Nous sommes en 2026,
guerres, famines et épidémies…
26.04.2005 Conflit de régulation
La Biosphère est un système autorégulé de mécanismes interdépendants qui assurent sa reproduction évolutive dans le temps. Le marché est un mécanisme autorégulé qui assure la reproduction de la force de travail et l’accumulation du capital. Mais le marché a aussi transformé le travail en marchandise au XIXe siècle, puis aujourd’hui la personne toute entière, soumise à la société programmée et maintenant la Biosphère, c’est à dire tous les écosystèmes et leur biotope : même l’eau, source de vie, est devenue un bien marchand. Les cycles de l’eau, de l’air et de la terre sont profondément perturbés par l’activité humaine, les deux systèmes de régulation entrent donc en conflit, ce qui se manifeste pour les humains (comme pour les non-humains) par le stress hydrique, le réchauffement climatique et la perte de biodiversité.
Les générations futures ne peuvent sortir vainqueur de ce combat inégal entre le marché libéral et la Biosphère !
16.07.2005 Péril en la demeure
Les humains ont déjà beaucoup de raison d’être inquiets. Il y a les problèmes de l’environnement (réchauffement climatique, perte de biodiversité, épuisement des ressources halieutiques, pollution des sols et des mers, déforestation, pénurie d’eau douce). Il y a aussi les problèmes strictement humains comme la pauvreté, le manque d’éducation, le terrorisme, les pandémies, les catastrophes naturelles. Face à cela, il y a l’insuffisance des règles, qu’elles soient fiscales, monétaires, bioéthiques, policière, commerciales ou canalisant les migrations.
Mais cette liste n’est pas complète, cinq grandes vagues de menace arrivent à l’horizon :
-
-
Le vieillissement qui creuse déjà des dette énormes et annonce des conflits intergénérationnels.
-
Une nouvelle division internationale du travail qui repose sur les délocalisations tous azimuts.
-
Le coût du pétrole et une probable pétrole-apocalypse à venir avec un chômage en conséquence.
-
Une géopolitique où s’affronteront les blocs américains, européens et chinois (entre autres !)
-
La montée des idéologies de repli identitaire ou religieux à la mesure d’un stress croissant.
-
La Biosphère se demande encore pourquoi les humains ne réagissent pas !
17.09.2005 Alliance des dealers
Le partenariat de la formule 1 avec le milieu des cigarettiers est taboue, secret, impossible à chiffrer. Malgré l’importance des sommes financières en jeu, rien ne filtre, on peut seulement évaluer approximativement au tiers des budgets annuels la subvention qu’attribue les vendeurs de drogue aux profiteurs du sport automobile. Il est vrai qu’une course de formule 1 « rassemble » 150 millions de spectateurs, l’alliance Tabac-Auto-Médias est donc totale. Les opérations de lobbying sont ainsi à l’œuvre : la Fédération internationale n’a pas hésité en 2003 à supprimer du calendrier le Grand prix de Belgique, ce pays ayant décidé d’appliquer par avance la directive européenne interdisant la publicité et le parrainage des manifestations sportives par les marques de tabac. Des pays comme l’Allemagne et l’Espagne traînent encore les pieds pour transposer cette directive européenne pourtant entrée en vigueur le 30 juillet dernier.
Les humains sont trop imprégnés de leurs petits plaisirs frelatés « offerts » par le système thermo-industriel : ils ne peuvent se réveiller, encore moins penser à la Terre, à l’Air et à la Mer. Ce n’est pas durable.
20.12.2005 Histoire de la folie
On a beaucoup discuté au cours de l’année 2005 à propos de l’entrée de la Turquie dans l’UE, on n’est jamais rentré au cœur des choses. Il faut constater que les manuels turcs officiels dans les établissements scolaires ne consacrent que 10 % à l’histoire mondiale et tout le reste à l’histoire turque. Le succès des livres plus « ouverts » reste limité aux lycées d’élite et au nombre de voyages à l’étranger faits par les enseignants. La question arménienne en particulier est complètement ignorée de l’opinion publique turque pour la bonne raison qu’on n’en parle jamais et surtout pas dans les manuels scolaires. Mais la Turquie n’est pas une exception, il faut noter que l’éducation en Europe reste officiellement à l’entière discrétion de chaque Etat-membre : une mémoire orientée n’est donc pas seulement la spécialité des systèmes autocratiques qui prétendent soumettre les faits à leur propre conception. Les historiens sont en effet pour la plupart des nationaux, défenseurs acharnés d’un fragment de terre unique. L’histoire enseignée à l’école de tous les pays offre peu d’ouverture sur le monde, très peu d’ouverture sur la science, encore moins d’ouverture sur ce qui n’est pas humain : dans les écoles élémentaires françaises, deux explorateurs et deux savants seulement, mais par contre deux ministres, six militaires et dix monarques ; seulement deux non-Français dans cette liste, Christophe Colomb et Jules César. Le choc des nations est une construction historique. Pourtant l’ histoire humaine n’est pas celles des ethnies particulières, même pas celle des hominidés, elle est aussi ce qui récuse toute forme d’ethnocentrisme pour se centrer sur les relations de l’humanité et de la Biosphère. Ce qui importe, ce sont les histoires des déséquilibres que les pratiques agro-industrielles ont entraîné dans le passé comme dans le présent et les perspectives d’avenir souhaitable pour les générations suivantes comme pour les non-humains.
L’histoire formate l’esprit humain, l’idéologie du territoire national doit laisser place au sens du biotope. Les écoliers ne doivent plus apprendre le temps des Capétiens qui défendent leur royaume contre ses voisins (histoire inversée chez les autres pays concernés), mais le niveau de respect des forêts et des autres espèces qu’on pouvait avoir à l’époque. Tu dois cultiver la compréhension de tes semblables les homo sapiens, mais surtout retrouver tes racines dans la Nature.
23.12.2005 L’inégalité généralisée
Le rapport 2005 du Fonds des Nations unies pour la population indique que l’inégalité des sexes est encore flagrante dans l’accès à l’école, 600 millions de femmes analphabètes contre 320 millions d’hommes. Pourtant ce sont les femmes qui fournissent plus de 60 % de la production vivrière, qui ramassent le bois ou font la corvée d’eau ; mais elles n’en reçoivent qu’une reconnaissance infime de la part des hommes. En effet une femme sur cinq sera au cours de sa vie victime de viol ou d’une tentative, la violence des hommes tue ou rend infirme, le trafic des être humains est en train de dépasser en importance la contrebande de drogues. Comment espérer dans une société qui ne reconnaît pas l’égalité des sexes même dans le couple, comment faire comprendre à tous qu’il y a unicité de l’espèce humaine au delà des différences physiques secondaires ou des différenciations ethniques, comme passer de la compassion entre êtres humains à la conscience de l’harmonie nécessaire entre les humains et les non humains !
Refusez d’être uniquement des enfants de votre groupe d’appartenance, repoussez le conditionnement de votre culture particulière si elle cultive les antagonismes avec les autres humains et l’indifférence vis-à-vis de la Nature, devenez des frères et des sœurs de toutes les autres formes vivantes (même celles dont a besoin votre processus vital).
24.12.2005 La banalité du mal
Contre les sociétés traditionnelles, le monde occidental a prôné l’égalité, mais il sécrète pourtant le même respect sacralisé de la hiérarchie. Le XXe siècle a amplement démontré la facilité avec laquelle une personne normale peut se transformer en criminels en série, il suffit pour abandonner son sens moral de s’en remettre à une autorité exigeant de lui des comportements destructeurs, que ce soit au nom de l’ethnie, de la religion ou de l’idéologie. L’analyse de ce processus a eu lieu dans un laboratoire de psychologie : un américain moyen recruté par petites annonces est prié, dans le cadre de prétendues recherches sur la mémoire, d’infliger à un élève des punitions de plus en plus sévère grâce à des décharges électriques allant de 15 à 450 volts. Un acteur professionnel tient le rôle de « l’élève » : il gémit à 75 volts, il supplie qu’on le libère à 110 volts, à 286 volts, sa seule réaction est un cri d’agonie. Près des deux tiers des individus administrèrent pourtant les chocs les plus élevés, non pour assouvir des tendances particulièrement agressives, mais parce que l’idée qu’ils avaient de leurs obligations les y contraignait moralement. L’initiateur de cette expérience, Stanley Milgram, note : « Ils étaient tellement absorbés par les aspects techniques de leur tâche et tellement soucieux de se montrer dignes de ce que l’autorité attendait d’eux que l’aspect inhumain et odieux de l’expérience leur échappait. » Ce test de Milgram montre que la clef de notre comportement n’est pas à chercher dans un sadisme latent, mais dans notre soumission à l’autorité même dans une société comme les Etats-Unis qui a vécu pleinement la démocratie dès le XIXe siècle tout en déniant aux noirs l’exercice de leurs droits civiques.
Cette sauvagerie du respect absolu des règles se retrouve dans l’idolâtrie de la croissance économique qui transforme tout travailleur en consommateur effréné destructeur des équilibres de la Biosphère. L’exercice de l’écocitoyenneté passe donc par un processus de ré-éducation permanente qui combat un processus de soumission à l’ordre marchand. Il n’est pas besoin d’être un héros pour pratiquer la simplicité volontaire…

Face à l’effondrement en cours, voici mon conseil :
En plein chaos de l’été 2026, la France qui veut voir l’éclipse solaire a envie de beauté ce soir. Observer la beauté de l’occultation du Soleil par la Lune est l’occasion de renouer avec l’émerveillement de l’enfant qui est en nous devant les mystères de l’univers et d’un temps de recul pour penser – peut-être – à la Terre, au devenir du vivant, à celui de l’humanité dans un moment où nous sommes plus que jamais confrontés à la fragilité physique et à une angoisse existentielle.
On manque de lunettes ? Comme dans bien d’autres domaines, la solution face à la pénurie et au manque d’anticipation, c’est le système D et les low-tech, grâce aux nombreux tutos sur internet…
D’accord avec vous.