Nous sommes en 2026,
la société du spectacle se généralise
01.03.2005, Une baleine orange
Orange II, le maxi-catamaran de Bruno Peyron a heurté un gros cétacé dans sa tentative de battre le record du monde. L’histoire humaine nous dit que son safran bâbord a été endommagé, mais qu’il n’y a ni voie d’eau ni danger véritable ; par contre rien ne nous dit si l’épaulard (ou peut-être même une baleine !) a subi des avaries telles qu’il ou elle ne puisse finir son propre tour de la Biosphère.
Les animaux qui se contentent de vivre leur vie sont toujours emmerdés par des rigolos qui concourent dans la course à l’inutile. Il est temps que cette situation inacceptable s’arrête !
05.03.2005, Inutile record
Steve Fossett vient de boucler le tour du monde en solitaire en moins de trois jours : son prototype a parcouru 37 013 km en faisant du 23 litres au cents kilomètres malgré l’aide de vents soufflant jusqu’à 200 km/h. Ce milliardaire (qui vit donc avec l’argent des autres) se permet d’enchaîner record après record pour satisfaire un ego démesuré sur une planète qui lui devient trop petite.
S’il lui prenait maintenant l’idée de marcher lentement sur un sentier de campagne en contemplant attentivement le peu qu’il reste de la biodiversité, il prendrait mieux conscience de l’inanité de ses efforts et il se reconvertirait en ardent défenseur de la Biosphère et en champion de la lutte contre l’effet de serre. Il faut encore rêver…
20.06.2005 Sauvés par le rock !
Le précédent Live Aid de 1985 organisé par le rocker Bob Geldorf et suivi par 1,5 milliard de téléspectateur avait rapporté 50 millions de dollars pour l’Afrique. Le prochain show-business Live8 aura lieu bientôt simultanément dans huit villes en réunissant toute l’aristocratie du rock. A l’exception d’un seul, les artistes africains ont été écarté de cette manifestation en leur faveur puisque, selon Bob Gelforf lui-même, « Les artistes africains vendent beaucoup moins de disques » alors qu’il faut « les artistes les plus connus pour réunir un maximum de gens et exercer une pression politique ». Ainsi va la société du spectacle qui, sous couvert de philanthropie, mobilise des spectateurs qui se donnent bonne conscience en assistant à des concerts. A ces millions de personnes qui vont artificiellement crier « ça suffit », la Biosphère pose trois questions :
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les Africains ne doivent-ils pas trouver par leurs propres forces les moyens de vivre en meilleure harmonie ?
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l’argent n’incite-t-il pas à un modèle de développement qui fait oublier l’importance de la joie de vivre ?
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assister à un concert est-il un moyen absolument nécessaire pour sauver la planète ?
01.09.2005 Fin de vacances, la Biosphère respire
On chiffre les déplacement annuels internationaux à un milliard dont 70 % sont consacrés au tourisme. Ces déplacements au paroxysme pendant les vacances est une pratique dégradante intimement liée à la consommation et au commerce. Pour accueillir les touristes, il faut construire des aéroports, des routes, des équipements, des parkings et donc stériliser des territoires pour dévorer une énergie considérable nécessaire pour voler dans les airs ou rouler dans un camping car. Le touriste est aussi une agression insupportable contre une culture particulière, que ce soit la messe à Notre Dame de Paris couverte par le piétinement des visiteurs qui résonne sous les voûtes, ou le tourisme « solidaire » dans les ghettos de Soweto, les cimetières de Belfast ou les folklores reconstitués dans les lieux les plus divers qu’on veut rendre semblable à leurs stéréotypes.
La liberté de se déplacer semble devenu un droit de l’Homme alors que c’est un acte terriblement destructeur non seulement pour les sociétés humaines, mais aussi pour la Biosphère : supprimez le tourisme !
