Nos écrits en 2005 sur les cinglés français

Nous sommes en 2026

et Macron a dissous l’assemblée !

02.05.2004 Un don de la terre, l’amiante

L’amiante est un minéral magique, une fibre ignifuge qui a été utilisé dans les plafonds, les parois isolantes, les dalles de sol… de presque la moitié des 30 millions de logements français. On s’en servait pour fabriquer les grille-pains et les freins de voiture, un véritable miracle mis à disposition des humains par la Nature. Mais ce produit a été classé cancérigène en 1977 et les travailleurs de l’amiante meurent de nos jours dans les souffrances atroces du cancer de la plèvre. Il faut dire que le complexe politico-affairiste a tout fait pour que les mesures de protection interviennent le plus tard possible. Mais là n’est plus le problème principal car à l’amiante succède bien d’autres périls. Ainsi faudrait-il s’interroger sur les produits de consommation courante, issus de l’emprise de la chimie sur les activités humaines, qui ont été déclaré inoffensif aujourd’hui faute d’analyse suffisante ou de non-transparence des analyses, et qui demain seront déclarés destructeurs.

Le programme européen REACH (Registration, Evaluation, Authorization of CHemicals) n’est pas encore en application, tout juste en début de discussion ! Les humains risquent de s’empoisonner encore plus vite qu’ils n’empoisonnent la Biosphère !

22.05.2005 Misère de la philosophie

Paul Ricoeur vient de mourir à 92 ans en laissant une œuvre tellement ambitieuse qu’il suffit d’en retenir quelques mots : « Jusqu’à présent, on considérait quelqu’un comme responsable seulement d’actes passés dont il était reconnu être l’auteur. Hans Jonas conçoit au contraire une responsabilité tournée vers le futur lointain, quelque chose nous est confié qui est essentiellement fragile. Il peut s’agir de la vie ou de l’équilibre de la planète » .

On s’attendrait alors à de vastes analyses philosophiques sur l’incertitude de l’action humaine en matière écologique, que nenni : Paul Ricoeur s’intéresse immédiatement après à la survie de la Cité, cette enceinte politique qui n’envisage que l’actuel présent.

23.07.2005 Rainbow Warrior

L’épisode du sabordage en 1985 du bateau de l’association Greenpeace « Rainbow Warrior » par ordre du président Mitterrand est révélateur. Au lieu de se solidariser avec les militants de Greenpeace (dont un journaliste mort), les Français ont soutenu la politique de dissuasion nucléaire de leur gouvernement : que Greenpeace se contente de sauver les baleines ! Les bureaux de Greenpeace-France ont fermé en 1987 faute d’adhérents pour ne rouvrir qu’en 1990. L’Allemagne de son côté a renoncé à se doter de la bombe atomique dès les années 1950 et Greenpeace est perçu comme agissant pour le bien de l’humanité. Alors que la France possède maintenant du nucléaire civil à haute dose, l’Allemagne s’est engagé en 1998 de sortir du nucléaire au profit d’énergies alternatives ou renouvelables. Greenpeace n’a donc aujourd’hui que 25 000 adhérents en France, plus de 600 000 en Allemagne.

La Biosphère nous dit : « Ils sont fous ces Français ! »

25.09.2005 Des députés à la merci des lobbies

Un amendement adopté mi-octobre par les députés avec le soutien du gouvernement crée un Conseil de modération et de prévention qui pourra « modérer les campagnes de prévention » contre l’alcoolisme comme se félicite le député UMP Ph.A.Martin, coauteur d’un Livre blanc. Cet amendement voté par les députés toutes étiquette confondues met sous tutelle la santé publique alors que l’alcoolisme entraîne 45 000 décès annuels en France et expose 5 millions de personnes à des difficultés médicales, psychologiques et médico-sociales. Le lobby agricole a gagné contre la protection de la santé publique, alors pourquoi pas demain un « conseil de modération » permettant à l’industrie agroalimentaire de contrôler aussi les campagnes de lutte contre l’obésité ? Comme disent les humains, la démocratie est la pire des choses, mais tous les autres systèmes politiques sont bien pires.

Si les députés étaient en phase avec la Biosphère, ils détermineraient ce que la terre peut offrir durablement, et s’apercevraient que vignerons et distilleries sont de trop. En effet les vignes empiètent tant sur les autres cultures que sur l’espace nécessaire pour assurer la biodiversité. La voie de l’accomplissement, c’est de constater que l’alcool n’apporte rien aux humains et enlève à d’autres, les non-humains.

14.11.2005 Feux de voitures !

Ce n’est pas nouveau, il remonte au début des années 1990 et a longtemps été associé à la ville de Strasbourg : on transforme le véhicule en torche et on contemple les résultats à la télé. Mais l’année 2005 bat les records, 28 000 voitures incendiés depuis janvier et les dernières nuits parmi les plus chaudes décomptent les feux de voitures par centaines en France. Les évènements de ces derniers jours ne sont donc qu’une exaspération d’un phénomène qui prenait déjà de l’ampleur. Pourtant les véhicules qui partent en fumée ne sont le plus souvent que les moyens de déplacement de gens modestes, on est loin des autos renversées pour nourrir les barricades de mai 1968, on est très loin de contester la société de consommation puisqu’on bénéficie au contraire de ses illusions, même s’il s’agit de se payer la BMW avec un petit trafic de cannabis. Ces jeunes des banlieues sont à mille lieux de s’apercevoir de leur aliénation dans une société formatée par l’industrie automobile et celle du spectacle médiatique, ils sont très loin de calculer la disvaleur des bagnoles en termes d’émission de CO2 par kilomètre parcouru.

Si tous ces jeunes étaient conscients des enjeux, ils commenceraient par faire brûler les 4X4, et si la leçon ne suffisait pas, tous les véhicules à plus de 130 grammes de CO2 par kilomètre. Alors là tout changerait et la Biosphère commencerait à respirer : on peut toujours rêver, n’est-ce pas ?

25.12.2005 Champion d’Europe du médicament

L’acte médical devrait rester une relation interindividuelle aidée par la technique et non l’inverse. Avec 30 milliards d’euros de dépenses, la France demeure pourtant le premier pays prescripteur de médicaments en Europe. Les Français ne consultent les médecins guère plus que les autres, mais 90 % des visites se concluent par la délivrance d’une ordonnance contre 83 % en Espagne, 72 % en Allemagne et 43 % aux Pays-Bas. Paradoxalement 80 % des Français interrogés considèrent qu’une consultation ne doit pas forcément se terminer par la délivrance de médicaments : on attend du praticien qu’il explique ce dont on souffre, qu’il fasse preuve d’une bonne écoute et donne des conseils utiles. Explication de cette contradiction, si beaucoup de médecins croient que le patient attend des médicaments, c’est parce qu’ils ont été formés au curatif au détriment du préventif, parce qu’il ont été formatés par l’industrie pharmaceutique à prescrire le remède miracle. Il y a maintenant près de 7000 marques qui se font concurrence alors que la dénomination commune internationale (DPI), l’espéranto du médicament, ne compte que 1700 substances thérapeutiques. Une commission de la transparence en France a évalué 1100 médicaments ordinaires : un quart n’avait pas fait la preuve de son efficacité. Bien plus, les médicaments sont sommés aujourd’hui d’améliorer le bien-être de gens qui ne sont pas malades, que ce soit pour maigrir ou pour faire l’amour. Dans le même temps les pays pauvres sont ignorés des laboratoires pharmaceutiques. En fait les humains peuvent faire de la bonne médecine avec trente médicaments seulement, la volonté de décroissance humaine passe aussi par l’acceptation de la maladie et de la mort.

Pour la Biosphère, si tu es raisonnable, tu ne désires que des médicaments génériques, si tu deviens un sage tu limites l’usage de médicaments, quand tu es proche de la perfection tu laisses ton corps se soigner par ses propres moyens.

30.12.2005 Les der des der !

Sur les 18 millions de combattants français de 14-18, il ne sont plus officiellement que six poilus encore vivants au 11 novembre 2005. Louis de Cazenave s’exclame à l’âge de 108 ans sur la guerre qu’il a pratiquée: « Hay, hay, hay ! Un truc absurde, inutile ! A quoi ça sert de massacrer des gens ? Rien ne peut le justifier, rien ! La gloire, l’héroïsme, c’est de la fumisterie… Le patriotisme, un moyen de vous faire gober n’importe quoi ! » Giustino Tuveri a été blessé à la jambe, puis au dos. Ce jour-là dans le Chemin des Dames il était parmi les 800 hommes qui sont partis à l’assaut, il y a eu 19 survivants. On lui a extrait une balle sans anesthésie et il a toujours dans l’oreille le bruit du scalpel qui coupait la chair. Ferdinand Gilson parle encore couramment l’Allemand à 107 ans, une langue apprise avant 1914 : «  « Ce peuple m’a toujours intéressé. L’amitié entre nos deux pays, l’Europe sont la plus belle choses du XXe siècle avec le jour où l’homme a marché sur la lune. »

La Biosphère s’étonnera toujours de l’aptitude des humains à se faire des guerres inutiles, mais elle espère que la construction pacifique de l’Europe permettra un jour d’aller beaucoup plus loin que l’établissement de la paix entre européens, qu’elle permettra aussi aux humains de faire la paix avec la Nature. Le chemin est incertain, les Français ont même rejeté par référendum du 29 mai 2005 l’approfondissement de l’Union européenne grâce à une Constitution…

4 réflexions sur “Nos écrits en 2005 sur les cinglés français”

  1. Parti d'en rire

    Les Ricains, les Chinois, aujourd’hui les Français ! Et ON pourrait tous les y passer.
    Décidément, la Planète entière est (sur)peuplée de cinglés. Misère misère !

  2. esprit critique

    – « Jusqu’à présent, on considérait quelqu’un comme responsable seulement d’actes passés dont il était reconnu être l’auteur. Hans Jonas conçoit au contraire une responsabilité tournée vers le futur lointain, quelque chose nous est confié qui est essentiellement fragile. Il peut s’agir de la vie ou de l’équilibre de la planète »
    (Paul Ricoeur – 22.05.2005 Misère de la philosophie)

    C’est vrai que tout fout le camp, même la philosophie. Misère misère !
    Comment pourrait-ON être responsable d’un acte dont ON n’est pas l’auteur ?
    Ou d’un acte qu’ON n’a pas, encore… commis.
    – Corrigés du bac philo – filière générale : “Sommes-nous responsables de l’avenir ?” (philomag.com 17 juin 2021)

    1. Misère de la pensée

      – « On s’attendrait alors à de vastes analyses philosophiques sur l’incertitude de l’action humaine en matière écologique, que nenni : Paul Ricoeur s’intéresse immédiatement après à la survie de la Cité, cette enceinte politique qui n’envisage que l’actuel présent. »
      (22.05.2005 Misère de la philosophie)

      Biosphère reproche donc à Paul Ricoeur de ne pas penser plus loin…
      Plus loin qu’à la survie de la Cité. Paul Ricoeur était-il alors aussi nul que ça ?
      – Un entretien avec Paul Ricoeur  » La Cité est fondamentalement périssable. Sa survie dépend de nous  » (Le Monde – Publié le 29 octobre 1991)

  3. Nous sommes en 2026 et en Afghanistan règnent les cinglés. Des règles aussi absurdes qu’injustes instituées par les talibans menacent à court terme la viabilité du système de santé afghan. La plus stupéfiante mesure, à effet immédiat, a glacé des milliers d’étudiantes en décembre 2024 : toutes les formations dans le domaine de la santé (jusqu’alors préservé) étaient désormais fermées aux femmes.
    Absurde contradiction : les normes culturelles exigent que les femmes ne soient soignées que par des femmes, a fortiori en médecine reproductive, mais si l’on ne forme plus de médecins femmes, ni d’infirmières, ni de sages-femmes, il n’y aura plus personne pour mettre au monde les fils des talibans… Mais quand les talibans arrivent à l’hôpital avec leur épouse, ils exigent immédiatement une médecin femme et se fichent qu’il n’y en ait plus dans le reste de l’Afghanistan !
    Nous sommes en 2026, les cinglés sont partout, talibans, trumpistes, poutiniens, etc, etc.

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