Localisme, extrême droite ou écologisme ?

Sur ce blog, nous défendons l’idée de communautés de résilience, recherche de l’autonomie alimentaire, énergétique et politique au niveau local. Cette approche se différencie fortement d’un localisme véhiculé par l’extrême droite.

Claire Legros : Le localisme  donne la priorité aux enjeux de proximité. Est-ce la diversité des cultures au nom du lien que chaque peuple entretient avec son terroir, son « sol natal » ? A l’extrême droite, Alain de Benoist et la nouvelle droite théorisent un localisme identitaire, centré sur l’« enracinement » de communautés autochtones fermées. En témoigne la création, en 2020, du Parti localiste, satellite du Rassemblement national (RN). Le RN a d’ailleurs intégré le localisme dans son programme présidentiel en 2022.

Autre conception, l’écologie sociale de Murray Bookchin promeut une fédération de communes autonomes, tandis que le biorégionalisme vise à repenser l’occupation d’un territoire à partir de ses ressources. A l’étiquette « localiste » qu’ils jugent porteuse d’une vision réactionnaire, ils préfèrent la formule « Penser global, agir local » articulant les enjeux planétaires et l’action concrète à l’échelle d’un territoire.

Entre cette gauche écologiste, qui considère l’« agir local » comme un levier face à la catastrophe environnementale, et l’extrême droite, davantage préoccupée de préserver cadres de vie et identités immuables, l’écart est profond.

Le point de vue des écologistes décentrés

– Nos politiciens toutes étiquette confondues préfèrent une idée de commerce mondialisé qui permet de maintenir loin des yeux la pollution et les esclaves.

– L’hyper-mobilité des marchandises (la mondialisation) est un sous-produit du pétrole… Une anomalie de l’Histoire créée par la surexploitation des fossiles. Nous vivons les dernières décennies de pétrole peu cher.

– Les bio-régions et l’approvisionnement local sont un futur incontournable du fait de la descente énergétique causée par l’épuisement des fossiles.

– Le mouvement des Villes en Transition (voir Rob Hopkins, un des fondateurs) recommande d’identifier nos dépendances (en ressources) et de comprendre à quel point nos dépendances peuvent être satisfaites, ou non, par le territoire où l’on vit.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Localisme à la sauce Rassemblement National (mai 2021)

extraits : Hervé Juvin, candidat localiste, est  farouchement hostile aux éoliennes et ardent supporter du nucléaire. Hervé est de fait le penseur de l’écologie à la sauce Rassemblement National. Il prône une « écologie heureuse », appuyée sur des référendums locaux, contre « l’écologie punitive » des Verts. Il pense à un label de préférence locale ou régionale pour privilégier les circuits courts. Le 10 mai dernier, Marine Le Pen est venue le soutenir localement pour les élections régionales….

Pour Marine Le Pen, l’écologie se résume au localisme (avril 2019)

extraits : « Localisme », l’ex-FN a définitivement trouvé son concept totem pour les Européennes. Sa tête de liste, Jordan Bardella, d’affirme qu’« on ne peut pas faire d’écologie sans frontières ». Marine Le Pen jure que le RN défend désormais « une vision totalement alternative » de l’écologie, à savoir « la protection des écosystèmes, à commencer par les écosystèmes humains que sont les nations ». Derrière la défense des circuits courts, il s’agit de promouvoir plus largement une forme d’autarcie grand-continentale dans la continuité des théories nationales-révolutionnaires….

Notre futur, la résilience alimentaire locale (juillet 2020)

extraits : La France peut-elle revenir à une agriculture du XIXe siècle basé sur la polyculture et une très nombreuse main d’œuvre agricole ? Comment les grandes villes peuvent-elles reconquérir leurs ceintures vivrières alors qu’on a tout bétonné ? Faudra-t-il se priver de thé, de café et de fruits exotiques ? Dans un partenariat entre Paris et la Creuse, quelle pourrait être la contribution comparé de chacun ? Après le choc énergétique, ne faut-il pas craindre de voir un jour des hordes d’urbains affamés et armés dévaler sur nos campagnes ?….

Pour en savoir encore plus

23 mars 2012, Schmallenberg : sécurité alimentaire contre libre-échange

10 septembre 2012, transition énergétique, centralisation, autonomies locales ?

27 janvier 2014, Localité et simplicité : les clés de la résilience

24 juin 2017, Biorégions pour le futur, instituer la résilience locale

19 novembre 2017, effondrement, le risque agricole/alimentaire

2 mai 2018, Autonome grâce à son potager, c’est possible

30 juin 2019, Créez votre communauté résiliente

7 septembre 2019, la résilience selon Piero San Giorgo

2 réflexions sur “Localisme, extrême droite ou écologisme ?”

  1. Esprit critique

    – « Autre conception, l’écologie sociale de Murray Bookchin promeut une fédération de communes autonomes, tandis que le biorégionalisme vise à repenser l’occupation d’un territoire à partir de ses ressources. »

    Ce qui nous renvoie à cet autre article mis en lien :
    – Notre futur, la résilience alimentaire locale (Biosphère juillet 2020)
    Alors au lieu de dire que ce n’est pas possible… ceux qui n’y croient pas, qui ne veulent pas y croire, peuvent au moins faire l’effort de découvrir Murray Bookchin (voir déjà Wikipédia).
    C’est lui qui est à l’origine du municipalisme libertaire (idem), ou communalisme.
    Un intello de gauche certes. Mais peu importe après tout, non ?
    Si des fois ses idées peuvent permettre à certains de décoloniser leur imaginaire…
    Ne serait ce qu’un petit peu… ce serait toujours ça, non ?

  2. Du localisme à la sauce RN, comme de l’«écologie» de l’extrême droite, et de toutes ses variantes… je pense qu’ON en a déjà largement fait le tour. Les Alain de Benoist, Hervé Juvin et Compagnie… c’est bon ON connait.
    Je l’ai dit mille fois, mais ça ne mange pas de pain de le redire… l’Écologie (la défense de l’environnement) ne peut pas être de droite. Et surtout pas d’extrême droite.

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