Malala Yousafzai, résister n’a ni âge, ni sexe

Malala Yousafzai, rescapée d’un attentat taliban en 2012 et Prix Nobel de la paix en 2014, à 17 ans seulement. Cette Pakistanaise est devenue non seulement un symbole de la lutte pour l’éducation des filles, mais une hymne à la capacité de résistance à l’injustice de certaines personnes, trop rares dans une société de pantins adeptes de la soumission volontaire. Puisse l’exemple de Malala servir d’exemple à suivre.

Malala Yousafzai : En 2007, les talibans étaient descendus des montagnes pour prendre le contrôle de notre ville. Ils ont exécuté dans la rue des musiciens, des enseignants. Ils ont interdit tous les divertissements, imposé la barbe aux hommes, interdit aux femmes de quitter leur foyer sous peine d’être tuées ou aspergées d’acide. Et ils ont annoncé que les filles n’auraient plus le droit d’aller à l’école. Ça m’a glacée d’effroi. J’ai décidé, à 11 ans, de revendiquer publiquement mon droit à l’éducation et de devenir activiste. J’ai écrit un blog pour la BBC afin de raconter mon quotidien.

Au Pakistan, j’ai connu tant de fillettes arrachées à l’école et mariées de force. J’ai vu mes tantes encombrées d’enfants vivre dans la dépendance de maris. Les mères sont trop terrifiées par les horreurs qui peuvent arriver aux filles lorsqu’elles se rebellent et s’écartent de la tradition : une jeune fille empoisonnée par sa famille pour avoir regardé trop longtemps un garçon dans la rue, une femme étranglée pour avoir fui un mari violent, une autre, abattue par son père qui avait vu une photo d’elle sur Facebook. Pas étonnant que ma mère ait été obsédée par le strict respect des normes sociales.

Un jour, je lui ai demandé à quoi elle rêvait quand elle était jeune. « Un mari compréhensif qui me permettrait d’aller parfois en ville manger un kebab », a-t-elle répondu. J’ai dit : « Maman ! Je te parle d’un vrai rêve ! Qu’est-ce que tu voulais être ? » Mais il n’y avait pas de réponse. Et c’est là que j’ai compris, avec douleur, que des générations de femmes n’avaient jamais eu la possibilité d’espérer autre chose que la sécurité, en priant pour que leur belle-famille ne soit pas trop atroce. L’année de mes 15 ans, un homme armé est monté dans le bus scolaire et il m’a tiré une balle dans la tête à bout portant. Je suis sortie du coma en Angleterre, une semaine plus tard. Le vrai courage, c’est de continuer d’agir… surtout si on a peur.

Le point de vue des écologistes féministes

L’Islam n’est pas la seule idéologie à valoriser l’inégalité des sexes. En France depuis le code civil de 1804, la femme mariée était juridiquement mineure et devait obéissance à son mari en tous points. Marie Curie est la première femme titulaire d’un doctorat de science, ses recherches sur l’origine de la radioactivité lui vaudront le prix Nobel de Physique en 1903, puis de chimie en 1911. Malgré cela, l’Académie des sciences refusera de lui ouvrir ses portes !

Ce n’est qu’en 1907, plus de 100 ans après le code Napoléon, que la femme est autorisée en France à disposer de son salaire ; ce n’est qu’en 1924 qu’il y eut une unification des programmes du baccalauréat masculin et féminin ; ce n’est qu’en 1944 que la femme obtient le droit de vote ; ce n’est qu’en 1965 qu’elle acquiert le droit de travailler sans l’autorisation de son mari ; ce n’est qu’en 1970 que la référence au chef de famille, le père, est supprimée pour être remplacée par l’autorité parentale conjointe.

L’évolution sociale dépend de l’instauration d’un rapport de force, depuis Olympe de Gouges en 1791 en passant par le mouvement des suffragettes (organisation créée en 1903 pour revendiquer le droit de vote pour les femmes au Royaume-Uni) et le MLF (mouvement de libération des femmes après 1968 en France) jusqu’aux chiennes de garde et « ni putes ni soumises ». Résister à l’injustice n’a ni âge, ni sexe.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Biosphere-info octobre 2017, féminisme et écologie

extraits : Dans un contexte de dénonciation du harcèlement machiste, de discours contradictoires sur « le genre » et de controverses sur l’écriture « inclusive », il paraît opportun de faire le point sur le féminisme. La tache est d’autant plus difficile que notre nature sexuée, homme ou femme, ne dit rien sur notre identité socialement construite. C’est là l’impasse du discours écologiste, l’homme et la femme peuvent s’affranchir des lois de la nature….

Androgynie, cad totale égalité des sexes

extraits : Le féminisme politique, c’est-à-dire la volonté de mettre en œuvre l’égalité réelle entre l’homme et la femme, est normalement l’exact contraire du séparatisme des sexes. Il n’y a pas d’éternel féminin, il y a des cultures diverses qui produisent telle ou telle image de la femme. Les parents sont les premiers responsables d’une différenciation des rôles injustement fondée sur une différence biologique. Car un bébé a un comportement totalement androgyne. Le cri primal, le sevrage se déroulent de la même manière. C’est à travers la bouche, les mains et les yeux que les nourrissons des deux sexes appréhendent l’univers. Ils explorent leurs corps avec la même curiosité et la même indifférence, ils ont les mêmes intérêts et les mêmes plaisirs, ils ont la même jalousie s’il naît un nouvel enfant. Jusqu’à douze ans, la fillette est aussi robuste qu’un garçon du même âge, et les capacités intellectuelles sont similaires tout au cours de la vie. Mais au lieu de contribuer à une véritable égalité entre l’homme et la femme, notre société actuelle a inventé les quotas de la parité politique ! On soutient le féminisme différentialiste au détriment du féminisme universaliste….

Féminisme, on ne naît pas femme…

extraits : C’est avec Jean Rostand à 22 ans que je découvre en 1970 la diversité sociologique du statut de la femme. Chez les Arapesh, il existe un seul type sexuel de comportement social qui correspond au type féminin des nations occidentales. Chez les Mundugumor, c’est la référence masculine qui est privilégié par les deux sexes. Quant aux Tchambuli, nous retrouvons les deux catégories, mais inversées par rapport aux société machistes. Je trouve à la même époque ce constat chez François de Closets : « Jamais un journal féminin n’abordera un sujet scientifique ou technique. En revanche, on abreuvera les lectrices de psychosociologie. Ainsi se crée un conditionnement culturel qui incite insidieusement les filles à se détourner des sciences exactes et à se tourner vers les humanités, le droit ou les sciences humaines. »….

Le genre et le sexe, des différences aux inégalités

extraits : Le parti écolo EELV s’intéresse aux choses du sexe, il avait programmé en 2013 lors de ses journées d’été à Marseille l’atelier « le genre pour les nuls ». Le titre était alléchant, nous y avons envoyé un correspondant. Première grosse surprise, nous nous attendions à un public d’homos, de trans et de bi. Que nenni, était venu le tout-venant des écolos. Deuxième surprise, nous n’avons pas du tout parlé de sexualité, mais des inégalités des rôles masculins et féminins dans une tradition toujours bien présente, même en France. L’intervenante, Céline Petrovic est la délégué thématique « genre, sexe et société » d’EELV, mais aussi docteure en sciences de l’éducation. Nous avons donc eu un débat très interactif sur la sociologie du genre. Ce terme est défini comme un concept réaliste et pas du tout comme une « théorie » : c’est un système, une construction sociale qui résulte d’un apprentissage et non d’un déterminisme génétique, inné…..

8 réflexions sur “Malala Yousafzai, résister n’a ni âge, ni sexe”

  1. Et quand on pense qu’en France, il est un parti qui ne cesse d’apporter son soutien à cette religion et à mépriser celle qui a structuré notre pays et notre culture !

    1. Vous feriez bien de mieux trier vos sources d’infos, Monsieur Barthès. Et de prendre le temps de bien analyser ce que racontent Pierre, Paul ou Jacques. De ne pas vous con tenter d’écouter ce qu’en dit ce misérable Praud, ou je ne sais quel antirouge primaire.

    2. Résister… c’est recadrer ceux qui font des amalgames tout aussi ridicules qu’obscènes.
      Comme ici entre islam, islamisme, terrorisme, talibans et Insoumis.
      – LFI et islamisme : une commission d’enquête qui peine à cacher ses arrière-pensées politiciennes (france24.com 03/12/2025)

      1. Libre à vous d’avoir peur quand vous croiser un prêtre plutôt qu’un djihadiste , libre à vous de cultiver votre surdité aux évidences puisque telle est là la voie de votre confort intellectuel.

        1. Parti d’en rire

          Allons allons Monsieur Barthès, soyez un peu sérieux, juste un peu, les curés ne me font absolument pas peur. Même ceux de Betharram. Quant aux djihadistes, je n’en ai vu qu’à la Télé. Et vous, combien en avez-vous croisé dans votre vie ?

  2. Résister… c’est ce que chantait Brassens : « Le temps ne fait rien à l’affaire » .
    Et le sexe non plus, ne fait rien à l’affaire. Petits cons de la dernière averse, vieilles connes des neiges d’antan, qu’ON soit puceau ou qu’on soit grand-mère c’est pareil. Quand ON est con(ne) ON est con(ne) ! Voilà donc au sujet de l’égalité, des sexes comme des âges.
    Résister au sexisme, à l’anti-féminisme, n’a de sens que dans une lutte plus large, qui inclue toutes les formes de ségrégations, de racisme, ces traitements de «faveur» que subissent les Autres, en général. Dont les vieux, et les vieilles. Oui je sais, quand ON est bien élevé ON ne dit pas vieux, ni vieille, ON dit senior. Eh ben moi j’emmerde cette bien-pensance hypocrite, et je continuerais donc à parler des vieux et des vieilles. Merde alors, je ne suis pas un vieux con pour rien !

    1. – « L’Islam n’est pas la seule idéologie à valoriser l’inégalité des sexes. »
      Oh que non ! Résister, ça commence par le courage de dire NON (et MERDE) aux cons.
      Et à leurs conneries. En commençant par balayer devant sa porte. Comme ici sur ce petit blog qui ne compte que trois pelés et un tondu. Et où régulièrement s’exprime, entre autres… ce sexisme aussi crasse que primaire. Misère misère !

  3. Notre site « biosphere » est statique, les contenus y sont organisés par pages et ces pages sont anciennes. C’est un « réseau de documentation des écologistes » qui fournit à peu près toute la culture que devrait avoir un écologiste militant. Mais les militants ne lisent pas, il n’ont pas le temps.
    https://biosphere.ouvaton.org/
    Nous avons ajouté le 13 janvier 2005 un blog qui propose une analyse quotidienne du « point de vue des écologistes ». C’est un Journal personnel sur Internet qui dans un premier temps a été édité par le journal LE MONDE. Il est maintenant autonome et hébergé par le serveur ouvaton.org
    https://biosphere.ouvaton.org/blog/
    Site et blog sont reliés directement, on peut aller de l’un à l’autre rapidement. Nous avons une volonté de formation des citoyens. Nous ne sommes pas un réseau social qui met en contact des gens principalement pour agiter de la merde grâce à Instagram, Facebook, Snapchat, TikTok, Twitter (X)…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *