Nous sommes en 2026
et les poissons sont plein de polluants
11.03.2005 le meilleur des mondes
La surexploitation des ressources halieutiques a conduit la proportion des espèces de poissons en danger ou épuisées à passer d’environ 10 % dans les années 1970 à 24 % en 2003. Mais l’humanité à des idées, on s’achemine vers la mise en place d’aires marines protégées couvrant 20 à 30 % de la surface des mers. On pourrait ainsi créer un million d’emplois de gendarmes des mers pour contrôler trois à quatre millions de pêcheurs menaçants un capital naturel enfin sauvegardé ou presque.
Heureux pêcheurs qui pourront devenir gendarmes, tant pis pour tous les exclus du système : ils n’avaient qu’à faire attention à la Biosphère un peu plus tôt.
13.05.2005 sauvages ou engraissés ?
Sauvages ? Le stock de thons rouges a subi dans les années 1980 au large des USA une baisse estimée à 80 %. Aujourd’hui en Méditerranée et Est-Atlantique le taux de productivité du stock disponible pour une pêche durable est estimé à 25000 tonnes par an alors qu’on en prélève à peu près le double. Une chose est donc sûre, les humains mangent directement le capital et non plus seulement les intérêts que fournissait gratuitement la Nature. Alors certains vont dire : « Faisons de l’élevage ! »
Engraissés ? Les fermes de thons en Méditerranée représente un tonnage de 38 000 tonnes pour lesquels il faut fournir 22500000 tonnes de petits poissons (sardines, anchois). Pour un kilo de thon, il faudrait donc 60 kilos de poissons ! Non seulement on peut souligner la déperdition de ressources, mais on peut aussi évoquer un autre danger : un de ces tout petits poissons peut être porteur d’un gros virus exotique qui pourrait affecter tout l’écosystème méditerranéen. Ce n’est pas une pure supposition, c’est déjà arrivé en Australie, et la biomasse a régressé de 70 % !
Alors, sauvage ou engraissé sur votre table ? Ni l’un, ni l’autre.
10.09.2005 Des océans qui se vident
Une étude statistique réalisée par l’Institut de recherche pour le développement montre qu’un quart des pêcheries mondiales a connu un effondrement. Jusqu’à présent l’optimisme régnait car on estimait que lorsque les quantités de poisson capturés restaient stables d’une année sur l’autre, le renouvellement des espèces était conservé. En réalité un effondrement est intervenu ces cinq dernières années chez tous les types de poissons, et davantage encore pour les espèces en eau profonde comme la morue, le haddock et le saumon. En effet les capacités de pêche ont augmenté d’une manière si importante que le rythme des captures a pu rester stable pendant longtemps alors que les océans se vidaient de leurs ressources halieutiques. Ainsi, malgré l’interdiction de la pêche à la morue au Canada depuis 1992, la population ne se renouvelle toujours pas.
Dans la Biosphère sous-marine, des poissons en nombre de plus en plus petit cherchent désespérément à se reproduire, le nombre de célibataires s’accroît, c’est la décroissance démographique marine qui précède celle des humains.
21.11.2005 Moratoire sur la pêche profonde !
Les monts sous-marins agissent comme des centres de spéciation (évolution de nouvelles espèces), comme des refuges pour des populations résiduelles et comme des lieux de rebonds pour la dispersion des espèces à travers les océans. Mais la pêche profonde qui exploite des fonds dépassant 400 mètres menace ces milieux en prélevant à l’excès des espèces de poissons qui ont un taux de renouvellement très lent à cause du froid des profondeurs. L’hoplostète orange sert d’avertissement : son exploitation a commencé au large de la nouvelle Zélande dans les années 1970, elle a atteint 60 000 tonnes en 1989 avant de décliner rapidement : aujourd’hui l’espèce n’est plus qu’à un sixième de son niveau originel. Au-delà des zones économiques exclusives de 360 km à partir des côtes (tel que défini par la Convention sur le droit de la mer en 1982), la souveraineté des Etats disparaît et plus personne ne peut empêcher quiconque de se servir à volonté et immodérément dans ces zones de non-droit. L’Assemblée générale des Nations unies a discuté en octobre de l’interdiction de la pêcherie profonde, mais les moyens de contrôle manquent terriblement et certains agitent déjà le spectre de la survie économique des pêcheurs.
La Biosphère vous dit : vous ne devez pas pêcher dans les régions océaniques où aucune souveraineté humaine s’exerce car vous portez alors atteinte à la souveraineté des écosystèmes, et donc à vous-même : la survie des pêcheurs passe par la stabilité de la ressource, l’instauration d’immenses réserves naturelles pour les poissons est devenue nécessité vitale.
23.11.2005 Dynamique de la crise
Que ce soit au Canada, en Europe ou ailleurs, chaque pêcheur est aujourd’hui individuellement conscient que leur catégorie professionnelle va collectivement à la catastrophe. Mais chaque pêcheur sait également qu’en situation de rareté générale, le poisson qu’il ne prend pas immédiatement sera pris par un autre. Il est donc condamné à pêcher tout ce qu’il peut dans un minimum de temps tout en sachant pertinemment que cela aggrave le processus de catastrophe collective. Alors les Etats côtiers veulent étendre encore plus loin vers le large leur juridiction, mais cela ne suffit pas et ils doivent instaurer des quotas de pêche, puis subventionner une partie de leurs pêcheurs pour les empêcher de pêcher, enfin interdire un jour ou l’autre la pêche à la morue et aux anchois…
Il y a bien longtemps que les humains auraient du comprendre que l’ami des pêcheurs et l’ami des poissons fréquentent le même océan et que l’essentiel n’est jamais la dynamique de la croissance, mais la gestion collective de la stabilité.

De moins en moins de poissons et de plus en plus d’hommes, les courbes se croisent en direction du manque, c’est incontestable.
Là encore, le quantitatif l’emporte sur toute autre considération.
De moins en moins de poissons et de plus en plus de trafic maritime.
Et qu’ON m’explique POURQUOI !
– Évolution mondiale de la population, du PIB, des trafics conteneurisés et du trafic maritime entre 1980 et 2019 (universalis.fr)
Et encore s’il n’y avait que le trafic maritime, dont l’augmentation est exponentielle.
D’ailleurs, ON peut s’amuser à comparer ces exponentielles avec l’Autre.
L’Autre, la Terrible… l’insoutenable, l’invivable, l’ingérable et blablabla !
Comme seul exemple… entre 1982 et 2022 l’artificialisation des sols en France métropolitaine a progressé trois fois plus vite que la population.
Et là, pour le coup… là oui ON peut dire c’est incontestable !
Alors que c’était une de mes grandes passions… cette année je n’ai pas pris le permis.
En me disant que si l’envie m’en prenait… eh ben j’irais sans permis. Et que je verrais bien.
En plus de 40 ans je n’ai été contrôlé que 2 ou 3 fois, alors le diable y serait… N’empêche que la douille c’est cher. Mais bon, quand ON aime ON compte pas. C’est pour ça que cette année je n’y suis pas encore allé, à la pêche. À la truite essentiellement.
Depuis des années déjà, je voyais bien que ce n’était plus comme avant… au bon vieux temps. L’époque où je chopais pas moins de 15 ou 20 truites. Sans compter celles que je touchais, ou loupais, pour finalement en ramener 3 ou 4 de belle taille, à chaque sortie. Mais ça c’était bien avant que je me mette à la mode du no-kill. Parce que choper de belles truites, et les remettre à l’eau, pour moi no problemo ! Mais des truites d’élevage, connes comme pas possible… à quoi bon !
(à suivre)
(suite) Finalement, les poissons c’est comme les jeunes filles. Aujourd’hui je me con tente de les regarder. Justement, et heureusement, j’ai la chance d’habiter près d’une petite rivière. Et bien que je porte des lunettes, je peux encore dire que j’ai quand même l’œil, pour les voir. Des truites pas trop, pour ne pas dire plus du tout. Mais des « blancs », chevesnes, barbeaux, goujons, alors ça j’en vois. Mais les pêcher, ça ne m’intéresse pas. C’est plein d’arêtes. Sans parler des métaux lourds, des produits chimiques et j’en passe