Les députés Verts allemands au Parlement européen ont choisi d’envoyer un signal hostile au libre-échange. Huit de ses douze eurodéputés, ont voté en faveur d’un renvoi de l’accord avec le Mercosur devant la Cour de justice de l’Union européenne. Tollé général. C’est anormal.
– Winfried Kretschmann, élu écologiste qui préside le Bade-Wurtemberg (Autoland) depuis quinze ans : « L’accord allait « protéger notre industrie, nos PME et de nombreux emplois dans le Land ». Il a toujours défendu l’industrie automobile et les accords de libre-échange dont elle dépend.
– Franziska Brantner, la coprésidente des Verts, a qualifié le vote de ses collègues européens d’« erreur ».
Le commentaire de Michel Sourrouille
Le libre-échange a été imposé par les puissance dominantes, à l’origine par la Grande-Bretagne au XIXe siècle. C’est un facteur important des inégalités de développement entre pays. En tant qu’écologistes, nous devons promouvoir des productions locales pour des marchés de proximité. Enfin il est économiquement ridicule de vendre des voitures à l’étranger alors qu’on importe des voitures fabriquées à l’étranger : pur gaspillage d’énergie. Il n’y a donc pas d’autre choix que l’abandon du Mercosur.
Le commentaire de Ricardo Uztarroz
Ils ont voté comme l’extrême-droite. Et alors, où est le problème. Ils ont voté contre le Mercosur. A tort ou à raison, la question est là. Des élus écolos qui défendent l’industrie automobile, ça laisse un peu perplexe, en outre favorables à qu’on produise de la viande en Argentine pour qu’on la mange en Allemagne, là ça laisse pantois. Volkswagen est implanté au Brésil depuis les années 50. C’est le plus gros producteur de bagnoles du Mercosur. Renault est en Argentine et au Brésil, Peugeot au Brésil, Fiat au Brésil. Donc ces marques n’exportent vers le Mercosur puisqu’elles produisent sur place.
Protectionnisme contre l’absurde Mercosur
extraits : Un jour déjà lointain, Ernst Friedrich Schumacher (Small Is Beautiful) vit un camion à l’effigie d’une marque de biscuits écossais entrer dans Londres ; peu après il apprit qu’une entreprise fabriquant des biscuits à Londres acheminait sa production jusqu’en Écosse. Cette découverte le troubla profondément. En tant qu’économiste, il ne parvenait pas à comprendre pourquoi des être compétents se voyaient contraints de conduire un camion d’un bout à l’autre des îles britanniques dans le seul but de transporter des biscuits. N’était-ce pas absurde ? Le coût humain et environnemental d’une telle manœuvre n’avait donc alerter personne ?….
Notre article le plus ancien sur la question (06.11.2005)
Soyez apôtre du protectionnisme !
Dans « Système national d’économie politique » paru en 1841, Frédéric List (naît dans le Wurtemberg actuel) pensait que les libéraux se trompaient en croyant qu’il existait des lois générales de l’économie en tout temps et en tout lieu. Pour lui, l’évolution économique de chaque pays dépend de son évolution politique et culturelle. Aussi, on ne pouvait présenter le libre-échange comme modèle incontestable à une Allemagne ravagée par les guerres napoléoniennes et politiquement éclatée. Par contre la protection des industries naissantes permettrait l’émergence d’industries hautement compétitives et ce n’est qu’à condition de rattraper le niveau de la Grande-Bretagne que l’Allemagne pourrait ouvrir les frontières car on échangerait alors à armes égales. Il s’agit là d’un « protectionnisme éducateur » et en conséquence, F. List n’est qu’un libre-échangiste différé : son idéal d’avenir reste l’industrialisation, c’est-à-dire tout ce qui détruit les ressources de la planète.
Pour enrayer ce flot de destructions, la Biosphère souhaite que les humains s’arrêtent de faire du libre-échange généralisé de biens matériels, de services financiers ou de travailleurs migrants, mais attacher au contraire les communautés à leur cadre territorial d’appartenance pour qu’elles en vivent de la façon la plus autonome possible. En agriculture, il s’agit de promouvoir la souveraineté alimentaire.

Un jour déjà lointain, je vis un camion à l’effigie d’une marque de biscuits écossais entrer dans Londres ; peu après il apprit qu’une entreprise fabriquant des biscuits à Londres acheminait sa production jusqu’en Écosse. Cette découverte le troubla profondément. En tant qu’économiste, il ne parvenait pas à comprendre pourquoi des être compétents se voyaient contraints de conduire un camion d’un bout à l’autre des îles britanniques dans le seul but de transporter des biscuits. N’était-ce pas absurde ? Le coût humain et environnemental d’une tel manœuvre n’avait donc alerté personne ?….(Ernst Schumacher, Small Is Beautiful)
C’est comme ce camion plein de tomates, venant de Hollande et qui allait en Espagne…
Et qui a percuté un autre camion, lui aussi plein de tomates.
Celui-là venait d’Espagne et allait en Hollande.
Alors je ne sais pas si cette histoire est vraie ou si c’est une blague… mais c’est tous les jours que des camions de marchandises identiques se croisent sur les routes. Et quand ce n’est pas des tomates c’est des patates, du poulet, des biscuits ou autre chose.
Pas plus absurde que ces Espagnols qui vont faire du tourisme en Hollande, et ces Hollandais qui vont en faire en Espagne.
Les voyages forment la jeunesse, à ce qu’ON dit.
Et aller travailler à l’autre bout de son Europe… c’est pas plus malin.
Oui mais, c’est justement ça qu’ON appelle la libre circulation. La liberté quoi.
Et la liberté de circuler et d’échanger c’est sacré.
C’est pour ça qu’ON se doit de défendre l’échangisme.
– « Le libre-échange est un principe visant à favoriser le développement du commerce international en supprimant les barrières nationales tarifaires et non tarifaires susceptibles de restreindre l’importation des biens et des services. […] Le XVIe siècle et le XVIIe siècle furent l’âge d’or du mercantilisme, doctrine à laquelle s’opposèrent les tenants du libre-échange. […] Le libre-échange progressa dans la pensée économique durant la deuxième moitié du siècle: [etc.] » (Wikipédia)
Le libre-échange s’oppose donc au protectionnisme. Choisis ton camp camarade !
Smith, Ricardo, Marx, Malthus, Say etc. sont les grandes figures de la pensée économique, dite école classique. Toujours d’actualité. Aujourd’hui le libre-échange semble tellement évident, et la pensée économique est telle sclérosée… que le libre-échange est devenu quelque chose de sacré.
Peut-être encore plus que la Croissance et le Capitalisme. (à suivre)
(suite) Aujourd’hui, la seule chose qu’ON soit capable de penser (si ON peut dire) c’est un libre-échange vert, durable et autres foutaises du genre.
Exactement comme avec le reste. (capitalisme vert, croissante verte, durable etc.)
Parmi nos grandes figures, Adam Smith est considéré comme le père fondateur du libre-échange. Karl Marx a vivement critiqué le libre-échange, le considérant comme un outil destructeur, au service du capital. De son côté Thomas Malthus, bien que libéral, a également critiqué le libre-échange, et défendait même un protectionnisme absolu.
(à suivre)
(et fin) Pour autant ces deux là n’étaient pas sur la même longueur d’onde.
– « Pour nous résumer : dans l’état actuel de la société, qu’est-ce donc que le libre-échange ? C’est la liberté du capital. […] Tant que vous laissez subsister le rapport du travail salarié au capital, l’échange des marchandises entre elles aura beau se faire dans les conditions les plus favorables, il y aura toujours une classe qui exploitera, et une classe qui sera exploitée. […]
Ne croyez pas, messieurs, qu’en faisant la critique de la liberté commerciale nous ayons l’intention de défendre le système protectionniste. On se dit ennemi du régime constitutionnel, on ne se dit pas pour cela ami de l’ancien régime. […] C’est seulement dans ce sens révolutionnaire, Messieurs, que je vote en faveur du libre-échange. »
( Marx : « Discours sur la question du libre-échange » janvier 1848 ) – marxists.org
Le premier article de notre blog « biosphere » a été posté le 13 janvier 2005, il propose chaque jour un « point de vue des écologistes ». Hébergé par le serveur ouvaton.org, c’est un Journal indépendant sur l’actualité, nous ne sommes alignés sur aucune chapelle.
https://biosphere.ouvaton.org/blog/
Ce blog est directement relié à un site, on peut aller de l’un à l’autre rapidement.
https://biosphere.ouvaton.org/
Notre site « biosphere » est relativement statique, les contenus y sont organisés par pages pour la plupart anciennes. Mais c’est un « réseau de documentation des écologistes » qui fournit à peu près toute la culture que devrait avoir un écologiste militant. Nous avons une volonté de formation des citoyens. Nous ne sommes pas un réseau social qui met en contact n’importe qui pour n’importe quoi grâce à Facebook, TikTok, Twitter (X)…
Prière par vos commentaires de faire en sorte d’améliorer l’intelligence collective, merci.
bonjour,
je suis très surpris qu’aucun média ne fasse un résumé de ce que sont ces accords du Mercosur
Les gens sont contre sans savoir ce que c’est, d’abord le mot Mercosur n’est pas joli ensuite comment ne pas être contre un accord qui nuit aux intérêts de nos agriculteurs et de la qualité de notre alimentation ?
comme quasiment tous je ne sais pas ce qui se cache derrière ces accords, du coup je n’ai pas d’opinion laissant les gens compétents décider
c’est un peu comme tout aujourd’hui : on clame haut et fort des opinions sans avoir ni les compétences ni les informations nécessaires pour les valider (ceci ne s’adresse pas à l’auteur de cet article)
par ailleurs je suis contre le protectionnisme qui comme le nationalisme a tendance à monter les groupes de personnes (les personnes d’une Nation) les uns contre les autres, cela fait partie des ciments qui créent les conflits et les guerres
@ Rémi
Décembre 2024, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, signe l’accord de libre-échange entre l’Union européenne (UE) et le Marché commun du Sud (Mercosur) – composé de l’Argentine, du Paraguay, du Brésil, de l’Uruguay et de la Bolivie.
Emmanuel Macron juge que le texte est inacceptable tant qu’il n’intègre pas l’accord de Paris sur le climat, l’instauration de mesures miroirs, l’obligation faite aux pays du Mercosur de ne pas pratiquer de déforestation, celle d’une réciprocité dans l’accès aux marchés publics, la protection des filières agricoles…
C’est sur notre blog, il suffit d’aller sur notre moteur de recherche… Qui cherche trouve !
Mon cher Rémi, Biosphère a raison… Qui cherche trouve !
Sur Biosphère ou ailleurs, vous trouverez facilement toutes les réponses à vos questions. Oh bien sûr, peut-être pas à toutes. Mais au sujet du Mercosur, et de ce qui se cache derrière, là quand même… ne dites pas que nous manquons d’informations.
Alors bien sûr, tout ça (ce travail de recherche) nécessite un certain temps, et surtout quelques efforts (de réflexion). Je comprends donc très bien que vous aimeriez qu’ON vous mâche le boulot. De combien de lignes vous le voulez, le résumé ?
Si ça peut vous peut vous aider, ON peut même vous dire pour qui voter.
Rappelons que le Mercosur (Marché commun du Sud) ne date pas d’aujourd’hui.
– « Il est créé le 26 mars 1991 par le traité d’Asunción [etc. etc.] » (Wikipédia : Mercosur)
Que ce soit en Amérique du Sud (Mercosur), en Europe (Marché Commun) ou ailleurs, le but de ce genre d’accords (ou de traités), dits de libre-échange…. est d’assurer la LIBRE CIRCULATION des marchandises, des biens et des services, et accessoirement des personnes.
Autrement dit, Business as usual !
Quant à l’Accord de libre-échange entre le Mercosur et l’Union européenne (voir Wikipédia) il date de 2019. Ou plutôt du 15 décembre… 1995. Voire de bien plus loin encore. Comme le fait remarquer Ricardo Uztarroz , Volkswagen est implanté au Brésil depuis les années 50 (1953).
Là encore, Business as usual ! (à suivre)
(suite) Aujourd’hui cet accord fait donc l’objet de… désaccords.
Et donc de divisions, et même de déchirements. Vive les Dé ! 😉
Et ce même au sein de cette grande famille tuyau de poêle qui regroupe de prétendus écolos de toutes formes et de toutes les couleurs. Même si les Verts allemands ne sont pas nécessairement les plus ridicules, ils en tiennent une bonne couche.
– Les Verts allemands se déchirent sur le Mercosur (Le MONDE 28 janvier 2026)
– « L’accord commercial avec les pays du Mercosur doit permettre à l’UE d’exporter davantage de voitures, machines, vins et spiritueux vers l’Amérique latine tout en facilitant l’entrée en Europe de viande bovine, volailles, sucre, riz, miel et soja sud-américains. » (Mercosur : les députés Verts allemands proposent de voter pour une ratification rapide – le Figaro 24 janvier 2026)
Davantage … toujours plus !
De Business, de Pognon, d’Exploitation, de Consommation, de Pollution etc. etc.
(à suivre)
(et fin) Et chez les Verts allemands ON trouve donc de tout. Et n’importe quoi. Certains raffolent des bagnoles, d’autres du pinard, d’autres des bonnes grosses côtes de bœuf, au barbecue, etc. etc.
Oui mais attention ! De bagnoles, de pinard, de bœuf etc. etc. DURABLES SVP !!!!
– « Au-delà des marchandises, le texte intègre un chapitre contraignant sur le commerce et le développement durable. Il prévoit des engagements en matière de pêche, de gestion durable des forêts, et réaffirme la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Un mécanisme de règlement des différends permet de sanctionner tout manquement, avec un contrôle externe par des experts indépendants et [patati et patata !!!] » (Mercosur : un géant sud-américain aux portes de l’Europe –
lafinancepourtous.com/2026/01/19)
Foutaises à tous points de vue !