Loi d’urgence agricole, victoire de la FNSEA

Loi d’urgence agricole : Sept députés et sept sénateurs devaient s’accorder sur un texte de compromis entre les versions votées par chaque chambre. Ils ont adopté le 16 juillet 2026 à la majorité (huit voix pour, quatre contre, et deux abstentions) une version qui sera soumise au vote de l’Assemblée nationale et du Sénat, lundi 20 et mardi 21 juillet.

La version de compromis maintient l’objectif de doubler les capacités de stockage de l’eau en France et l’affaiblissement de plusieurs outils de planification visant à assurer une gestion durable des ressources. Un rejet à l’Assemblée nationale aurait risquerait de mécontenter une partie du monde agricole.

Quelques réactions courroucées

Reporterre : Dans les couloirs climatisés du Parlement, sénateurs et députés ont accouché d’une loi cataclysmique pour l’environnement : une « nouvelle loi Duplomb » qui prévoit, entre autre, la réintroduction de pesticides interdits comme l’acétamipride, et qui donne plus de pouvoir aux agriculteurs irrigants. « S’ils ne se rendent pas compte de ce qu’ils font, c’est qu’ils sont climatisés jusque dans leur tête, froids aux conséquences », a réagi un opposant aux mégabassines.

FNE (France Nature Environnement) : En matière d’eau, le texte valide une fuite en avant irresponsable. En facilitant à outrance le stockage de l’eau pour l’irrigation, il légitime son accaparement par une infime minorité d’exploitations intensives. Dans un contexte de sécheresses et de canicules chroniques, cette loi place de fait l’agriculture industrielle au-dessus de tous les autres usagers… La commission mixte paritaire a cédé à Laurent Duplomb et à la FNSEA en validant la réintroduction de deux néonicotinoïdes. Ces pesticides « tueurs d’abeilles », dont les effets dévastateurs sur les pollinisateurs, la biodiversité et les risques pour la santé humaine sont scientifiquement indiscutables, font l’objet d’un rejet massif. La protection de l’eau, de la biodiversité et de la santé publique n’est pas un obstacle : elle est la condition d’une agriculture résiliente et durable.

Générations Futures : Tout ce que le député Duplomb souhaitait, les représentants des groupes Ensemble Pour la République (EPR – ex Renaissance), MoDem, Les Républicains et Rassemblement National lui ont servi sur un plateau d’argent : le tout dans un texte conçu sur mesure par le Gouvernement pour permettre le pire et l’inimaginable.

Nous appelons l’ensemble des députés à s’opposer à ce projet de loi mortifère pour l’avenir de notre agriculture

4 réflexions sur “Loi d’urgence agricole, victoire de la FNSEA”

  1. générations futures

    le Gouvernement et les députés du “bloc central”, de droite et de l’extrême-droite ont décidé de totalement mépriser les millions de citoyens ayant signé la pétition historique de l’année dernière. Ce texte défend la volonté de la FNSEA d’un modèle agricole prédateur: 
    • accaparement de l’eau par le doublement des volumes stockés pour les usages agricoles d’ici à 2035 (article 5A) ; 
    • facilitation de la destruction des zones humides (article 7) ; etc.
    Nous nous tenons prêts à attaquer en justice toute décision découlant de ce texte et à rappeler leur vote aux élus et leurs partis lors des prochaines échéances électorales. 

  2. Le gouvernement craignait que la mesure permettant la réautorisation dérogatoire de deux néonicotinoïdes, ajoutée par le Sénat, ne conduise au rejet du texte. Le projet de loi a finalement été largement adopté par les députés dans la nuit du lundi 20 juillet par 296 voix pour, majoritairement issues de la droite et de l’extrême droite et 224 contre.

    Les « insoumis », les écologistes comme les socialistes ont annoncé qu’ils saisiraient le Conseil constitutionnel à l’issue du vote.

  3. Parti d'en rire

    Voilà où ça mène quand ON «réfléchit» dans l’urgence.
    – Loi d’urgence agricole : parlementaires et gouvernement en quête d’un périlleux compromis (SudOuest.fr avec AFP 16/06/2026)

    – Les animaux malades du consensus (Gillet Châtelet)

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