Giuliano da Empoli est un repenti de la tech : au début des années 2000, il croit que le numérique va changer la vie démocratique et balayer le vieux monde hiérarchique. En 2012, il prend la mesure de la puissance des big data qui se niche derrière le populisme autoritaire de Donald Trump, de Jair Bolsanaro ou de Matteo Salvini. La clé du pouvoir, ce n’est pas l’organisation politique, mais l’organisation technique et ses infrastructures : les chemins de fer, le téléphone, la télévision, aujourd’hui Internet. Aujourd’hui, dans la sphère numérique, une campagne de désinformation ne coûte rien, alors que s’en défendre est quasiment impossible. Alors la réalité peut devenir fictive, et donc absurde.
Giuliano da Empoli : Nous assistons au retour sur la scène de figures de prédateurs politiques sans scrupules qui s’affranchissent de toute règle et affirment leur emprise par des actions brutales qui sidèrent leurs adversaires : ils ressemblent beaucoup aux personnages que l’on trouve dans les chroniques de [l’historien romain] Tacite ou du penseur italien Machiavel. Mais, d’un autre côté, ces figures bénéficient du soutien de la machine surpuissante des seigneurs de la tech. Ces oligarques ne tolèrent aucune forme d’autorité ou de loi car elles mettraient un frein à leur désir de puissance. Les projets de recherche sur l’intelligence artificielle (IA) ont un potentiel de transformation comparable à l’invention de la bombe atomique, sauf qu’ils se déroulent au sein d’entreprises privées contrôlées par Elon Musk, Mark Zuckerberg [Meta], Sam Altman [cofondateur et PDG d’OpenAI et cocréateur de ChatGPT] et les patrons de Google sans aucune forme de supervision publique. La formule des ingénieurs du chaos est toujours la même : la colère et la frustration de certaines catégories d’électeurs sont démultipliées par la machine algorithmique.
Les algorithmes renforcent les préjugés et l’intolérance. Les plateformes se présentent comme une vitrine transparente sur le monde, mais il s’agit de miroirs qui déforment la réalité ; c’est pourquoi les exemples les plus radicaux de wokisme – une polémique sur les toilettes non genrées sur un petit campus du Vermont – peuvent devenir le carburant d’une vague d’indignation sur les réseaux. Il s’agit d’effectuer trois opérations simples : identifier les sujets chauds qui divisent l’opinion publique ; pousser les positions les plus extrêmes et les faire s’affronter ; projeter l’affrontement sur l’ensemble du public afin de surchauffer l’atmosphère. Pour s’emparer de l’Etat moderne, il faut des équipes d’hommes armés soutenus par des ingénieurs. La ligne de conduite adoptée par Trump semble aller dans ce sens. Imaginer des futurs alternatifs demeurera toujours un acte de liberté.
Le point de vue des écologistes techno-méfiants
– Cet article fait penser à une invention qui s’est répandue dans les années 1920 : le micro (qi se diffuse dasn less années 1920) et le haut-parleur. Peut-on imaginer sans lui les rassemblements de Nuremberg et quelques autres performances télévisuelles d’Hitler ?
– Un seul orateur s’adresse à des milliers de personnes et la foule ne peut qu’applaudir, rire ou huer. La foule n’a plus que deux réponses possibles sans aucune nuance : j’aime ou je n’aime pas.
– La stratégie du chaos, c’est le programme 7 jours sur 7 de la sphère Bolloré avec CNews, Europe 1 et ses journalistes qui tapent constamment contre la Gauche, les immigrés, le wokisme et l’Islam !
– Le pape François a été le premier pape élu à l’ère du smartphone et de la généralisation dans le monde des impacts du numérique. Dès 2014, il participe à des tchats avec de jeunes croyants sur Google Hangouts ; en 2016, il ouvre coup sur coup un compte Instagram et une chaîne YouTube consacrée à la prière ; se prête, aussi, à des « selfies ». En 2019, François résume sa position sur le sujet : « La Toile]est une opportunité de promouvoir les rencontres avec les autres, mais peut aussi aggraver notre isolement, tout comme la toile d’une araignée peut nous piéger. » Il se dit préoccupé par les risques de cyberharcèlement, la captation des données personnelles, la désinformation, et note surtout que « les communautés sur les réseaux sociaux ne sont pas automatiquement de vraies communautés », au sens chrétien. Malgré ces mises en garde, François a affirmé à plusieurs reprises qu’Internet était « un don de Dieu ».
En savoir plus grâce à notre blog biosphere
Le smartphone nous pourrit la vie
extraits : Au risque de passer pour un dinosaure, j’ai, jusqu’à présent, réussi à me passer de smartphone et à mener une vie quasi normale. Mais j’ai perdu mon accès en ligne à mon compte bancaire car l’application sur smartphone est incontournable. Je reçois des injonctions d’autres institutions me réclamant mon numéro de smartphone pour faire des doubles vérifications de mon identité. cette vérification d’identité n’est possible qu’en passant par les GAFAM, détenteurs exclusifs et monopolistiques des technologies et données nécessaires, sans qu’il soit possible de contrôler ce qu’ils font de nos données personnelles….
L’intelligence artificielle = perte de temps
extraits : L’intelligence artificielle nous rendra encore plus idiots. Aujourd’hui déjà chaque homme ne peut avoir de place pour vivre que s’il est un technicien. On pourrait même dire que tous et toutes sont tellement passionnés par la technique, tellement assurés de sa supériorité, qu’ils sont tous orientés vers le progrès technique, qu’ils y travaillent tous, si bien que la technique progresse continuellement par suite de cet effort commun. En réalité la technique s’engendre elle-même ; lorsqu’une forme technique nouvelle apparaît, elle en conditionne plusieurs autres, la technique est devenue autonome. Il faut toujours l’homme, mais n’importe qui fera l’affaire pourvu qu’il soit dressé à ce jeu ! L’IA arrivera à ce résultat final, réfléchir à notre place, nous faire travailler à son service, nous concocter des loisirs toujours plus artificiels, multiplier les tendances néfastes de notre temps….
extraits : La technique n’est pas une solution, elle est le problème. Alfred Nobel avait rêvé de créer un explosif tellement dévastateur que la guerre devienne impossible, mais le XXe siècle a connu deux guerres mondiales. On a inventé l’arme nucléaire, bien plus destructeur que la dynamite, on l’a aussi utilisée. Il faut que l’humanité reconnaisse les limites de la technique et puisse privilégier des techniques douces contre les techniques dures, dures pour les hommes, dures pour la Nature.

Dans le trumpisme, on trouve des milliardaires athées, des opposants à la « gynocratie », des évangéliques, des pronatalistes… Ces groupes éclectiques ont le même objectif, mettre fin à la démocratie aux Etats-Unis. Une masse de ressentiments ne saurait constituer un programme politique, mais il y a les bailleurs de fonds, des milliardaires, qui ont décidé d’investir leur fortune dans la destruction de la démocratie. Il y a des « sergents », déployés sur le terrain qui amènent les fidèles à voter « selon les valeurs bibliques ». Elles ne sont pas celles du christianisme, il n’est pas question de l’amour de son prochain. Il s’agit d’interdire tous les avortements à partir du moment de la conception, de revenir sur le mariage homosexuel et d’autres enjeux sociétaux.
Si vous pouvez amener les gens à voter sur deux ou trois questions-clés, vous pouvez contrôler leur vote.
Quand des femmes ne veulent pas d’enfants alors dans ce cas elles doivent renoncer à des pensions de retraites ! Il faut assumer ses propres choix ! Pour rappel, ce sont les générations suivantes qui payent les retraites de leurs aînés ! Quand on cotise pour la retraite, on ne cotise pas pour sa propre retraite, mais on cotise pour la retraite des plus vieux que nous ! Or si vous ne voulez pas d’enfants, alors vous n’aurez pas de retraite puisqu’il n’y aura pas de cotisations à venir pour financer votre retraite, c’est aussi simple que ça à comprendre ! Si les femmes n’ont pas d’enfants alors elles devront travailler jusqu’à 80 ans ! Ben oui les cotisations ne tombent pas par l’opération du Saint Esprit ! Pas d’enfants alors pas de cotisations pour sa retraite !
Quand des femmes ou des hommes ne veulent pas arrêter de bosser comme des grand(e)s malades, acceptent qu’on leur mette la Pression alors qu’ielles feraient mieux de la boire… alors dans ce cas ielles doivent renoncer aux arrêts maladie (vacances) en cas d’accident ou de burn-out. Quand des femmes ou des hommes ne veulent pas arrêter de fumer… alors dans ce cas ielles doivent renoncer aux soins en cas de cancer du poumon. Et ainsi de suite. N’importe quoi bien sûr ! Misère misère !
Pour rappel, il y a mille façons de remplir les caisses de retraites. ( à suivre )
Pour rappel, selon la Cour des comptes le système atteindrait un déficit de près de 15 milliards d’euros en 2035, et 30 milliards en 2045. Pour mémoire, il y a quelques jours Musk à gagné 36 milliards de dollars en une seule journée. D’autre part, «Selon une enquête du Washington Post, ses entreprises Tesla et SpaceX profitent depuis vingt ans d’importantes commandes et de crédits d’impôt de la part des Etats locaux et du gouvernement fédéral. » (L’empire d’Elon Musk a bénéficié de 38 milliards de dollars de contrats et d’aides publiques – Le MONDE 26 février 2025).
Du côté de «chez nous» c’est pareil : « Près de 200 milliards d’euros. C’est le montant des aides publiques versées aux grandes entreprises privées sans aucune contrepartie. » (insoumission.fr/2024/04/05)
Seulement tout ça tu restes incapable de l’entendre. Et de le comprendre n’en parlons pas. Et encore s’il n’y avait que ça, misère misère !
Il n’y a pas de n’importe quoi qui tienne ! Pour le moment, et même depuis près d’un siècle, le système est ainsi, ce sont les générations suivantes qui cotisent pour leurs aînés ! Alors vous avez beau dire ce que vous voulez, le système existe tel que je le décris !
– « Pour le moment, et même depuis près d’un siècle, le système est ainsi »
Et alors … les temps changent, non ? Pendant des siècles ON marchait avec des sabots en bois… et aujourd’hui c’est fini. Et justement, ne serait-il pas temps d’en changer, de système ?
– « […] Or curieusement, alors que l’on pourrait s’attendre, ici, à un exercice d’ « histoire originale » au sens de Hegel […], il ne nous apprend rien sur le fait qu’ « au cours des trois dernières décennies, les responsables politiques des démocraties occidentales se sont comportés, face aux conquistadors de la tech, exactement comme les Aztèques du XVIe siècle » face aux troupes de Cortès. Sidérés, hésitants, ils ont cru, les amadouer à force de docilité, de bonne volonté, de soumission… l’analogie est brillante et le résultat connu. […] Entièrement absent du livre et sans doute disqualifié par son mauvais goût des « extrêmes », on ne saura pas si le « peuple » est susceptible d’agir sur ce contexte. […] Tout serait-il donc foutu ? Non, nous assure le « scribe aztèque », « la lutte continue ». D’accord, mais quelle lutte exactement ? »
( Pourquoi ça marche ? « L’heure des prédateurs », de Giuliano da Empoli
Cécile Guilbert 20/04/2025 – marianne.net )
Si je comprends bien… Cécile Guilbert ne nous fait pas de la pub pour ce bouquin.
Bien plus séduite par l’élégance de la forme que par le fond, qu’elle juge assez «léger»… elle reproche à Giuliano da Empoli de parler (et d’avoir écrit ce nouveau bouquin, un de plus) pour ne rien nous apprendre de nouveau. Bref, rien d’intéressant. Et finalement, je trouve ça plutôt amusant. Comme lui cette dame s’est fait un nom avec sa plume.
Dans ce monde, leur monde… littéraire, le monde des idées, celui des intellectuels et autres «intellectuels»… comme partout la Compétition est rude. Les prix (Goncourt, Médicis et autres), l’Audience, les podiums au Caca 40 du grand «marché des idées», les plateaux TV, les unes des grands journaux, etc. etc. tout ça je leur laisse volontiers. ( à suivre )
(suite) Comme les «seigneurs du bazar ambiant» (sic CG) qu’ils s’appliquent à critiquer (à moins qu’ils ne fassent seulement semblant), nos plumitifs ne pensent eux aussi qu’à la notoriété, la célébrité, voire la postérité. Seulement n’est pas Hegel, Nietzsche, Platon ou Flaubert qui veut.
ON a, dit-ON… les politiques (élus) qu’ON mérite. Passons sur le mérite…
Oui, et encore s’il n’y avait que ceux-là. C’est pareil des intellectuels, des artistes, des journaleux, des marchands de tout et n’importe quoi, de tous ces clowns (petits et grands «seigneurs du bazar ambiant») qui nous amusent et nous abusent à longueur de journée.
Pareil de la médiocrité (merde) qu’ils nous servent, vendent, imposent etc.
Pourquoi alors les algorithmes devraient-ils faire exception ?
A une époque qui semble désormais lointaine, aucun résultat « sponsorisé » n’apparaissait en tête de liste lors d’une recherche sur Google. Il ne manquait qu’un mot pour désigner ce processus apparemment inexorable de « pourrissement » des plateformes. Cory Doctorow en 2022 a l’idée d’un néologisme : « enshittification » en anglais, souvent traduit en français par « merdification » ou « emmerdification ». Les plateformes présentent la spécificité d’avoir à disposition, notamment grâce aux données de leurs utilisateurs, de nombreux outils permettant de mesurer les conséquences de la dégradation de leur service sur leurs marges. A leur naissance, les jeunes plateformes ont besoin d’attirer des utilisateurs et cherchent donc à se rendre particulièrement utiles à leurs yeux, quitte à proposer un service à perte. (à suivre)
(suite) Puis, elles cherchent à attirer des entreprises clientes (vendeurs, publicitaires ou médias) et orientent donc le fonctionnement de la plateforme en leur faveur, aux dépens des utilisateurs. Enfin, une fois la dépendance des uns et des autres à la plateforme acquise, divers mécanismes sont utilisés pour permettre de rediriger la valeur produite non plus vers les utilisateurs, mais vers la plateforme elle-même et ses actionnaires. Lorsque des entreprises détiennent de tels monopoles, elles deviennent remarquablement insensibles à tout mécanisme de responsabilisation. L’objectif des GAFAM est purement leur profit, avec un mépris complet pour le client, considéré comme un mouton a tondre. (à suivre)
(suite et fin) Il n’y aujourd’hui pas de secret mieux gardé que le fonctionnement des algorithmes de Google. Notre blog biosphere était il y a quelques années en première page du moteur de recherche google, il suffisait de taper « biosphere ». Maintenant les algorithmes ignorent le débat d’idées pour se centrer sur des réalisations marchandes. On trouve maintenant en première page pour « biosphere » : « Conseil stratégique », « le dôme créé pour l’Expo 67 », « Biosphère 2 un site expérimental »… et des définitions de « biosphere » par des dictionnaires. Notre site est quand même à la fin de la page 3 de la recherche.
On résiste, mais pour combien de temps encore !
– « Il n’y aujourd’hui pas de secret mieux gardé que le fonctionnement des algorithmes de Google » (Biosphère à 10:14)
Sur Google, en tapant «fonctionnement des algorithmes de Google», de suite il nous propose :
– Comprendre les Algorithmes de Google (orixa-media.com)
Cet article, ou plutôt cette pub, nous parle du crawl… de l’indexation, du classement et … des critères de positionnement. Chouette, c’est justement ça qui nous intéresse. Et là ON apprend que « L’algorithme Google va prendre en compte de très nombreux critères [???] afin de déterminer l’ordre des résultats de recherche. Cet algorithme est bien entendu tenu secret par Google. [bien entendu !] Personne ne connaît l’algorithme dans son intégralité [etc.] Néanmoins, à force de tests et d’analyses, les experts en référencement naturel ont pu déterminer des critères qui sont pris en compte par les algorithmes de Google. [et patati et patata] »
( à suivre)
(suite) Personnellement j’en ai rien à foot du crawl, des balises TITLE ou Hn, de leurs experts en référencement naturel, de leurs Google Panda, Penguin et patati et patata ! Je préfèrerais qu’ON me dise clairement sur quels critères ON juge la qualité et la richesse d’un contenu. Je n’ai pas fait l’expérience avec ChatGpt, mais je pense que je ne serais pas plus avancé. Misère misère !
Maintenant, comme il est écrit à la fin… si Biosphère pense avoir été impacté négativement par une récente mise à jour de l’algorithme Google … qu’il n’hésite surtout pas à prendre contact avec les experts SEO pour obtenir un devis personnalisé. 🙂