L’extractiviste Trump veut le pétrole de Maduro

Le vice-président américain, J. D. Vance, explique que « le président [Donald Trump] a proposé à plusieurs reprises des voies de sortie, mais il a été très clair tout au long de ce processus : le trafic de drogue doit cesser et le pétrole volé doit être restitué aux Etats-Unis. Le président Maduro reprochait aux Etats-Unis de vouloir le renverser pour s’emparer des réserves de pétrole du pays, les plus grandes de la planète. Donald Trump à Fox News: «Washington ne peut pas prendre le risque de laisser quelqu’un d’autre prendre la place de Maduro et poursuivre sur sa voie ».Il ajoute que les Etats-Unis seront « très impliqués » dans l’avenir du Venezuela, disant « vouloir la liberté pour le peuple ».

Tout est dit, les Américains sous la houlette de Trump veulent continuer à piller la planète à leur guise. Trump considérait déjà que le Canada serait une province des États-Unis et que le Groenland bien sûr était américain. Il s’attaque maintenant à l’Amérique du Sud, ou plutôt à ses réserves naturelles. Trump est très clair dans son extractivisme quand il s’exprime publiquement  le 3 janvier 2026 à 17h40 heure française :

« A ma demande, les forces armées américaines ont conduit une opération militaire extraordinaire dans la capitale du Venezuela, un assaut comme on en n’avait pas vu depuis la Seconde Guerre mondiale pour confronter à la justice le dictateur hors-la-loi Nicolas Maduro. Nous allons diriger le pays jusqu’à ce que nous puissions assurer une transition sûre, appropriée et judicieuse. Nous allons faire intervenir nos très grandes compagnies pétrolières américaines, les plus importantes au monde, qui vont investir des milliards de dollars pour réparer les infrastructures gravement endommagées, partager les ressources pétrolières et commencer à générer des revenus pour le pays. »

Trump et bien d’autres dirigeants de la société croissanciste (et donc extractiviste) feraient mieux de s’inspirer de l’histoire de Nauru, une île dévastée à cause de ses ressources en phosphate. Une entrée massive d’argent joue un rôle incroyablement déstabilisateur : un peu comme ces gagnants du loto qui finissent par perdre la tête. Les Nauruans cessèrent de travailler et se comportèrent en rentiers. Un bref instant historique, Naurutopia a pu se définir comme une sorte de socialisme parfait où chaque citoyen récolte les fruits du sous-sol. Mais évidemment, les choses se gâtèrent avec les premiers signes d’épuisement des mines de phosphate au début des années 1990 ; l’économie de Nauru s’est alors tout simplement effondrée. Le sort de Nauru préfigure non seulement le présent du Venezuela, mais celui de toute la civilisation thermo-industrielle, bâtie sur l’exploitation des ressources en hydrocarbures et en métaux du sous-sol…

Lire, Extractivisme d’Anna Bednik (2016)

extraits : Les nouveaux tenants du pouvoir en Amérique du sud ont en effet poursuivi la spécialisation primo-exportatrice historique de leurs pays car la rente extractive a permis à ces régimes les fonds qui leur permettaient de financer les politique sociales. Aux dires du président équatorien Rafael Correa, on construira une société plus juste et plus équitable «avec le même modèle». La lutte contre la pauvreté (entendu au sens occidental du terme) a pris le dessus. Derrière la notion de développement, il y a l’idée que vivre ne serait pas suffisant. Ceux qui nous disent pauvres, expliquent les paysans-ronderos d’Ayabaca au Pérou «ne voient pas nos richesses, ils comptent l’argent». En Australie, les Aborigènes interrogent : «Nous avons du soleil, du vent et des habitants, Pourquoi polluer notre environnement pour de l’argent?» Le buen vivir (ou vivir bien) n’est plus qu’un slogan utilisé à des fins de marketing politique qui se confond, selon les besoins de ceux qui les utilisent, avec «développement», «services de base», voire  «accroissement du pouvoir d’achat». Le seul fait d’intensifier l’extractivisme a enseveli tout espoir de renouveau….

En savoir plus sur l’extractivisme

« extractivisme », synthèse de notre folie

extraits : Le mot extrativismo (sans c) est apparu au Brésil, dans les années 1930, pour désigner l’exploitation des plantations de caoutchouc. C’est avec une acception différente que le mot extractivismo (avec un c) s’est diffusé, à partir des années 1980 dans les pays voisins, avec comme contexte la résistance des peuples autochtones aux grands projets miniers.A la fin des années 2000, cette notion militante a été généralisée par des chercheurs engagés. Ce terme est devenu une caractéristique du capitalisme contemporain : la valeur y est “extraite” plutôt que “produite” par le travail. Deux traits majeurs le définissent : une exploitation des ressources qui ne se préoccupe pas de leur renouvellement et des externalités négatives (pollution, pauvreté…), et un contrôle par des réseaux oligopolistiques. Les bénéfices tirés de cette « capture de valeur » sont concentrés entre les mains de quelques-uns, tandis que les coûts sont légués au reste de l’humanité. L’extractivisme imprègne les mentalités de nombreux dirigeants, ce que Donald Trump a confirmé avec son slogan de présidentiable : « Drill, baby, drill ! » (« fore, bébé, fore ! »)

En savoir plus sur le Venezuela

Venezuela, la malédiction extractiviste (août 2025)

extraits : Les immenses mines d’argent de Potosi, pillées à partir du XVIe siècle, avaient servi de berceau au capitalisme en Europe. La république bolivarienne du Venezuela repose encore aujourd’hui sur un imaginaire extractiviste. Neuvième producteur de brut mondial et cinquième exportateur, le Venezuela vit de la rente pétrolière. Corruptions et violences autour du pétrole n’ont pas fini de s’y donner la main… Au pouvoir depuis 1999, Hugo Chavez avait mis PDVSA (Petroleos de Venezuela SA) au service de la « révolution bolivarienne ». Le président depuis la mort de Chavez, Nicolas Maduro, promet à ses concitoyens de « reconquérir » l’Essequibo au Guyana. C’est un désert vert au sous-sol chargé de gaz et de pétrole, d’or, de diamants, de cuivre, de bauxite, de fer et d’aluminium.…Le 3 décembre 2023, les électeurs vénézuéliens ont été appelés à se prononcer par référendum sur l’avenir de cette région… située dans un autre pays. Le référendum a donné 95 % de « Oui » à une tentative de prendre une partie de son territoire à un pays limitrophe.

40 réflexions sur “L’extractiviste Trump veut le pétrole de Maduro”

  1. Donald Trump, a assuré le 6 janvier que Caracas allait remettre aux Etats-Unis « entre 30 et 50 millions de barils de pétrole » actuellement stockés sur des navires. « Ce pétrole sera vendu aux prix du marché et l’argent sera contrôlé par moi »Le gouvernement américain a aussi annoncé le 7 janvier que Washington contrôlerait « pour une période indéterminée » la commercialisation du pétrole vénézuélien.
    La guerre du pétrole a commencé.

    1. – « Les Etats-Unis affirment ainsi clairement à Moscou – et indirectement à la Chine et à l’Iran, qui ont également des intérêts dans la zone – que le Venezuela et plus généralement le continent américain sont désormais leur chasse gardée. »
      ( Les Etats-Unis renforcent leur mainmise sur le Venezuela en saisissant deux pétroliers, dont un qui battait pavillon russe – lemonde.fr aujourd’hui)

      La 3ème guerre mondiale a-t-elle commencé ?

  2. L’une des premières mesures entérinées dès le 3 janvier 2026 par le régime a été la déclaration d’un décret d’estado de conmocion exterior, sorte d’état d’urgence qui octroie des pouvoirs élargis au chef de l’État face à la menace d’une « agression de l’empire américain ». Il ordonne notamment la recherche et l’arrestation de « toute personne impliquée dans la promotion ou l’attaque de l’armée des Etats-Unis ».
    Les opposants au régime espéraient que le départ du dirigeant signifierait une renaissance de la démocratie et des libertés individuelles. C’est pour l’instant tout le contraire qui est arrivé. C’est la vice-présidente Delcy Rodriguez, chaviste convaincue et présente aux côtés de Nicolas Maduro depuis 2018, que les Etats-Unis ont adoubée, semant la confusion.

    1. esprit critique

      Peut-ON dire, comme le titre L’Express… que Trump a CHOISI Delcy Rodriguez, une fidèle de Maduro ? La Constitution du Venezuela prescrit que lors d’une « absence absolue » du président, le vice-président assure l’intérim. Donc, rien d’anormal de ce côté là.
      Pour la suite ON verra.

      – Venezuela : « aucun agent extérieur ne gouverne » selon Delcy Rodriguez, Washington répond qu’il va « continuer à dicter » les décisions (msn.com aujourd’hui)

  3. D’un côté, il est quelque part rassurant, voire réjouissant… de voir qu’il y a encore, et heureusement, beaucoup de monde qui pense que Trump est complètent cinglé.
    Alors bien sûr, tout le monde ne peut pas le dire comme ça, aussi clairement, politiquement correct oblige. La plupart des réactions aux «exploits» quotidiens de ce grand malade se limitent donc à commenter le côté légal, à prédire les conséquences, plus ou moins fâcheuses, à se demander jusqu’où ce type peut aller, et des choses comme ça.
    En gros ON le regarde faire, et ON blablate. Plus ou moins gentiment, poliment.
    D’un autre côté, bien moins réjouissant, il y a ceux qui le badent, qui justifient tout le bien-fondé de ses délires, j’en ai déjà parlé. (à suivre)

    1. (suite) En gros, d’un côté ceux qui le voient comme il est… de l’autre ceux qui n’y croient pas, qui ne peuvent pas y croire, qui ne peuvent pas imaginer…
      – « La plupart des Danois en sont persuadés, jamais les Etats-Unis ne prendront le Groenland par la force. Pour eux, ce scénario est inimaginable car « on ne s’attaque pas comme ça à un pays ami. » » (« Comment ose-t-il ? », « Je lui fais confiance »… Les Danois partagés sur les menaces de Donald Trump envers le Groenland – franceinfo.fr 06/01/2026)

      Les Danois devraient être donc prochainement fixés. « Dans environ deux mois » qu’il a dit.
      En attendant, ON en reparlera dans 20 jours. ( à suivre)

      1. (suite) En attendant… il serait intéressant de voir ce que pèse tout ça.
        Sur ce blog, les points de vue nous éclairent déjà un petit peu. Sauf que trois pelés et un tondu ne représentent pas grand chose. L’idéal serait de faire un sondage, voire un référendum, au niveau du pays, voire de la planète. La question pourrait être : Trump est-il globalement positif, OUI ou NON ? Sauf que c’est impossible. De toute façon les résultats ne nous diraient pas QUI a dit OUI et qui a dit NON. Encore moins qui a botté en touche, et qui s’est abstenu. Bref, la Démocrassie va de pair avec l’hypocrisie. (à suivre)

        1. Parti d'en rire

          (et fin) ON pourrait alors poser la question à l’IA. Tout connement.
          Justement elle est au menu du jour sur Biosphère.
          Par simple curiosité, j’ai essayé de savoir ce que Zélensky pensait de cette intervention au Venezuela. Du moins ce qu’il avait dit. En vain. Peut-être n’a t-il rien dit, peut-être n’en pense t-il rien, du tout… quelqu’un pourrait-il m’éclairer ?
          En attendant, quand je le vois, ce pauvre Zelenski, obligé de lécher les bottes de ce misérable… juste pour éviter qu’il le laisse tomber… j’ai mal. Et donc je rigole.
          Que voulez-vous, je suis comme ça. Et ON ne me refera pas. Finalement, d’un certain côté, je suis comme ce pauvre Trump. Misère misère !
          Mais peut-être aussi que ma question se heurte, tout connement, aux limites de l’IA …
          Et peut-être aussi à celles de l’IC (intelligence collective).

  4. Nicolas chapuis

    L’impérialisme débridé du président américain et de son conseiller Stephen Miller, qui ciblent aussi Cuba, la Colombie, le Mexique et surtout le Groenland, est-il désormais la stratégie officielle du pays ? L’administration Trump demeure particulièrement élusive concernant un éventuel processus démocratique au Venezuela. Le Congrès se laissera-t-il marcher sur les pieds à propos des autres projets de l’administration, concernant Cuba, la Colombie, le Mexique, ou, ce qui apparaît comme le dossier le plus brûlant, celui de l’accaparement du Groenland ? Plusieurs membres de la Chambre des représentants, dont certains issus des rangs républicains, ont exprimé leur désaccord face à la prédation d’un territoire associé à l’Union européenne et à l’OTAN, le tout sans l’accord de ses habitants, les Groenlandais.

  5. Ils sont de plus en plus cinglés. Donald Trump et son équipe « discutent de plusieurs options » pour obtenir le Groenland, « et bien sûr utiliser l’armée américaine est toujours une option à la disposition » du président, a déclaré, mardi 6 janvier 2026, sa porte-parole, Karoline Leavitt.
    Le président américain « a fait savoir clairement qu’acquérir le Groenland était une priorité de sécurité nationale pour les Etats-Unis, et c’est vital pour tenir en respect nos adversaires dans la région arctique », a-t-elle fait savoir.

  6. Pour la première fois, un président américain revendique ouvertement le fait d’avoir tenu le Congrès à l’écart, non par nécessité stratégique ou par urgence, mais par mépris, par crainte de « fuites » venant du Capitole. Il y a une ironie tragique à voir Donald Trump se poser en libérateur du Venezuela, alors même qu’il a évincé et humilié son propre Congrès à deux reprises, y compris après l’assaut meurtrier du Capitole, le 6 janvier 2021. Nicolas Maduro, de son côté, a lui aussi méprisé son Parlement, contraignant Juan Guaido, son dernier président légalement élu, à l’exil. Le parallèle est cruel : celui qui se prétend champion de la liberté ailleurs pratique chez lui une concentration des pouvoirs que Montesquieu aurait qualifiée de despotique. Montesquieu avait anticipé ce danger dans De l’esprit des lois (1748) : « Lorsque, dans la même personne ou dans le même corps de magistrature, la puissance législative est réunie à la puissance exécutrice, il n’y a point de liberté. »

  7. Le Conseil de sécurité s’est réuni en urgence à New York lundi 5 janvier, après l’opération militaire américaine au Venezuela. Mais en dépit de quelques critiques, le conseil ne s’est pas prononcé clairement sur la légalité ou pas de l’enlèvement du président vénézuélien par Washington, laissant présager qu’après l’invasion de l’Ukraine ou la guerre menée à Gaza par Israël, cet épisode vénézuélien pourrait bien être un troisième clou dans le cercueil du multilatéralisme et du droit international.
    L’ambassadeur américain, Mike Waltz, a surtout martelé qu’il était « inacceptable que les plus grandes réserves d’énergie du monde continuent d’être sous le contrôle d’adversaires des Etats-Unis ».

    Nous sommes clairement face à une guerre du pétrole où le plus gourmand en énergie fossile, les USA (20 % des la consommation pour 4 % de la population mondiale) en veut toujours plus alors qu’ils sont déjà gros émetteurs de gaz à effet de serre.

    1. Déclaration conjointe de l’Espagne, du Brésil, du Chili, de la Colombie, du Mexique et de l’Uruguay concernant les événements au Venezuela :
      « Nous exprimons notre préoccupation face à toute tentative de contrôle, d’administration ou d’appropriation extérieure par un gouvernement de ressources naturelles ou stratégiques, qui est incompatible avec le droit international et menace la stabilité politique, économique et sociale de la région. »

  8. Antonio Guterres

    Une force unilatérale des USA contre le Venezuela sape la stabilité de l’ordre international et le principe d’égalité entre les nations. Lorsque les principes fondamentaux du droit international sont violés, l’Etat fautif doit être dénoncé. La Charte des Nations unies, qui forge les relations entre Etats depuis quatre-vingts ans, demande à ses membres (193 aujourd’hui) dans leurs relations internationales. » de recourir à la menace ou à l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout Etat ». La charte prévoit des exceptions : pour être légale, une intervention doit être validée par le Conseil de sécurité des Nations unies ou doit relever de la légitime défense. Ce qui, dans la situation présente, n’est pas le cas. La procédure pénale enclenchée aux Etats-Unis contre M. Maduro pour justifier l’intervention ne confère aucun titre juridique autorisant l’exercice d’une contrainte armée sur le territoire d’un Etat souverain.

    1. – Capture de Nicolas Maduro : le chef de l’ONU « très inquiet » de l’impact potentiel sur la région
      (france24.com 05/01/2026)

  9. Toute l’opposition vénézuélienne espérait le départ de Nicolas Maduro pour installer un gouvernement démocratique. Mais Donald Trump ne paraît pas très disposé à soutenir les plans de l’opposition. Les opposants avaient tort de penser qu’un homme qui démantèle la démocratie dans son propre pays allait les aider à l’installer dans le leur.
    La démocratie n’est pas quelque chose qui lui importe beaucoup.

  10. Il est de plus en plus cinglé. Donald Trump a réaffirmé, dimanche 4 janvier au soir, son souhait de voir le Groenland passer sous la coupe américaine, après que la première ministre danoise a exhorté les Etats-Unis à « cesser [les] menaces » d’annexer le territoire ce week-end. « Nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale, et le Danemark ne sera pas en mesure de s’en occuper », a déclaré le président américain aux journalistes à bord d’Air Force One. « Nous nous occuperons du Groenland dans environ deux mois… parlons du Groenland dans vingt jours »

    1. Pas besoin de ce cinglé !

      Remarquons que s’il a besoin du pétrole des autres, il n’a surtout pas besoin des autres. C’est d’ailleurs pour ça qu’il a besoin d’un mur de 3000 km entre les US et le Mexique.
      Besoin du Groenland, besoin du Canada, besoin du canal de Panama, et du canal de Suez, besoin de la Bande de Gaza etc. etc. etc.
      Besoin surtout d’être tous les jours le Centre du monde.

  11. Washington Post : « Récemment, Trump a avancé un autre prétexte pour justifier son action. Il a écrit sur les réseaux sociaux qu’il souhaitait que le Venezuela restitue “aux Etats-Unis d’Amérique tout le pétrole, les terres et autres biens qu’ils nous ont volés” … C’est un mensonge : le Venezuela a nationalisé ses champs pétrolifères en 1976, mais de nombreux autres pays ont fait de même, notamment l’Arabie saoudite avec la Russie… Cela laisse penser que l’objectif de Trump n’est pas d’apporter la liberté au Venezuela, mais plutôt d’obtenir l’accès à ses réserves de pétrole, les plus importantes au monde. »

    New York Times : « Le Venezuela semble être devenu le premier pays victime de cet impérialisme des temps modernes, et cela représente une conception dangereuse et illégale de la place des Etats-Unis dans le monde »

  12. Réduire la situation vénézuélienne à une opposition morale (« dictature » vs « démocratie ») occulte l’essentiel : la centralité du pétrole dans les rapports de force actuels.
    Le Venezuela possède en effet les premières réserves mondiales prouvées de pétrole, et cette donnée structure largement les prises de position internationales. L’histoire récente montre que, lorsque des ressources stratégiques majeures sont en jeu, le discours sur les droits humains devient souvent l’habillage rhétorique d’intérêts énergétiques et géopolitiques. La dépendance structurelle au pétrole continue d’alimenter des conflits, des ingérences et des guerres plus ou moins directes.
    Pour des écologistes, le point central devrait être celui-ci (à suivre)

    1. (suite et fin) Tant que les grandes puissances quels que soient les régimes en place restent structurellement dépendantes des hydrocarbures, elles chercheront à sécuriser l’accès aux gisements, par la pression diplomatique, économique ou militaire.
      La question écologique n’est donc pas seulement qui gouverne le Venezuela, mais pourquoi le pétrole reste un levier de domination mondiale. C’est cette dépendance énergétique, et non tel ou tel dirigeant, qui rend ces situations récurrentes. Si l’écologie politique veut être cohérente, elle doit :
      – dénoncer la logique d’appropriation des ressources fossiles ;
      – rappeler que la sortie des hydrocarbures est aussi une condition de paix durable ;
      – refuser de servir de caution morale à des stratégies énergétiques déguisées.

      1. MC esprit critique

        Je suis d’accord avec vous. Pour résumer je dirais que si l’écologie politique veut être cohérente… elle doit dénoncer clairement et fortement le Système.
        Le Système, et sa logique d’accumulation, d’exploitations, de violations etc.
        Le Système, autrement dit le Capitalisme.
        Dénoncer clairement le Système, sans pour autant sombrer dans l’illusion.
        Autrement dit, sans prêcher un communisme qui n’en aurait que le nom.

  13. – « Des mois durant, la pression exercée sur le Venezuela était justifiée par les Etats-Unis comme une guerre contre le narcotrafic. Une autre priorité s’impose désormais : l’accès au pétrole de ce pays d’Amérique latine assis sur les plus vastes réserves d’or noir du monde. »
    (Le pétrole du Venezuela au centre des ambitions de Donald Trump – Le MONDE ce jour à 12h53)

    1. esprit critique

      – Après la capture de Maduro, Trump affiche son appétit démesuré pour le pétrole vénézuélien (huffingtonpost.fr 03/01/2026 19:23)

      Pour tout le monde, ou presque… c’est clair comme de l’eau de roche. La drogue n’était qu’un prétexte. Comme la dictature de Maduro.
      C’est quand même malheureux… que certains ne voient pas, ou font seulement semblant de ne pas voir… que Trump n’a que faire de la souffrance des Vénézuéliens, des Gazaouis, des Ukrainiens etc. Le comble, de mon point de vue… c’est que parmi ces vrais ou faux aveugles, il y en a qui se disent écolos. Or, l’écologie (l’environnement, le climat…), aussi bien que la paix, le vivre-ensemble, l’intelligence collective etc. (tout est lié) n’ont absolument rien à gagner avec leur façon de penser, leur dogmatisme (aveuglement).
      Le problème, ou la question : Comment leur faire comprendre une telle évidence ?

  14. Kamala Harris, l’ancienne candidate démocrate à la présidentielle : « Nous avons déjà vu ce scénario. Des guerres pour un changement de régime ou pour le pétrole, présentées comme des démonstrations de force, se transforment en chaos, et les familles américaines en paient le prix. »
    C’est la première fois à notre connaissance que Kamala Harris intervient de façon frontal face aux errements de monsieur Trump.

    1. – Kamala Harris critique Donald Trump et sa « vision étriquée » de l’Amérique
      (Le MONDE 01 mai 2025)

      – Kamala Harris critique Donald Trump au premier soir de sa tournée
      (lapresse.ca/international/etats-unis/2025-09-25)

  15. Au niveau planétaire… à lui seul ce dernier «exploit» de Trump a déjà généré des tonnes et des tonnes de commentaires (réactions), des heures et des heures de palabres, et de commentaires sur ces palabres, etc. Et derrière tout ça des tonnes et des tonnes de ressources, et de CO2.
    Et bien sûr ce n’est pas fini. Rien que sur notre petit blog, l’article précédent compte pas moins de 32 commentaires, celui-ci pas encore, mais bien sûr ce n’est pas fini.
    Au sujet de ce type, de ses «exploits» journaliers, de la menace qu’il représente, etc. etc. que dire de plus ? Pour faire progresser l’intelligence collective, bien sûr. ON le sait, ce type se fout de tout. De la bienséance, de la paix, du Droit International, de l’écologie etc. etc. Et de la vérité n’en parlons pas ! De tout, SAUF de son aura. Non seulement pour le Maître ou le Shérif… ce type se prend pour le Nombril du monde. Que voulez-vous, il est fou il est fou !
    Fou, cinglé ou malade peu importe, ON se comprend. (à suivre)

    1. Esprit critique

      (suite) Seulement, et malheureusement… ce phénomène hors du commun reste un incroyable sujet de clivage. Force est de constater que Trump est un sujet qui fâche.
      Un de plus. Et pas que lui, en plus. D’un côté ceux qui le voient tel qu’il est, tout simplement… de l’autre ceux qui le voient plutôt d’un bon œil, tout connement.
      Enfin, d’un bon œil… façon de parler. Je parle donc de ceux qui voient chez ce cinglé quelque chose qui leur plait bien. Voire qui les fait jouir. Et contre ça, cette maladie… je ne vois vraiment pas ce que nous pourrions faire. Misère misère !

  16. Malgré une production domestique importante, les USA sont importateurs de pétrole. Le pétrole brut raffiné aux USA provient seulement à 60 % de la production nationale. Pour le reste 25 % vient du Canada, 3 % du Mexique pour 3 % et 12 % du reste du monde. Le rebond de la production grâce au “pétrole de schiste” est majeur, mais n’a pas permis de rendre le pays autosuffisant. Et ce pétrole non conventionnel est beaucoup trop coûteux à extraire pour être rentable.

    Les Américains consomment actuellement 20 % environ du pétrole mondial à eux tout seuls.Ajoutons que la population américaine de 348 millions d’habitants ne représente que 4,2 % de la population mondiale.

  17. éditorial du MONDE

    En 2003, les États-Unis de George W. Bush avaient envahi l’Irak sans mandat international mais après le vote d’une autorisation d’usage de la force par les élus du Congrès. Ce précédent rappelle ce que peuvent provoquer des interventions brutales, dépourvues de légitimité internationale, dans des pays fragilisés par un pouvoir autoritaire. Il faut être armé d’un solide optimisme pour imaginer qu’une administration à ce point aveuglée par l’idéologie impérialiste et l’esprit de rapine s’est préparée à toutes les éventualités au Venezuela.
    Si le précédent de Caracas fait école, ceux qui veulent trouver des vertus au marteau américain, en négligeant ses périls, regretteront amèrement leur complaisance lorsque leurs propres intérêts seront à leur tour et tout aussi arbitrairement réduits en poussière.

  18. Le mot pétrole a été prononcé pas moins de 20 fois lors de la conférence de presse de Donald. « Nous allons leur vendre le pétrole » a-t-il asséné, dans une formule qui montre qu’il considère désormais les réserves en hydrocarbure à l’étranger comme les siennes. Que les Etats-Unis aient été mis dehors lors de la nationalisation par Hugo Chavez des réserves pétrolières n’est pas un vol, mais le droit absolu d’un État souverain.

    Les Etats-Unis risquent de se retrouver avec une situation locale compliquée à gérer, dans un pays où la Chine et la Russie ont des intérêts.

    1. Donald Trump est déjà bien embêté pour déterminer qui devrait avoir le pouvoir au Venezuela. Il a rejeté sèchement toute possibilité d’une accession au pouvoir de la cheffe de l’opposition vénézuélienne et Prix Nobel de la paix, Maria Corina Machado. Il a affirmé que la vice-présidente du Venezuela, Delcy Rodriguez, avait dit au secrétaire d’Etat américain Marco Rubio être prête à coopérer avec les Etats-Unis. Celle-ci a cependant déclaré dans la soirée que Nicolas Maduro était « l’unique président du Venezuela ».
      On souhaite à Trump bien des mésaventures pour diriger à distance un pays ingouvernable où les yankees ne sont pas les bienvenus. « Yankees go home » va bientôt être sur toutes les lèvres en Amérique du Sud.

  19. Le premier article de notre blog « biosphere » a été posté le 13 janvier 2005, il propose chaque jour un « point de vue des écologistes ». Hébergé par le serveur ouvaton.org, c’est un Journal indépendant sur l’actualité, nous ne sommes alignés sur aucune chapelle.
    https://biosphere.ouvaton.org/blog/
    Ce blog est directement relié à un site, on peut aller de l’un à l’autre rapidement.
    https://biosphere.ouvaton.org/
    Notre site « biosphere » est relativement statique, les contenus y sont organisés par pages pour la plupart anciennes. Mais c’est un « réseau de documentation des écologistes » qui fournit à peu près toute la culture que devrait avoir un écologiste militant. Nous avons une volonté de formation des citoyens. Nous ne sommes pas un réseau social qui met en contact n’importe qui pour n’importe quoi grâce à Facebook, TikTok, Twitter (X)…
    Prière par vos commentaires de faire en sorte d’améliorer l’intelligence collective, merci.

  20. Depuis 2014, environ 7,7 millions de Vénézuéliens, soit 20 % de la population, ont quitté le pays, incapables de se procurer de la nourriture ou à la recherche de meilleures opportunités à l’étranger, selon l’Organisation internationale pour les migrations des Nations unies.

    Voilà la messe est dite, les communistes vénézuéliens ruinent le pays tout comme en France d’ailleurs ! Sans compter les trafics de drogue et la criminalité qui augmentent !

    1. esprit critique

      Comme aujourd’hui Biosphère a oublié de nous faire la petite piqûre de rappel… je me permets donc de le faire à sa place : « Nous ne sommes pas un réseau social qui met en contact n’importe qui pour n’importe quoi grâce à Facebook, TikTok, Twitter (X)… Prière par vos commentaires de faire en sorte d’améliorer l’intelligence collective, merci. »
      Et en même temps, j’en profite pour te dire que ton commentaire (4 janvier 2026 à 07:55) sur l’article précédent n’apporte absolument rien à l’intelligence collective. Encore une fois tu es complètement hors-sujet, pas un seul mot sur cette intervention au Venezuela, rien sur Maduro, ni même sur ton pote le cinglé Donald Trump. Mais juste une phrase sur la dette. (à suivre)

      1. (suite) La dette ou n’importe quoi… pas besoin d’être bien malin pour comprendre qu’avec des intellectuels dans ton genre tout est bon pour taper sur la gauche.
        Comme ci-dessus encore (à 08:29), où tu nous racontes tous ces millions de Vénézuéliens qui ont quitté le pays. Je te soupçonne d’avoir copié sur Monsieur Barthès, qui hier à 21:37 était aussi brillant que toi. Et là, encore, pas un mot sur cette intervention.
        Et RIEN sur le pétrole de Maduro ! Mais juste une diatribe contre les communistes.
        Vénézuéliens ou Français c’est pareil. Sale race va ! Misère misère !
        Tu sais tout le bien que je pense de ton gros cinglé de pote, tout comme de son homologue russe… alors je vais te dire ! Bien plus que son pétrole, moi je suis con vaincu que ces deux pauvres camés veulent la coke de Maduro.

    2. Didier BARTHES

      Oui, évidemment mais manifestement il est de bon ton de dire le contraire. Encore une fois toutes les bonnes âmes bien pensantes se moquent éperdument de toutes les souffrances endurées par les peuples sous le joug des dictateurs communistes, d’ailleurs pour elles, le terme dictateur communiste est un oxymore. Les habitants veulent quitter ces pays mais décidément les peuples ne comprennent rien aux dirigeants qui leur veulent forcément du bien puisqu’ils sont de gauche. C’est désespérant.

      1. Désespérant !

        D’ailleurs ON se demande ce que Trump attend pour aller délivrer les Nord-Coréens.
        Ah ben oui, c’est vrai, ceux-là ne sont pas nombreux à vouloir quitter leur pays.
        – Transfuges nord-coréens (Wikipédia)
        Et puis il faut dire aussi que Trump et Kim Jong-un sont maintenant copains comme cochons. D’ailleurs ON se demande ce qu’ils peuvent avoir en commun, ces deux grands malades. Pas le communisme quand même, si ?
        Quoique… aujourd’hui ON peut s’attendre à tout. Et à n’importe quoi !

      2. N'importe quoi !

        En plus j’ai oublié de mentionner un « argument » de taille, c’est le cas de le dire.
        Et qu’ON ne me dise pas que je suis hors-sujet avec ça !
        – Venezuela, la malédiction extractiviste (Biosphère août 2025)
        Cet article a récolté 13 commentaires. Je vous laisse compter combien parlent de cette malédiction, l’extractivisme. Et pour cause, la malédiction de ce pays ce n’est pas ça, ni sa politique, ni l’embargo que les US lui font subir…. non, son premier problème n’est rien d’autre que sa Surpop ! Et c’est tout connement pour ça qu’autant de Vénézuéliens cherchent à quitter le pays. Sauf que Trump n’en veux pas chez lui.
        Mon dieu que tout ça est compliqué, à comprendre ! 🙂 🙂 🙂

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