LVMH, le luxe à la peine, et que ça dure…

Notre conception des besoins devrait suivre un principe de généralisation. Généralisation dans l’espace (je ne peux satisfaire un besoin que dans la mesure où n’importe qui n’importe où sur notre planète peut accéder à un niveau de vie équivalent) ; généralisation dans le temps (je ne peux satisfaire un besoin que dans la mesure où cela n’empêchera pas les générations futures de satisfaire les leurs). Le luxe en est l’antithèse. Le chiffre d’affaires de LVMH (Vuitton, Dior, Givenchy…) est à la baisse et le PDG de Kering (Gucci, Saint Laurent, Balenciaga…) a été débouté par la cour administrative d’appel de sa demande de remboursement d’impôts payés en France en 2017 et 2018 (11,56 millions d’euros). Que des bonnes nouvelles ! Le luxe, c’est la luxure, une débauche mise en scène par les m’as-tu-vu. Le luxe est caractérisé par de grandes dépenses consacrées au superflu, un étalage de richesse qui ne devrait pas exister.

Lemonde.fr : Le chiffre d’affaires du groupe de luxe LVMH est en recul de 3 % au premier trimestre par rapport à la même période de 2024. L’action est en recul de plus de 20 % depuis le 1er janvier du fait de ventes en berne en mode et maroquinerie. Le luxe souffre aussi d’une vague de fond. Les comportements changent. Le marché du luxe comme celui de l’art sont victimes d’une même tendance : l’hédonisme. S’amuser, passer un moment exceptionnel que l’on peut poster sur Instagram (concert, restaurant, vacances…) deviendrait plus important que posséder une œuvre, un bijou cher ou un sac de marque. Le luxe ne fait plus figure de secteur refuge…

Le point de vue des écologistes décroissants

Qu’un article du MONDE ose parler du luxe comme « valeur refuge », ce n’est pas de l’information, c’est de l’inconscience. Qu’on s’en tienne à l’hédonisme n’est pas la seule chose à dire. LE MONDE publie d’ailleurs chaque semaine « M, le magazine « : le summum du luxe inutile et de l’achat compulsif fabriqué par conditionnement. Le 13 avril 2025, 170 pages sur papier glacé. Tiffany en pleine page deux et trois, Saint Laurent (p.4-5), Chanel (6-7), Armani (8), etc. L’absolu contraire de l’urgence écologique. Il y a quelque chose de pourri au royaume des médias, esclaves des recettes publicitaires et pour la plupart dépendants de magnats.

Autrefois le luxe, par exemple pour Charlie Chaplin enfant, c’était de recevoir une orange en cadeau de Noël. Jamais nous n’aurions du aller au-delà. Nous devrions tous et toutes savoir que le luxe est un processus de différenciation/imitation qui alimente la croissance pour la croissance et nous projette contre un mur. Le goût du luxe n’est pas une constante psychologique, mais une construction par la publicité et le mode de vie des riches dans une société qui épuise la planète. Cela aura une fin avec l’augmentation du prix des ressources naturelles. Nous serons obligés, sauf à admettre la perpétuation de la domination par une élite, à économiser collectivement en situation de rareté. Voici le pronostic que faisait déjà en 1936 Richard B.Gregg :

« Ceux qui travaillent dans le secteur du luxe sont, lors d’une dépression économique, dans la position la plus précaire qui soit, puisque dans ce cas les dépenses consacrées au superflu sont les premières à éliminer. Moins il y aura de personnes impliquées dans l’industrie du luxe, plus l’emploi sera protégé. »

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Le luxe, c’est en définitive la planète au pillage

extraits : Politiser la question du luxe est la meilleure voie pour élargir l’audience de l’écologie vers les classes populaires. NON au luxe ! La première contribution du dessinateur Wolinski paru en 1976 à la une du journal L’Humanité présentait deux dessins. Sur le premier, une bourgeoise affalée sur son divan explique à sa petite fille que le luxe, c’est les bijoux, les toilettes, le parfum, le champagne. Sur le deuxième, une prolétaire explique à son jeune fils que le luxe, c’est la viande, le café, les légumes, les fruits….

L’industrie du luxe connaîtra-t-il jamais la crise ?

extraits : La « critique de l’industrie du luxe » n’existe pas. Les syndicats condamnent parfois la richesse, mais jamais l’industrie du luxe. Les politiques valorisent l’industrie du luxe, un si gros exportateur de notre savoir-faire. Des médias comme LE MONDE vivent de l’industrie du luxe par annonces publicitaires interposées. Le luxe est donc intouchable. La preuve, cet article du MONDE : « Le luxe, en tant qu’incarnation par excellence du « superflu », symbolise ce qui fait le propre de l’homme… Emblème de la dépense inutile, du surplus pour rien, le luxe serait ainsi un des moyens privilégiés par lesquels l’homme réaffirme qu’il n’est pas un animal comme les autres… Marcel Mauss en avait conclu, dans son Essai sur le don (1924), que le goût de la dépense inutile constituait un véritable invariant anthropologique….

pour des vêtements androgynes, non au luxe et à la mode

extraits : La mode, c’est ce qui démode pour faire acheter plus pour le plus grand profit des marques. Peu importe si ce qui est démodé aujourd’hui sera à la mode demain, le cycle des défilés permet de vider les porte-feuilles et de grandir la visibilité du luxe. Nous avions cru un instant en juillet 2008 à la fin des défilés de mode. Ma Ke, une jeune créatrice chinoise, prenait le luxe à contre-pied. Elle habillait 36 mannequins de tous âges de vêtement amples, de pièces intemporelles qui illustrait la fonction première du vêtement, habiller, tout simplement. Ma Ke prenait le contre-pied de la boulimie consommatrice : «  Le luxe qui s’achète n’est pas ce qui nourrit l’homme, c’est au contraire la simplicité, la beauté d’un arbre, la lumière, l’échange entre les êtres….

La valorisation du luxe crée un mauvais ethos social

extraits : La seule façon que vous et moi acceptions de consommer moins de matière et d’énergie, c’est que la consommation matérielle, donc le revenu, de l’oligarchie soit sévèrement réduite. En soi pour des raisons d’équité, et plus encore, en suivant la leçon de Veblen, pour changer les standards culturels de la consommation ostentatoire. Puisque la classe de loisir établit le modèle de consommation de la société, si son niveau est abaissé, le niveau général de consommation diminuera. Nous consommerons moins, la planète ira mieux, et nous serons moins frustrés par le manque de ce que nous n’avons pas…..

6 réflexions sur “LVMH, le luxe à la peine, et que ça dure…”

  1. – « Aujourd’hui, le luxe au sens large, se concentre sur un marché plus étendu, moins élitiste.
    Ce phénomène de popularisation, aussi appelé Fuite du Luxe, change les habitudes des consommateurs modernes et leur manière de consommer en axant d’avantage leur stratégie sur la consommation plutôt que sur le produit en lui-même. […] S’il a aujourd’hui atteint sa pleine maturité, l’avenir du Luxe reste assuré. Pourtant, ce secteur historique est amené à se plier aux changements sociétaux, techniques et écologiques. […] Le marché du luxe est loin de disparaître mais il doit le réinventer. Le Luxe de demain doit continuer à fasciner et à se montrer avant-gardiste dans un environnement de contraintes écologiques et financières. »
    ( Le luxe, dans tous ses états – journalduluxe.fr )

  2. luxe made in ????

    – VÉRIF’ – Des produits de luxe en réalité « made in China » ? Ce que l’on sait du « grand déballage » qui envahit TikTok (tf1info.fr – 15 avril 2025 à 20h22, mis à jour hier à 18h06)

    Eh ben il est beau le Luxe ! Et ça c’est de l’information, ou de l’inconscience ? 😉
    Seulement qui croire dans cette histoire, les Chinois ou les autres ?
    Affaire à suivre donc. Ou pas…

  3. Les pauvres !

    – « J’ai créé 190 000 emplois » : comment Bernard Arnault enjolive son bilan social à LVMH
    ( linforme.com )
    – « Avec un patrimoine de 151 milliards, Bernard Arnault n’est désormais « plus » qu’à la septième place dans le classement des personnes les plus fortunées. » ( 20minutes.fr 16/042025 )
    – Comment Bernard Arnault a perdu plus de 12 milliards de dollars en une journée
    ( ledauphine.com hier)
    – Droits de douane : Elon Musk a gagné 36 milliards de dollars en une journée après l’annonce d’une pause dans la guerre commerciale menée par Washington ( lindependant.fr/2025/04/10 )

    Si le luxe des Vuitton, Dior, Givenchy et Consorts n’est plus assez juteux, Bernard Arnault pourra toujours se faire des milliards dans celui des bagnoles électriques. Ses salariés qu’il aura promus vers l’extérieur (sic) pourront eux aussi aller se faire voir chez Tesla. (à suivre)

    1. Qui veut gagner des milliards ? Arnault et Musk bien sûr. Et moi et moi et moi !
      Et après ça Bayrou nous explique que les Français ne travaillent pas assez…
      Faut oser quand même non ? Si encore il avait dit qu’ON ne jouait pas assez en Bourse….
      Et nous ON gobe ça, au mieux ON ne dit rien, tellement qu’ON est habitué à entendre toujours la même chanson.
      De cette satanée habitude… justement nous en parlions hier. Nous sommes quasiment tous les maillons de cette chaîne de soumission… ici à la Bourse… qu’ON ose nous vendre comme une chaîne de solidarité. Une mouche qui pète, un canard qui fait «coin coin», et hop elle dégringole ! Ou alors elle s‘envole. La Bourse ne dépend que du vent.
      Et c’est comme ça, en ne disant rien, en laissant faire, pire en achetant quatre actions, comme des cons… que les gueux que nous sommes deviennent non seulement les complices mais les agents du Système et de toutes ses aberrations.

      1. Complément à 12:38 :
        – Tesla devient la marque de luxe la plus vendue aux États-Unis (rpmweb.ca)
        – « Des promotions vers l’extérieur » : la nouvelle expression inventée par Bernard Arnault, l’homme le plus riche de France, pour désigner les licenciements (lindependant.fr/2025/01/30)

        Complément à 12:50 :
        Il va sans dire que les gueux qui bavent devant les yachts des milliardaires, qui cherchent à les singer en exhibant des marques de luxe, qui rêvent de croisières etc. sont particulièrement complices et agents du Système. Mais que dire alors de ces pauvres misérables qui ne ratent jamais une occasion pour dézinguer les Verts, les Rouges, les Pastèques… et qui par dessus le marché s’offrent le luxe de soutenir les Trump, MLP et Compagnie… tous ces bouffons qui osent se prétendre anti-Système ?

  4. Basile Valentin

    Le luxe est une insulte permanente aux gens qui sur cette planète ont à peine de quoi se nourrir.

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