L’impossible objectif de la neutralité carbone

La transformation de l’atmosphère commence avant même l’industrialisation : entre 1800 et 1900, la concentration de CO₂ passe de 280 à 300 parties par million, principalement du fait de la croissance des surfaces agricoles. Retenons que 1 milliard d’humains, essentiellement des paysans, étaient déjà sortis de la « neutralité carbone ».

Jean-Baptiste Fressoz : Dans les années 1960, les scientifiques constatent qu’environ la moitié des émissions fossiles demeure dans l’atmosphère, le reste étant absorbé par les puits océaniques et terrestres. D’où la question : combien peut-on émettre sans que le stock atmosphérique augmente ? Des émissions compatibles avec une évolution indétectable du CO₂ dans l’atmosphère sont proches de zéro !

Les experts climat de l’ONU le laissaient entendre dès 1995 : stabiliser la concentration de CO₂ à son niveau d’alors exigerait « une réduction immédiate de ses émissions de 50 % à 70 % et des réductions supplémentaires par la suite ». En France, les années 2000 sont l’âge d’or du « facteur 4 » : en 2050, la France devrait avoir divisé ses émissions par quatre par rapport à 1990. La physique disait pourtant autre chose : le réchauffement étant proportionnel aux émissions cumulées de CO₂, la température ne se stabilisera que lorsque les émissions nettes seront ramenées à zéro.

Le point de vue des écologistes inquiets

– En aucun cas les rapports récents du GIEC ne précisent que le réchauffement climatique pourra être contenu sous les 1,5°C voire les 2°C sans « émissions négatives ».

Cela implique que soit on ne doit rien émettre du tout, soit on doit se débrouiller pour que cela advienne…

« Le recours à des émissions négatives ne repose pour l’instant que sur des scénarios théoriques, avec des interrogations majeures en termes de faisabilité et de risques » (Valérie Masson-Delmotte)

Neutralité carbone, cela implique d’abandonner quasiment complètement les trois matières premières carbonées majeures et d’arrêter la déforestation ainsi que certaines pratiques agricoles

– Le groupe 3 du GIEC a pour mission de trouver des solutions techniques et socio-économiques pour réduire les émissions de GES mais sans remettre en cause le système capitaliste.

C’est là le problème. Pour mener à bien sa mission, le groupe 3 doit donc intégrer des technologies très hypothétiques ou dangereuses.

Même les avocats de la géo-ingénierie admettent que 90% de l’effort consiste à réduire les émissions.

– Le jour où des corps humains « exploseront » par les effets de la chaleur dans les rues minérales des méga-cités, les humains prendront peut-être conscience de la nécessité de changer. Mais ça sera trop tard, c’est déjà trop tard…

Si la température interne dépasse 40 °C, la dénaturation des protéines provoque œdème cérébral et défaillance multi-viscérale.

En air humide (> 75 % d’humidité), la sueur ne s’évapore plus. L’épuisement apparaît en 15 à 30 min, et le coup de chaleur mortel s’installe en 10 à 15 min.

– Chacun ses peurs. Vous le climat, moi c’est la dette. Certains pleurent sur l’avancée inexorable dans le calendrier du jour du dépassement, moi sur le recul inexorable du jour de libération fiscale.

Moralité : la croissance économique est incompatible avec la survie de l’espèce humaine.

Et la surpopulation !!… Il faudrait diviser au moins par 10 le nombre d’humains pour espérer éviter la catastrophe.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Neutralité carbone, compensation, foutaises ! (11/2021)

extraits : Le système thermo-industriel a inventé la « neutralité carbone » pour persévérer dans son être : on pourra toujours émettre davantage de gaz à effet de serre, il suffit de compenser par ailleurs ses émissions de gaz à effet de serre. L’Agence de la transition écologique (Ademe) rappelle que le concept de neutralité carbone n’a « réellement de sens qu’à l’échelle de la planète et ne peut pas s’appliquer à une autre échelle ». Les acteurs économiques, collectivités et citoyens qui s’engagent pour la neutralité carbone ne peuvent se revendiquer “neutres en carbone”, l’atteinte d’une neutralité carbone arithmétique n’ayant pas de sens à leur échelle. Pourtant certaines entreprises revendiquent, dans leurs annonces publicitaires, la neutralité carbone…

Neutralité carbone, l’exigence de la sobriété (12/2021)

extraits : Plusieurs « scénarios » visant à atteindre la neutralité carbone, celui de négaWatt, du Réseau de transport d’électricité, de l’Ademe ou de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Il en ressort un messages convergents, cet objectif exigera de réduire drastiquement nos besoins. Même le gouvernement français le dit par le biais de sa stratégie nationale bas carbone, il faut une réduction par deux de la consommation globale d’énergie. Or s’interroger sur ces besoins ne va pas de soi. L’énergie n’a plus de visibilité, de réalité physique, ce que l’on consomme est totalement abstrait…

Pour en savoir encore plus

28 mars 2019, Désastre en 2050, neutralité carbone impossible

11 mars 2019, Neutralité carbone en 2050, la volonté de ne rien faire

26 septembre 2018, La comptabilité morale des petits-pas en écologie

8 octobre 2016, Compensation carbone, l’hypocrisie de l’aviation civile

19 janvier 2016, loi sur la biodiversité, la mascarade de la compensation

5 novembre 2013, effet rebond, compensation carbone… hypocrisie morale !

8 janvier 2010, l’illusion de la compensation carbone

30 janvier 2009, CLIMAT, l’illusoire compensation carbone

2 février 2008, compensation carbone ?

19 réflexions sur “L’impossible objectif de la neutralité carbone”

  1. Depuis plusieurs décennies, les acteurs de la mobilité promettent que l’électrification progressive du parc motorisé, en plus d’une timide promotion des transports publics et des modes de déplacement actifs, suffira à enclencher l’indispensable décarbonation. Mais cet horizon se heurte à des limites physiques, environnementales, économiques et politiques.

    Le Monde, associé au Forum vies mobiles, va explorer ces limites au cours d’une conférence publique intitulée « Grille, baby, grille », le lundi 5 octobre, de 18 heures à 20 heures.

    1. Sciences & Démocratie

      – Captage et stockage du CO2 en 2026 : solution industrielle ou alibi climatique ?
      ( sciences-et-democratie.net 21 juin 2026 )

      L’essentiel :
      – En 2025, environ 77 installations de CSC captent près de 50 millions de tonnes de CO2 par an, soit à peine 0,1 % des émissions mondiales.
      – La chaîne complète coûte 50 à 180 € la tonne, et capter du CO2 sur une centrale augmente sa consommation de combustible de 13 à 44 %.
      – Northern Lights, en Norvège, est la première infrastructure commerciale de stockage ; la France vise 4 à 8 Mt captées par an d’ici 2030.
      – Le CSC est surtout pertinent pour les émissions de procédé inévitables (ciment, chimie, acier), pas comme solution généralisée.
      – Le GIEC et le Haut Conseil pour le climat le jugent nécessaire mais limité : jamais un substitut à la baisse directe des émissions.

  2. Reporterre a demandé à Zinédine Zidane : « Zinédine, Bordeaux s’est retrouvée sous la fumée des incendies, la Kabylie a brûlé, toute la Méditerranée est en sécheresse. Est-ce que ça vous inquiète personnellement ? Est-ce que vous pensez que le football doit changer ses pratiques, comme alléger les calendriers et prendre moins l’avion ? »

    Sa réponse : « Non, je ne pense pas qu’il faille rentrer là-dedans. On va, nous, essayer de continuer à faire ce qu’on fait. Et j’espère qu’il n’y aura plus toutes ces catastrophes. C’est ce qu’on souhaite. »

    1. Zinédine, tu te souviens peut-être de ce jour de septembre 2022. Le PSG était allé à Nantes en avion, alors que Paris-Nantes se fait en moins de deux heures de TGV. Le coach Christophe Galtier, interrogé en conférence de presse, avait répondu : « On a parlé avec la société qui organise nos déplacements, on est en train de voir si on ne peut pas se déplacer en char à voile. » À ses côtés, Kylian Mbappé avait éclaté de rire.

      1. Parti d'en rire

        Zidane, Mbappé, Galtier… ne sont seulement que trois exemples. Parmi cette foultitude d’idiots dont je me moque à longueur d’ânée. Notamment sur ce blog. Et bien sûr, il n’y a pas seulement que le monde du Foot qui brille par sa modestie, sa sobriété… et son intelligence. Misère misère !

    2. Le Shift Project chiffre l’empreinte carbone du football professionnel à 275 000 tonnes de CO₂ équivalent par an. Les déplacements pour les compétitions internationales se font essentiellement en avion et constituent le premier poste d’émissions. Les déplacements des spectateurs constituent de loin le poste d’émissions le plus important du secteur.

      Le foot n’est pas un spectacle, il se pratique si c’est le cas au plus près de ses autres activités.

      1. Bixente l'écotartufe

        Oui mais… il faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Parce que parmi les fouteux ON aussi des verts. Qui aiment la nature, les petits oiseaux, les baleines, les vagues etc. etc. Et qui compensent et tout et tout !
        Et ON a même un ancien parrain devenu ambassadeur !
        -« Nous ne pouvons plus fermer les yeux et continuer à détruire notre merveilleuse planète. La nature est un bien précieux que l’on doit protéger pour le transmettre à nos enfants. Je souhaite un océan et un littoral propres pour tous et pour les générations futures. »
        (Bixente Lizarazu, le Bleu dans le vert – consoglobe.com 24 Jun 2011)

  3. Blocages de lycées : 40 proviseurs ont été blessés depuis le début du mouvement  et un peu plus de 400 établissements sont fermés ce jour 2 octobre 2026.

    Triste résultat des réseaux sociaux,
    de la violence sous couvert d’anonymat
    et de groupes qui se veulent révolutionnaires…
    Ce n’est pas comme ça qu’on sauvera la planète !

    1. Triste résultat, en effet

      Oui, bien sûr… ON peut mettre ça sur le compte des réseaux sociaux.
      Et notamment ces réseaux, ces blogs… qui sont des défouloirs, des dépotoirs !
      Mais alors, COMBIEN pèsent-ils dans l’équation… les réseaux ?
      Peu importe, balayons d’abord devant notre porte.
      D’autres… mettent ça sur le compte de LFI, et ses proxys de l’ultra-gauche (sic).
      P’têt ben qu’oui, p’têt ben qu’non…
      Mais là encore… COMBIEN cela pèserait-il … dans l’équation ?
      Et les Lecornu et Compagnie, et tous les gouvernements successifs… COMBIEN !!??

    2. Quitte à choquer, encore plus …

      Paris brûle… les jeunes sont méchants, très méchants !
      Et ils sont même d’une extrêêêême… violence !! Salauds de jeunes, va !
      Et du coup les braves gens sont choqués. En fait tout le monde est choqué !
      Je suis choqué, tu es choqué, il est choqué, nous sommes choqués, ON est choqué et blablabla. Les meRdias n’en parlons pas. Tellement qu’ils le sont, choqués, ils ne parlent que de ça. Les politicards n’en parlons pas non plus, ils sont en campagne.
      Et bien sûr les écolos aussi le sont, choqués. Et en même temps en campagne.
      Les écotartufes encore plus.
      – « Je veux qu’on réponde aux demandes de la jeunesse […] parler d’écologie, c’est aussi parler de la jeunesse […] Vous savez… je suis choqué [et blablabla] » (Glucksmann, aujourd’hui)

      Bref, ça pue grave ! Et pas seulement les gaz lacrymogènes.

  4. Que ce soit au sujet de celle des journalistes, des scientifiques, et j’en passe, il y a quelques jours, ici même, je disais que la neutralité (comme l’objectivité) est une illusion.
    Un trompe-couillons si vous préférez. Je ne suis d’ailleurs pas le seul à le dire, et pour le vérifier c’est facile, il suffit de le demander à Google. Ou même à Biosphère, qui totalise déjà je ne sais combien d’articles sur la fumeuse «neutralité carbone».
    D’articles, et donc de commentaires, dont je n’ai pas compté non plus les miens.
    Ça aussi je l’ai déjà dit et redit, il y a des mots (et expressions) qu’il faudrait bannir de notre vocabulaire. Ce sont les mots-poison. Des mots-pièges, ou mots-piégés, si vous préférez.
    Et celle-ci (neutralité carbone) en fait évidemment partie. Parce qu’elle aussi, est loin d’être neutre. Autrement dit, elle nous fait plus de mal que de bien. Elle nous brouille l’esprit, et nous maintient donc dans la confusion. Et de plus, sur une voie sans issue. (à suivre)

    1. Esprit critique

      (suite) Comme la non moins fumeuse Transition (pièges à cons), la Neutralité (et sa sœur Compensation) nous laisse(nt) croire qu’ON pourrait annuler (compenser) tout ça et remettre les compteurs à Zéro.
      Zéro Carbone… la bonne blague ça aussi ! Et comme ça ne suffisait pas, pour nous enfumer encore mieux, et toujours plus, voilà donc les «émissions négatives».
      Mieux connues sous le joli nom de… Séquestration.
      -« Afin d’atteindre zéro émission nette de gaz à effet et limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C, il est nécessaire d’éliminer et de stocker de manière permanente le CO2 présent dans l’atmosphère. [et blablabla] »
      (Que sont les «émissions négatives»? myclimate.org 28.10.2024)
      – « En d’autres termes, réduire ou arrêter les émissions ne suffit pas, car les GES restent longtemps dans l’atmosphère. Pour parvenir à des émissions négatives, il faudra capter et stocker les gaz à effet de serre. [et blablabla] »
      (Émissions négatives -climatehero.org)

      1. N’importe quoi ! Bref, cette fumeuse Neutralité nous laisse donc croire qu’ON pourrait continuer comme ça… pour des siècles et des siècles amen.
        Ceci dit, je pense qu’il vaut mieux encore parler de … Stabilisation.
        Et surtout de Réduction ! (Décroissance etc.)
        – « […] stabiliser la concentration de CO2 à son niveau d’alors exigerait « une réduction immédiate de ses émissions de 50 % à 70 % et des réductions supplémentaires par la suite » [etc.] » (Les experts climat de l’ONU )

        Dire les choses comme ça… là au moins c’est clair.
        Autrement dit, ça ne laisse de place à aucune illusion.
        Et du coup tout le monde sait à quoi s’en tenir.

  5. Parti d’en rire

    – « Chacun ses peurs. Vous le climat, moi c’est la dette. Certains pleurent sur l’avancée inexorable dans le calendrier du jour du dépassement, moi sur le recul inexorable du jour de libération fiscale. […] Et la surpopulation !!… Il faudrait diviser au moins par 10 le nombre d’humains pour espérer éviter la catastrophe. » (deux de nos pauvres écolos inquiets)

    Deux inquiets… deux pleureuses. Misère et misère !!
    Et le Grand Remplacement !!! … Qu’est ce que vous en faites de celui-là, hein ???
    Eh ben moi j’en rigole. Chacun ses peurs, et chacun sa came !

  6. Rodolphe MEYER

    Pan sur le bec :
    À propos de la nouvelle chronique de Jean-Baptiste Fressoz (JBF), historien et chercheur au CNRS : « Comment a-t-on pu sérieusement croire qu’on pourrait arrêter le réchauffement climatique ? » (Une chronique confondante. linkedin.com 2 OCT 2026)

    1. Mon dieu que c'est compliqué ! x

      D’un côté, du ring… un historien des sciences, des techniques et de l’environnement français (qui) a notamment étudié l’Anthropocène et la transition énergétique (sic Wikipédia). un ingénieur et docteur en sciences de l’environnement connu pour son travail de vulgarisation scientifique sur les problèmes de l’environnement et du changement climatique, en particulier avec sa carrière de vidéaste sur sa chaîne YouTube Le Réveilleur qui comptabilise en septembre 2026 plus de 10,4 millions de vues et plus de 217 000 abonnés (sic Wikipédia). Et de l’autre côté… (resic Wiki).

      Alors dites-moi… allez SVP, soyez gentils… lequel des deux faut-il croire !
      Parce que moi j’ai besoin de savoir !

      1. Mais nom de dieu qu’est-ce que j’ai fait !? Ah c’est sûr que c’est le bordel !
        Alors je recommence, et cette fois sans déconner. Alors dites-moi… entre Jean-Baptiste Fressoz, l’auteur de cette chronique dans LE MONDE, et Rodolphe Meyer, qui la trouve confondante… lequel des deux faut-il croire ?
        Allez SVP soyez gentils, parce que moi j’ai absolument besoin de savoir ! 🙂

        1. Puisque c’est demandé si poliment…
          – « […] Trois scientifiques spécialistes du changement climatique, James Dyke, Robert Watson et Wolfgang Knorr, dénoncent en avril 2021 le « piège dangereux » que constitue selon eux le concept de neutralité carbone. Ils témoignent qu’en privé la plupart des scientifiques expriment leur scepticisme sur ce concept, mais qu’ils continuent à se comporter comme si de rien n’était. [etc. etc.] »
          (Neutralité carbone : Contestation globale du concept – Wikipédia)

  7. Alors arrêtons d'en parler !

    – « L’Ademe met en garde contre l’utilisation abusive d’arguments de neutralité carbone dans la communication des organisations. Elle rappelle que ces arguments peuvent tromper le public, freiner des changements de comportements et provoquer des effets rebonds négatifs. Ils empêchent aussi de mettre en avant les acteurs qui font preuve de sincérité et s’investissent réellement pour le climat. Enfin, leur utilisation expose les organisations à des risques de controverse et, bientôt, à des risques juridiques ».
    (Neutralité carbone : Utilisation dans la communication et la publicité – Wikipédia)

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