« Nous ne combattons pas les combustibles fossiles, mais uniquement les émissions de gaz à effet de serre qui en sont issues. » L’auteur de cette déclaration aux relents de rhétorique orwellienne, c’est Ursula von der Leyen. la présidente de la Commission européenne. Fin juillet, la Commission européenne s’engageait auprès de Washington à importer pour 750 milliards de dollars (638 milliards d’euros) de combustibles nucléaires, de pétrole et surtout de gaz naturel américains au cours des trois prochaines années.
Stéphane Foucart : Cette déclaration de Leyen n’est pas un mot maladroit. Elle est, au contraire, symptomatique du mouvement d’alignement en cours de l’Union européenne (UE) sur l’Amérique de Donald Trump. Cet alignement prend la forme, ces derniers mois, d’une série de reculs environnementaux : détricotage du volet agricole du pacte vert, report du règlement sur la déforestation importée, révision à la baisse du projet d’interdiction universelle des « polluants éternels », réduction à néant de la directive sur le devoir de vigilance des entreprises, large dérégulation des « nouveaux OGM » sans remise en question de leur brevetabilité, etc., à quoi s’ajoute le feu roulant des paquets législatifs « omnibus » destinés à « simplifier » la réglementation de l’UE sur la chimie, l’environnement, l’automobile, l’alimentation, etc. Le commissaire européen à la santé, le Hongrois Oliver Varhelyi, souhaite la possibilité d’autoriser les pesticides sans limite de temps, de déroger à l’obligation de tenir compte de la littérature scientifique dans les réévaluations nationales des produits ou d’allonger de trois années supplémentaires les « délais de grâce » dont bénéficient les utilisateurs des substances les plus dangereuses après leur interdiction.
Les éléments de langage brandis à l’appui de ces reculs – lutter pour la « compétitivité » de l’Europe, sa « souveraineté », défaire la « complexité » de la réglementation, etc. – ne sont guère qu’un écran de fumée qui dissimule la vassalisation de l’Union. C’est l’esprit de Munich qui souffle ces jours-ci sur Bruxelles. Comme dans les années 1930, il fait accroire que, face à un pouvoir brutal et agressif, autoritaire et peu soucieux du droit, seule la complaisance peut acheter la tranquillité.
Le point de vue des écologistes effondrés
– Il suffit qu’un braillard outre atlantique hausse le ton pour que nos girouettes politiciennes sans conviction se couchent et suivent aveuglement.
– L’UE avec sa stratégie Farm to Fork (littéralement de la ferme à la fourchette) s’était dotée d’un plan pour un système alimentaire durable grâce à la réduction de l’utilisation de pesticides et d’engrais, la promotion de l’agriculture biologique (à hauteur de 25 % des terres), la lutte contre le gaspillage alimentaire et la promotion de régimes alimentaires sains grâce à un étiquetage plus clair, tout en garantissant les moyens de subsistance des agriculteurs et la sécurité alimentaire. » Voilà ce que nous sommes en train de perdre.
– On a les politiques que l’on mérite : de petits politicards sans vision, sans conviction, sans objectif, sans connexion avec le monde réel… Contre l’attente de la population qui aux 3/4 souhaite une transition, nos poulets sans tête courent dans la perspective d’un « bon coup médiatique » dans les 48 h, avec une éternité fixée à 2027 !
– La commission obéît aux injonctions anti environnementales de l’extrême droite du Parlement à laquelle s’est rallié le PPE depuis les assauts de son président Manfred Weber contre l’environnement.
– Globalement ce qu’on appelle « écologie punitive » c’est juste la description factuelle de ce qu’il faudrait faire pour garder la planète à peu près habitable. Notre mode de vie ne peut pas durer, c’est tout.
– Les croyants de l’évangile croissanciste sont incapables de comprendre que l’économie c’est de la thermodynamique : c’est l’énergie fossile abondante et gratuite seule qui a permis la croissance des 230 dernières années.
– Pour croire en une croissance infinie dans un monde fini, il faut être soit un fou, soit un économiste. Car une croissance économique, c’est obligatoirement une croissance des déchets et des externalités négatives.
– Les faits sont têtus, il n’y a pas de société humaine viable dans un environnement trop dégradé.
– Les politiciens feraient bien de reconsidérer un jour une autre valeur que celle de leur réélection et prendre en compte le bien commun, celui-ci dépassant largement toutes les frontières nationales.
– Si l’on devait aller jusqu’au bout de la logique des normes écolo-sanitaires, il faudrait commencer par arrêter de produire du vin.

Vive les pesticides, à bas les insectes (donc les oiseaux, et tout le reste). Et vive l’empoisonnement, les cancers, les maladies qui frappent les enfants dès le développement fœtal, etc. ! La Commission européenne veut nous faire faire un grand bond en avant dans les techniques d’extermination : c’est formidable, on remercie ses membres pour leur sagesse et leur bonté. Quand on pense que les gugusses qui la composent ne sont élus par personne et touchent 23 202,23€ brut par mois, plus une indemnité de représentation (607/mois), plus une indemnité de résidence (3480,33€/mois), plus une indemnité d’installation (46 404,45€) plus une indemnité de désinstallation (23 202,23€), plus une aide à la réinsertion ( 9 280,89 € et 15 081,45 €/mois), plus une retraite à 70% du dernier salaire. Pour tuer les insectes…
La Commission européenne a présenté, le 16 décembre 2025, sa proposition de simplification de la réglementation sur la sécurité sanitaire de l’alimentation. Ce paquet législatif, dit « omnibus », favorise l’usage des pesticides les plus durables, tout en permettant des économies substantielles – pour les Etats membres comme pour les firmes agrochimiques. C’est une autorisation illimitée dans le temps, évitant une réévaluation automatique de leur sûreté tous les dix à quinze ans, comme c’est actuellement le cas. La Commission ouvre aussi la voie au retour aux épandages aériens de pesticides, proscrits depuis 2009 dans toute l’Union européenne…
Enfer et damnation !
Les égarements répétés de la Commission dans différents domaines commence à faire douter l’européen convaincu que je suis de la validité des institutions européennes actuelles. Il semble bien qu’elles favorisent les pressions lobbyistes d’une façon démesurée et contraire à l’intérêt général.
– « Cet alignement prend la forme, ces derniers mois, d’une série de reculs environnementaux : détricotage du volet agricole du pacte vert [etc.] » (Stéphane Foucart)
Question détricotage c’est vrai que ça y va fort. Encore aujourd’hui, ON laisse tomber la date de 2035 pour les moteurs thermiques. Because la crise du secteur automobile, Business as usual !
Mais faut-il pour autant prendre tout ça comme un alignement sur la politique de l’autre fou ?
D’un certain côté oui, c’est ce que je disais à 10:44 au sujet du grand n’importe quoi.
Mais je crois plutôt que la raison de tous ces reculs s’explique par le ras-le-bol de l’écologie.
De nombreux articles ont été écrits sur ce phénomène, des études menées, en fait ce serait le discours qui ne passe pas, ou plus. Là encore une question de limites. 😉
Bref, les tenants du Système seraient donc bien bêtes de ne pas en profiter.
Un monde sans énergies fossiles et donc sans pétrole et gaz, et ben c’est un monde où il faut rétablir le travail manuel, autrement dit virer tous les grattes papiers dans les administrations ! Et virer tous les beaux parleurs au Sénat et au Parlement ! Et oui, il faudra bien exercer de la force motrice pour construire et bâtir des logements, ainsi que de les maintenir en bon état, et tout ça sans transports thermiques et sans machines et robots. Mais aussi faire de l’agriculture sans tracteurs ! Il faudra aussi laver le linge sans machines à laver… Bref la liste n’est pas exhaustive puisque ça concerne quasiment tous les secteurs d’activité…. Mais avec Mélenchon, Sandrine Rousseau, Clémentine Autain, Benoît Hamon, Martine Aubry, Cohn Bendit, Dominique Voynet et bien d’autres socialo-communistes qui adorent le livre Le Droit à la paresse, un monde sans fossiles n’est pas possible !
Un monde sans énergies fossiles, c’est un monde sans paresse ! Puisque c’est un monde sans machines dépendant de ces énergies…Tous ces socialo-communistes devront remplacer leur livre de Droit à la paresse par le livre La Paresse est un crime ! Pensez vous que tout ce beau monde ainsi que leurs électeurs (dont Michel C) soient prêts à se retrousser les manches pour rendre ce monde possible ?
Car pour le moment, à propos de braillards j’en vois beaucoup agiter des chiffons rouges chaque année Place République pour réclamer du fric et des logements sans travailler !
Et pas un mot sur cette phrase d’Ursula von der Leyen, ni sur cette dérive fascisante.
À part taper toujours sur les mêmes (les fonctionnaires, TOUS des feignasses, et les rouges idem), il faut dire qu’en matière de réflexion, tu manques cruellement d’énergie. Même pour ce bouquin de Paul Lafargue tu te contentes du titre. Fainéant va !
Virer tous les «grattes papiers» dans les administrations, comme par hasard c’est justement ce que fait ton idole, Outre-Atlantique. Et si ça se trouve il fait ça pour préparer les Ricains au monde de demain. En douceur et profondeur ! Comme quoi il n’est pas si con que ça, ce drôle de canard, non seulement il croit au Réchauffement, et pas seulement à cause des volcans… mais en plus il croit à la fin du Pétrole. Drill, baby, drill !
– « Nous ne combattons pas les combustibles fossiles, mais uniquement les émissions de gaz à effet de serre qui en sont issues. » (Ursula von der Leyen)
Stéphane Foucart voit là un mouvement d’alignement de l’Union européenne sur l’Amérique de Donald Trump. Et Biosphère une dérive fascisante.
Vu que l’Amérique de Trump est devenue synonyme de grand n’importe quoi… ON peut en effet le voir comme ça. Et vu comme ça, ON peut également dire que nous ne combattons pas les pesticides, ni la Peste, ni le Cancer, ni le tabac, les AUT, la Pub, la Désinformation, et encore moins le Capitalisme, la Compétition, la Croissance etc. mais uniquement les effets néfastes que toutes ces merdes produisent. Autrement dit, « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes ». (Bossuet)
Maintenant je ne sais pas ce que la présidente de la Commission européenne a voulu dire exactement par-là. Spontanément je pense à autre chose…
À ces trucs que les empoisonneurs Philip Morris & Co nous ont mis au bout des clopes.
Après tout, peut-être cette pauvre Ursula ne pensait-elle seulement qu’à ça …
À équiper et enjoliver nos cochonneries d’échappements. Le fumeux captage du CO2…
La séquestration, le stockage si vous préférez, voilà la Solution ! Là encore n’importe quoi.
Avec le Super Filtre Ursula pompez et fumez tant que vous voulez. 🙂