Manning, Assange, Snowden, oui à la transparence totale

La démocratie dans un système complexe comme le nôtre repose sur la transparence totale de ceux qui agissent sur l’opinion publique. Il n’y a ni mensonge bénin en politique, ni même secret défense ou secret d’Etat. Il y a un intérêt public à savoir comment agit le pouvoir et ce que l’on y fait en notre nom. Les lanceurs d’alerte en matière de transparence comme Bradley Manning, Julien Assange ou Edward Snowden œuvrent pour préserver la démocratie. Ils nous protègent de la tyrannie, ils devraient être indemnes de toute poursuite judiciaire. Malheureusement ce n’est pas le cas.

Bradley Manning a piraté des rapports militaires internes portants sur 700 000 incidents durant les guerres en Irak et en Afghanistan. Il ne voulait que susciter un débat public sur les agissements de son pays. Nous sommes par exemple en droit de savoir que des forces américaines ont assassinés des civils irakiens à Bagdad. Pourtant Bradley Manning est poursuivi aux USA pour « espionnage », il a même failli être condamné pour « intelligence avec l’ennemi ». Aujourd’hui Internet permet l’expression anonyme des lanceurs d’alerte et la veille citoyenne. Julien Assange est le créateur du site Wikileaks, créé en 2006. Le site a publié des milliers de documents dénonçant des méfaits perpétrés par des politiciens, des fonctionnaires et des hommes d’affaires du monde entier. Il a divulgué les 250 000 câbles diplomatiques américains fournis par Bradley Manning. Nous sommes en droit de savoir ce qui se trame dans notre dos. Pourtant Julien Assange est obligé de vivre cloîtré depuis plus d’un an dans l’ambassade de l’Equateur à Londres pour se protéger de la justice. Edward Snowden a révélé la dimension démesurée des écoutes téléphoniques sur Internet menés par les Etats-Unis, les fuites vers la presse dans l’intérêt du public ne devraient pas être poursuivies. Pourtant Edward Snowden a été obligé de fuir son pays et il est actuellement réfugié en Russie.

Des politiques américains ont osé : « Il reste beaucoup à faire pour réduire la capacité de criminels comme Bradley Manning et Edward Snowden de nuire à la sécurité nationale ». Ce sont eux, Mike Rogers et Dutch Ruppersberger, qui couvrent un crime contre la démocratie, mettant l’intérêt de l’Etat au dessus des droits de l’homme. Un gouvernement  n’est que l’émanation des citoyens, ce qui veut dire que les citoyens doivent être au courant de tout ce que disent et font les gouvernants. Nous sommes citoyen du monde, il est bon de le rappeler à l’heure de la mort de Garry Davis le 24 juillet 2013 : notre pays, c’est le monde (My Country is the World). Les Etats et les armées nationales ne sont que des organisme parasitaires dont on doit se méfier et réclamer la transparence la plus totale. La tolérance au mensonge est antidémocratique, la transparence totale est une vertu publique absolument nécessaire. L’énorme mensonge de George W. Bush sur les armes de destruction massive en Irak a entraîné la mort de centaines de milliers de personnes, il est pourtant resté au pouvoir ; on a menti sur l’état de santé des chefs d’Etat comme Pompidou ou Mitterrand ; le programme nucléaire français a été lancé pendant l’agonie de Pompidou. Est-ce acceptable ? De notre point de vue, les citoyens doivent être considérés comme des personnes responsables à qui on peut et on doit tout dire. Nous ne pouvons pas construire un avenir durable (donc écolo) dans l’ombre des cabinets ministériels… Les lanceurs d’alerte, contre le secret d’État, contre le nucléaire, contre les OGM, contre les nanotechnologies, etc., renforcent la démocratie.

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6 réflexions sur “Manning, Assange, Snowden, oui à la transparence totale”

  1. Merci de preciser ce que la Monde a ecrit, je n’ai pas la version papier de ce cote-ci de l’océab.
    Dans ce que j’ai lu, la companie miniere affriem qu’elle a toujours eu cette opinion, et ce que vous citez du monde (« Range Resources a fini par se rétracter »), est peut-etre vrai, peut-etre pas. Cherchez ailleurs que sur le Monde et ses blogs.
    Je ne serais pas surpris outre-mesure si effectivement la companie avait d’abord cherche a faire taire les enfants. Mais ca n’est pas certain. Si c’est la cas je constate en tout cas que le « check-and-blance » US a bien fonctionne.
    « […] ne doit pas faire oublier l’essentiel de notre post d’origine  »
    C’est vrai, mais alors pourquoi en avoir parle?

  2. Une autre erreur: $750,000 est la somme accordee par la compagnie miniere aux parents. Ca n’est pas le montant d’une amende qui serait potentiellement a payer *si* les termes de l’accord etaient violes et *si* un tribunal imposait une amende. Bref, dans le commentaire du blog « Big Browser » sur l’affaire Hallowich, que vous reprenez essentiellement verbatim, ben de choses sont fausses: et le fait que les enfants soient baillones, et la nature de l’accord. Vous n’etes pas responsables des erreurs du blog « Big Browser », mais vous etes responsables de la verification de ce que vous reprenez comme argument, et ce d’autant plus que vous ralez a longueur de blog sur les approximations des medias et les a-peu-pres des « quotidiens de references ».

    Les tenants de la decroissance a n’importe quel prix n’ont vraiment pas le sens des details…

    1. merci Coq au vin de vos précisions.Grâce à vous les détails s’affinent…
      Encore faudrait-il que vous poursuiviez vos recherches. LE MONDE papier* est explicite sur l’affaire Hallowich : « Les enfants n’auront pas à tenir leur langue, contrairement à ce que spécifiait le compte rendu d’audience à huis clos, jusque là confidentiel… Devant le tollé provoqué par l’affaire, Range Resources a fini par se rétracter… »
      De tout façon, Coq au vin, le souci du détail ne doit pas faire oublier l’essentiel de notre post d’origine : « La démocratie dans un système complexe comme le nôtre repose sur la transparence totale de ceux qui agissent sur l’opinion publique… »
      * LE MONDE du 10 août 2013, Gaz de schiste : « Silence, on fore ! »

  3.  » Un gouvernement n’est que l’émanation des citoyens »
    Tout a fait d’accord et heureux de vous lire enfin mettre l’individuel au dessus du collectif, mais elle est pourtant longue la liste de ce que vous voulez vous-memes reguler et interdire, de la possession d’un vehicule individuel au droit d’avoir des enfants (vous vous souvenez de votre « permis de procreer »?).
    En ce qui concerne l’affaire Hallowich, pour un blog qui se veut etre l’observateur des medias, vous etes singulierement legers. Renseignez-vous mieux que part la simple lecture et repetition du blog « Big Browser ». Une recherche de deux minutes montre que Range Ressources ne considere pas que les enfants sont tenus par l’accord entre la compagnie miniere et les parents : « The kids can say whatever they want,” Pitzarella [le porte parole de Range Ressources] said. “We have no objection to it ».
    Tu ne porteras pas de faux temoignage…

  4. Le gaz de schiste contre la transparence
    En Pennsylvanie, deux enfants sont interdits de parler du gaz de schiste pour le reste de leur vie. Agés de 7 et 10 ans, ils feraient bien de tenir leur langue, sous peine de se voir infliger une amende de 750 000 dollars. Lorsqu’en 2011 la famille Hallowich, dont la ferme est adjacente à un site de forage de gaz de schiste, se plaint que Range Resources ruine à la fois sa ferme et la santé des enfants, l’avocat de l’entreprise propose un arrangement : le gag order, la clause du Bâillonnement. Il s’agit d’empêcher, moyennant finances, les parties civiles et leurs avocats d’évoquer l’affaire dans la presse et en public. Le premier amendement ne pouvant empêcher un média de publier et diffuser une information, le gag order est le seul moyen de bâillonner les participants d’un procès. Mais cette fois la décision implique des mineurs !*
    Les tenants de la croissance à n’importe quel prix n’ont vraiment pas le sens des limites…
    * http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2013/08/06/motus-aux-etats-unis-deux-enfants-interdits-de-parler-du-gaz-de-schiste/#xtor=RSS-32280322

  5. Le gaz de schiste contre la transparence
    En Pennsylvanie, deux enfants sont interdits de parler du gaz de schiste pour le reste de leur vie. Agés de 7 et 10 ans, ils feraient bien de tenir leur langue, sous peine de se voir infliger une amende de 750 000 dollars. Lorsqu’en 2011 la famille Hallowich, dont la ferme est adjacente à un site de forage de gaz de schiste, se plaint que Range Resources ruine à la fois sa ferme et la santé des enfants, l’avocat de l’entreprise propose un arrangement : le gag order, la clause du Bâillonnement. Il s’agit d’empêcher, moyennant finances, les parties civiles et leurs avocats d’évoquer l’affaire dans la presse et en public. Le premier amendement ne pouvant empêcher un média de publier et diffuser une information, le gag order est le seul moyen de bâillonner les participants d’un procès. Mais cette fois la décision implique des mineurs !*
    Les tenants de la croissance à n’importe quel prix n’ont vraiment pas le sens des limites…
    * http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2013/08/06/motus-aux-etats-unis-deux-enfants-interdits-de-parler-du-gaz-de-schiste/#xtor=RSS-32280322

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