Les autorités françaises alertent sur un choc probable avec la Russie à horizon quatre ans et sur la nécessité de s’y préparer. Il s’agit d’une propagande de guerre classique qui ne donne à voir qu’une version étroite et biaisée du réel. L’avenir est à l’entente des peuples. Que ce soit Poutine, Trump, Nétanyahou, ce sont des mortels qui n’ont qu’un temps, on doit voir plus loin.
De faux prétexte pour un réarmement militaire
Vladimir Poutine cherche actuellement la mort de la démocratie par tous les moyens, c’est un nazi qui dit que ce sont les autres, les nazis. Mais marteler l’idée du retour de la guerre de haute intensité est destiné seulement à faire peur. Lorsqu’on a peur, la réflexion se paralyse, et cela nous rend manipulables. Nous obéissons alors aux injonctions : votez les budgets, rentrez dans l’armée, obéissez, acceptez les morts. Surtout, n’interrogez pas ce que l’on défend, et n’imaginez pas qu’il puisse exister des alternatives. On fait un usage constant du «pas le choix» et «pas le temps». La propagande militaire a toujours le même langage : nous ne voulons pas la guerre, c’est l’autre qui la veut ; l’autre commet des massacres délibérés, nous des accidentelles bavures ; ses pertes sont énormes, les nôtres limitées ; l’autre a le visage du diable.
Or, la guerre est toujours une décision politique. Ce n’est pas un automatisme et rarement un « dernier recours ». C’est un moyen adopté par des gouvernants pour atteindre leurs objectifs politiques. Il est porté par de nombreux intérêts. Aujourd’hui, nos dirigeants, Macron le premier, investissent massivement dans l’armement. Mais dans un contexte de guerre imaginaire, Poutine n’attaquera pas l’Union Européenne. Il s’agit seulement de répondre aux désirs du lobby militaro-industriel.
Pour une résistance non violente
Pour se préparer à n’importe quelle guerre, nous devons étudier le concept de « défense totale » des Baltes dans lesquels les civils jouent un vrai rôle. C’est dans cette perspective que nos envisageons les options non-violentes. La force s’incarne moins dans la quantité d’équipement militaire que dans la capacité à résister à l’agression. L’Europe est engagée dans une lutte systémique de long terme dont nous ne nous sortirons qu’en mobilisant toutes nos ressources : certaines peuvent être militaires, comme confier notre force d’intervention directement à l’ONU. Mais beaucoup sont juridiques, diplomatiques, de dialogue, de résistance non violente.
Cela nous invite à lutter dès aujourd’hui contre ce qui désagrège nos sociétés : boycotter les réseaux sociaux et médias qui polarisent, la malbouffe qui empoisonne, se former à la protection civile, et, surtout, s’entraîner à la sobriété énergétique, car notre dépendance en la matière nous expose aux pires chantages. Avant de prendre les armes, on peut lutter efficacement contre ces servitudes. Quand on use de la violence, on risque de devenir ce contre quoi on se bat. En temps de guerre, l’exercice du pouvoir devient plus vertical, moins transparent ; les libertés, notamment celle d’informer, sont entravées ; les citoyens sont davantage surveillés au nom même de leur sécurité. Et sur le plan personnel, la violence nous corrompt de l’intérieur.
Chacun a un travail à faire. Il s’agit de repenser notre sécurité en interrogeant les liens que nous entretenons avec ce qui nous fait peur. Les Ukrainiens font tout pour que la société ne s’effondre pas. Ils ont réorganisé leur vie dans les abris, adapté le système scolaire, les hôpitaux, leur travail, monté des filets anti-drones, des équipes pour réparer les centrales électriques touchées par les Russes. Ils documentent tant les atrocités russes que la corruption de leurs autorités. En restant debout, ils nous donnent une leçon magistrale de robustesse sociétale.
Pour une Russie de liens
Quant à la Russie, il y a quand même une alternative de long terme. Poutine et son fascisme ne sont pas éternels . Si on se penche sur une carte, il est évident que la Russie a une vocation parfaite à faire un jour partie de l’Union européenne, pour la renforcer face aux orgueilleux américains qui, loin de l’autre côté de l’océan, prétendent tirer toutes les ficelles du Monde. C’est aussi un excellent, trait d’union à l’Est, tout comme avec les pays arabes et asiatiques.
Michel Sourrouille,
(libre interprétation de l’article de Cécile Dubernet dans La Croix)

– « Si on se penche sur une carte, il est évident que la Russie a une vocation parfaite à faire un jour partie de l’Union européenne, pour la renforcer face aux orgueilleux américains qui, loin de l’autre côté de l’océan, prétendent tirer toutes les ficelles du Monde. »
Et si ON se penche sur une carte, il est tout aussi évident que la Russie est également toute proche des USA. Entre l’île Big Diomede (Russie) et l’île Little Diomede (États-Unis) dans le détroit de Béring, il n’y a que 4 km. La Corse est également plus proche de la France que de l’Italie.
Quoiqu’il en soit, pourquoi aurions-nous besoin d’un machin aussi gros, voire plus, que celui des Ricains… pour pouvoir vivre en paix ? Faut-il vraiment, comme le pense et le dit Macron, en avoir une grosse pour se faire respecter ? Et en même temps pouvoir leur dire merde.
Oui ce serait une folie de mettre la Russie dans l’Union Européenne, Géographiquement, économiquement, politiquement c’est inconcevable.
Lire La Décroissance N°223 (mars-avril 2026), notamment l’entretien avec Serge Halimi p.15.
Écouter, réécouter pour ceux qui connaissent, les paroles de la chanson de Matthieu Côte (2007) :
– « […] ON leur dit eux gentils, ils disent OK . ON leur dit eux méchants, ils disent OK.
Qu’est-ce qu’ils sont cons !
ON leur dit c’est la guerre, ils disent OK . ON leur dit faut la faire, ils disent OK.
Qu’est-ce qu’ils sont cons ! [etc.] »
ON dit l’ennemi se cache n’importe où, surveillez vos amis, restez planqués chez vous, nos démocraties sont en danger partout, ON leur dit insécurité, ON dit état-policier …
Allez ! Paniquez, paniquez, paniquez, paniquez ! Paniquez…… [etc. etc.] »
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