Nicolas Hulot a démissionné, pas Monique Barbut

Monique Barbut, ministre de la transition écologique, a présenté sa démission avant le conseil des ministres ce mercredi 22 juillet 2026. Mais le chef de l’Etat « ne l’a pas acceptée ». Monique Barbut a donc accepté de rester au gouvernement. Dommage !

Monique Barbut assure avoir été « confiante » jusqu’à ce 20 juillet, forte de la garantie d’Emmanuel Macron et du premier ministre, Sébastien Lecornu, de ne pas introduire les « phytos » dans le projet de loi. Mais, convoquée par le premier ministre lundi après-midi à Matignon, elle déchante. Sébastien Lecornu annonce que le gouvernement ne déposera pas d’amendement de suppression lors de l’examen du texte dans l’Hémicycle. A l’issue de la réunion, la ministre de l’agriculture, Annie Genevard la somme de « faire attention à [sa] communication ». « Il n’y aura pas de communication, je me casse ! », réplique Monique Barbut devant le premier ministre.

« Il y a deux façons d’abîmer une majorité : revenir sur le bilan ou inscrire des textes qui divisent. Le gouvernement fait les deux », assène l’ancienne première ministre Elisabeth Borne. Mais pour Sébastien Lecornu, l’essentiel est acquis : le projet de loi d’urgence agricole est voté par l’Assemblée nationale à une confortable majorité, grâce à la droite et à l’extrême droite. « Jamais je n’aurais accepté ce poste si j’avais compris la violence de tout ça », regrette Monique Barbut.

Cette velléité de démission intervient après l’adoption définitive par le Parlement d’une mesure controversée sur les pesticides à laquelle elle s’opposait, au sein de la loi d’urgence agricole, définitivement adoptée par le Sénat dans la soirée. Personne n’empêche un ministre de démissionner sans attendre l’avis de quiconque. Le ministre de l’écologie Nicolas Hulot avait quitté le gouvernement du jour au lendemain et le ministre de la Défense des gouvernements Chevènement a démissionné le 29 janvier 1991 pour protester contre l’engagement de l’armée française dans la guerre en Irak. Comme il le disait, « un ministre, ça ferme sa gueule ; si ça veut l’ouvrir, ça démissionne »

Que Monique Barbut confirme sa démission quand le monde politique sous Macron tourne complètement le dos à l’urgence écologique, cela aurait eu du sens :

Il faut savoir dire NON !

Que retenir de son action ministérielle ?

En pleine canicule historique fin juin 2026, Monique Barbut s’était attiré des critique pour avoir fustigé « les gens qui me disent “Oh mais il y a qu’à mettre la clim’partout” ». « Très bien, on va mettre la clim’partout. Vous croyez que ça va éviter un feu de forêt », « vous croyez que ça va éviter la mort des animaux que nous voyons ? Vous croyez que ça va éviter quoi ? Rien », avait-elle lancé. « Moi je voulais parler des forêts qui vont brûler, des animaux qui vont mourir, des paysans qui vont tout perdre, des terres qui vont s’assécher. Et qu’est-ce qu’on fait depuis un mois ? On essaie d’éteindre des incendies !»

Sur les pesticides, elle a réexprimé son « total désaccord » à Sébastien Lecornu à Matignon, mais il n’a  pas réussi à la convaincre de rester. « Le principal sujet qui crispe encore aujourd’hui, c’est l’acétamipride. Je suis pour ma part opposée à la réintroduction de ce pesticide en France », avait-elle déclaré le 18 juin 2026.

L’ancienne présidente de l’ONG environnementale WWF France, très affectée et émue par ce dernier épisode, semble aujourd’hui regretter d’avoir franchi le pas en entrant au gouvernement.

Le point de vue de Michel Sourrouille

Quand Nicolas Hulot, que j’admirais pour son action environnementale, est entré au gouvernement de Macron en mai 2017, je pronostiquais déjà sa démission future et j’ai écrit un livre « Nicolas Hulot, la brûlure du pouvoir ». Je savais déjà que pour Macron, ce jeune nouveau président en marche, cette nomination n’avait rien d’écologique, c’était juste un moyen politicien de faire croire à une fibre écolo.

Le 28 août 2018, « Nicolas a brutalement abandonné son poste à la surprise de tous, pour ne pas se mentir à lui-même ». J’ai écrit cette dernière phrase du préambule de mon livre le 29 août ! Seul le retard de l’éditeur à l’imprimer n’a pas fait de ce livre un succès, paru seulement en octobre 2018 !

Une actualité chasse l’autre, et plus rien n’a d’importance !!

D’autant plus que le ministère de l’écologie a toujours été celui de l’impuissance !!!

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Nicolas Hulot, chronique d’une démission annoncée (12 mai 2018)

Cet été, nous saurons si Nicolas Hulot démissionne (17 mai 2018)

Les raisons de la démission de Nicolas Hulot (novembre 2018)

Nicolas Hulot poussé à la démission (juillet 2019)

Hulot a vraiment de travers le ministre Travert (28 octobre 2017)

Hulot adepte du « et en même temps » de Macron (29 octobre 2017)

Nicolas Hulot, bilan mitigé d’une année au pouvoir (17 mai 2018)

Nicolas Hulot a déjà mille raisons d’abandonner Macron (11 juin 2018)

Hulot seul au gouvernement… contre tous les autres (5 juillet 2018)

Hulot a pris la décision de quitter le gouvernement (28 août 2018)

Monique Barbut, ministre de l’écologie ! (16 octobre 2025)

Écologie, le ministère de l’impossible

10 réflexions sur “Nicolas Hulot a démissionné, pas Monique Barbut”

  1. Fabrice Nicolino est cité par un de nos commentateurs. Voici notre analyse sur son livre de 2011, « Qui a tué l’écologie ? »

    Le procédé constant de Nicolino est de valoriser un événement infinitésimal d’une personne ou d’une association pour essayer de la discréditer complètement.
    Ce livre s’attaque à tout ce qui veut faire quelque chose en matière écologique, Greenpeace, WWF, Fondation Nicolas Hulot, France nature Environnement, NKM, etc. Pour lui par exemple Nathalie Kosciusko-Morizet a eu le malheur de poser enceinte dans Paris-Match. Quelle révélation !

    C’est absolument contre-productif en termes de militance. Qui a voulu tuer l’écologie : Fabrice Nicolino !

    1. mauvaise langue

      Ohlala quelle révélation ! Nathalie a eu le malheur de poser grosse dans Paris-Match.
      Et pour moins que ça, Marine la Verte s’est vue décernée le titre d’écotartufette.
      Ah ceux-là aussi… quelle bande ! Mais à part nous faire rigoler, qu’est-ce qu’ils apportent à l’écologie, hein ? Je me le demande. Bon d’accord, ce n’est pas un événement infinitésimal d’une personne ou d’une assoce qui doit la discréditer complètement. Quoique…
      Pour mettre tout le monde d’accord… disons finalement que celles qui ont tué l’écologie ce sont les mauvaises langues ! 🙂

    2. Tata Thérèse

      Quoi !!!??? ON ose dire que c’est mon Fafa qui a tué l’écologie !!!!
      Faut oser quand même, non ? Jetez donc un œil sur son CV (sur Wikiki), et admirez son Palmarès, et puis comparez avec les vôtres… et vous m’en direz des nouvelles !

  2. Le matin, elle expliquait qu’elle n’avait pas d’autre choix que de quitter le gouvernement. C’est dire que les organisations de défense de l’environnement ont été sidérées par la volte-face dans la journée de Monique Barbut. En restant, elle accepte et elle endosse la politique de destruction de l’environnement mise en œuvre par un gouvernement qui considère désormais l’écologie comme un frein au développement économique. 
    Monique Barbut héritait d’un ministère au périmètre rétréci au fil des remaniements gouvernementaux et raboté de plusieurs leviers d’action importants : l’énergie, partie au ministère de l’économie, les transports, autonomisés, ou encore le logement. Monique Barbut est l’une des dernières à croire aux promesses d’Emmanuel Macron en matière écologique…

    1. Le chef de l’Etat « n’a pas accepté » sa démission, lui demandant, au contraire, de « poursuivre sa mission »… A 10 heures, Monique Barbut participait au conseil des ministres comme si de rien n’était.

      Quelles garanties Monique Barbut a-t-elle obtenues pour aboutir à ce spectaculaire renversement de situation ? Des promesses !

    2. Le gouvernement et ses parlementaires soutiennent les extrémistes anti-écolos ! Que la ministre Monique parte ou reste ne change rien à l’affaire :

      La Coordination rurale, galvanisée par l’adoption de la loi d’urgence agricole, appelle les agriculteurs à ne pas respecter les restrictions d’eau prises face à la sécheresse : « « Les interdictions ne cessent de pleuvoir, paysans, ne les respectez pas et continuez d’irriguer »
      La FNSEA a refusé de commenter, le ministère de l’agriculture n’a pas réagi et le ministère écolo reste aux abonnés absents.

    3. Parti d'en rire

      Moi je ne crois pas… que Monique Barbut soit l’une des dernières à croire aux promesses d’Emmanuel Macron en matière écologique. Moi je crois plutôt qu’elle fait juste semblant, d’y croire. Comme elle vient là de faire semblant de découvrir la violence de tout ça (sic), et de piquer sa petite colère. Du cinéma, du cirque !
      Quant à ces promesses… que ce coquin de Manu aurait pu lui faire, pour pas qu’elle le quitte… là sincèrement je ne vois pas. Si ce n’est que Manu aime bien les vieilles, mais bon. Non, sur ce coup je donne ma langue au chat.

  3. Le meilleur exemple

    Qu’ON prenne Chevènement comme meilleur exemple… je veux bien.
    Mais Hulot, laissez-moi rigoler ! D’abord oublions-le celui-là.
    Lui et son fumeux Grenelle, ses shampoings et ses séquences émotions.
    Par contre n’oublions pas ceux qui peuvent se vanter d’avoir tué l’écologie. À savoir la Fondation Nicolas Hulot, justement… avec France Nature Environnement, Greenpeace et le WWF.
    – Qui a tué l’écologie (Fabrice Nicolino – 2012)

    1. Mon dieu quel cirque !

      Le WWF, comme par hasard. Avec son joli panda et notre vieille Monique, qui montre les dents. Plus exactement qui pleurniche. Et qui veut démissionner, elle aussi.
      – « Jamais je n’aurais accepté ce poste si j’avais compris la violence de tout ça ».
      Quand même, à son âge, comme si elle n’avait jamais vu le loup. Mon dieu qu’elle naïveté ! Faut croire que ce poste impose ce genre de profil et de compétences.
      Plus écotartuffe que ministre de l’écologie tu meurs ! Seulement le Manu n’a pas voulu, qu’elle s’en aille. Quel coquin celui-là, il n’aurait plus manqué qu’il lui fasse le coup tordu du Lecornu. Qu’il accepte sa démission, et qu’et en même temps il la renomme sinistre de l’écologie. Et tout ça dans l’intérêt de toustes, et du Pays, de la Planète et patati et patata. Mon dieu quel cirque !

      1. Parti d'en rire

        – « La campagne de dépistage de stupéfiants lancée au sommet de l’État commence à produire des conséquences concrètes. Quelques semaines après avoir demandé des contrôles inopinés auprès de collaborateurs occupant des postes sensibles, Sébastien Lecornu révèle que plusieurs personnes ont finalement été poussées vers la sortie. »
        (Sébastien Lecornu a tapé du poing sur la table : démissions en série au sommet de l’Etat après des tests anti-drogues – closermag.fr 22 juillet 2026)

        Non non ne riez pas, il n’y a pas que les Coureurs du Tour de France.
        En tous cas une chose semble sûre, Monique carbure à l’eau claire. Sinon Manu l’aurait virée manu-militari. Comme notre premier sinistre, qui tape du poing sur la table. Pas trop fort quand même, faut pas trop déconner non plus.
        Et dire qu’il y en a qui aiment ça, regarder et commenter ce cirque….

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