Notre société s’est construite sur le mythe d’une eau abondante. On a créé des infrastructures pour assurer la continuité d’accès à l’eau – des canaux pour la transférer d’une région à l’autre, des canalisations souterraines pour permettre un accès continu aux services publics d’eau potable. Ces infrastructures sont souvent invisibilisées : tout a été fait pour que personne ne se soucie vraiment de la rareté de l’eau. Celle-ci est seulement considérée comme une ressource à prélever. Erreur fatale ! Aujourd’hui, la demande est tellement forte que 50 % de la population mondiale connaît des pénuries d’eau, au moins une partie de l’année.
Simon Porcher : Concentrés sur la gestion de l’offre, on cherche tout de suite des solutions techniques, comme la mise en place de barrages, de bassines pour stocker l’eau. Nous ne pensons ni aux solutions naturelles ni à la gestion de la demande en eau, sa diminution étant une des manières d’éviter la rareté. Il faut recréer des institutions qui ne soient pas axées sur la gestion de l’abondance, mais plutôt sur celle de la rareté. Il s’agit d’un sujet de société fondamental, qui pose la question du réchauffement climatique, de l’agriculture, de l’énergie, de l’aménagement du territoire, de la santé publique et même de la souveraineté économique, puisque 80 % des prélèvements en France se font pour des activités économiques.
La nécessaire sobriété impose de repenser nos usages pour distinguer l’essentiel du superflu. C’est plus difficile, car il faut se dire que tous les usages n’ont pas la même légitimité, et réaliser des arbitrages. Par exemple, l’usage de l’eau pour l’hygiène domestique, pour boire, pour cuisiner, n’a pas du tout la même valeur que pour remplir une piscine. Les tensions vont naître du fait que chaque activité va se déclarer prioritaire. Cela pose la question d’un prix de l’eau, qui soit différencié selon l’importance des usages.
Détour de production et sur-utilisation de l’eau
Détour de production mortel ! Avantage et inconvénient à la fois, les humains sont les seuls animaux capable de reculer pour mieux sauter. Ils passent en effet quelques heures à construire un seau au lieu de boire directement à la source, et ils accroissent ainsi leurs ressources. Ils peuvent aussi allonger ce détour de production en construisant une canalisation et ils obtiennent alors de l’eau à volonté. Un investissement en temps se transforme en capital technique, ce qui permet de capter de plus en plus d’eau. Cette facilité d’accès à l’eau qui coule à domicile ne peut qu’accroître la demande… et donc la pénurie à venir ! Notez aussi que les humains n’ont jamais pensé qu’en détournant l’eau de son cours naturel, ils mettaient en péril toute une faune et une flore qui vivait d’une ressource commune.
Le détour de production est devenu une fin en soi, le travail supplémentaire nécessaire à l’accumulation de capital technique devient beaucoup moins important que le travail détruit par les machines. Il s’instaure ainsi une société capitalistique (beaucoup de capital technique pour moins de travail) qui économise la main d’œuvre et rend le chômage incompressible.
Il ne s’agit pas d’inventer de toutes pièces une argumentation de type utopiste, il suffit d’inverser l’évolution de nos modes de production en raccourcissant le détour de production. Une tendance nouvelle dans les pays développés semble s’imposer qui voudrait permettre à l’individu de se reconquérir, serait-ce par le bricolage : à contre-courant du travail émietté, spécialisé et répétitif, on réapprend ainsi des gestes qui donnent l’impression de se métamorphoser en artisan et conduisent à la réalisation par soi-même d’un objet fini. On s’éloigne alors d’une logique industrielle pour se rapprocher d’une technique artisanale, base des solidarités rurales d’autrefois.
Le point de vue des écologistes sobres
– La guerre de l’eau a commencé, il n’y a qu’à voir l’énergie développée par l’agriculture intensive pour se l’accaparer (loi Duplomb 2).
– Continuer à déféquer et à uriner dans l’eau potable comme dans 99% des toilettes en France est une aberration.
A la campagne, les toilettes sèches me paraissent être une évidence ! En ville, il nous faut aussi récupérer le compost.
– La production française de maïs est exportée à 98% alors que c’est une plante très consommatrice d’eau. D’une certaine façon, vendre du maïs, c’est vendre de l’eau à l’export! Est-ce bien intelligent de faire ainsi ?
– Trop d’humains et ressources finies dans un espace fini. Simple à comprendre. Alors gégé qui remplit sa piscine parce qu’il a du pognon, n’aura qu’à boire ses billets quand il aura la gu.eule ouverte.
Malthus avait entrevu le problème mais les générations actuelles ont été formées avec la démonstration que Malthus s’était trompé.
La population humaine compte aujourd’hui 8 milliards d’individus. Le troupeau nécessaire à l’alimentation carnée de cette population compte 40 milliards de têtes qu’il faut nourrir. Plus de 80% des cultures se font pour alimenter le bétail.
IL N’Y A PAS DE DE SOCIÉTÉ HUMAINE VIABLE DANS UN ENVIRONNEMENT SACCAGÉ.

Et ce n’est certainement pas fini. L’été 2026 ne sera pas le seul, ni le dernier.
Records battus, explosés ! Autrefois, au bon vieux temps, quand il pleuvait en été, ON disait que c’était un temps, ou une journée, de merde. Aujourd’hui quand ON voit enfin la pluie, tout juste si ON ne fait pas la fête. Mais peut-être qu’ON y viendra, eh qui sait.
Bref, l’eau devient rare, mais… il y en a encore au robinet. Tellement que certains se permettent encore de remplir des piscines, laver des bagnoles, et autres usages du genre.
Sans pouvoir imaginer qu’un jour : Eh Chéri… y’a plus d’eau, au robinet !
Et pareil à la Pompe : Eh Chéri… y’en a plus !
Et pareil pour le reste : Eh Chéri… y’a plus de jus !
Eh Chérie… fais pas chier, mois non plus j’ai plus de jus.
– « Dans un entretien au « Monde », Simon Porcher, chercheur en sciences de gestion, explique que la gestion de l’eau devrait devenir une question centrale dans le débat public, […] Concentrés sur la gestion de l’offre, on cherche tout de suite des solutions techniques, comme la mise en place de barrages, de bassines pour stocker l’eau. [etc.] »
(Sécheresse : « Notre société s’est construite sur le mythe d’une eau abondante » – Le Monde)
Si encore c’était là le seul mythe. Sauf que des mythes (des croyances) de ce genre, ce n’est pas ça qui manque. Simon Porcher est un spécialiste dans un domaine qui s’applique à tout, et n’importe quoi, la Gestion. Je gère mon temps, ma vie, mon argent, ma femme, mon chien, mon stress etc.
Je gère, donc je suis ! Alors, comme n’importe quoi, il faut donc gérer l’eau.
Et tant qu’à bien faire… bien la gérer. (à suivre)
(suite) Et ça veut dire quoi, « bien gérer » ? Eh bien, tout simplement, ça veut dire s’appliquer à rester dans le cadre d’un autre de ces mythes (sur lesquels notre société s’est construite), à savoir cette fumeuse Loi de l’Offre et de la Demande.
Et là, notons que c’est sur l’Offre qu’ON doit se con centrer. D’où la Gestion de l’Offre.
Et non pas celle de la Demande, nuance !
Et alors, qu’est-ce que ça veut dire ?
Eh ben, tout connement, que c’est l’Offre qui prime.
Quand je pense que jusque là tout ça était pour moi une énigme… la Poule et l’œuf…
Ouf ! Me voilà enfin bien éclairé. 🙂 (à suivre)
(et fin)
– « Celle-ci est considérée comme une ressource à prélever. Concentrés sur la gestion de l’offre, on cherche des solutions techniques, comme la mise en place de barrages, de bassines pour stocker l’eau. Nous ne pensons pas à la gestion de la demande, sa diminution étant une des manières d’éviter la rareté. »
(Simon Porcher)
Une ressource… à prélever ! Approchez approchez, servez-vous, profitez-en, il y en a pour tout le monde. Et autant que vous en voulez. Allez allez, consommez, ne vous en privez pas, parce que vous le valez bien !
Voilà donc à quoi se résume l’Offre.
Et qui c’est qui la gère cette Offre, si généreuse, hein ?
Eh ben c’est Vinci, Véolia et Compagnie.
– « L’eau est un élément essentiel à toute vie sur Terre, elle-même composée à 70 % d’eau. C’est de ce bien commun que dépend notre survie quotidienne : 3 jours sans eau et nous sommes mort·es. C’est aujourd’hui le défi numéro un de l’humanité. [etc.] »
(L’eau, notre bien commun – melenchon2027.fr/livrets-2022/eau-bien-commun/)
– « Sous des dehors bénins […] l’eau adore agresser. Elle n’y peut rien, c’est sa nature. Les minéraux des roches sont ses premières victimes. […] les réseaux d’eau et d’assainissement en sont les secondes. Surtout quand ces réseaux datent dans leur grande majorité, des Trente Glorieuses. Et que l’on n’a pas assez investi dans leur entretien et leur renouvellement. Une conséquence de ce sous-investissement, c’est le gaspillage qui augmente. On l’a vu : près d’1 litre sur 5 se perd aujourd’hui dans les réseaux. Ce gaspillage est un non-sens économique et écologique. »
(Discours d’Edouard Philippe aux Assises de l’eau – info.gouv.fr 29 août 2018)
– « Récupérer 1.000 milliards de litres »: Gabriel Attal promet un plan « massif » sur l’eau s’il est élu président (bfmtv.com)
– Présidentielle 2027. Raphaël Glucksmann présente son plan contre les incendies, Gabriel Attal appelle à économiser l’eau (france3-regions.franceinfo.fr)
Côté Retailleau je n’ai rien trouvé. Côté MLP non plus.
– Après les canicules et les incendies, le RN rattrapé par son absence de réflexion écologique (lemonde.fr 21 août 2026)
ON ne va donc pas s’étonner que ces gens-là n’aient aucune idée pour économiser l’eau, boucher les tuyaux qui fuitent et j’en passe. Et pour le reste n’en parlons pas.
J’espère qu’ON n’a pas déjà oublié Sainte-Soline… ni la seule chose que voyait là notre miss «mains propres et tête haute».
– Sainte-Soline: Le Pen dénonce la «complaisance» envers les «milices d’extrême gauche» (arabnews.fr 27 mars 2023)
Son vieux borgne de père, qui ne perdait jamais une occasion de lui tirer dans les pattes, avait alors une toute autre vision. L’âge, et le fait qu’il n’ait qu’un œil… probablement.
– Sainte-Soline: Jean-Marie Le Pen se dit «plutôt du côté des manifestants» (Le Figaro 30 mars 2023)
– « un bassin jamais vidé, même partiellement – en particulier en adoptant l’hivernage actif -, ne consomme que 7 m3 d’eau par an. Avec un parc estimé à environ 3 507 000 piscines à fin 2023, cette utilisation ne représente que 0,06 % de la consommation d’eau nationale (hors premier remplissage : 0,02 % pour les nouvelles piscines en 2023), soit environ 20,8 millions de m3 d’eau sur l’année. Un chiffre qui reste très loin des 1 milliard de m3 d’eau gaspillée dans les fuites d’un réseau d’eau potable français vieillissant. »
(Le niveau des 3,5 millions de piscines familiales dépassé en France : moins de 0,06% de la consommation d’eau nationale – propiscines.fr 11 avril 2024)
Finalement, moi aussi je vais m’offrir une piscine. Et une belle SVP ! Comme ON en voit à la Télé dans ces émissions qui font rêver (Piscines & Lagons).
Ben oui, moins de 0,06% de la conso nationale c’est peanuts ! Alors pourquoi se priver ? Et quand Attal et Philippe auront bouché tous les trous et récupéré ces foutus 1 milliard de m3 d’eau gaspillée, j’espère qu’ils auront la bonté de nous offrir une belle Prime Piscine.