Nous sommes en 2026
et la décroissance sera subie
08.06.2005 Marche pour la décroissance
Partis de Lyon le 7 juin pour aller vers le circuit de Magny-cours, les militants de la décroissance veulent lutter contre les grands prix de formule 1, ce loisir anachronique réservé à une vingtaine de gosses de riches alors que le déclin de l’extraction pétrolière commence aujourd’hui et que le climat sera complètement déréglé demain. Plus généralement les décroissants désirent plus de liens et moins de biens car il n’y a pas le choix entre un changement des mentalités pour une adaptation maîtrisée ou une crise brutale et incontrôlable : la pétroapocalypse.
La Biosphère pense que la décroissance n’est pas l’idéalisation du passé, mais un simple constat de réalité : la croissance dans un monde fini constituait l’impossible rêve de la classe globale, celle qui possède personnellement une automobile.
06.07.2005 Faites l’amour, pas la course
Les marcheurs de la décroissance sont arrivés à un jet de pierre du circuit de formule 1 de Magny-Cours. Ils disent : « Contre un divertissement d’entreprises automobiles qui veulent tourner en rond, contre cette stupidité monstrueuse qui nous assène que nous sommes forcément sur Terre pour l’emporter sur les autres, et avant d’en arriver à la pétroapocalypse et sa régulation par le chaos, il faut devenir des missionnaires de la décroissance. »
Biosphere aime ce genre de discours…
18.07.2005 Catastrophe cosmique
« Notre planète est infestée d’hommes que semblent décidés à saboter l’admirable harmonie de la vie. Ils pourraient bien la ramener à sa stérilité initiale. La Nature a mis en effet au monde une espèce néfaste capable de neutraliser les instincts régulatoires qui assuraient la pérennité de la vie terrestre, une espèce déjà en mesure d’exterminer la vie sur la Terre ». (Hubert
Reeves, in Malicorne)
Pour la Biosphère aussi, l’être humain est une catastrophe cosmique, une seule solution : leur décroissance durable.
13.08.2005 En l’an 2025
« En 2025, Jean remonte dans sa Prius H2 (à hydrogène), sous le regard sombre de l’automobiliste qui fait le plein d’essence alors qu’il vient d’apprendre le dernier choc pétrolier. Il descend la vitre avec la manivelle, une résurgence du passé justifié par la nécessité d’économiser l’hydrogène. Le conducteur sait qu’il n’a environ que 500 km d’autonomie en comptant l’énergie fournie par les panneaux solaires qui tapissent le toit et le capot du véhicule : tout juste de quoi se permettre d’écouter la radio ». (journal Le Monde du 3.08.2005).
Le problème des scénarios actuels de science-fiction, c’est qu’ils s’intéressent surtout aux prouesses techniques tout en ne disant rien sur le mode de vie qui serait soutenable pour la planète.
En 2025, la Biosphère sait que les parcours individuels en automobile seront réservés pour les besoins de première nécessité comme les ambulances ou la gendarmerie, avec non seulement la vitre à manivelle manuelle, mais aussi l’absence de climatisation.
30.08.2005 Qui peut être contre la décroissance ?
Un ouvrage très sérieux « Le développement durable, les termes du débat » (coll. Compact civis), indique dès le début de son premier chapitre ce qui sous-tend l’évolution actuelle des idées : « Le slogan de la décroissance générale interdirait la réduction de la pauvreté et n’est guère compatible avec nos systèmes démocratiques. Il convient, en revanche, de disjoindre le dynamisme de nos sociétés de la croissance des flux de matières et d’énergie qui l’a toujours sous-tendu. C’est la croissance de ces flux qui met en péril la viabilité pour l’espèce humaine, notamment la biosphère(…) Il convient encore d’ajouter à la nécessaire décroissance des flux de matières et d’énergie la décroissance, non moins impérative à long terme, des effectifs démographiques planétaires ».
La Biosphère ne peut que se réjouir d’un tel discours de Dominique Bourg, mais cela implique de condamner (à mort, mentale bien entendu) tous les économistes et politiques qui ne jurent que par la croissance !
04.10.2005 Se déplacer coûte plus cher que manger !
Entre 1960 et 1989, la part du budget que les ménages français consacrent aux transports est passée de 10,6 % à 15,6 %. En 1960, le budget de l’alimentation était deux fois et demi supérieur à celui des transports, maintenant celui-ci, avec 5140 euros par an, constitue le poste de dépenses le plus élevé après le logement (8440 euros) et devant l’alimentation (4980 euros). A elle seule la voiture représente 83 % du budget transport : les distances parcourue en voiture sont deux fois plus importantes qu’avec les autres types de transport pour une dépense globale six fois plus élevée. Les dépenses de carburants représentent déjà en moyenne 3,4 % du budget des ménages, soit 1146 euros en 2004. Depuis 1997, le poids des carburants est même plus élevé que celui des voitures neuves ; de plus l’avion dépasse désormais le train, il est depuis 1983 la première source de dépense en services. Cela n’est pas durable !
De gré ou de force, la classe globale (celle qui possède un véhicule personnel) va devoir s’accommoder de ressources fossiles de plus en plus limitées et un jour prochain le budget transport va s’effondrer pour donner de plus en plus de place aux besoins essentiels, à commencer par l’alimentation. Ce sera la loi d’Engel, mais à l’envers : au fur et à mesure que le revenu baissera, la part des dépenses alimentaires dans le budget des ménages s’accroîtra !
15.10.2005 Parti pour la décroissance ?
Suite aux Etats-généraux de la décroissance équitable qui se sont déroulés le 15 octobre 2005 à Lyon en rassemblant plus de 300 personnes, le « Parti pour la décroissance » annonce sa naissance. Le mouvement pour la décroissance prend de l’ampleur dans la société et il se concentre maintenant sur son indispensable articulation politique. Au moment où nous atteignons le pic d’extraction du pétrole, le choix ne se pose pas entre croissance et décroissance mais entre récession ou décroissance, c’est-à-dire entre le chaos ou une décroissance soutenable et équitable préservant et renforçant la démocratie et l’humanisme. Le Parti pour la décroissance s’attelle aujourd’hui à présenter des candidats dans toutes les circonscriptions françaises en 2007 pour présenter la décroissance à l’ensemble de nos concitoyens.
Le Parti pour la décroissance appelle toutes celles et tous ceux qui souhaitent que la décroissance soit portée dans le champ politique à le rejoindre, la Biosphère incite tous les décroissants à investir aussi tous les partis politiques quels qu’ils soient pour porter leur message : il n’y a plus de droite ou de gauche ni même d’extrêmes quand la sauvegarde de la planète est en jeu.
18.10.2005 Utopie
Imaginons une France où il n’y aurait plus que 200 000 chômeurs, où la criminalité serait réduite des quatre cinquièmes, les hospitalisations pour troubles psychiatriques des deux tiers, les suicides de jeunes divisés par deux et où il y aurait une absence quasi totale de cannabis, de cocaïne et d’héroïne : ce serait un merveilleux progrès s’il ne s’était déjà accompli dans le passé. Les chiffres ci-dessus sont en effet propres à la France des années 1960. Aujourd’hui tous les indices convergent pour montrer que, plus les français courent après la croissance économique, plus le bien-être de la population diminue ! Il y a un os quelques part… On croirait que les humains se sont réunis en société non pour assurer leur bonheur, mais pour produire à meilleur marché des voitures de métal, des tissus artificiels et du chômage.
Vous multipliez votre nombre et votre emprise sur les écosystèmes en déstabilisant l’équilibre social et naturel, il n’y a donc qu’une issue : la décroissance humaine.
31.10.2005 Développement durable
Dès 1980, l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) proposait comme définition du développement durable « un développement qui tient compte de l’environnement, de l’économie et du social ». Le rapport Brundtland, document préalable au sommet de la Terre de Rio (1992) énonçait que « le développement durable est un développement qui permet de répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ». Mais ces définitions pêchent grandement car elles s’appuient sur un concept de développement qui lui-même n’est pas défini ! S’il s’agit de garder l’équilibre entre la nature et le progrès économique, faire en sorte de ne pas épuiser les richesses au point où les générations à venir n’auront plus de bois, plus de pétrole, plus d’eau potable, s’il s’agit d’équilibrer la production agricole et la démographie humaine tout en conservant une nature sauvage pour respecter la biodiversité, c’est gravement compromis par quelque développement que ce soit.
Il n’y a qu’une seule acception possible sous le terme développement, c’est celui de décroissance humaine, qu’elle soit démographique ou productive. C’est seulement à cette condition que les humains pourront s’adapter à des ressources alimentaires qui rencontrent un jour ou l’autre la loi des rendements décroissants, et cette décroissance devra être d’autant plus abrupte si on ne veut pas que les humains s’entre-tuent pour accaparer l’espace dont ils croient qu’ils sont les seuls maîtres.

– « Suite aux Etats-généraux de la décroissance équitable qui se sont déroulés le 15 octobre 2005 à Lyon en rassemblant plus de 300 personnes, le « Parti pour la décroissance » annonce sa naissance. Le mouvement pour la décroissance prend de l’ampleur dans la société et il se concentre maintenant sur son indispensable articulation politique. [etc. etc.] »
(15.10.2005 Parti pour la décroissance ?)
– « Il est né le divin’enfant, jouez hautbois, résonnez musettes ! Chantons tous son avènement. »
C’est quand même beau d’y croire.
300 personnes ! Eh ben, c’est pas avec ça qu’ON va faire la Révolution. Quoique…
– « Nous partîmes 500 ; mais par un prompt renfort, nous nous vîmes 3000 en arrivant au port. »
Eh oui, au diable le Pessimisme, il suffit juste d’y croire. Au Grand Soir et au Père Noël.
La Positive-Attitude bordel ! 🙂
(à suivre)
(suite) D’autant plus qu’il est vrai… que depuis 20 ans le mouvement pour la décroissance, à ne pas con fondre avec le Parti, pour la décroissance, a pris vachement d’ampleur.
Pour Preuve ce sondage, il n’y a pas si longtemps… qui nous « révélait » que pas moins de 70% (dans ces eaux-là) des Français étaient favorables à la décroissance.
Je suis désolé, je ne l’ai pas retrouvée, cette fumeuse étude. J’avoue ne pas trop l’avoir cherché non plus, mais je me souviens l’avoir cité plus d’une fois sur Biosphère.
De toute façon vous savez ce que j’en pense, des sondages et de l’Opinion.
Comme des petits-bourgeois qui veulent une chose et en même temps leur contraire.
– Ecologie : 61 % des Français veulent une « mise en pause » des politiques environnementales face à la crise énergétique (20minutes.fr 07/05/2026)
(à suivre)
(et fin) Quant à l’ «ampleur» du Parti, pour la Décroissance… elle se con firme de temps en temps dans les urnes. De l’ordre de 0,01 à 0,05 % … à tout péter. Misère misère !
Quant aux ventes du Journal de la joie de vive (sic)… je n’ai pas les chiffres.
Mais bon, l’espoir fait rire. La Positive-Attitude bordel !
– « Malgré l’urgence écologique, la décroissance reste un concept clivant dans le débat public français. L’étude de l’Obope révèle un paradoxe interessant : si le terme lui-même suscite méfiance et polarisation, les mesures concrètes qu’il recouvre trouvent un écho favorable dans la population. Cette dissonance interroge notre rapport collectif au changement et ouvre des perspectives inattendues pour la transition écologique. »
(La décroissance en France : le paradoxe d’un rejet sémantique et d’une adhésion pratique – par Obope – thierrysouvay.com/2024/12/04)
« En 2025, Jean remonte dans sa Prius H2 (à hydrogène), sous le regard sombre de l’automobiliste qui fait le plein d’essence alors qu’il vient d’apprendre le dernier choc pétrolier. [etc. etc.] » (LE MONDE du 13.08.2005)
Décidément, les prédictions de Madame Irma/lemonde me feront toujours bien rigoler.
Passons sur le dernier choc pétrolier, qui de toute façon n’est pas le Dernier.
En attendant, en 2026 la Prius à hydrogène se fait toujours attendre. Et à part moi, je ne connais personne qui tourne la manivelle pour baisser la vitre. Et qui n’a toujours pas de clim.
En 2026, les parcours individuels en automobile sont toujours réservés pour les besoins de première nécessité. Comme aller chercher le pain à 500 mètres, amener la marmaille à la piscine ou au cheval, aller voir l’éclipse en Espagne, et Jean Passe !
En 2005, Michel Alberganti faisait dans LE MONDE une projection pour 2025 des tendances de l’époque. Voici quelques autres éléments de son article qui nous parlent en 2026 :
Si l’on annonce aujourd’hui la fin programmée du pétrole, on sait, depuis toujours, qu’il n’est pas inépuisable. Mais les compagnies pétrolières repoussent sans cesse sa mutation.
Parallèlement à la crise pétrolière, le réchauffement fait rage. La température moyenne de la planète s’est déjà élevée de 1,5 oC par rapport à l’an 2000. A ce rythme, le réchauffement global atteindra 5 oC en 2100.
Les feux de forêt – à l’instar de ceux qui ont ravagé le Portugal en 2005 – ont déboisé les Alpes-Maritimes, le Var et les Bouches-du-Rhône tout comme les Landes, à l’ouest.
Le sud de la France ressemble de plus en plus à l’Afrique du Nord… Avec des conséquences profondes sur le tourisme. (à suivre)
(suite) Jean s’occupe de « clathrates », des hydrates de gaz qui, s’ajoutant au CO2, font peser sur la planète un risque mortel d’émission de méthane.
Il avait troqué son bon vieux diesel pour une Toyota Prius, la toute première voiture hybride lancée en France en 2004. mais le réseau de distribution du carburant « H2 » est encore embryonnaire.
La production d’hydrogène exige beaucoup d’énergie électrique. Si la surcapacité du parc nucléaire européen et, surtout, français, est un atout, il ne suffira pas longtemps.
De quoi prendre les écologistes entre deux feux. Soit polluer et contribuer au réchauffement planétaire en continuant de brûler du pétrole, soit augmenter la quantité de déchets nucléaires… Cruel dilemme. (à suivre)
(suite et fin) Le salut viendra peut-être de la maîtrise de la fusion nucléaire, sur laquelle les scientifiques travaillent à Cadarache.
Les changements climatiques ont provoqué l’extinction de nombreuses espèces animales : toutes celles qui étaient incapables de s’adapter à une transformation aussi brutale de leur écosystème.
Jean se dit que la fin annoncée des réserves d’or noir pourrait enfin provoquer un choc salutaire, une prise de conscience à la fois gouvernementale et individuelle.
Jean, qui possède une fermette près de Vézelay, est tenté par l’autoproduction.
Pour l’instant il lui faudra trouver à nouveau une pompe pour refaire le plein d’hydrogène.
https://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2005/08/02/le-plein-d-hydrogene-par-michel-alberganti_677112_3208.html
Oui bon, Michel Alberganti est certes un peu moins risible que Madame irma.
Il n’empêche que ses prédictions de 2005, pour 2025, portaient principalement sur l’Hydrogène. Et donc la fumeuse Prius H2. Tout le monde se souvient qu’à l’époque ON nous vendait l’Hydrogène comme l’énergie du futur. Et puis flop !
– Hydrogène: la fin brutale de la bulle (lopinion.fr 21 juillet 2025)
Mais bien sûr il y en a qui y croient encore.
– Hydrogène : ce que Toyota prépare pendant que les autres reculent
(futura-sciences.com – 19 septembre 2025 )
La Prius H2 n’est donc pas encore enterrée. Et la Bagnole encore moins.
ON raconte même que Toyota planche actuellement sur la Prius à Cosmogol.
Sans compter qu’à Cadarache ON est sur le point de mette au point la Fusion.
De toute façon plus ça rate et plus ON a de chances de réussir. 🙂