Nicolas Hulot et les BIENS COMMUNS

Voici quelques extraits de la pensée de Nicolas Hulot  :

Je persiste et je signe, l’appropriation privée des biens communs est insupportable. Voir par exemple quelques multinationales mettre en coupe réglée les ressources alimentaires de la planète est inacceptable. Les biens communs, c’est l’ensemble des ressources naturelles, les écosystèmes qui permettent aux hommes de prospérer tout en maintenant les équilibres naturels : équilibres climatiques, océaniques, forestiers, etc. En somme tout de sur quoi repose l’existence de l’humanité. Il s’agit d’un héritage transmis de génération en génération, dont nous avons l’usufruit, mais en aucun cas la propriété. La rivière est un bien commun, comme l’eau que l’on y puise.

Les biens communs nous obligent à une gestion collective dans le temps et dans l’espace. Mais pour les décideurs et pour les experts patentés, cela reste une notion très abstraite. D’autant plus que, dans un contexte capitaliste tel qu’il s’est développé, la notion de bien commun est un oxymore, le rapprochement des contraires. Pourtant j’ai rencontré cette notion-là appliquée au quotidien et héritée depuis la nuit des temps aussi bien en Amazonie que chez les peuples sibériens… mais pas dans les nations modernes ! Nous avons perdu la conscience ou la perception de la finitude de nos ressources, ce qui a d’ailleurs antérieurement poussé beaucoup de civilisations au désastre comme l’explique très bien Jared Diamond dans son livre Effondrement. La préservation des communs.

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7 réflexions sur “Nicolas Hulot et les BIENS COMMUNS”

  1. Ces extraits ont été publiés dans le livre de Michel Sourrouille paru en octobre 2018, « Nicolas Hulot, la brûlure du pouvoir ». Mieux vaut rendre la pensée de Nicolas Hulot publique, la libre circulation des idées écolos contribue à la formation de notre intelligence collective…

    Chaque jour vous aurez un nouvel extrait sur ce blog biosphere jusqu’à parution intégrale d’un livre qui a été écrit en prévision de la démission de Nicolas de son poste de ministre de l’écologie. On ne peut avoir durablement un ministre voué à l’urgence écologique dans un gouvernement qui en reste au business as usual…

  2. Avant de parler des biens communs, je persiste et je signe, la propriété c’est le vol !

      1. Après avoir déclaré en 1840 «La propriété, c’est le vol !», en 1849 Proudhon explique ce qu’il entendait par là. Et rajoute : «La propriété, c’est la liberté».
        La responsabilité suppose la Liberté. La question de savoir si la Liberté est antérieure, et/ou directement liée à la Propriété, reste posée. Les hirondelles sont-elles propriétaires de leur nid ? Pour Rousseau la Liberté est un bien inaliénable de l’homme, un droit naturel. Et la Propriété n’est pas un droit naturel. Pour Robespierre Liberté et Propriété sont deux droits d’origine différente. L’un vient de la nature, l’autre est d’institution sociale, conventionnel.
        Une chose est certaine, c’est bien la Loi qui crée le droit de propriété.
        – « Ce n’est pas parce qu’il y a des lois qu’il y a des propriétés, mais parce qu’il y a des propriétés qu’il y a des lois.» (Frédéric Bastiat en 1848)

      2. Après la Propriété, quelques mots sur les biens communs. On peut dire aussi le (ou les) commun(s). Et là encore, mon dieu tout ce qu’il y a à lire ! Ne serait-ce qu’au sujet des biens communaux, au Moyen-Age. Et du mouvement des enclosures, en Angleterre. Ce sera là l’occasion de croiser Malthus, et encore Proudhon, et Marx bien sûr.
        Je pense que ce bouquin serait une bonne idée, pour la liste au Père Noël :
        COMMUN : Essai sur la révolution au XXI e siècle.
        Par Pierre Dardot et Christian Laval. 2015

  3. et bien dansez maintenant

    Biens communs:
    A qui appartient le sable des rivières extrait par l’entreprise minière?
    Et le thon à 1.5 millions d’euros? Appartient-il à nous tous où à l’armateur?
    Et l’eau que Véolia nous vend?
    Et le bois de Bolloré? etc…
    Toutes ces entreprises extractivistes, qui pillent nos biens communs (et des besoins vitaux) ont-elles payées la valeur brute de la ressource? Non, bien entendu!
    Et la gouvernance dans tout ce processus? Pour reprendre l’exemple du thon rouge: je suis tout autant légitime que l’armateur à vouloir que ce poisson arrive dans mon aquarium privé, ou que je décide qu’il continue à sillonner les courants marins…
    Sachant que ce thon gardé à l’état sauvage sera toujours là dans le futur, mais pas s’il devient un sushi!
    Qui peut trancher dans les différents usages des biens communs?

  4. et bien dansez maintenant

    Toujours aussi beau! Le mot juste. Un régal à l’écouter et à le lire.
    Il y a dans tous ses propos une synthèse littéraire et pédagogique mais toujours accessible.
    Mais le défi écologique est INSURMONTABLE car personne ne changera (radicalement) si son voisin ne le veut pas. L’on se regardera ainsi en chien de faïence jusqu’au moment où trop dans la merde, en conflits, le ventre vide nous décidions de changer nos comportements par la force, par nécessité, trop tard quand toute cette beauté et la perfection du Monde auront définitivement été réduit en déchets! Aucune illusion, soyons réalistes, on ne se sauvera pas.

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