L’incendie, c’est la faute des autres !

Pour qu’une catastrophe entraîne la prise en charge politique d’un problème public, il ne suffit pas qu’elle survienne : il faut qu’un public se constitue et que des décideurs lui donnent application. Le plus souvent, il ne se passe rien.

– Une étude portant sur 85 pays entre 2007 et 2015 a montré qu’à l’échelle mondiale il n’existe pas de lien statistique entre l’occurrence d’un désastre et le développement de politiques de réduction des risques.

– Avant, le discours était celui de l’act of god du décret divin, un aléa indépendant de décisions individuelles. Maintenant un autre référent cherche systématiquement la main d’Homo sapiens derrière chaque catastrophe.

– Les responsables élus n’ont aucun intérêt électoral à développer des politiques adéquates de gestion des catastrophes. L’impréparation n’est pas sanctionnée dans les urnes.

– Les modalités réactives, comme la mise en scène de l’urgence ou le déblocage des fonds spéciaux, suffisent à la satisfaction-fascisation du public.

– Cela ne change pas fondamentalement l’inertie du monde social ; il y a production plus systématique de boucs émissaires (les pauvres, les riches, les étrangers, les boomeurs, les écologistes, etc.) au détriment d’une réflexion sur les structures sociales.

Le monde tel qu’il va n’est pas durable.

Lire Benoit Giry

https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/07/29/les-catastrophes-climatiques-ne-produisent-pas-mecaniquement-plus-de-prevenance-a-l-egard-du-monde_6736008_3232.html

3 réflexions sur “L’incendie, c’est la faute des autres !”

  1. Parti d'en rire

    Jusqu’à ces derniers jours, moi je n’en avais pas entendu parler. De la société Hynaero.
    Ni de son projet (programme) Fregate F100.
    – Fregate-F100 L’avion amphibie bombardier d’eau de nouvelle génération (hynaero.com)

    Pour ma défense, je dois dire que les innovations c’est pas trop mon truc. Mais bon …
    Et pour dire si c’est connu… tout autant que le futur porte-avions « France libre », qui devrait entrer en service en 2028… Wikipédia lui consacre une page.
    – « La société a été formée par quatre cadres expérimentés de l’industrie aéronautique[1], issus de la sécurité civile, de l’armée, d’Airbus et de Bombardier. [etc.] » (Hynaero Frégate-F100)

    Quatre types… pour nous sauver ! Et de ces quatre là, de cette bande de quatre braves… au moins ON ne pourra pas dire que c’est de leur faute.

  2. Bonne analyse de Biosphère. De toute façon, quel que soit le problème ON voit bien que c’est toujours la faute des autres. Les pauvres, les riches, les étrangers, les boomeurs, les écologistes, etc. (sic) Quand ce n’est pas la faute des Autres (les envahisseurs, les lapins, tous des voleurs, des violeurs etc.), sans oublier les Gauchos, qui sont leurs amis (qui les font venir, pour qu’ils votent pour eux et blablabla). Et les Wokistes (tous des gauchos !)
    Mais n’oublions quand même pas les politiques (politicards), notamment ceux qui sont aux manettes. De quoi doit-ON alors les qualifier ?
    De marchands de salades, d’opportunistes, d’irresponsables… de lâches ? Bien sûr !
    Et ceux qui les ont mis là, qui les soutiennent, ou qui s’en accommodent … hein ?

  3. – Le quotidien britannique The Guardian estime que « la politique doit rattraper la nouvelle réalité » et appelle les gouvernements européens à renforcer leurs politiques climatiques.
    – Süddeutsche Zeitung déplore surtout le silence des responsables politiques hexagonaux depuis le début des incendies : « Pour le moment, il n’y a même pas l’ébauche d’un débat sur les causes profondes et les conséquences politiques de cette catastrophe. »
    – The Local pointe l’incapacité du débat public français à se saisir de l’urgence climatique. Il qualifie de « lâches » les responsables politiques français.
    – La Libre Belgique : « Le changement climatique n’est plus une courbe ou une échéance pour 2050. (…) Il est déjà entré dans nos maisons. »

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