lunettes théoriques

lunette théoriques :  Dieu et les resssources non renouvelables.

Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva dit n’importe quoi. Après la découverte d’un champ pétrolifère à quelque 250 km au large de son pays, il s’exclame : « C’est un signe de dieu, un passeport pour l’avenir » (LeMonde du 13.09.2008).

 

            Notons d’abord que Dieu ne nous dit rien que ce qu’on veut bien entendre. S’il existe, il ne s’intéresse nullement aux péripéties humaines. Je préfère de loin la parole de Thomas More qui, en 1516, écrivait dans son utopie: « L’or et l’argent n’ont aucune vertu, aucun usage, aucune propriété dont la privation soit un inconvénient véritable. C’est la folie humaine qui a mis tant de prix à leur rareté. La nature, cette excellente mère, les a enfouis à de grandes profondeurs, comme des productions inutiles et vaines, tandis qu’elle expose à découvert l’air, l’eau, la terre et tout ce qu’il y a de bon et de réellement utile. » L’or, l’argent, mais aussi tout ce qui est enfoui, le charbon, le pétrole, le gaz, l’uranium, fera le malheur de nos générations futures. Précisons d’ailleurs que le nouveau gisement de Tupi est situé à une profondeur allant de 5 000 à 7 000 mètres !

 

            Un passeport pour l’avenir ? Je préfère de loin la parole de Yves Cochet : « Chaque jour qui passe nous rapproche d’un choc imminent que nous ignorons : la fin du pétrole bon marché. Depuis plus de trente ans, les écologistes n’ont cessé de proposer la diminution des consommations d’énergie fossiles et la mise en œuvre de politiques de sobriété énergétique et de promotion des énergies renouvelables, l’abandon de l’agriculture productiviste au profit de l’agrobiologie, le désengagement de notre dépendance à l’égard des entreprises transnationales et la réhabilitation des circuits économiques courts. En vain. Il est déjà trop tard pour espérer transmettre à nos enfants un monde en meilleure santé que celui que nous connaissons aujourd’hui. Plus nous attendrons, plus leurs souffrances seront grandes et dévastatrices » (in Pétrole apocalypse, 2005).

 

Lula da Silva ne suit pas la voie de dieu, il personnifie notre bêtise analytique actuelle.