Luc Ferry, un croissanciste aimé des médias

Surpopulation ou « planète vide » ?

Le livre de Paul Ehrlich, La Bombe P (1968) déplaît souverainement à Luc Ferry. Mais au lieu d’argumenter, ce philosophe de pacotille se permet d’attaquer le messager pour ne pas écouter son message : « Invraisemblables carabistouilles… recommandations néo-fascistes… fougue malthusienne… prédictions de plus en plus insensées… gourou pour fondamentalistes verts »  Sur sa lancée, il se permet de critiquer le rapport Meadows sur les limites de la croissance (1972 ) : « Une reprise des thèses délirantes d’Ehrlich ». Pourtant le scénario de 1972 est toujours scientifiquement validé en 2021. Fé-rire s’attaque ensuite à Jean-Marc Jancovici qui aurait dit : « Il y a un moyen de réguler la population, ne pas mettre tout en œuvre pour faire survivre les personnes âgées malades, à l’image du système anglais, qui ne pratique plus de greffe d’organes pour les personnes de plus de 65 ou 70 ans ». Notons que Jancovici est un expert reconnu dans le domaine de l’énergie, qu’il fait des conférences écoutées attentivement dans les grandes écoles et gère un site qui est une mine d’information. Luc Ferry préfère l’intox de la chute « dramatique » de la population mondiale : « Le danger qui nous menace, c’est celui d’une planète vidée de sa jeunesse pour cause de dénatalité. »

Dès 1992 dans Le nouvel ordre écologique. il condamnait l’écologie profonde sans avoir lu Arne Naess, initiateur de cette conception. Luc Ferry ne fait que réciter aujourd’hui dans les mérdias les poncifs et caricatures  accumulées par la droite contre l’écologie. Il se présente comme croissanciste, ou plutôt contre toute pensée de l’effondrement pourtant probable de la civilisation thermo-industrielle. Il se permet d’écrire : « Nous venons de vire une expérience grandeur nature de la décroissance avec la pandémie. Les hérites new look du communisme que sont les fondamentalistes verts se sont réjouis haut et fort de ce répit accordé à la planète. Ils poussent la Convention citoyenne à plaider pour une décroissance punitive tous azimuts : décroissance énergétique, réduction de la consommation, de la production, du temps de travail, de la vitesse sur les autoroutes, des voyages en avion, de la publicité pour des grosses cylindrées. Pour imposer des mesures destinées à punir nos modes de vie, les décroissants veulent limiter les libertés. » (Luc Ferry, Le Figaro, 25 juin 2020)

Pou ren savoir plus sur Luc Ferry

15 mai 2011, la catastrophe, c’est Luc Ferry

12 octobre 2010, Luc Ferry et l’écologie profonde (1/4)

1992, Le nouvel ordre écologique de Luc FERRY (l’arbre, l’animal et l’homme)

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1 réflexion sur “Luc Ferry, un croissanciste aimé des médias”

  1. Grand amateur de bagnoles (pour lui une voiture de course est une oeuvre d’art…), gros tocard en écologie, anti-décroissants primaire, bouffon du roi etc. Luc Fé-rire les cumule. C’est lui faire trop d’honneur que de parler de lui. Dans ce domaine comme dans le reste, on a les philosophes qu’on mérite. Misère misère !

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