Nobel de l’écologie, la mycologue Toby Kiers

Toby Kiers, une mycologue et biologiste de l’évolution américaine, agit sur tous les fronts pour attirer l’attention sur l’importance des interactions entre plantes et champignons et la nécessité de protéger cette biodiversité. Elle reçoit le Tyler Prize for Environmental Achievement, l’équivalent d’un prix Nobel de l’écologie.

Perrine Mouterde : Le 14 janvier, les champignons mycorhiziens, invisibles mais essentiels à la vie sur Terre, sont à l’honneur à l’occasion de l’annonce de l’attribution du Tyler Prize for Environmental Achievement, doté de 250 000 dollars, à Toby Kiers. Les relations symbiotiques entre les végétaux et les champignons, vieilles de centaines de millions d’années, sont fondamentales. Les plantes absorbent le carbone de l’atmosphère, puis le transforment en sucres et en lipides. Elles envoient ensuite ces nutriments aux champignons, qui en ont besoin pour survivre et étendre leurs réseaux. En échange, les champignons transmettent aux plantes du phosphore et de l’azote, indispensables à leur croissance. Toby Kiers avec le biophysicien Tom Shimizu parvient à donner à voir ce qui était jusqu’ici invisible. Les ressources échangées par les plantes et les champignons sont marquées à l’aide de nanoparticules, et un robot permet de cartographier en continu les réseaux d’échanges.

Souvent présenté comme le « Nobel de l’environnement », ce prix, créé en 1973 et administré par l’université de Californie du Sud, a récompensé des dizaines de personnalités telles que la primatologue britannique Jane Goodall ou le climatologue américain Michael Mann.

Le point de vue des écologistes mycorhiziens

sansay : Oui c’est bien, mais que fait le reste du monde pendant ce temps ? Ça brûle toujours plus de pétrole et même ça s’en va-t-en guerre pour en avoir plus. Il faudrait inventer un prix inverse du Nobel, un prix négatif, pour montrer du doigt tout les salauds qui continuent à détruire notre planète.

Mam : Si le gouvernement écoutait les scientifiques experts plutôt que les bourrins en tracteur, il ferait en sorte que le sol martyrisé par l’agriculture intensive redevienne vivant.

MirGar : Les réseaux mycorhiziens de la terre présentent des analogies dans leurs fonctions avec les réseaux sanguins des êtres vivants.

ti Gilou : Cela fait des années que je ne retourne plus mon potager avec des résultats certains. Je pensais que c’était du uniquement aux vers de terre. Je découvre l’action de ces champignons mycorhiziens

Jean-Claude Herrenschmidt: Un travail académique de plus qui permet de montrer l’action létale de l’industrie humaine sur le vivant. Celui-ci, s’est développé pendant des centaines de millions d’années dans un système d’inter-relations auto régulateur très élaboré et hypercomplexe. Chaque nouvel événement, « extérieur » à lui, a ainsi pu être intégré dans son fonctionnement. L’industrie humaine a déversé sur ce système une telle quantité et diversité d’évènements nouveaux en si peu de temps qu’il ne peut pas réagir avec efficacité. Débordé de toutes parts, il ne peut que périr. Une catastrophe prévisible ?

OnaEcO : Qu’en pensent les dirigeants de la Fnsea ou la coordination rurale pour qui la terre, le sol, n’est qu’une source de production agro-industrielle ?

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Écoblanchiment, verdissage, le prix Pinocchio

extraits : Un prix pour récompenser « le meilleur du pire ». Le prix Pinocchio 2020 vient d’être remis par Les Amis de la Terre et la Confédération paysanne à la multinationale Yara, fabricant norvégien d’engrais de synthèse. Cette récompense mal acquise distingue chaque année une entreprise pour son greenwashing, soit le décalage entre l’image vertueuse pour l’environnement qu’elle se donne et la réalité de ses actions.Yara vante ses services pour « une agriculture intelligente pour le climat ». Yara a dépensé plus de 11 millions d’euros depuis 2010 pour des activités de lobbying à l’échelle européenne. Les organisateurs des prix Pinocchio dénoncent « une agriculture basée sur l’utilisation intensive d’intrants chimiques, au détriment de la santé, des écosystèmes et du climat ». La multinationale a vu ses émissions de gaz à effet de serre augmenter de 20 % entre 2009 et 2017, la fabrication d’engrais chimiques nécessitant de l’hydrogène produit à partir d’énergies fossiles. Cette production est également responsables d’émissions de protoxyde d’azote, d’ammoniac et de pollutions de l’eau par les nitrates….

Les différents substituts au prix Nobel d’économie

extraits : Depuis 1989, le Prix Goldman rend chaque année hommage aux défenseurs de l’écologie issus des six régions du monde. Cette récompense individuelle est considérée comme « le prix Nobel de l’Écologie ». Voici quelques autres prix Nobel qui méritent d’avoir leur place au Panthéon de l’écologie….

N’oubliez pas les noms des héros de l’environnement (prix Goldman 2018)

extraits : Voici les Portraits de six héros de l’environnement primés le lundi 23 avril 2018. Pour l’Europe, Claire Nouvian (protectrice des fonds marins) ; Pour l’Afrique, Makoma Lekalakala et Liz McDaid (unies contre le nucléaire) ; Pour l’Amérique du Nord, LeeAnne Walters (un combat pour l’eau potable) ; Pour l’Amérique du Sud, Francia Marquez (la culture pour résister contre l’orpaillage illégal) ; Pour l’Asie, Khanh Nguy Thi (remplacer le charbon par une énergie verte) ; Manny Calonzo, Philippin (fini le plomb, place à la peinture responsable et durable)….

14 réflexions sur “Nobel de l’écologie, la mycologue Toby Kiers”

  1. Quelles soient sur le pied, la peau, l’ongle, le vagin, le gland ou encore la langue… faut-il lutter contre les mycoses, ou bien laisser les champignons vivre leur vie ?
    J’aimerais bien connaître le point de vue des écologistes mycorhiziens.

  2. Parti d'en rire

    Entre le Tyler Prize, le Prix Goldman, l’Oscar, le César, la Légion d’Honneur et j’en passe…
    et le Prix Pinoccio… finalement je me demande lequel est le plus prestigieux, dans tout ce cirque.

    1. The show must go on !

      – « … Il faudrait inventer un prix inverse du Nobel, un prix négatif, pour montrer du doigt tout les salauds qui continuent à détruire notre planète. » (sansay)

      Pas besoin d’inventer ça, puisque ça existe déjà. J’en connais au moins deux. Le prestigieux prix Pinocchio (lire l’article de Biosphère, et la page Wikipédia), et le Titre tout aussi honorifique, celui de «l’écotartuffe du mois» (lire La Décroissance).
      Alors bien sûr ces deux-là ne sont pas très connus, du Grand Public. Pour qu’ils le soient, moi je crois qu’il faudrait inventer une grand show télévisé, en mondovision.
      Avec tout le Gratin, et tout plein tout plein de chanteurs et artistes, bien engagés bien sûr.
      Bref, une Cérémonie officielle de remise du Pinoccio d’Or.

  3. Tous ces prix, honteusement qualifiés de «Nobel», comme celui d’économie, ne sont que des récompenses pour les bons serviteurs du Système. Des su-sucres pour les gentils toutous !
    C’est pareil de la plupart des meRdailles, de ces titres ronflants, académicien… Légion d’Honneur et autres Golden Prize-Oscars-Césars qui font saliver tant de chiens au cou pelé.
    Ce que je dis là n’enlève rien aux qualités de ces chercheurs qui participent à faire avancer les connaissances (science). Comme ici cette mycologue et biologiste, Toby Kiers.
    Toutefois ces gens-là ne font là que leur travail, qu’ils ont choisi (si on peut dire), et qui plus est les passionne. Généralement ce n’est pas le Pognon qui les passionne.
    Et pareil de ces militants, sincères, qui ne courent pas après les su-sucres.
    (à suivre)

    1. (suite) Tous ces gens sont avant tout des citoyens. Seulement des citoyens bien plus éclairés que le pékin moyen. Notamment sur tous ces domaines qui touchent à l’écologie (vaste domaine), comme au social (idem) et autre. Leur rôle (leur devoir, leur travail…) est donc d’œuvrer à essayer de se faire entendre.
      Et c’est ce qu’ils font. Les scientifiques alertent, ils signent des pétitions…
      Et bien souvent ON les critique, ON dit que ce n’est pas leur boulot, que leur place est dans les labos, et patati et patata.
      Les militants, écolos ou autres, font pareil, ils crient, ils font un max de bruit…
      Et là encore ON les critique, ON dit que ce ne sont que de sales gauchistes, des terroristes, et patati et patata. (à suivre)

      1. (et fin) Bref, les chiens aboient et la Caravane passe. Alors, de temps en temps… manière de faire croire qu’ON a entendu le Message… toutes ces alertes, tous ces cris de colère, et de désespoir… et faire semblant qu’ON s’intéresse sérieusement à tout ça… ON organise des grands machins genre COP, grands Sommets et autres grandes foutaises du genre. C’est l’occasion de se montrer et de faire des affaires. Et puis des soirées mondaines, comme les Restos du Cœur, pour amuser et abuser encore plus la Galerie. N’oublions pas tous ces enfoirés, les artistes et les sportifs dits engagés. Et puis aussi des journées internationales, et bien sûr les récompenses, qui vont bien.
        Bref, HYPOCRISIE à tous points de vue !

  4. Misère misère !

    – « Si le gouvernement écoutait les scientifiques experts plutôt que les bourrins en tracteur, il ferait en sorte que le sol martyrisé par l’agriculture intensive redevienne vivant. » (Mam)

    Encore là un de ces commentaires (de ces «intellectuels») comme je les adoooore !

  5. Nobel de mycologie

    Grand passionné de champignons, je ne savais même pas qu’il existait un Nobel de mycologie.
    Non, sérieusement, mais que vaut ce prix qu’ON nous présente comme le «Nobel de l’environnement», ou «l’équivalent d’un prix Nobel de l’écologie» ?
    Déjà je vois là un concurrent du tout aussi «Nobel» Prix Goldman, créé en 1989, et appelé «Prix Nobel vert». Attention donc à ne pas con fondre les deux. D’autant plus que ces deux Oscars nous viennent du pays de Donald, plus précisément de Californie.
    Oui mais que valent-ils, réellement ?
    Eh ben pour le savoir il suffit, tout connement, de voir ce qu’empochent les heureux gagnants. Pour le fumeux Golden Prize, en 2021 le montant de chacun des 6 prix était de 130.000 €. Ah oui, parce qu’il faut préciser que «Chaque année, le prix vient récompenser 6 militants de terrain».
    (à suivre)

    1. Chercheur de champignons

      (suite) Ah ça c’est beau ça, que de récompenser les militants… qui le valent bien !
      Et généreux surtout. C’est vrai que ça fait rêver…
      De son côté le Tyler Prize, le notre donc, s’occupe seulement de récompenser des gens qui font seulement leur boulot. En l’occurrence des chercheurs.
      Comme ici de champignons. Le gagnant empoche 250.000 dollars.

      Oui mais… ça ne répond pas à ma question ! Alors je la repose, différemment : C’est quoi le mieux, dans le monde du Cinéma… l’Oscar ou le César ? (à suivre)

      1. Nobel d’hypocrisie

        – « Il existe de nombreux prix en France et dans le monde. L’écologie devenant de plus en plus un argument commercial […] A l’initiative de l’ADEME et du ministère de l’écologie il existe en France un concours qui a pour ambition d’encourager et de faire la promotion d’entreprises ayant intégré une démarche environnementale ou durable. Ce prix est découpé en catégorie [etc. etc.]
        Le prix Goldmann pour l’environnement semble être aujourd’hui le prix offrant le plus de visibilité et peut-être le plus prestigieux [et blablabla]
        Le prince William lance un prix « prestigieux » pour les solutions à la crise climatique avec une dotation de 50 millions d’euros. Celui-ci remettra à l’automne 2021 la première édition de son prix dédié à l’environnement, qui veut « remplacer le pessimisme actuel par de l’optimisme » en récompensant des solutions apportées à la crise climatique.»
        (Prix Goldman pour l’environnement – glasseo.com)

      2. Nobels d’hypocrisie

        – « Il existe de nombreux prix en France et dans le monde. L’écologie devenant de plus en plus un argument commercial […] A l’initiative de l’ADEME et du ministère de l’écologie il existe en France un concours qui a pour ambition d’encourager et de faire la promotion d’entreprises ayant intégré une démarche environnementale ou durable. Ce prix est découpé en catégorie [etc. etc.]
        Le prix Goldmann pour l’environnement semble être aujourd’hui le prix offrant le plus de visibilité et peut-être le plus prestigieux [etc. etc.] Le prince William lance un prix « prestigieux » pour les solutions à la crise climatique avec une dotation de 50 millions d’euros. [et blablabla] »
        (Prix Goldman pour l’environnement – glasseo.com)

  6. Le premier article de notre blog « biosphere » a été posté le 13 janvier 2005 (26 ans déjà), il propose chaque jour un « point de vue des écologistes ». Hébergé par le serveur ouvaton.org, c’est un Journal indépendant sur l’actualité, nous ne sommes alignés sur aucune chapelle.
    https://biosphere.ouvaton.org/blog/
    Ce blog est directement relié à un site, on peut aller de l’un à l’autre rapidement.
    https://biosphere.ouvaton.org/
    Notre site « biosphere » est relativement statique, les contenus y sont organisés par pages pour la plupart anciennes. Mais c’est un « réseau de documentation des écologistes » qui fournit à peu près toute la culture que devrait avoir un écologiste militant. Nous avons une volonté de formation des citoyens. Nous ne sommes pas un réseau social qui met en contact n’importe qui pour n’importe quoi grâce à Facebook, TikTok, Twitter (X)…
    Prière par vos commentaires de faire en sorte d’améliorer l’intelligence collective, merci.

    1. Il arrive qu’on ne pense plus vraiment : on répète, on ânonne Ce n’est pas un problème individuel, mais un phénomène collectif. Dans les périodes de crise, les groupes produisent des réflexes d’appartenance qui peuvent remplacer la réflexion par un automatisme de facilité !
      Se conformer est un réflexe humain : appartenir protège. Mais plus le monde devient incertain, plus la pensée se met “au garde à vous”. La démocratie, elle, a besoin de désaccords vivants, pas d’unanimisme automatique. On peut tester pour savoir si notre pensée nous appartient encore, trois questions simples :
      1.    Puis je contredire mon propre camp sans paniquer ?
      2.    Puis je reformuler l’argument adverse sans le caricaturer ?
      3.    Puis je reconnaître que l’autre a raison sur un point précis ?

      1. 1 : Oui, tout à fait ma chère Olive. De toute façon c’est pas bon de paniquer. Pas bon pour la tension, la réflexion, et finalement pour tout. Alors certes il y a de quoi, c’est le bordel, je vous l’accorde. Mais restons lucides, et sérieux ! J’imagine que vous savez ce qui se passe dans un bordel en feu…. Eh ben c’est la débandade et les femmes sont paniquées. Bref, pas bon tout ça !
        2 : Oui, ça aussi je peux. Mais que voulez-vous, moi j’aime bien les caricatures. Quand la méthode douce ne marche pas, et qu’ON n’avance pas, quand je vois que j’ai affaire à un menteur, un malhonnête, un charlatan, voire un andouille, avec un grand A… eh ben je change de méthode. Ou de “pédagogie“, si vous préférez.
        3 : Oui tout à fait ! Je suis parfaitement d’accord avec tout ce que vous dites avant de poser ces 3 questions. 🙂

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