No(s) limit(e)s démographiques

recension du livre collectif « No(s) Limit(es) Étudier et enseigner face aux limites planétaires« 

Ce livre, s’il reste soumis à un certain prisme anti-malthusien, pose les problèmes fondamentaux

in « deuxième partie / Identifier nos limites »

chapitre 7 / Population, consommation, développement, environnement, la quadrature du cercle

extraits :

– Les limites à la croissance ou rapport Meadows en 1972 constate que toute croissance est contrainte par la finitude des ressources terrestres. Le rapport envisage une déconnexion brutale entre économie et démographie.

– La question démographique est jugée trop sensible, elle relève d’un droit fondamental, celui de procréer.

ndlr : tout droit a des limites, même celui-là.

– La question démographique ne se résume pas à : « Combien d’habitants pouvons-nous nourrir ? », à laquelle on tente de la réduire. Il faut en ajouter une autre : « A quel prix pour l’environnement ? »

– L’humanité s’est accommodée de la croissance démographique grâce à l’intensification des pratiques agricoles et aux intrants chimiques et organiques. Or cette option est un facteur majeur de dégradation environnementale, tant du point de vue climatique écologique.

– Les agrocarburants, l’élevage du bétail et les cultures fourragères (soja, maïs) aggravent la situation.

– Les terres consacrées au bétail et à son alimentation représentaient déjà 40 % des terres émergées en 2005, ayant aussi pour conséquence une pression accrue sur les ressources en eau.

– En termes de désertification, la croissance démographique a un impact majeur et insoutenable.Si l’on peut penser que la production de nourriture est indispensable, qu’en est-il de la production de biens de consommation non indispensables ou à cycle de vie limité ?

ndlr : on ne peut donc pas éluder la question des limites planétaires et éviter le prisme malthusien, à savoir le ratio ressources/population.

– Il est couramment admis aujourd’hui que la transition démographique est à l’œuvre à l’échelle planétaire et que finalement une forme d’équilibre s’établira.

ndlr : l’opinion commune ne peut servir d’argument, la question demeure : à bientôt 10 milliards d’humains, est-ce supportable pour la planète ?

– Le ratio actif/retraité finira pas s’équilibrer de lui-même, lorsqu’une population active moins nombreuses parviendra elle-même à l’age de la retraite

ndlr : encore faut-il que les actifs soient occupés, c’est-à-dire non chômeurs… or les perspectives de l’emploi sont pessimistes.

– Invoquer la nécessité de « produire » de jeunes actifs pour maintenir l’équilibre des systèmes de retraite est une logique de « pyramide de Ponzi » – un système de spéculations remboursées par l’afflux de nouveaux entrants jusqu’à écroulement du système.

– Le remède à un taux de fécondité trop élevé tient davantage à l’émancipation des femmes, l’accès au planning familial, les grossesses choisies et non subies, toutes solutions déjà proposées lors de la conférence du Caire sur la population en 1994.

– Claude Lévi-Strauss aborde la question sous un angle original, celui de la morale. Loin de voir l’humanité comme la maîtresse absolue de la planète, il rappelle que nos droits en tant qu’espèce vivante se heurte à ceux des autre formes de vie Notre droit s’arrête là où il menace l’existence d’une autre espèce. Cette position ouvre une réflexion sur les limites démographiques justes pour un monde partagé entre toutes les autres espèces.

Introduction du livre 

« Pour éviter une misère généralisée et une perte catastrophique de la biodiversité, l’humanité doit adopter une alternative plus durable écologiquement que la pratique qui est la sienne aujourd’hui. Bien que cette recommandation ait été déjà clairement formulées, il y a cinquante ans, nous n’avons dans la plupart des domaines ignoré la mise en garde. Il sera bientôt trop tard pour dévier de notre trajectoire vouée à l’échec. Nous devons prendre conscience aussi bien dans notre vie quotidienne que dans nos institutions gouvernementales que la Terre, avec toute la vie qu’elle recèle, est notre seul foyer. »

Ces mots sont issus d’un manifeste signé par 15 364 scientifiques de 184 pays et publié le 13 novembre 2017 dans LE MONDE sous le titre « Bientôt il sera trop tard. »

ndlr : Ce manifeste liste les « mesures efficaces et diversifiées que l’humanité pourrait prendre pour opérer sa transition vers la durabilité », dont en particulier au niveau démographique :

« Déterminer à long terme une taille de population humaine soutenable et scientifiquement défendable tout en s’assurant le soutien des pays et des responsables mondiaux pour atteindre cet objectif vital ».

1 réflexion sur “No(s) limit(e)s démographiques”

  1. esprit critique

    Un de plus. Encore un bouquin (manuel) qui ne nous apprend rien de nouveau, et qui donc ne nous apporte absolument rien. Tout comme les commentaires à son sujet.

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