

      Toujours la politique politicienne, l’écologie passe derrière. C’est ce que Marine montre, c’est aussi ce que les médias privilégient.

      1. Michel C vieil anar

        D’autre part, en plus et en même temps :
        – Marine Tondelier veut « interdire le mensonge en politique » et sanctionner les élus pris en faute (lcp.fr 4 septembre 2026)

        Je vous laisse apprécier le randam qui s’en est suivi. Et pourtant, qu’y a t-il là de si débile ? N’a t-ON pas suffisamment d’exemples de politicard(e)s pris la main dans le pot de confiture, et qui continuent comme si de rien n’était ? Serait-ce donc devenu quelque chose de normal, dont il faudrait s’accommoder ?
        Mais là encore ON pourra dire que ce n’est là que de la politique politicienne (électoraliste) et que ça n’a rien à voir avec l’écologie. Vraiment !!??
        Non ! Que ce soit au sujet du mensonge (pensons au discours de vérité que lui demande Michel Sourrouille dans cette lettre ouverte), des sondages, comme des liens entre Trump-Poutine et le RN… Marine Tondelier dit vrai.
        La seule chose que je lui reproche, c’est de ne pas dire clairement « merde » à ce système électoral pipé. Autrement dit à cette politique politicienne.

  2. Sur le monde laissé aux générations futures, Marine Tondelier se dit « profondément marquée » par deux faits d’actualité qui ont traversé l’été : les violences faites aux enfants avec la mort de Lyhanna et puis l’environnement avec des canicules et des feux à répétition. « Une France à +4°, ce n’est pas assurable. Et ce n’est pas ce que je veux pour mes enfants. Est-ce que nos enfants vont survivre ou est-ce qu’ils vont vivre ? », s’interroge la candidate écologiste, aujourd’hui enceinte de huit mois.

  3. Ce 8 septembre 2026, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) annonce le lancement « en autosaisine » (c’est-à-dire à l’initiative de l’institution) d’une convention citoyenne sur les finances publiques, un thème aussi inflammable qu’omniprésent avec une dette publique de 3500 milliards d’euros.
    Associant 150 personnes tirées au sort, la démarche se présente sous la forme d’une vaste réflexion collective, pendant trois à quatre mois, pour un budget d’environ 3 millions d’euros. Elle tournera autour d’une question lancinante : « Comment retrouver la maîtrise de nos finances publiques et réduire le déficit ? »

    La nouvelle présidente de l’institution, Claire Thoury :« Je pense que ça peut être très utile aux décideurs, surtout s’ils font preuve d’un peu d’humilité en se disant qu’ils ont besoin de l’intelligence de tous pour avancer. »

  4. élections pièges à cons !

    Je souscris à cette lettre ouverte à Marine Tondelier.
    Au stade où ON en est… l’écologie (politique) doit tourner le dos à toutes ces stratégies d’alliances, de con-sensus etc. Alors autant que le (ou la) candidat(e) à cette farce électorale ne fasse pas dans la dentelle. S’il veulent y aller (qu’est-ce qui les y oblige ?) qu’ils affichent un programme vraiment écolo, sans aucune démagogie, etc.
    Un discours de vérité, comme dit Michel Sourrouille. Et puis ON verra ce que ça donne.
    Michel Sourrouille parie sur plus de 5% … Pourtant il connait le score de René Dumont à la présidentielle de 1974 (1,34%). Une autre époque certes.
    Heureusement, à ces peanuts… ON pourra toujours rajouter le score d’Erwan Rohou (MEI).
    À condition bien sûr que ce dernier récolte les fumeuses 500 signatures pour pouvoir s’aligner sur la ligne de départ.

    1. La décroissance et les écotartufes

      – » Cet homme politique appartient à un parti, à un groupe parlementaire, à des commissions […] Et ici l’on comprend que la discipline dans un parti (qui doit voter comme un seul homme) est exactement la contrepartie de la sécurité du travail et de situation des hommes politiques leaders de ce parti. Mais cet homme politique dépend de ce groupe pour que son avenir soit assuré. Ainsi la politique devient une profession à vie. [etc. etc.]
      Dans ces conditions, une action écologique sur le plan politique ne suppose en rien que l’on présente des candidats, ni un programme écolo, ni que l’on fasse rajouter un petit article écologique au programme des « grands partis » : il s’agit avant tout de supprimer la classe politique. [etc.]  »
      (Jacques Ellul – La nature du combat. Pour une révolution écologique)

      Ce passage est extrait du hors-série (été 2026) de La Décroissance consacré aux écotartufes. (Page 33 – François Ruffin).

  5. Le député François Ruffin, candidat à l’élection présidentielle et ancien « insoumis », s’est dit « toujours prêt » le 9 septembre à participer à la primaire du camp social-démocrate, reprochant à Raphaël Glucksmann, qui s’y oppose, « d’avoir peur des électeurs ».

    Marine Tondelier : « J’ai plaidé pour une primaire pendant un an. J’ai fait des dizaines de réunions avec les socialistes sur le sujet. Raphaël Glucksmann ne voulait pas participer s’il n’y avait pas que des socialistes avec lui … Je ne ferme pas la porte, mais je peux vous dire que je suis un peu échaudé du Parti socialiste avec qui j’ai perdu beaucoup de temps »

  6. Marine Tondelier était l’invitée le 7 septembre dans «Le grand entretien». L’interview s’est conclue sur ses balbutiements en politique concernant les anciens chefs du gouvernement. Elle botte en touche face à Darius Rochebin : «Giscard me fait penser à Macron… »

    Notez que le parti dit « Les Ecologistes » a exclu les deux listes internes de débat, « Alphavert » et « Nat Ecolo Débat ». Ces fermetures arbitraires, sans justification, sont un des nombreux signes des moyens intellectuels et politiques « limités » des personnes encartées et supposées écolos. On est bien loin du niveau de culture politique et historique d’autrefois.

  7. Les Écologistes-EELV ont proposé à Génération Écologie de nouer des discussions bilatérales dans la perspective d’une candidature commune au premier tour de l’élection présidentielle.
    Réponse de Génération Écologie (20 août 2026)
    « Nous ne nous inscrivons pas dans cette démarche car nous sommes entrés dans le dur des effondrements écologiques. Nous ne vivons pas le tournant d’un été, mais le basculement du siècle qui engage le destin de l’humanité et de l’ensemble du vivant. Dans ce contexte, la tâche historique de l’écologie politique en France ne se réduit pas, à nos yeux, à faire barrage à l’extrême droite, ni à être une simple composante d’une alliance amendant à la marge des programmes dont les axes principaux défendent un modèle économique et social destructeur, incompatible avec une prise en charge sérieuse du respect des limites planétaires pour préserver l’habitabilité de notre pays. « (à suivre)

    1. … Vouloir gouverner implique de construire une crédibilité qui diverge d’une proposition d’accompagnement écologique d’autres orientations politiques.
      La logique consistant à appliquer au premier tour de l’élection présidentielle l’équation du second tour, avec le choix mortifère d’un vote par défaut, est perdante pour l’écologie politique. Les citoyennes et citoyens attendent du neuf autour d’un programme d’action concret pour la santé, la paix et la sécurité climatique, et non l’éternelle reconstitution d’alliances plus que bancales. Un gouffre nous sépare de toutes les formations politiques tant elles s’illustrent avec constance dans la volonté de relancer la surproduction, la surconsommation ou de financer leur programme par un illusoire retour de la croissance du PIB.

      Les reculs environnementaux ne sont hélas pas le seul fait de la droite et de l’extrême droite. »

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