Les penseurs de la finitude sont des philosophes connus, Malthus a l’avantage d’être plus compréhensible.
Althusser est un penseur de la limite. Si la philosophie althussérienne offre un espace privilégié pour penser l’altérité, cela tient avant tout à ceci qu’elle est fondamentalement une pensée de la finitude. Théoricien de la « coupure épistémologique », penseur de la ligne de division intra-philosophique entre tendance matérialiste et tendance idéaliste, penseur « aux extrêmes », penseur, enfin, du marxisme « dans ses limites » et du « marxisme comme théorie “finie”.
Heidegger est le penseur de la finitude ontologique, pour qui la pensée de l’Être est ancrée dans l’analytique du Dasein comme cet étant dont la seule essence est l’existence finie. Là où Spinoza propose une éthique excédant la logique de la métaphysique, Heidegger entreprend un travail de déconstruction de celle-ci, visant à sa métamorphose en une autre pensée permettant de rejouer le logos, la mort, le divin.
De son côté Spinoza était déjà un penseur de la finitude ; l’infini chez lui est surtout un moyen de penser celle-ci le plus positivement possible. C’est un penseur de la totalité qui, allant de l’être au connaître, fait, contre la tradition métaphysique, de l’Absolu le principe d’affirmation d’une finitude essentielle et montre que l’homme, tout en n’étant pas « comme un empire dans un empire », peut cependant accéder au savoir de son appartenance à la totalité comme cause prochaine, en une intuition intellectuelle que la tradition réservait à Dieu.
Malthus est beaucoup plus concret, enraciné dans notre réalité immédiate. Il montrait au moment de la révolution française le rapport étroit qui existe entre l’évolution démographique et la responsabilité de chacun d’entre nous. Son message principal était d’avant-garde, écologique : nous ne pouvons pas être plus nombreux que ce que la Terre nous offre de ressources.
Malthus était donc un précurseur de toutes les analyses contemporaines qui montrent qu’on a maintenant dépassé les limites de la planète. Le mot « malthusien » est dans le dictionnaire, il devrait être un élément de réflexion connu de tous et toutes à l’entrée dans la vie d’adulte. Le malthusianisme mérite d’être étudié par chaque citoyen car l’essentiel commence par notre chambre à coucher. Nous pouvons pratiquer la sobriété démographique comme Malthus nous le conseillait ou rendre notre monde invivable par trop d’enfants.
Pour bien connaître Malthus, Michel Sourrouille en fait le sujet de son 9ème livre, paru fin janvier 2026.
MALTHUS, penseur de la finitude
(démographie et responsabilité)
https://www.babelio.com/livres/Sourrouille-Malthus-penseur-de-la-finitude-Demographie-et-Re/1996022
Il s’agit d’un tirage à la demande. Il faut donc le commander, soit pas Internet, soit auprès de son libraire. L’avantage, c’est qu’il n’y a pas de papier gaspillé.
Pour toute remarque sur le malthusianisme, on peut écrire à l’auteur :

Le concept de finitude va bien plus loin que la seule fin de la partie. Et/ou celle des haricots.
Et c’est peut-être ce qui explique qu’Althusser, Heidegger, Spinoza et autres penseurs de la finitude sont plus difficiles à comprendre que Malthus. Notez que j’ai bien dit peut-être… 😉
Même si le concept de finitude (infinitude…) est relativement récent en philosophie (1920), il nous renvoie automatiquement au fini, à l’infini, aux limites, sans oublier l’absolu (Absolu). Tout ça a été exploré depuis des lustres. Platon déjà, sur les limites de la connaissance, du cosmos etc. Et puis tous les autres, Kant etc. etc. (à suivre)
Mais c’est peut-être Einstein qui nous en appris le plus sur tout ça :
– « Il n’existe que deux choses infinies, l’univers et la bêtise humaine… mais pour l’univers, je n’ai pas de certitude absolue. »
Sans oublier Jean-Baptiste Botul (1896-1947), découvert par notre illustrissime BHL.
– « Tout est là : le boyau, le sang, le trou, la vie, la fuite, la mort peut-être. Circulez, circulez, signes cruels, hémorragie de sens, Kant avait bien raison, le grand problème, pour un philosophe, c’est d’être étanche… Eh bien, soit. Homme je suis, donc, fort troué, comme tout un chacun, telle est la loi de notre anatomie ; néanmoins, en tant que Botul, par ce nom même, je suis un trou à peine enveloppé par une membrane de conscience, l’incarnation transcendantale du trou, en quelque sorte. […] L’essentiel est de nous débarrasser du principe de non-contradiction, en posant qu’on peut à la fois penser au trou et au non-trou, voire au trou dans le trou. C’est-à-dire au trou percé. »
( Du trou au tout – J-B Botul ) 🙂
J’ai écrit mon livre sur Malthus pour qu’il n’y ait plus d’interprétations faussées par rapport à son « essai sur le principe de population ».
Le malthusianisme mérite d’être étudié par tout citoyen qui se veut éclairé, que ce soit en France ou ailleurs. Malthus montrait au moment de la révolution française le rapport étroit qui existe entre l’évolution démographique et la responsabilité de chacun d’entre nous. Nous pouvons en effet pratiquer la sobriété démographique comme il nous le conseillait ou rendre notre monde invivable par trop d’enfants. Son message principal est écologique, d’avant-garde : nous ne pouvons pas être plus nombreux que ce que la Terre nous offre de ressources. Malthus était donc un précurseur de toutes les analyses contemporaines qui montrent qu’on a maintenant dépassé les limites de la planète.
Le mot « malthusien » est dans le dictionnaire, il devrait être un élément de réflexion connu de tous et toutes à l’entrée dans la vie d’adulte.