Nous sommes en 2026
et les techniques sont dures !
28.05.2005 Sacs-poubelle
La ville de Bombay interdisait les sacs en plastique en 2000, l’Etat du Bengale fin 2001, le Bangladesh en mars 2002, la France hésite encore en l’an 2005. Pourtant le polyéthylène est non seulement une pollution visuelle, mais provoque des maladies chez les animaux qui les avalent, bloquent les égouts et polluent les sols. Il faut dire aussi que les substituts comme le polyéthylène additivé se délite en micro-particules durables, elles aussi nuisibles à l’environnement. Quant au papier, sa production nécessite plus d’énergie que celle du plastique. L’idéal technique serait le recours à des produits biodégradables à base d’amidon de maïs car ils s’adaptent aussi bien à l’incinération qu’à la filière compost. Mais on peut surtout penser aux cabas réutilisables qui sont cousus et réclament alors plus de main d’œuvre : grave inconvénient, les Occidentaux sont incapables de les produire à un coût compétitif !
La Biosphère vous dit alors : cousez et recousez votre propre cabas.
03.06.2005 Lampes inusables ?
Les lames fluo-compactes durent cinq à six fois plus longtemps, mais elles contiennent jusqu’à 25 milligrammes de mercure (soyons honnêtes, les plus récentes 3 milligrammes, c’est à dire beaucoup trop). C’est là le drame : le mercure est très volatil et très polluant d’une part, une société censée retraiter ces lampes a fait faillite d’autre part et de toute façon les particuliers, faute d’information, les jettent directement à la poubelle. Pourtant ces lampes sont classées « déchets dangereux » depuis les décrets de 1997 et 2002, mais sans obligation de porter cette mention sur les étiquettes. C’est pourquoi ces lampes qui polluent grave les détritus ménagers sont actuellement présentées comme une manière d’économiser l’énergie. En fait on s’aperçoit encore une fois que les soi-disant progrès techniques vous enferment toujours davantage dans des problèmes sans fin : si ce n’est pas du côté des ressources naturelles, ce sera du côté des déchets qui résultent de votre consommation.
La meilleure électricité, c’est celle que vous n’utilisez pas.
28.08.2005 Maison écolo
Une maison doit s’inspirer des lois qui permettent à un arbre de pousser : n’utiliser que l’énergie du soleil, éliminer la réalité des déchets et favoriser la biodiversité. Les eaux usées sont filtrées par des bacs de plantes et des microorganismes vont se nourrir tout en purifiant l’eau ; le toit est couvert de verdure, il isole le bâtiment, filtre les émissions de gaz et récupère les eaux de pluie tout en accueillant les oiseaux de la région ; de larges baies vitrées, une orientation optimisée vers le soleil et un toit orné d’un chauffe-eau solaire et de panneaux photovoltaïques pourrait même permettre d’avoir un bilan énergétique annuel positif.
Vous voyez ce qu’il vous reste à faire pour défendre la Biosphère !
07.11.2005 Autonomie de la technique
C’est au moyen des outils qui permettent la transformation de l’environnement que les humains se produisent eux-mêmes. Les haches de pierre sont vieilles de un à deux millions d’années, bien avant l’évolution vers l’homo sapiens ; elles ont été découvertes en Afrique et en Eurasie, elle se rassemblent toutes, un même modèle reproduit sur 50 000 générations à travers le monde pour des sociétés de chasseurs-cueilleurs qui se donnent déjà les moyens de forcer la Nature et les autres humains. Cependant l’organisation sociale reste encore relativement en phase avec la Biosphère, l’outil est rudimentaire et les populations humaines peu nombreuses. Par la suite on a inventé des outils encore passifs, qui ne pouvaient agir qu’une fois manipulés par une personne comme la hache de pierre, puis la recherche appliquée s’est accélérée de nos jours : les machines-outils et les automates sont devenus actifs, on se contente de les surveiller et de les réparer. Maintenant les processus informatiques peuvent fonctionner 24 heures sur 24 même de façon autonome du moment qu’on met de l’énergie à leur disposition. La puissance et l’interconnexion des outils actuels transforment complètement la planète et dépassent non seulement le pouvoir de maîtrise humaine, mais aussi le seuil de tolérance des équilibres vitaux.
Conviviale est la société où les humains contrôlent leurs outils. Yvan Illich appelait société conviviale une société où l’outil moderne est au service de la personne intégrée à la collectivité, et non au service d’un corps de spécialistes, l’outil est convivial quand personne n’a besoin d’un diplôme pour avoir le droit de s’en servir. La Biosphère pense en outre que l’outil est convivial quand son emprise sur la Nature reste la plus légère possible.
13.11.2005 Eco-gîte ?
A quelque kilomètres du centre nucléaire de Cadarache, une association écologiste fête son 25ème anniversaire. Au début il s’agissait d’éduquer les gens au respect de la forêt, et puis l’idée de construire une maison autonome en énergie a fait son chemin. De chantiers de jeunes en stages de formation pour adultes, la bâtisse bioclimatique va prendre vie L’eau de pluie est récupérée et stockée, mais le centre n’a pas de jardin potager à arroser. L’eau potable est puisée par forage, déjà la technique commence à montrer son nez. Et puis on utilise chauffe-eau solaire, cellules photovoltaïque et groupe électrogène au GPL qui assurent une indépendance toute relative. En fait il n’y a pas d’autonomie quand les matériaux utilisés (cellules photovoltaïques, GPL…) sont importés de l’extérieur et que cette communauté ne vit en fait que des touristes (10 000 nuitées chaque année) en mal de mode de vie expérimental.
Pour la Biosphère, une société deviendrait conviviale si l’outil lui-même était convivial, utilisant seulement une technique douce, douce à l’usage, douce à la reproduction du savoir-faire, douce à la Nature. Pour que les activités humaines redeviennent comme autrefois le simple prolongement de la force physique, il faudrait limiter l’utilisation des techniques modernes. L’objet qui pèse le moins lourd sur la planète sera toujours celui qu’on ne fabrique pas.
08.12.2005 L’écologiste n° 16 (édition française de The Ecologist)
« Il existe en Inde un arbre à savon donnant des noix dont les coquilles sont utilisées traditionnellement par les habitants pour se laver le corps ou nettoyer le linge. La coquille contient en effet à hauteur de 10 % de la saponine, que l’on dilue dans l’eau chaude pour émulsionner et dissoudre les graisses. Ces noix peuvent même rejoindre le compost après usage, d’où sa commercialisation depuis un an en Allemagne et quelques semaines en France. En tout état de cause, importer durablement un produit de base distant de plusieurs milliers de kilomètres ne peut guère être qualifiée d’écologique. L’idéal serait de cultiver cette plante sous nos climats tempérés ».
La Biosphère a une autre idée immédiatement réalisable, que les humains agissent comme en pays Bigouden autrefois : on se mariait avec le linge de toute sa vie, 52 chemises de lin, une pour chaque semaine, entassées dans des coffres et lavées une fois l’an à la cendre… Ajoutez quelques paires de draps inusables.
10.12.2005 Vive les bambous !
Le bambou peut être utilisé pour épurer les eaux usées sans produire le moindre déchet. Dans l’enchevêtrement de ses racines, une microfaune (vers, petits coquillages) minéralise la pollution des eaux usées qui est ensuite prélevée par la tige de la plante. Toute l’eau usée, répandue dans la bambouseraie, est absorbée. Bien sûr ce procédé ne concerne pas toutes les pollutions, il faut par exemple se passer de rejeter des hydrocarbures dans l’environnement, ce qui devrait aller de soi. Plus écolo que les stations d’épuration classiques, cette technique nécessite aussi d’assez grands surfaces. Mais un hectare pour 2000 habitants, c’est nettement moins que pour l’épandage ou le lagunage.
Les technique douces pour l’environnement, « Y’a que ça de vrai » dit la Biosphère.
11.12.2005 Dans tous ses poils
D’abord les femmes ôtèrent les poils du mollet, c’était dans les années 1920 avec les robes courtes et les premiers bains de mer. Et puis les maillots couvrant de moins en moins de chair, ce fut l’épilation de la jambe entière et même des poils du pubis qui pouvaient dépasser. Il n’y a pourtant dans cette évolution que conformisme et effet de mode orchestré dans le seul but de vendre des tissus dont l’élasticité croissante (fini les maillots en laine, vive les matières synthétiques !) et la texture permettait de réduire la taille du bikini. Pour les garçons la transformation du duvet en barbe révélait au contraire la fin de l’adolescence et l’identité masculine, un véritable ancrage dans une spécificité corporelle. Mais on a inventé les rasoirs mécaniques ou électriques, les jetables et les super-performants à trois lames. Alors il y a maintenant la convergence des sexes qui fait que les hommes ne se rasent plus seulement la barbe, mais pratiquent aussi de plus en plus l’épilation plus ou moins intégrale. Manière d’affirmer la supériorité de la culture sur la nature, manière de souligner l’éloignement de l’homme de son origine animale? Que nenni ! Les corps des deux sexes sont dorénavant instrumentalisés, le poil est devenu le cœur d’une nouvelle cible à des fins mercantiles.
Contre la société thermo-industrielle et pour un rapprochement de notre mère Nature, inversez la tendance et redécouvrez le plaisir d’être velu, que vous soyez hommes ou femmes.

Pourquoi faire simple quand ON peut faire compliqué ? Réponse : parce que les techniques douces c’est mieux. Et que la simplicité c’est bien. Et en plus c’est bon.
Et puis c’est vrai pour tout, et n’importe quoi.
Tiens, par exemple, quelle est la meilleure technique pour avoir la peau douce ?
Le 11.12.2005 Dans tous ses poils Biosphère nous l’explique. Eh ben ON a le choix entre les rasoirs mécaniques ou électriques, les jetables et les super-performants à trois lames.
Le mien en a cinq. Et puis l’épilation, sans oublier les crèmes dépilatoires.
Que nenni ! Biosphère nous dit : « inversez la tendance et redécouvrez le plaisir d’être velu, que vous soyez hommes ou femmes ! » (à suivre)
(suite) J’irais plus loin, redécouvrez le plaisir de caresser un chien, ou un chat.
Une chienne ou une chatte si vous préférez. Déjà qu’ON leur fait la toilette de temps en temps, quand ils cocottent un peu trop, comme quand le mien se roulent sur un poisson pourri, il ne manquerait plus que ça que pour suivre une certaine mode, à la con… ON nous pousse à tondre et épiler nos braves toutous et autres chers minous.
Bref, aujourd’hui les coqs se rasent et s’épilent comme des cocottes. Et bien sûr ils se parfument. Et ne parlons même pas de ces décorations, à la con, qu’ielles se doivent de se faire tatouer de partout ! Aujourd’hui, que vous soyez homme ou femme, vous devez avoir la peau douce et sentir bon !
Enfin, pour les odeurs vous savez ce qu’ON dit : ON ne discute pas !
(à suivre)
(et fin) Mais alors, qu’ON m’explique pourquoi… les mecs sont aujourd’hui rasés et épilés de partout, SAUF la barbe. La barbe qui, toute l’ânée, se doit de rester de trois jours. Même qu’ON a inventé des rasoirs spéciaux pour ça, c’est fou non ?
En tous cas moi je trouve ça curieux. Mais peut être que, tout connement, les poules aiment bien quand ça leur pique entre les cuisses, eh va savoir…