Voici un récapitulatif de nos articles sur l’objectivité du journalisme dans une société vouée à la croissance et aux faits divers.
COP26, avec quelle pratique journalistique ?
extraits : Dans son livre « la fabrique du mensonge », Stéphane Foucart pose le doigt où cela fait mal : « Le système médiatique peut-il cesser d’être le simple relais de l’ignorance construite à dessein par les industriels ? Le plus important des rouages journalistiques à fabriquer de l’ignorance n’est pas le mal-journalisme mais bien plutôt la volonté de neutralité. Il faut confronter les opinions. Voici quelques interrogations sur la « neutralité» des journalistes….
Les journalistes et l’écologie vendue au capitalisme
extraits : L’idée selon laquelle l’accumulation illimitée du capital sur une planète aux ressources naturelles limitées est un principe non seulement amoral mais irrationnel. Pourtant l’immense majorité des journalistes amenés à traiter d’environnement adhère à la doxa du « capitalisme vert ». Il s’agit d’une logique de censures invisibles. L’écriture journalistique suppose de raconter des histoires afin d’intéresser un public le plus large et diversifié possible. En matière d’environnement, ce cadrage se traduit par des articles qui parlent des conséquences des prédations environnementales. Nos analyses sur le traitement médiatique des enjeux climatiques en France ont ainsi montré que plus les journalistes parlent du problème climatique, plus ils parlent de ses conséquences au détriment de ses causes et solutions…
L’impuissance actuelle du journalisme environnemental
extraits : L’association JNE avait organisé un petit déjeuner de presse à Paris le 18 mars. Le thème était essentiel : « Les journalistes d’environnement face à l’expertise scientifique : qui croire ? » Les deux intervenants étaient de poids. D’un côté Stéphane Foucart, journaliste scientifique au MONDE, qui publie ce mois-ci « La fabrique du mensonge ». De l’autre côté Guillaume Malaurie, journaliste au Nouvel Observateur, qui a couvert dans ce cadre l’affaire Séralini. Vers la fin du débat, la question suivante a été posée à Stéphane et Guillaume : « Quand on compare les surfaces médiatiques des médias, il apparaît que les intérêts commerciaux, soutenus par l’expertise « scientifique », domine le journalisme d’investigation et les préoccupations environnementales. Quelle est la place qu’on vous donne dans vos journaux respectifs, est-ce satisfaisant ? » Stéphane Foucart a été sincère dans ses différentes approches de la question. La couverture médiatique est faussée. Il prend le cas du déclin mondial des pollinisateurs sauvages. Son article sur la question ne faisait qu’une fraction de page, il aurait du être l’élément essentiel de l’actualité ce jour-là….
L’effet de loupe, le fait qui fait diversion
extraits : Les médias nous défrisent, les réseaux sociaux encore plus, ils cultivent ce qu’on appelle en sociologie l’effet de loupe : montrer une réalité qui existe, certes, mais qui est tellement minoritaire qu’elle ne nécessite même pas une brève. Normalement le journalisme, c’est l’art de trier entre l’anecdotique et l’essentiel, sinon les pages d’un média se remplissent de vide. Mais à force d’être diffusés en boucle sur les réseaux de communication, un micro-évènement sature l’espace public et devient la dernière question à la mode dont il faut causer. Le problème, c’est que cela nous détourne de l’essentiel, nous rentrons dans le domaine du commérage et en oublions de réfléchir….
La dictature des faits divers, un désastre
extraits : L’aliénation médiatique consiste à occulter les questions essentielles de l’existence sociale au profit de préoccupations infantilisantes, d’anecdotes futiles, de faits divers dérisoires. C’était le cas d’une presse « à scandales », cela devient le lot commun des journaux dits de références. Un journaliste se doit de trier les évènements et ne garder que ceux qui ont de l’importance. Le fait de vouloir correspondre au penchant malsain des gens pour les faits croustillants devient un obstacle supplémentaire à la formation d’une intelligence collective….
