Nous sommes en 2026
et l’éducation patine…
12.03.2005 Le développement durable (en kiosque)
C’est le titre d’un Hors-série (1er trimestre 2005) du mensuel « Alternatives économiques » qui montre que l’homme a modelé la Nature selon ses besoins jusqu’à la limite du désastre. On y voit aussi une photo de Maurice Strong, secrétaire de la première conférence onusienne sur l’environnement à Stockholm (9 juin 1972) arrivant en bonne compagnie à la réunion en vélo. On y aborde le réchauffement climatique, la montagne des déchets, le casse-tête énergétique, la question de l’eau et de la ville, on s’interroge : la seule solution, la population ? Mais le journaliste Guillaume Duval pense encore que la décroissance n’est pas un projet économique et politique de nature à répondre à la grave menace écologique qui nous menace. Pourtant il constate qu’il y a peu de réalisations à mettre au compte du développement durable, que chacun cherche à protéger les situations acquises et que la décroissance de la consommation d’énergies fossiles doit être mis en place rapidement. Pourtant il souligne aussi l’effet rebond (quand on accroît l’écoefficience, l’usage se développe et la consommation globale ne diminue pas). Mais pour lui la décroissance relève d’une vison du monde passéiste qui voudrait revenir à l’âge de pierre et aux inégalités entre homme et femmes. Il pense sans le démontrer que le salariat est une forme bien supérieure des rapports sociaux. Pour résumer, « Faudrait-il rétablir le féodalisme pour espérer sauver l’environnement ? ».
La Biosphère trouve profondément déplaisant ce genre de penseur qui, assis dans son fauteuil, minimise la nécessaire critique de la croissance économique en faisant dire aux décroissants des choses qu’ils n’ont jamais dites !
13.06.2005 L’environnement pour les Européens
C’est un trimestriel publié par l’office des publications officielles des communautés européennes (abonnement gratuit, écrire rue de la Loi 200 à B-1049 Bruxelles). Dans son numéro de juin 2005, on y apprend qu’il est grand temps d’assainir notre atmosphère (européen), qu’il faut sortir les forêts européennes de l’ombre, qu’il faut s’approprier le droit communautaire environnemental, qu’il faut donner le feu vert pour les voitures propres et qu’il faut même limiter les émission de CO2 engendrées par le trafic aérien de la flotte mondiale. Un encadré indique que le développement durable reste un priorité du Conseil européen : lors de leur sommet de printemps en mars 2005, les chefs d’Etat et de gouvernement ont rappelé à quel point il était important de protéger l’environnement en Europe et ont reconnu que la stratégie de Lisbonne (2000–2010) en faveur de la croissance devait contribuer à l’objectif majeur qu’est le développement durable.
Mais la Biosphère vous demande :
Est-ce que vous connaissiez déjà ce magazine ?
Est-ce que la croissance économique qui détruit la planète est le meilleur moyen de rendre leurs équilibres aux écosystèmes ?
15.08.2005 « Sauver la planète ? » (en kiosque)
C’est le titre d’un Hors-série (juillet-août 2005) d’une revue, « Sciences Humaines » qui ne s’est pas particulièrement intéressée jusqu’alors aux rapports entre les humains et la Nature. On y constate pertinemment que le nucléaire, qui paraissait anti-écologique, a pu verdir son discours grâce aux négociations sur la diminution des gaz à effet de serre alors que le problème des déchets est banni de cette propagande… mais on termine sur un ponte du CEA qui se permet d’affirmer : « Oui, il faut préparer l’avenir, nous avons tous besoin d’énergie, nous, nos descendants et aujourd’hui sur la planète il y a encore 2 milliards d’habitants qui n’ont pas accès à l’électricité » (comme si l’électricité était un besoin éternel et universel et l’uranium une ressource renouvelable !). La directrice de l’Institut de développement durable Laurence Tubiana trouve nécessaire d’aller vers une organisation mondiale de l’environnement mais affirme que ce serait une ingérence insupportable pour les pays en voie de développement. Elle se permet de clore son discours sur le succès du livre de B.Lomborg (l’écologiste sceptique) dans lequel les prophètes de malheur finissent par ne plus être écoutés… Comme si on pouvait faire confiance à un manipulateur de statistiques, comme si prévoir la réalisation de la pétroapocalypse était impossible à dire !
Ce n’est pas avec de tels raisonnements qu’on pourra sauver la Biosphère qui nous permet à tous de vivre ! Prévoir la possibilité du pire peut nous permettre de l’éviter, nier sa possibilité c’est accélérer sa venue.
25.08.2005 L’inertie humaine face à la réalité
Un professeur peut brillamment démontrer en classe les origines anthropiques des gaz à effet de serre et prouver efficacement que le réchauffement climatique va handicaper le sort des générations futures, ce n’est pas pour cela que les élèves vont prendre conscience des enjeux et en conclure aux nécessités de l’action. La pensée humaine se contente le plus souvent de constater et pour le reste de s’en remettre au petites choses de la vie présente. Ainsi l’électricité semble un bien indispensable dans le monde moderne et une électricité 100 % éolienne paraît alors difficilement envisageable car personne n’imagine cesser de vivre normalement lorsque le vent s’essouffle. C’est à cause de cette inertie humaine confite dans ses habitudes que les réserves fossiles s’épuisent, que le changement climatique s’accélère et que la biodiversité disparaît.
Il faut construire le monde auquel nous rêvons au lieu de subir celui qui existe. La Biosphère a besoin de tous, tout le monde doit se convertir pour promouvoir par son mode de vie un équilibre durable des écosystèmes.
03.09.2005 Hymne biosphèrique
A la rentrée scolaire 2005, l’enseignement de l’hymne national et son histoire sont par la loi du 23/4/2005 devenus obligatoires. Écrite en 1792, la Marseillaise est à l’origine le chant de guerre pour l’armée du Rhin. Aujourd’hui encore de très jeunes enfants chantent les « allons enfants de la patrie… contre les féroces guerriers » et on appelle aux armes pour faire « couler un sang impur » dans les manifestations les plus hétéroclites, le 14 juillet ou la coupe du monde de foot. Pourtant « l’amour sacré de la patrie » a été fort mal employé depuis l’invention du nationalisme au XIXe siècle puisqu’il a jeté les humains dans des guerres fratricides et inutiles : ce n’est pas la guerre qui a rapproché les Français et les Allemands, c’est la construction pacifique de l’Europe.
Mieux vaudrait chanter tous en cœur « Allons enfants de la Biosphère ♪ ère ♫ reux » pour un hymne de réconciliation non seulement entre les humains, mais aussi avec la Nature. Un concours est ouvert, envoyez-nous vos paroles de substitution à l’hymne guerrier en faisant bien gaffe : tout outrage à « la Marseillaise » est redevable de 7500 euros d’amende !
10.10.2005 Une société sans école
« La relégation de nos enfants dans les écoles pour des périodes de formation de plus en plus longues a sur eux un impact considérable. Ils sont coupés du reste de la société, confinés dans leur groupe d’âge ; avec leurs camarades, ils en viennent à former une petite société dont la plupart des échanges importants sont internes et dont les liens avec la société adulte deviennent rares. En conséquence notre société occidentale renferme un ensemble de microsociétés d’adolescents dans lesquels l’intérêt et le comportement des jeunes s’orientent vers des objets échappant complètement à la responsabilité des adultes ». Ainsi parlait JS Coleman, dans son ouvrage « « The Adolescent Society ». Alors l’adolescent ne trouvera sa place que dans un monde essentiellement industrialisé et urbanisé, éloigné de son groupe familial, et encore plus loin du nécessaire contact avec la Biosphère… L’éducation est l’une des nombreuses fonctions sociales que l’Etat a usurpées et qui doit être de nouveau assumée au niveau de la famille et de la communauté, en pleine adéquation avec un écosystème d’appartenance.
En attendant l’utopie, la Biosphère remercie tous ces instituteurs dont les élèves plantent des arbres fruitiers ou s’occupent d’un jardin potager.
12.10.2005 Biocentrisme ou anthropocentré ?
La Nature n’a pas la parole, ce sont des mots exprimés dans les différentes langues humaines qui interprètent d’une façon ou d’une autre ce que la Nature veut nous dire. Les humains peuvent donc s’exprimer au nom d’un cours d’eau qu’on voudrait dévier, au nom des arbres qu’on voudrait abattre, au nom des loups qu’on voudrait exterminer. Rien d’exorbitant à cela, il y a bien un avocat qui s’exprime au nom du pire assassin et une opinion publique qui pense une chose ou son contraire de tout et de n’importe quoi. Il n’y a donc pas d’opposition fondamentale entre l’écologie profonde et l’écologie superficielle, seulement la place que les humains veulent donner à la Nature sauvage, soit une place la plus grande possible, soit une nature le plus possible dénaturée : il suffit de mettre des mots différents sur notre conception humaine de la même Nature.
Pour mieux comprendre la Biosphère, les enfants devraient s’exercer dès le plus jeune âge à prendre le point de vue de la fleur ou le point de vue d’un animal, beaucoup de choses changeraient alors : par exemple une fleur ne serait belle que rattachée à sa plante, certainement pas coupée dans un pot de fleurs.

– « La Biosphère trouve profondément déplaisant ce genre de penseur [le journaliste Guillaume Duval] qui, assis dans son fauteuil, minimise la nécessaire critique de la croissance économique en faisant dire aux décroissants des choses qu’ils n’ont jamais dites ! »
(12.03.2005 Le développement durable en kiosque)
=> En effet, c’est déplaisant. Et c’est le moins qu’ON puisse dire.
Je dirais mieux, c’est insupportable, ingérable, invivable !
– « Mais la Biosphère vous demande : Est-ce que vous connaissiez déjà ce magazine ? » (13.06.2005 L’environnement pour les Européens)
=> Excellente question. C’est comme la Bible… Marx, Malthus et Compagnie… pour en parler encore faut-il les avoir lus. Et compris, bien entendu !
– « Allons enfants de la Biosphère ♪ ère ♫ reux » (03.09.2005 Hymne biosphèrique)
=> Le jour de Gloire est t’arrivé ! Contre nous de la tyrannie ♪ yeue , l’étendard sanglant t’est levé ! Entendez-vous dans les campagnes ♫ eux , mugir ces féroces sangliers ?
Ils viennent jusque dans vos bras , z’égorger vos fisses zé vos compagnes ♫ eux !
– « Pour mieux comprendre la Biosphère, les enfants devraient s’exercer dès le plus jeune âge à prendre le point de vue de la fleur ou le point de vue d’un animal [etc.] » (12.10.2005 Biocentrisme ou anthropocentré ?)
=> Et pour cela quoi de mieux que ce petit blog ? Sur lequel nous pouvons toustes exprimer notre modeste point de vue. Même la fleur, même le sanglier… même tous ces curés, et autres féroces soldats… et sans aucune modération !
Comme La Décroissance, les Fabulous Trobadours et j’en passe, Biosphère devrait être remboursée par la Sécu. Et bien sûr être labellisée « d’intérêt public ».