La publication le 25 mai 2026 par le pape Léon XIV de l’encyclique Magnifica humanitas (« Magnifique humanité ») « sur la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle » (IA), constitue un manifeste politique d’une portée inédite. Aucun gouvernement, aucune autorité de régulation, aucun think tank n’avait encore proposé une réflexion aussi aboutie et articulée sur cette révolution technologique.
Un article du MONDE montrent que l’IA est considérée politiquement comme une opportunité, un autre souligne les risques en utilisant le message du pape Léon XIV.
Le dernier sommet Choose France d’Emmanuel Macron confirme la course au gigantisme des centres de données pour l’IA
extraits : L’Hexagone est une terre d’accueil pour les gigantesques centres de données destinés à l’intelligence artificielle (IA). Quarante-cinq milliards seront dépensés d’ici à 2031 pour la construction de trois centres de données. Chacun aura une puissance de 1 gigawatt (GW), soit presque autant que la capacité actuelle déjà installée en France (1,3 GW) et près des deux tiers de celle du réacteur nucléaire EPR (réacteur pressurisé européen) de Flamanville (1,6 GW). Cela sera officialisé par Emmanuel Macron lors du neuvième sommet Choose France le 1er juin 2026. La loi de simplification de la vie économique, publiée au Journal officiel le 27 mai, prévoit un article pour faciliter l’installation sur le sol français de ces infrastructures….
« Il est urgent d’écouter l’alerte lancée par l’encyclique du pape Léon XIV sur l’IA »
extraits : Qu’il faille attendre qu’une autorité spirituelle pose le débat sur la protection de l’humain en dit long sur l’affaiblissement du pouvoir politique, qui peine à se hisser à la hauteur des enjeux civilisationnels de l’IA Il s’agit d’alerter sur le risque d’une dilution de la dignité de l’individu, face à la promesse d’une efficacité désincarnée à l’ère de l’algorithme. Le pape estime qu’il ne faut pas attendre que les processus technologiques arrivent à maturité pour chercher à les canaliser. Si l’impact de Magnifica humanitas doit prendre plusieurs générations pour infuser, il y a un sérieux risque pour que les dégâts causés par l’IA soient irrémédiables. La technologie se propage à une vitesse vertigineuse, dans toutes les couches de la société et à l’échelle de la planète, bien plus rapidement que ne peuvent se former des contre-pouvoirs que le Vatican appelle de ses vœux. Une technologie comme l’IA qui façonne l’attention, organise l’information et anticipe les comportements, aura toutes les facilités pour se déployer en neutralisant sa propre contestation. L’histoire regorge de ces aveuglements où l’absence de garde-fous a fini par provoquer un retour de bâton bien plus destructeur que la régulation initialement refusée….
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Le pape Léon XIV, un pacifiste convaincu (l’IA et la guerre, 27 mai 2026)
extraits : Le choix par Léon XIV de la date anniversaire de Rerum novarum, le 25 mai, pour signer Magnifica humanitas (« Magnifique humanité »), est lourd de sens. Consacrée à l’intelligence artificielle (IA), c’est sa première encyclique : les « algorithmes opaques » contrôlés par des firmes privées menacent de faire apparaître de « nouvelles formes de déshumanisation ». Mais l’encyclique « Magnifica humanitas » est aussi une critique de la guerre automatisée et de la doctrine de la « guerre juste ». En résumé….
L’IA menace 5 millions de salariés en France (25 mars 2026)
extraits : D’ici deux à cinq ans, 16,3 % de l’emploi français serait menacé par le déploiement de l’IA générative, soit près de 5 millions de personnes. L’IA agentique [qui permet l’analyse, la planification et l’exécution autonome d’opérations] peut combiner plusieurs actions, et pourrait automatiser des flux de travail entiers de certains métiers. Il s’agit d’activités en général très qualifiées, bien rémunérées : ainsi les 10 % des plus hauts revenus de la population française sont menacés à hauteur de 22,1 %. Certains promettent un « jobs apocalypse ». Peu de secteurs sont épargnés. Dans l’industrie, les métiers manufacturiers sont protégés. Mais il y a aussi des ingénieurs qui sont, eux, menacés . Il y aurait un effet de ciseau sur les finances publiques, avec moins de cotisations, et plus des demandeurs d’emploi à indemniser….
Objection de conscience face à l’IA générative (9 mars 2026)
extraits : Certains ont fait valoir l’objection par opposition à l’usage collectif des armes. D’autres revendiquent aujourd’hui l’objection de conscience pour s’opposer à la mise en place des technologies d’intelligence artificielle (IA) générative dans les universités et les grandes écoles. En novembre 2025, un collectif a publié un manifeste, signé par environ 2 800 enseignants et enseignants-chercheurs de toutes disciplines partout en France, pour marquer un net refus: « Le déploiement de l’IA générative [qui regroupe notamment les applications comme ChatGPT ou ses concurrents] dans les institutions de l’enseignement supérieur et de la recherche est incompatible avec les valeurs de rationalité et d’humanisme que nous sommes censés représenter et diffuser »….
L’Intelligence Artificielle et les sans-emplois (18 février 2026)
extraits : Jusqu’à présent on a a fonctionné sur le processus de destruction créatrice, la destruction d’emplois dans un secteur étant compensé par la création dans d’autres secteurs innovants. Mais c’est un mythe, le chômage est devenu structurel depuis les années 1970. Dans les pays développés, on a caché cette réalité par l’endettement public pour conserver à crédit des emplois qui n’avaient pas de réelle utilité. L’IA ne fait qu’amplifier l’évolution, mais au prix d’une débauche d’énergie exosomatique, la machine remplace les esclaves. Notre présent est donc sombre, mais l’avenir encore plus car quand on n’aura plus suffisamment d’énergie fossile et autres substituts, le système d’informatisation numérique tombera en panne et tous les emplois surnuméraires se transformeront en violence généralisée…
Fuite en avant de l’intelligence artificielle (IA) (6 février 2026)
extraits : Trois firmes gigantesques américaines se préparent à entrer en Bourse en 2026, OpenAI (ChatGPT) de Sam Altman, Anthropic de Dario Amodei, et SpaceX d’Elon Musk. OpenAI a promis de réaliser quelque 1 400 milliards de dollars d’investissements au cours des prochaines années, soit cent fois son chiffre d’affaires de 2025. Il ne dispose naturellement pas des capitaux suffisants. Anthropic tente actuellement de lever 10 milliards de dollars sur la base d’une valorisation de 350 milliards de dollars. SpaceX, valorisée récemment 800 milliards de dollars, rêve d’une introduction en bourse à plus de 1 000 milliards….
L’intelligence artificielle atteint ses limites (15 juin 2025)
extraits : L’IA générative apprend en ingurgitant : un modèle de texte est nourri de livres, d’articles, de sites web ; un modèle d’image doit avaler des millions d’images légendées. Une fois cette base de données constituée, on crée un cerveau artificiel sans souvenirs, qui ne sait rien au départ. Il va alors apprendre par essais, en faisant des erreurs… Mais l’entraînement des machines semble désormais moins problématique que son utilisation massive. De 100 millions d’utilisateurs hebdomadaires fin 2023, ChatGPT aurait atteint les 400 millions en février 2025 pour doubler de taille avec 800 millions d’utilisateurs actifs en avril…

Chaque requête à un agent conversationnel émet davantage de gaz à effet de serre (GES) qu’une recherche classique, dans des proportions variant de dix à soixante selon les sources.
Autant dire qu’un écolo (et nous devrions tous être écolos) est absolument contre l’usage quel qu’il soit de toute IA qu’elle quelle soit !
– Question (requête) à ChatGPt : Dans le domaine de la médecine, pour un même résultat obtenu d’une manière disons classique, donnez-moi un exemple concret où l’IA fait économiser de l’énergie.
– Réponse : analyse des radiologies […]
– Même question (requête), mais cette fois dans le domaine de la chirurgie.
– Réponse : une chirurgie classique du genou ou de la hanche […]
Je laisse à chacun le loisir (plaisir) d’en savoir plus. Pour cela, deux méthodes :
– Disons la classique… c’est à dire sans aucune recherche sur le Net.
– Soit celle qui consiste à (re)poser ces deux mêmes questions à l’IA ChatGpt.
– « L’IA, la France en veut… ou pas » (Titre Biosphère)
Là encore il y a de quoi dire. Et ceux qui me connaissent savent que j’adooore blablater !
Et poser des questions, souvent à la con. 🙂 D’abord quelle France ?
La France des ON, celle de l’Opinion, tout le monde ici sait ce que j’en pense.
Sait-elle déjà ce qu’elle veut (parce qu’elle le veau bien) notre fumeuse Opinion ?
Et puis qu’elle IA ? Depuis cette encyclique, nous n’en parlons que d’une manière générale.
Pour dire « Pas bon l’IA ! », comme si ON se devait alors d’être absolument CONTRE.
Et moi le premier je me dis CONTRE. Or je rappelle que j’ai déjà dit être POUR… certaines applications. Et il se trouve que Léon dit a peu près la même chose.
Comme moi il est seulement CONTRE cette folie que représente cette fuite en avant.
Cette perte des repères, et de la juste mesure, etc. Au sujet de l’IA comme du reste.
(à suivre)
Ce qui nous ramène donc à cette question, déjà abordée, mais qui reste en suspens…
Doit-ON être absolument (radicalement) CONTRE l’IA ?
Autrement dit, doit-ON la rejeter en bloc ?
Ou alors… n’y aurait-il pas plutôt des bonnes et des mauvaises applications de l’IA ?
Et si oui… COMMENT alors les définir ?
Comme quoi, ON n’a pas fini de blablater ! Au sujet de l’IA, comme du Reste. 😉
– « Un article du MONDE montre que l’IA est considérée politiquement comme une opportunité, un autre souligne les risques en utilisant le message du pape Léon XIV. » (Biosphère)
Autant l’article de Stéphane Bauer ne prête à aucune interprétation, autant celui de Olivier Pinaud nous amène à nous poser quelques questions. J’ai dit précédemment que ce n’était là que de l’information. Cependant, cet article nous montre t-il, vraiment, que l’IA est considérée politiquement comme une opportunité (sic) ? Politiquement !!?? Et par qui, exactement ?
– « selon le baromètre du cabinet EY publié le 21 mai, l’Hexagone est une terre d’accueil pour les gigantesques centres de données destinés à l’intelligence artificielle (IA) » (Olivier Pinaud)
=> Ce n’est donc pas Olivier Pinaud qui considère… c’est seulement le baromètre EY.
Ce foutu baromètre est-il alors un instrument fiable ? Mesure-t-il vraiment ce que pense réellement l’ensemble de la classe politique, sans parler de l’Opinion… de cette «opportunité» ?
(à suivre)
(suite et fin) Et pour tout c’est pareil. ON s’aligne comme des bœufs sur ce que nous racontent (ânonnent) les «baromètres» et les «thermomètres» (think tanks, classements, hit-parades, sondages, et autres indicateurs à la con)… et ON se fiche de ce qu’indiquent les vrais thermomètres. Comme ON se fiche de ce que raconte Léon.
Anthropic, l’un des fleurons américains de l’intelligence artificielle (IA), en compétition acharnée avec OpenAI, Google ou encore le chinois DeepSeek, plaide le 4 juin : « Nous pensons qu’il serait bon pour le monde d’avoir la possibilité de ralentir ou de suspendre temporairement le développement de l’IA de pointe, afin de permettre aux structures sociétales et à la recherche sur l’alignement de suivre le rythme des progrès de la technologie ».
« En l’absence d’un mécanisme de coordination mondiale, les entreprises et les gouvernements devront prendre des décisions de sécurité difficiles, sous la pression de la concurrence et des enjeux géopolitiques », écrit l’entreprise.
L’entreprise justifie sa proposition en dévoilant des données internes illustrant la possibilité d’atteindre un jour l’« auto-amélioration récursive », c’est-à-dire le point où des systèmes d’IA deviendront capables d’entraîner leurs successeurs, avec un rôle humain réduit.
Je n’aurai jamais pensé que Terminator ait pu être une éventualité.
Mais avec l’avènement plausible d’IA capables d’auto-amélioration récursive…
Oui, moi non plus mais la réalité nous rattrape…. et très vite.
Rappelons que ce n’est pas la première fois que des «fleurons» de l’IA demandent une pause. Si les premiers grands avertissements publics datent déjà du début des années 2010… en 2023 OpenAI demandait officiellement une pause, de plusieurs mois…
– L’IA doit s’arrêter 6 mois pour éviter la fin du monde, selon Elon Musk et plus de 1000 experts (lebigdata.fr 17 mai 2023)
De son côté Bill Gates (Microsoft) était CONTRE… cette idée de moratoire.
Des esprits tordus, ou éclairés peu importe, ont pu penser alors que cette pause n’avait comme objectif que de donner un peu de temps aux loosers pour se mettre au Top-Niveau.
– « OpenAI a décidé de mettre en pause (voire d’abandonner) certains projets importants pour concentrer toute sa puissance sur une nouvelle génération d’IA. »
(C’est confirmé : OpenAI met toute sa puissance sur une IA qui va changer le monde – lebigdata.fr 7 avril 2026)
Deux articles, publiés quasiment au même moment, dans la même maison. Là aussi nous pourrions dire qu’il s’agit de deux réactions, deux points de vue, sur un même sujet.
À savoir l’IA et cette course au gigantisme. Pour ne pas dire à la démesure, la folie.
Olivier Pinaud nous informe donc que Choose France (Macron) confirme la course au gigantisme des centres de données pour l’IA (sic). Il nous dit combien de milliards et de gigawatt tout ça représente. Bref, ce qu’il raconte là est toujours bon à savoir. C’est donc de l’information, digne de ce nom.
De son côté Stéphane Lauer nous dit : « Il est urgent d’écouter l’alerte lancée par l’encyclique du pape Léon XIV sur l’IA ». Et là nous ne sommes plus dans l’information, neutre par définition.
Mais bien dans autre chose. Stéphane Lauer prend donc clairement position CONTRE… cette course au gigantisme. (à suivre)
(suite) De plus il se permet de nous donner une … leçon. De morale et/ou de sagesse, entendez-ça comme vous voudrez. Et dieu sait combien ce genre de leçons passe mal de nos jours. Dès son introduction il ne mâche pas ses mots :
– « Qu’il faille attendre qu’une autorité spirituelle pose le débat sur la protection de l’humain en dit long sur l’affaiblissement du pouvoir politique, qui peine à se hisser à la hauteur des enjeux civilisationnels de l’intelligence artificielle […] Aucun gouvernement, aucune autorité de régulation, aucun think tank n’avait encore proposé une réflexion aussi aboutie et articulée sur cette révolution technologique. [etc.] »
Tout à fait ! Très bien dit Stéphane !
Et encore s’il n’y avait qu’avec l’IA que le pouvoir politique qui était à la ramasse.
Et encore s’il n’y avait qu’avec le «pouvoir» politique… misère misère !
(à suivre)
(suite) Stéphane Lauer nous rappelle le message de ce pape, il y a 135 ans… l’encyclique Rerum novarum de Léon XIII en 1891. Et la façon dont il a été entendu. Autrement dit ce que nous en avons fait. Là encore rien, ou pas grand chose.
Bref… est-ce dire que Le MONDE (Niel, Pigasse et Compagnie) est sur cette même position, des plus critiques ? Quoi qu’il en soit, j’ai du mal à croire que ces deux articles n’ont pas été écrits de concert.