Nous sommes en 2026
et nous sommes plus de 8 milliards !!!
22.02.2005 La Biosphère à un célèbre ethnologue : que diriez-vous de l’avenir ?
« Ne me demandez rien de ce genre. Nous sommes dans un monde auquel je n’appartiens déjà plus. Celui que j’ai aimé avait 1,5 milliard d’habitants. Le monde actuel compte 6 milliards d’humains. Ce n’est plus le mien. Et celui de demain, peuplé de 9 milliards d’hommes et de femmes, même s’il s’agit d’un pic de population, comme on nous l’assure pour nous consoler, m’interdit toute prédiction ». (Claude Lévi-strauss, 96 ans)
28.11.2005 Limitation des naissances, un passage obligé
Avec 6 milliards d’humains et bientôt 9 ou 10 en 2050 contre seulement 1,6 milliard il y a cent ans, la question de la population mondiale tient une place centrale. L’impact de l’emprise humaine accélère l’érosion des sols, épuise les nappes phréatiques, engendre des épandages de poisons, engloutit les dernières ressources non renouvelables. Aucune innovation, cultures hors sols, nouveaux modes d’irrigation ou même solution soft du type régime végétarien (qui économise les protéines animales) ne pourront véritablement inverser la tendance. Reste donc à agir sur la démographie. Certains s’excitent déjà et crient à la barbarie devant la norme de l’enfant unique en Chine. Mais il n’y a pas d’alternatives acceptables, le nombre d’enfant ne peut plus rester un choix régalien de couples plus ou moins conscients de leurs responsabilités familiales et collectives : quand tout le monde sait qu’on doit respecter la règle commune, tout devient normal, surtout la régulation des naissances.
En 1971 Paul Ehrlich écrivait la bombe P dont l’idée directrice était la suivante : pour désamorcer l’expansion de la population humaine, il faudrait une limitation stricte des naissances. C’était une actualisation des thèses malthusiennes de la fin du XVIIIe siècle, pour la Biosphère cela reste toujours d’actualité au début du XXIe !
29.11.2005 Riches et pauvres, faites moins d’enfants !
L’environnement n’est pas un sujet de prédilection pour les dirigeants de grandes entreprises, c’est ce que démontre une étude française. S’ils admettent facilement leur ignorance de ces questions, le sujet provoque visiblement chez eux un certain malaise. Pourtant les qualificatifs qu’ils utilisent pour parler de la crise écologique sont éloquents : majeur, extrêmement important, sérieux, question fondamentale, ou même catastrophe. Mais le naturel revient rapidement : « Il n’y a pas lieu de s’inquiéter. La forêt, il y a un bon reboisement. On utilise le plus correctement ce que la planète a à nous offrir. L’eau est beaucoup moins polluée qu’il y a dix ans. L’air aussi, il y a des mesures qui sont prises ». Ils estiment aussi que le problème écologique, c’est avant tout un problème de surpopulation, mais aucun n’identifie le contrôle des naissances comme solution au problème de l’environnement. Les dirigeants, qu’ils soient d’ailleurs chefs d’entreprises ou responsables de partis, continuent à appréhender la tension économie/environnement du point de vue du profit et de l’emploi plutôt que du point de vue de l’environnement et de la démographie.
Pourtant, même si la population occidentale se stabilise, son empreinte écologique est tellement importante qu’il faudrait diviser ces populations par trois ou quatre pour maintenir un niveau de pression acceptable sur les écosystèmes « toutes choses égales par ailleurs », c’est-à-dire en maintenant le reste du monde dans la pauvreté. La Biosphère hurle alors : riches et pauvres, faites moins d’enfants !
30.11.2005 Contre la liberté de procréer
La Chine compte aujourd’hui plus de 1,3 milliard d’individus alors qu’elle avait pris les devants en prônant le modèle de l’enfant unique. En vingt ans, cette politique a permis d’éviter 300 millions de naissances, mais malheureusement elle a aussi dressé beaucoup de gens contre l’Etat. Aussi en 2002 l’Assemblée nationale populaire a voté une loi assouplissant la régulation des naissance parce que les espaces de liberté gagnent du terrain dans un pays où la croissance économique s’accompagne désormais d’une libération de l’initiative individuelle. Les couples sont donc autorisés à avoir plusieurs enfants à condition de payer une « taxe sociale de compensation », soit 600 euros. Cette somme élimine du « libre » choix les paysans et autres catégories défavorisées qui sont incapables de débourser cette taxe puisqu’elle représente trois ou quatre fois leur revenu mensuel.
La Biosphère pense que les 7000 chinoises dans l’est de la Chine qui ont été stérilisées de force par des agents du planning familial entre mars et juillet 2005 parce que les quotas démographiques avaient été dépassés représentent un meilleur exemple des politiques à suivre qu’une sélection démographique par l’argent qui laisse aux riches la possibilité de faire autant d’enfants qu’ils le désirent, et aux pauvres seulement la recherche désespérée d’une ascension sociale. En effet la capacité de charge de la planète est dépassée, les riches comme les pauvres doivent se rendre compte de gré ou de force que le droit de procréer n’est pas une liberté inaliénable… que ce soit en Chine ou ailleurs !
03.12.2005 Population minimum viable
Quel est le minimum incompressible de population pour une espèce déterminées ? Le rhinocéros noir d’Afrique comptait un million d’individus au début du XXe siècle, 10 000 en 1950 et 2600 seulement en 2001. A ce rythme, la population humaine passerait en un siècle de 6 milliards de personnes à moins de 16 millions. Une telle évolution serait-t-elle catastrophique ? La baleine franche du Pacifique compte moins de 300 individus de par la faute des chasseurs humains, l’antilope Sao la du Vietnam subsiste encore avec 200 à 2000 individus grâce à son isolement. Une espèce doit-elle avoir un minimum de représentants pour survivre ? Les chercheurs ont défini le concept de « population minimum viable » et estimé à 50 femelles l’assurance de ne pas voir l’espèce s’éteindre à moyen terme, à 500 femelles la garantie que l’espèce soit protégée à long terme : la baleine franche serait donc condamnée alors que les humains ont une marge de manœuvre immense. Le problème essentiel n’est donc pas de savoir si la Terre peut nourrir 6 ou 60 milliards d’humains, le problème est que cette espèce se répand au détriment de presque toutes les autres espèces.
La Biosphère nous incite alors à penser ainsi :
Si j’étais sage parmi les sages, je trouverais insupportable
Que nous soyons déjà plus de six milliards
Entassés dans des HLM ou parqués dans des bidonvilles,
Cloîtrés dans des résidences pour mieux se protéger
D’un monde qu’on a soi-même rendu invivable.
Si j’étais sage parmi les sages, je ne voudrais aucun enfant.
04.12.2005 Tous malthusiens !
Quand on considère qu’il faut limiter la population, on est traité avec condescendance de « malthusien ». C’est en effet l’Anglais Thomas Malthus qui a mis en évidence à la fin du XVIIIe siècle une sorte de loi démographique : quand on laisse faire la nature, la population croît selon une progression géométrique (exponentielle) très rapide alors que l’alimentation connaît une progression arithmétique (linéaire) bien plus lente. En l’absence d’obstacles, les couple peuvent en effet faire en moyenne quatre enfants par génération, ce qui fait doubler la population tous les 25 ans. Par contre l’agriculture rencontre l’obstacle des rendements décroissants : au fur et à mesure qu’on force la terre à donner davantage, elle s’épuise et les rendements supplémentaires à l’hectare sont de moins en moins grands malgré l’apport de travail ou de capital technique supplémentaire. La révolution industrielle et le progrès technique ont temporairement disqualifié cette thèse. Mais aujourd’hui Malthus a de nouveau raison, la croissance démographique mondiale a presque atteint 2 % (un doublement tous les 35 ans) et dépasse 3 % dans certains pays pauvres (doublement en 23 ans). Or aucune évolution exponentielle dans un monde fini n’est durable, on atteint très vite les limites du supportable. Même la croissance démographique zéro, avec une fécondité égale à 2,1 enfants par femme (dans un pays développé) qui assure le simple renouvellement de la population, est un mythe destructeur puisque l’humanité a déjà dépassé les capacités de charge de la planète. Alors que faites-vous ? Lors de la conférence des Nations Unies sur la population et le développement de septembre 1994, la communauté mondiale a adopté un programme d’action dont l’objectif était de stabiliser la population de notre planète entre 8 et 10 milliards d’habitants : aucun pays (à l’exception de la Chine) n’a pris cet engagement au sérieux, on a laissé faire la nature humaine.
Mais on se rend compte aujourd’hui qu’on peut de moins en moins agir sur la production alimentaire : les terres cultivables le sont maintenant dans leur presque totalité et les modes de production deviennent même dangereux : il y a une désertification des sols, l’eau commence à manquer pour l’irrigation, les pesticides s’accumulent dans la chaîne alimentaire, les ressources halieutiques voient leurs stocks diminuer… Il faudrait donc comme le voulait Malthus agir sur la fécondité humaine : la contraception pour tous et un seul enfant par couple, la Biosphère vous remercie.

Même si je n’ai pas encore soufflé mes 96 bougies… moi aussi je peux dire que le monde que j’ai aimé, celui de mes années folles… est mort et enterré. Et alors, en quoi ça m’avance de pleurnicher « c’était mieux avant », hein ? De toute façon ON le sait, les histoires d’A finissent mal en général. Et si ça peut vous con soler dites-vous que nous devons toustes y passer.
Et même que c’est un passage obligé !
La nostalgie c’est comme la vie, c’est une maladie mortelle.
– « La nostalgie, c’est comme les coups de soleil : ça fait pas mal pendant, ça fait mal le soir. » (Pierre Desproges)
Quant à cette terrrrible et épouvantable Bombe… dont tous ces prophètes de l’Apocalyse, dans leurs ânées folles, nous disaient qu’il fallait la Désamorcer… à tout prix et quoi qu’il en coûte, misère misère… sinon ce serait ingérable, insupportable, invivable et tout et tout…
eh ben finalement elle a fait PSCHITT ! Alors certes, dans un gros panache de fumée.
Seulement, et comme ON sait, la fumée ça fait tousser. Ou au mieux, éternuer.
Elle n’a pas fait pschitt, elle a détruit l’habitat de tous les grands animaux, et donc eux aussi par définition, il ne reste plus rien, elle a bel et bien explosé.
-« La Biosphère pense que les 7000 chinoises dans l’est de la Chine qui ont été stérilisées de force par des agents du planning familial entre mars et juillet 2005 parce que les quotas démographiques avaient été dépassés représentent un meilleur exemple des politiques à suivre [et patati et patata] »
Que sous l’effet d’une de ces émotions qui vous brouillent l’esprit, la trouille ou la colère va savoir… ON ait pu écrire ça autrefois, passe encore. Mais nous ressortir ça aujourd’hui, en 2026… non, là je dis que c’est grave.
Tronquer une citation et la mettre hors de son contexte, c’est pas bien. Rappelons le texte intégral :
« La Chine compte aujourd’hui plus de 1,3 milliard d’individus (…) La Biosphère pense que les 7000 chinoises dans l’est de la Chine qui ont été stérilisées de force par des agents du planning familial parce que les quotas démographiques avaient été dépassés représentent un meilleur exemple des politiques à suivre qu’une sélection démographique par l’argent qui laisse aux riches la possibilité de faire autant d’enfants qu’ils le désirent, et aux pauvres seulement la recherche désespérée d’une ascension sociale. En effet la capacité de charge de la planète est dépassée, les riches comme les pauvres doivent se rendre compte de gré ou de force que le droit de procréer n’est pas une liberté inaliénable… que ce soit en Chine ou ailleurs !