Depuis l’écrasement du mouvement luddite en Angleterre par un pouvoir politique au service des intérêts industriels, la machine et devenue plus sacrée que la personne humaine. Entre 1811 et 1813, les artisans mis au chômage par les manufactures textiles ont voulu se révolter en brisant des machines. Mais le gouvernement anglais a préféré la croissance industrielle à la vie humaine en allant jusqu’à punir de la peine de mort quiconque briserait une machine. Aujourd’hui le même type de problème politisé se répète avec la mal-nommée « intelligence artificielle » …
L’édifice de la civilisation thermo-industrielle semble voué à s’écrouler à la suite de l’accumulation de ses propres excès mécanisés.
Des présidentiables pro-IA
Après avoir appelé la France à « massifier » son « appareil de défense », la veille, depuis le salon de l’armement Eurosatory, le présidentiable Édouard Philippe a passé la journée du 17 juin à VivaTech, grand-messe de la tech européenne. Il prône un « investissement massif » à l’échelle française comme européenne, mettant en garde, sinon, contre le risque de « vassalisation » de la France et de l’Union européenne face à la Chine, les Etats-Unis et les géants de la tech. Le président d’Horizons défend un recours important à la commande publique « comme instrument de développement des géants de la tech »…
Son concurrent du bloc central, Gabriel Attal, affiche un rapport décomplexé à l’IA, il en a fait l’une de ses quatre priorités. Il propose, lui aussi, un vaste investissement par un « plan France 2040 pour l’IA et l’innovation » de 200 milliards d’euros…
Un collectif anti-IA
L’intelligence artificielle générative bâtie sur des grands modèles de langage, type GPT, se répand à une vitesse fulgurante sans que les citoyens soient consultés sur les choix stratégiques qui façonnent le futur. Notre seule option politique, protéger notre souveraineté, minimise les coûts à moyen et à long terme de cette technologie.
Ces coûts, pourtant, sont exorbitants. Les centres de données captent l’électricité verte au détriment des autres secteurs. Le déploiement incontrôlé de l’IA générative introduit l’algorithme dans notre intimité. Elle prospère grâce à un vol massif de données, d’articles et d’œuvres. Utilisés de façon intensive par la jeunesse, les robots affaibliront ses capacités cognitives… Selon un sondage OpinionWay publié en mai, seuls 8 % des Français voudraient accélérer le déploiement de l’IA, tandis que 42 % voudraient le mettre en pause ou le ralentir fortement. Nous refusons le projet inhumain d’un dialogue ininterrompu avec les machines. Nous croyons que sont hors-sol et irrationnels ceux qui imaginent pouvoir s’affranchir impunément des limites géophysiques de la planète.
En savoir plus grâce à notre blog biosphere
4 juin 2026 L’intelligence artificielle vue par Léon XIV
18 février 2026 L’Intelligence Artificielle et les sans-emplois
6 février 2026 Fuite en avant de l’intelligence artificielle (IA)
28 septembre 2025 Le web a tué l’encyclopédie, l’IA tue l’intelligence
15 juin 2025 L’intelligence artificielle atteint ses limites
11 février 2025 L’Intelligence Artificielle à l’école, une erreur majeure
4 février 2025 L’intelligence collective, qui la cherche la trouve
13 octobre 2024 L’IA, une intelligence sans conscience
3 janvier 2024 L’intelligence artificielle = perte de temps
28 avril 2023 GPT, intelligence artificielle et/ou collective
3 mars 2023 L’intelligence artificielle, LA solution ?
3 mars 2023 La science contre l’intelligence artificielle

Dans son livre « Sanctuaires » (2026), Abel Quentin démontre les risques liés à la prédominance de l’IA, tout en doutant que l’humanité soit capable de suivre une autre voie que celle du profit et de la course à la vitesse.
Sa proposition, créer des sanctuaires où l’intelligence de l’homme s’épanouirait librement, sans machine, c’est du réchauffé. Des écoles, commerces et bibliothèques déconnectés, des œuvres 100 % humains, on a déjà donné : c’est notre passé avant la numérisation du monde. Cela n’empêchait pas de se faire la guerre, même entre voisins !
Il est impossible de revenir en arrière une fois le progrès technique implanté : il est incontournable par sa puissance financière et manipule toutes les forces politico-économiques pour les mettre à son service. La seule certitude, c’est que le blocage énergétique, le pic des ressources fossiles, le pic des métaux, le pic de la complexité… va entraîner la chute de la société thermo-industrielle dans son ensemble. La boulimie d’énergie de l’IA et son déploiement démesuré ne fait qu’accélérer l’avènement de la décroissance subie.
Frappant mon tambour, j’annonce la fin de ce monde et je ne me trompe jamais. Je ne suis pas Cassandre, je vois l’avenir dans les contraintes biophysiques…
– « Une révolution contre la société technicienne […] supposera bien entendu la diminution de l’efficacité dans tous les domaines (rendement, productivité, adaptation, intégration, etc.), la régression du bien-être individuel, le tassement des grandes œuvres collectives et l’effacement progressif de la culture de masse.
Il ne faut se faire aucune illusion, si l’on n’est pas prêt à payer ce prix, combinaison des ces quatre composantes, on n’est pas prêt pour une révolution, pour la seule révolution nécessaire aujourd’hui. » (Jacques Ellul – Autopsie de la révolution – 1969)
Je suis de plus en plus persuadé que la technologie tuera à la fois l’Homme et la nature. Pour la seconde c’est déjà presque fait.
La naïveté des hommes politiques, des scientifiques et de beaucoup d’autres qui se jettent sur toute innovation (dont l’IA) comme si elle allait nous sauver me rappelle l’innocent désir des enfants pour la Play Station d’un numéro supérieur à la précédente.
La différence est que les enfants sont excusables, pas les adultes et que ces derniers nous entraînent dans une spirale mortifère.
– « L’édifice de la civilisation thermo-industrielle semble voué à s’écrouler à la suite de l’accumulation de ses propres excès mécanisés. » (Biosphère)
Exactement. Le problème n’est donc pas spécialement la Machine (les machines), mais ce qu’ON en fait. Plus exactement, l’accumulation des excès de son utilisation.
Autrement dit, et là encore, la perte de la juste mesure (l’hubris).
Si… à la fin du 18ème siècle, en Angleterre, ON avait pris soin d’expliquer aux ouvriers que les métiers à tisser allaient les libérer du Travail (tripalium)… alors peut-être n’auraient-ils pas eu l’idée de casser ces machines. Alors bien sûr, encore eut-il fallu que ce discours soit sincère. Que ce ne soit pas encore une de ces entourloupes pour les couillonner, pour les faire bosser encore plus, et ramper encore plus vite et plus droit.
Autrement dit, encore eut-il fallu un autre projet de société (utopie) et d’autres valeurs.
Et donc un autre état d’esprit, un autre imaginaire etc. etc.
Si… au lieu de servir à produire plus vite et moins cher et toujours plus toutes sortes de marchandises… si elles étaient réellement au service de l’Homme et non pas du Pognon… alors les machines seraient une bénédiction.
Et ON peut les prendre toutes, ou presque. Si… les Robots s’étaient limités à libérer les hommes (les femmes aussi) du Tripalium… si l’IA ne servait qu’à les aider à réellement avancer (progresser)… si la Bagnole n’avait pas été érigée en objet de culte, symbole de liberté et de réussite sociale etc. si l’Avion ne servait qu’à porter le courrier, à combattre les feux de forêts et des choses comme ça, si le Drone ne servait qu’à prendre des images vues du ciel… alors etc. etc.
Et ce n’est pas la peine d’essayer de m’expliquer que l’Homme (la Femme aussi) n’est sur cette Terre que pour travailler, se battre et souffrir, et toujours plus, même que la Preuve c’est qu’il adoooore ça et patati et patata.