Nous sommes en 2026
et la boulimie fossile perdure
24.03.2005 Plus d’éoliennes, moins de routes
« Elles sont disproportionnées par rapport à la taille des paysages, elles accaparent le regard, elles font le paysage ». On pourrait croire que c’est une condamnation sans appel des autoroutes, mais il s’agit en fait d’une diatribe contre les éoliennes. Les humains sont de drôles d’oiseau qui peuvent voir le bien là où il y a le mal et réciproquement.
Toutes ces associations du type « Vent de colère » anti-éolien sont-elles composées d’ascètes contre l’utilisation de l’électricité ou d’admirateurs de l’insertion harmonieuse des centrales nucléaires dans les paysages ?
04.04.2005 Fantastique recherche
La cuisine au feu de bois fait mourir prématurément des suites de troubles respiratoires. Les chercheurs américains recommandent donc de remplacer le bois par des combustibles dérivés du pétrole ou du gaz. Mais la population concernée n’est pas solvable, et le pétrole commence à manquer. Il faudrait alors passer au charbon de bois alors que celui-ci consomme trois fois plus de bois sur pied pour répondre au même besoin et que la déforestation sévit déjà dans les pays qui cuisinent au feu de bois.
Quand la Biosphère est épuisée, l’Humanité a le choix entre Charybde ou Scylla !
15.04.2005 Droit de propriété !
Le Japon vient d’accorder des droits de forage en mer de Chine, zone dont la souveraineté est contestée par Pékin. Il est en effet impératif pour les deux pays de s’approprier une ressource énergétique dont leur croissance a impérativement besoin, et la Chine encore plus que le Japon. Ce faits divers pose le problème plus fondamental du droit de propriété : à qui appartient le pétrole ou le gaz ? On peut répondre comme le Japon et la Chine par le droit de la souveraineté nationale. On pourrait aussi argumenter sur les besoins des pays occidentaux et des pays émergents. Si on est encore plus altruiste, on envisagerait les besoins des pays pauvres qui se chauffent encore au feu de bois ou même à la bouse de vache. Mais si on à l’attitude « développement durable », il faudrait surtout penser aux générations futures.
Alors, si on donnait un droit de vote à tous ceux qui vont naître demain et après-demain, les humains se rendraient compte qu’il faudrait laisser en l’état toutes les ressources non renouvelables : elles n’appartiennent qu’à elles-mêmes. D’accord ?
20.05.2005 Biocarburants
Le gouvernement a décidé d’accorder des agréments assortis de déduction fiscales pour la construction de six usines de biocarburants, la moitié pour le diester et l’autre pour l’éthanol. L’objectif est d’aboutir à 5,75 % de biocarburants à l’horizon 2010. Des experts ont calculé que pour remplacer intégralement le pétrole et le gaz naturel par du biocarburant issu de la betterave, il faudrait y affecter 23 % du territoire français. Si l’on ajoute les intermédiaires consommés pour l’engrais, la culture et la récolte, le processus de broyage purification et distillation, ce pourcentage dépasserait 120 %.
Après les ressources fossiles, il n’y a pas grand chose et il sera bientôt trop tard pour s’en apercevoir !
03.10.2005 La voiture à hydrogène
Le véhicule démarre dans un silence étrange ; c’est un des huit bus à hydrogène qui baladaient les touristes sur le site de l’Exposition universelle au Japon. L’engin peut atteindre 80 km/h pour une autonomie de 350 km avec un peu d’eau tiède qui tombe du pot d’échappement. Son moteur est une pile à combustible qui produit de l’énergie électrique grâce à une réaction chimique entre l’hydrogène emmagasiné et l’oxygène prélevé dans l’air ambiant. Mais produire de l’hydrogène nécessite beaucoup de CO2. Quand on évalue le cycle de vie d’un véhicule depuis sa production jusqu’à sa destruction en passant par son utilisation, on s’aperçoit que le véhicule à hydrogène n’a pas encore un effet décisif sur la production de gaz carbonique : là où un véhicule à essence génère un indice 1 de CO2, un véhicule à hydrogène représente encore un indice 0,8.
La Biosphère savait déjà que les humains n’auraient jamais du se déplacer autrement qu’à pied, ils sont déjà suffisamment doués naturellement pour être des coureurs rapides et endurants ou des marcheurs infatigables…
27.11.2005 Les inconvénients des avantages
Après le bois qui ne suffit plus, le charbon puis le pétrole… et avec l’épuisement des ressources fossiles, on pense retourner au bois ! Déjà les quelque 14 millions d’hectares de forêt en France fournissent, indépendamment du bois d’œuvre et de la pâte à papier, de l’ordre de 9,3 millions de tonnes équivalent pétrole d’énergie, à comparer à la consommation totale du pays qui est de 267 Mtep. Mais la combustion du bois est aussi source de pollution. Dans la fumée, il y a des particules fines qui peuvent entraîner des problèmes respiratoires quand elles sont inhalées, du monoxyde de carbone qui réduit la capacité du sang à fournir l’oxygène aux tissus, des oxydes d’azote qui réduisent la résistance des poumons aux infections, dioxine et furane dont certains sont cancérigènes. Une combustion imparfaite du bois peut même dégager des composés organiques volatils dont le benzène qui est aussi carcinogène. Une pyrolyse dans de grosses unités de production peut réduire une partie de ses rejets, il en restera toujours quelque chose dans nos poumons ou nos assiettes. De toute façon la combustion du bois et les feux de forêts ne sont pas la destination naturelle des processus vitaux, c’est par la décomposition qu’il y a recyclage performant et échec à l’entropie (c’est-à-dire dégradation de l’énergie).
En effet la Biosphère a besoin de la décomposition du bois pour reconstituer sa biomasse et permettre la diversité du vivant, il n’y a pas que l’énergie à l’usage des humains qui importe !

– « […] De toute façon la combustion du bois et les feux de forêts ne sont pas la destination naturelle des processus vitaux, c’est par la décomposition qu’il y a recyclage performant et échec à l’entropie » (Biosphère 27.11.2005 Les inconvénients des avantages)
– « Les incendies de forêt, considérés généralement comme destructeurs, ont un impact complexe sur l’environnement. S’ils peuvent causer des destructions immédiates et des pertes en biodiversité, ils jouent aussi un rôle naturel dans le renouvellement des écosystèmes. »
(Les incendies sont-il bons ou mauvais pour l’environnement ? villes-environnement.fr)
– « Ce n’est pas une tâche aisée que d’expliquer en détail ce que signifie l’entropie. Il s’agit d’une notion si complexe que, à en croire une autorité en thermodynamique, elle « n’est pas facilement comprise par les physiciens eux-mêmes » [9] » (Nicolas Georgescu Roegen – La décroissance)
– « Elles sont disproportionnées par rapport à la taille des paysages, elles accaparent le regard, elles font le paysage ». (Vent de Colère 24.03.2005)
Moi aussi je les trouve moches. Tout autant que ces grosses lignes électriques, ces gros pylônes à perte de vue, idem des centrales électriques, et peu importe à quoi elles carburent.
Et si ON veut aller par là, ma liste serait longue. Que celle des mochetés, des horreurs, des caricatures et j’en passe. Mais bon, ce n’est pas le sujet. Quoique… En tous cas, si je n’ai aucun problème à me dire antinucléaire… je n’en dirais pas autant en qui concerne l’éolien.
Pour répondre à la question, quelque peu moqueuse, de Biosphère… personnellement je ne connais personne du côté des gens de Vent de Colère. Mais j’imagine que là aussi il doit y avoir de tout. Même des caricatures. La Preuve d’ailleurs avec cette phrase. (à suivre)
(suite) Le problème avec ces gens-là, ces caricatures, c’est qu’ils discréditent leur mouvement. Et après tout ce n’est que LEUR problème. Seulement pour peu que l’un d’eux se dise écolo… alors là ce sont TOUS les écolos en général qui trinquent. Et alors les gens se détourent de l’écologie… pour voter comme ON sait. Pas à gauche en tous cas !
Et bien sûr, ça ne vaut pas que pour les éoliennes. Comme je le disais justement il n’y a pas longtemps… au sujet de ce pauvre Albert… les contradictions sont notre lot à tou(ste)s.
Seulement là encore il y a contradiction ET contradiction ! Les petites, passe encore.
Mais les grosses, les énoooormes… alors là bonjour les dégâts !
« Nous sommes en 2026 et la boulimie fossile perdure »
Vos soit disant énergies renouvelables ne nous sortiront pas des énergies fossiles, puisque les énergies renouvelables sont énergivores en énergies fossiles pour les produire ! Les éoliennes et panneaux solaires auraient un rendement négatif sans énergies fossiles ! En effet, pour extraire tous les métaux nécessaires à la productions d’énergies renouvelables il faut utiliser des énergies fossiles ! Si on devait produire des éoliennes grâces à d’autres éoliennes et produire des panneaux solaires grâce à d’autres panneaux solaires alors on produirait de l’électricité à perte car on consommerait plus d’électricité pour produire ces panneaux solaires et éoliennes que ces deux dernières ne sont capables de produire de l’électricité ! Leur rendement positif actuel n’est qu’artificiel car il est lié aux énergies fossiles ! Comme le dit si bien Jancovici le système n’est pas bouclé !
Alors là, si c’est Janco qui le dit… c’est pas la peine d’en rajouter.
Ah Janco… celui-là je l’adooore ! Mais qu’est-ce qu’ON ferait sans lui, hein ?
Eh ben je me le demande.
Tout à fait d’accord avec le dernier paragraphe sur la nécessité de préserver le cycle de décomposition du bois pour permettre à la biomasse de se reconstituer et pour la diversité du vivant.
D’accord aussi sur le rappel que les humains sont particulièrement doués (parmi les plus doués des animaux) pour se déplacer à pied sur de longues distance et même courir sur de longues distances.
Je suis plus réservé sur les éoliennes, je connais les gens de Vent de Colère, ils ne correspondent pas à cette caricature, les éoliennes posent de vrais et graves problèmes écologiques et économiques, il faut lire le livre d’Antoine Waechter, « Le scandale éolien », tout y est détaillé.