Nous sommes en 2026,
bientôt plus d’uranium !
5.07.2005 Du nucléaire, partout !
Sans avoir commandé de nouveaux réacteurs depuis l’accident de Three Mile Island en 1979, les USA se contentaient de leurs 103 réacteurs (21 % de l’électricité produite), mais ils comptent bientôt se rattraper pour faire de leur pays une « nation plus sûre et moins polluante ». De leur côté les Chinois envisagent 25 à 30 nouvelle centrales d’ici à 2020, l’Inde devrait décupler ses capacités et le Japon (54 centrales) en construit déjà trois supplémentaires. La France (58 réacteurs) poursuit son projet d’EPR, soumis à une enquête d’utilité publique.
La Biosphère crie au scandale, les réserves d’uranium ne couvrent que 30 à 60 années de production selon les besoins actuels, le problème des déchets radioactifs ne sont pas réglés en France (ils seront « parlementarisé » en 2006) et à plus forte raison dans les autres pays, et surtout tous les pays privilégient encore un mode de développement grand consommateur d’énergie sans s’interroger sur la finalité de la vie humaine !
11.09.2005 Un nucléaire hors de prix
La France a été contrainte d’adopter en 2002 les conventions internationales de comptabilité en matière d’énergie, ce qui a ramené la part du nucléaire à sa valeur réelle, soit 17 % (au lieu des 50 % annoncés précédemment !). De plus le coût du démantèlement est fixé de manière approximative en France alors que la Nuclear Decommissionning Authority en Grande-Bretagne a estimé plus rationnellement à 96 milliards d’euros le coût pour les 20 sites nucléaires britanniques. Si on applique cette évaluation au nucléaire français, il faudrait au moins 150 milliards d’euros. Pourtant les provisions fin 2003 (c’est à dire la somme attendue en 2040) pour le démantèlement et les déchets s’établissent à 71,4 milliards d’euros qui se répartissent entre Areva (12,3 milliards), le CEA (11,1 milliards) et EDF (48 milliards). En février 2005, même la Cour des comptes doutait qu’EDF puisse financer le démantèlement par ses propres moyens. On sait alors qui va payer, les contribuables de demain…
Bien sûr la Biosphère reconnaît qu’il y a déjà une radioactivité naturelle, mais les générations futures n’en souffriront pas. Par contre le nucléaire ne sert que les intérêts de la génération présente alors que ce sont les générations futures (et peut-être même les non-humains) qui paieront plus tard cette inconscience radioactive.
18.10.2005 Renaissance du nucléaire ?
Depuis la catastrophe de Tchernobyl en avril 1986, on n’avait plus construit de réacteur nucléaire. Aujourd’hui on a oublié l’expérience du passé (l’expérience, une lanterne que les humains ont dans le dos et qui n’éclaire que leur passé), et on croit (la foi, autre caractéristique du cerveau humain), qu’il est absolument indispensable de lutter contre l’effet de serre en construisant de nouvelles centrales. Le premier pays à se lancer dans l’aventure est la Finlande qui a officiellement mis en chantier un EPR (European pressurized reactor) le 12 septembre dernier (mise en service en 2009). Dans trois ans ce sera au tour de la France de commencer à construire un EPR à Flamanville. Pourtant le parlement finlandais avait repoussé en 1993 toute idée d’un cinquième réacteur nucléaire, il ne l’a accepté en 2002 que par 107 voix « pour » et 92 « contre », soit une majorité de 54 % seulement. Pourtant en France, selon le comité des sages issu du débat national sur l’énergie, l’urgence d’une nouvelle construction de réacteur n’était pas clairement démontrée.
La Biosphère sait qu’il faut des centaines d’années de réajustements itératifs pour trouver un équilibre précaire dans un écosystème, les humains croient qu’ils peuvent tout faire dans l’immédiat alors qu’ils ont très peu de réserves d’uranium et que le problème des déchets nucléaires n’est pas encore résolu !
19.10.2005 Sortir du nucléaire fusionnel (n° 28)
Ainsi parlait le physicien et ancien ministre français de l’éducation Cl.Allègre : « Les hommes politiques, fiers, ignorants et naïfs, sont persuadés qu’Iter (International thermonuclear ractor) va leur apporter richesse, prospérité et prestige ! Malheureusement rien de tout cela ne se produira : Iter saignera à blanc les collectivités locales et affaiblira un peu plus le budget de la recherche française. Iter est encore un de ces projets de prestige qui ont, dans le passé, épuisé les finances de notre recherche : ce fut d’abord la télévision haute définition, ensuite la construction du grand accélérateur d’ions lourds, puis les vols habités dans l’espace et enfin, la Station spatiale internationale. Résultats pour la science ? Rien ou presque. Si on sait réaliser la fusion de manière explosive, on ne sait pas la contrôler et, depuis quarante ans, on tourne en rond. Des projets comme Iter, on en a installé à Princeton, puis en Grande-Bretagne, mais on n’a jamais vraiment progressé : Iter n’est qu’un engin destiné à la recherche fondamentale ».
La Biosphère en a marre de toutes ces inventions humaine réalisées ou en projet qui veulent donner aux humains toujours plus de puissance alors qu’ils savent si mal maîtriser celles qu’ils ont déjà libéré !
20.10.2005 Criirad (commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité)
En France, la dernière mine d’uranium a fermé ses portes en 2001. L’extraction de ce minerai consiste à remonter en surface des millions de tonnes de roche, par exemple 57 millions de tonnes rien que pour le Limousin. Ces roches sont systématiquement triées au compteur Geiger pour les mettre de côté quand la teneur en uranium est faible. Malheureusement la radioactivité de ces « stériles » peut être dix à cent fois plus élevé que celle des sols naturels : en Limousin, 100 fois l’activité moyenne de l’écorce terrestre et 20 fois celle d’un granite. Ces stériles amoncelées en verses posent problème dans la mesure où les eaux de ruissellement se chargent en uranium, à plus forte raison quand elle sont utilisées comme remblais ou même base de loisirs. L’Unscear estimait en 1993 qu’à l’échelle mondiale, l’extraction de l’uranium représentait 47 % de la dose collective de radiations liée à l’ensemble de la filière de production d’énergie électronucléaire.
Ce n’est pas parce qu’on extrait maintenant l’uranium dans des pays éloignés comme le Niger que l’activisme français doit ignorer les risques de l’énergie nucléaire : d’ailleurs dans la Biosphère, il n’y a pas normalement besoin d’électricité, si ce n’est quelque coups de foudre de temps en temps !
21.10.2005 Relance du nucléaire ?
La groupe français Areva a créé une société commune avec la compagnie d’électricité américaine Constellation dans le but explicite de construire aux USA quatre réacteurs nucléaire EPR. Depuis 1978, aucune tranche n’avait été commandé aux USA. En effet l’opinion publique avait été marquée par l’accident dans la centrale de Three Mile Island (Pennsylvanie) en mars 1979 et par la catastrophe de Tchernobyl en avril 1986. De toute façon le pays possède déjà un parc de 104 réacteur assurant 21 % de sa production électrique, mais G.Bush veut maintenant aller au-delà et plaide : « Plus d’énergie nucléaire rendra notre nation plus sûre et moins polluante. Il est temps pour ce pays de commencer à nouveau à construire des centrales nucléaires (discours du 22 juin 2005) ».
La Biosphère sait qu’il faut des centaines d’années de réajustements itératifs pour trouver un équilibre précaire dans un écosystème, pourtant les humains croient qu’ils peuvent tout faire dans l’immédiat alors qu’ils ont très peu de réserves d’uranium et que le problème des déchets nucléaires n’est pas encore résolu !
24.10.2005 Des déchets nucléaires pour les générations futures
Pour F.Loos, ministre délégué à l’industrie, un projet de loi sur les déchets nucléaires sera examiné par le Parlement dès le 2ème trimestre 2006. Selon lui, la faisabilité du stockage réversible en couche géologique profonde est établie et il attend une unanimité parlementaire sur cette question comme lors de la loi Bataille du 30 décembre 1991 : celle-ci prévoyait de ne pas discuter des déchets puisqu’on en reparlerait 15 ans après, en 2006 donc ! Contre cet optimisme béat, il faut noter que l’entreposage de longue durée en surface ne pourra être poursuivi très longtemps d’une part, que séparation et transmutation nécessitent encore quelques décennies de recherche pour un résultat incertain d’autre part. Reste l’enfouissement dans de l’argile à Bure, site dont l’évaluation officielle n’est pas encore terminée… Alors le gouvernement cache son impuissance derrière un prétendu « débat public » qui a débuté en septembre 2005 pour s’achever le 13 janvier 2006. Dans ce contexte défavorable à la poursuite du nucléaire civil, EDF et le gouvernement ont pourtant décidé de la prochaine construction d’un réacteur EPR : le lobbying pro-nucléaire continue d’imposer ses choix « réalistes » qui vont aggraver un niveau de radiation perturbateur de la vie terrestre pendant des siècles et des siècles.
Alors que la question des déchets nucléaires n’est pas encore résolue, la Biosphère juge cette attitude irresponsable.

Depuis 2005 … quoi de neuf Docteur ?
Rien du tout, si ce n’est en pire, diront les Pessimistes !
De leur côté les Optimistes nous chanteront les louanges de l’Atome Presque Propre.
De la Bagnole qui n’a jamais été aussi verte et patati et patata.
Ceux qui lisent La Décroissance (éditée depuis mars 2004) connaissent évidemment la chronique antinucléaire de Stéphane Lhomme. Régulièrement ils sont donc informés de la mort lente de cette saloperie. Mais bon, qui lit ce journal… de la joie de vivre ?
Une petite poignée de sales gauchos, bien sûr ! 🙂
Hier, sur l’article précédent, Monsieur Barthès (2 août 2026 à 15:50) nous proposait, je cite… de dénoncer les délires climatiques de l’extrême gauche ! Qui, via Les Verts… s’attaque en priorité à la seule façon de produire de l’électricité qui n’émet presque pas de CO2 (fin de citation). Autrement dit, à bas l’Extrême Gauche et vive le Nucléaire ! Rappelons que Monsieur Barthès déteste les Rouges, notamment ceux qui dénoncent ses délires. C’est viscéral. Et qu’il n’aime pas trop non plus les Verts, qu’il trouve trop rouges. Trop natalistes, trop anticapitalistes, trop antinukes, trop wokes etc. etc. Monsieur Barthès aime l’Ordre Établi, le Capital, le Nucléaire, le Tour de France, les lions et les mammouths et j’en passe. Sans oublier les curés. C’est comme ça, de toute façon des goûts et des couleurs ON ne discute pas ! Bref, j’ai hâte de voir (lire) ce qu’il va bien pouvoir nous sortir, comme délire, pour nous « démontrer » que les Gauchos sont mille fois plus dangereux que les centrales presque propres.
– « Depuis la création d’EDF en 1946, présentée de façon indue comme un service public, les projets de construction des centrales de production d’électricité et les moyens de l’acheminer ont toujours été conçus pour servir d’abord le grand patronat. [etc.] »
(La relance du nucléaire – lutte-ouvriere.org)
– « Le NPA a élaboré un scénario d’arrêt du nucléaire : d’abord en finir avec le gaspillage, réduire la consommation électrique et satisfaire les besoins réels, tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre. Une démarche logique, avec des arguments difficilement contestables, en liant les questions environnementales aux questions sociales, seule façon réaliste d’être antinucléaire. Démonstration. [etc.] »
(npa-lanticapitaliste.org/arguments/ecologie/notre-programme-pour-sortir-du-nucleaire)
– Le point de vue De La France insoumise (debatpublic.fr)
Si vous considérez d’avance que ce que je peux écrire sont des délires, il me semble bien inutile de me donner du mal à les détailler.
Vous pouvez donc continuer le matin à honnir le nucléaire et à discréditer cette source d’énergie qui émet très peu de CO2 et continuer l’après-midi à déplorer le réchauffement climatique.
C’est la logique des Verts, celle qui fait que malgré la gravité des problèmes écologiques les gens se détournent de l’écologie. Beau résultat !
Ce matin j’ai mis un commentaire intitulé “Les gauchos et le nucléaire“ (il est actuellement bloqué), qui devrait vous donner un avant goût des positions de LO, du NPA et de LFI… sur la question du nucléaire. Vous noterez déjà qu’ON peut très bien être anti-nucléaire ET (en même temps) proposer des solutions (un plan, une stratégie) pour en sortir. Et qu’il n’y a donc rien de ridicule à honnir cette source d’énergie qui, selon vous, émet très peu de CO2. La bonne blague !
Quant à tous ces gens… qui se détournent de l’écologie (sic), de la vraie bien sûr… je vous ai déjà dit X fois ce que j’en pensais. Les raisons etc.
À savoir, déjà, que l’écologie ne veut plus rien dire, qu’elle est désormais une marie-couche-toi-là, que même les plus pourris se veulent écolos etc. etc.
Ensuite que les gens… se sont salement embourgeoisés. Mais ça chuuuttt… faut pas le dire ! Que voulez-vous… les gens votent, alors il ne faut surtout pas les froisser. Logique donc.
Mais si encore ils n’étaient qu’embourgeoisés…
En plus, et en même temps, ils sont morts de trouille. Beau résultat !