Malthus a été un penseur de la finitude : on ne peut croître indéfiniment dans un monde aux ressources limitées. Le dépassement actuel des limites de la planète par l’activisme et le nombre des humains font en sorte que Malthus redevient d’actualité.
Comme on devrait tous et toutes le savoir à l’entrée dans sa vie d’adulte, Malthus est un grand précurseur de l’écologie.
Voici quelques précisions données au cours d’un débat
Marc: « la recommandation par Malthus de restriction volontaire des naissances par la « contrainte morale » me semble dangereuse. »
Michel : je ne sais pas à quoi tu fais référence. La contrainte morale pour Malthus est ce qui se pratiquait à son époque par les gens responsables, l’absence de relations sexuelles avant le mariage, un retard de l’âge au mariage, etc… En quoi est-ce dangereux ? Quelles sont tes sources d’information sur Malthus ?
Marc : « sa préconisation de supprimer toute les aides aux populations pauvres (semble dangereuse) »
Michel : Malthus a une position qui est toujours mesurée. Il indique explicitement qu’une aide conjoncturelle est toujours possible quand cela est nécessaire. Mais quand l’aide devient structurelle, cela incite à ne pas être responsable du nombre d’enfants que l’on fait ; le surnombre fait baisser les salaires, l’emploi devient rare et la pauvreté s’accroît. En termes contemporains, cela pose la question des allocations familiales : doivent-elles aller aux familles nombreuses ou permettre de responsabiliser les couples ?
Puisqu’il faut considérer aujourd’hui que les citoyens doivent devenir responsables de leurs propres décision, ici en matière de fécondité, l’État devrait rester neutre par rapport aux choix de chacun. La suppression totale des allocations familiales est donc logique.
Marc : « L’analyse des rapports sociaux et de production était encore très sommaire chez Malthus. »
Michel : Malthus a été beaucoup plus perspicace que Marx quant aux rapports sociaux de production. Pour Marx, on se situe uniquement dans la sphère économique, les rapports entre capitalistes et prolétaires. Il raisonne hors sol, considérant que les ressources de la planète sont illimitées. Il suffit que la révolution soit victorieuse (la dictature du prolétariat) et le principe « à chacun selon ses besoins » est alors appliqué ; peu importe le nombre d’humains. Malthus par contre est réaliste, pour lui il faut toujours mettre en relation le nombre d’humains et la capacité de vivre bien par rapport au ressources, à son époque les ressources alimentaires. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui la capacité de charge. En termes actuels, quand des populations surnuméraires se retrouvent entassées et sans emploi dans des banlieues, les relations socio-économiques se dégradent automatiquement.
Jean-Loup : « Malthus fait une petite erreur mathématique. En effet, il avait constaté que l’augmentation de la population était exponentielle : vrai. Et que les ressources agricoles augmentaient linéairement. En théorie, il n’y a qu’une seule chose qui empêche les surfaces agricoles de croire exponentiellement comme la population : c’est la finitude de la planète ! Au fond, cette finitude se faisait déjà sentir à son époque : les terres cultivables (à proximité des populations) étaient déjà en grande partie cultivées. »
Michel : Malthus s’appuie pour les ressources alimentaires sur la loi des rendements décroissants en agriculture. A surface donnée, les rendements décroissent même si on augmente les intrants (nombre de travailleurs, engrais, etc.)
Malthus : « L’homme est assujetti à une place limitée. Lorsqu’un arpent a été ajouté à un autre arpent, jusqu’à ce qu’enfin toute la terre fertile soit occupée, l’accroissement de nourriture dépend de l’amélioration des terres déjà mises en valeur. Cette amélioration, par la nature de toute espèce de sol, ne peut faire des progrès toujours croissants…. »
Pour l’agro-industrie, c’est pire. Il faut faire le calcul intégral des rendements, c’est-à-dire comparer le nombre de quintaux à l’hectare transformés en calories, comparé au nombre de calories d’énergie (tracteurs, engrais, irrigation…) nécessaire à cette production. Les rendements chutent !
Marc : « Nous pouvons nous référer à Malthus quand cela est justifié, mais sans nous déclarer pour autant malthusiens ou même néomalthusiens. »
Michel : Ce qui précède montre qu’on ne peut être que malthusien quand on a étudié et compris Malthus. Le mouvement communiste a pris de l’ampleur car il s’est appuyé sur la manifeste du parti communiste de Marx qui faisait miroiter la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme. L’autolimitation de la fécondité se généralisera quand tout le monde aura compris le message malthusien. Mais c’est un message de responsabilisation des personnes, donc on ne peut pas suivre la voie de la facilité.
Les néomalthusiens sont aussi normalement une référence pour l’association « Démographie Responsable ». Avec Paul Robin (1837-1912) par exemple, on va plus loin que la « contrainte morale » de Malthus ; on fait la promotion du planning familial, on s’appuie sur la liberté de contraception et d’avortement, la libération de la femme, etc.
NB : Un livre sur la question démographique vient d’être publié fin janvier.
« MALTHUS, penseur de la finitude (démographie et responsabilité) »

Actuellement nous sommes bien loin de la simplicité de Malthus au début du XIXe sicle, on ne devrait faire des enfants que si on est capable durablement de les nourrir. Mais aujourd’hui avec Macron on parle de réarmement démographique alors que la France est passé de 19 millions en 1800 à presque 67 millions en France hexagonale. On ne peut pas dire non plus qu’on manque de bras quand il y a en 2025 plus de 3,3 millions de chômeurs sans aucun emploi.
Pire, la dernière mode est de lutter contre l’infertilité et de congeler les gamète au cas où ! Le lobby des spécialistes de l’insémination artificielle a encore frappé !!
C’est sûr qu’au début du XIXe siècle il ne serait venu à personne l’idée de congeler des gamètes au cas où. Ni de se faire refaire le nez ou les nichons pour suivre la mode, ni d’aller voir un psy pour soigner une petite déprime, et un coach pour être plus performant… et combien de choses comme ça. Du temps de Malthus, et même de Marx, les choses étaient en effet bien plus simples.
Malthus s’est acharné à vouloir démonter que la pauvreté était une maladie sexuellement transmissible. Et Marx, de son côté, que le Capital (l’accumulation illimitée de richesses) était la pire maladie de l’humanité. Partant de là il faut voir lequel des deux était le plus perspicace.
Pour moi ça se discute… ON appelle ça un « débat ».
– LA PAUVRETÉ EST UNE MALADIE SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLE
(YouTube 4min27)
Un conseil… pour en guérir faites comme moi… devenez trader.
Vous vivrez alors dans le luxe, et vous ne serez plus qu’un pauvre con.
Malthus et Marx ont tous les deux raisons en théorie, sauf que la pratique leur a donné historiquement tort. Le nombre d’humains a explosé, passant de 1 milliard en 1800 à 8 milliards en 2022. Et le capitalisme des premières manufactures a envahi la planète, y compris dans les pays qui se disent communistes.
Plutôt qu’un vain affrontement Malthus/Marx qui fait rigoler la caste au pouvoir, les militants politiques devraient se serrer la main et lutter côte à côte à la fois contre le capitalisme prédateur et la volonté de mettre au monde toujours plus de surnuméraires.
Non je ne crois pas que Marx ait eu raison en théorie, tous les régimes qui se sont inspirés de ses doctrines ont conduit à des dictatures. Quant à la fin du capitalisme, c’est une vaste blague. Marx c’est un peu comme Sartre, ils sont supposés être des intellectuels et ils se trompent tout le temps.
Que vous ne puissiez pas voir Marx en peinture, je vous l’accorde. Des goûts et des couleurs ON ne discute pas. Mais arrêtez donc avec cet «argument» selon lequel tous ceux qui s’y sont essayé ont fini en dictatures.
Laissons Sartre de côté et revenons à Malthus, qui ne croyait pas que la Terre puisse un jour porter 8 milliards d’humains. Le moins qu’ON puisse dire c’est qu’il s’est bel et bien trompé. De son côté Marx a prédit que le Capitalisme allait s’effondrer. Seulement il n’a pas donné de date.
Alors lequel des deux était le plus perspicace ?
Pour moi ça se discute… 🙂