Nous mangeons la planète, nous aurons une indigestion

Voilà comment les humains s’en prennent irrémédiablement à leur planète : ils la mangent. C’est en substance ce que dit le travail d’une douzaine de scientifiques*. Il y a étroite corrélation entre la pression humaine globale et l’agriculture : la moindre parcelle, même très peu fertile, est exploitée. Les arbres cèdent la place aux cultures et aux pâtures. Les chercheurs considèrent que 9 % des habitats – soit 23 millions de kilomètres carrés – qui étaient à l’abri des pressions humaines en 1993 ne le sont plus. Les derniers havres préservés sont à chercher dans les toundras et les déserts du Sahara, de Gobi et d’Australie, ou dans les parties les plus reculées des forêts de l’Amazonie et du bassin du Congo. Les pays les plus prospères confient à d’autres pays la mission de produire pour leur compte de quoi les nourrir et de les fournir en matières premières : ainsi 40 % des bœufs élevés dans le secteur de l’Amazonie sont exportés vers l’Union européenne.

Redresser la barre sans casse n’est pas envisageable. L’explosion démographique mondiale est toujours en cours, la population double encore tous les soixante ans. L’urbanisation, c’est-à-dire la dépendance absolue de populations enfermées dans les villes, résulte de la surexploitation des terres à l’extérieur. Plus de la moitié de la population mondiale est concernée, sans autonomie alimentaire et énergétique. Les rares avancées en matière de protection des sols résulte du faible prix des ressources fossiles pourtant en voie de disparition rapide : le pétrole favorise actuellement les miracles, cela ne durera pas.

Le rôle des politiques sera bientôt de limiter le nombre des morts quand il seront conscients, de provoquer guerres et massacres quand ils feront selon les traditions de notre humanité grégaire et clanique.

* LE MONDE du 28-29 août 2018, La pression des activités humaines sur la planète s’accentue dangereusement

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4 réflexions sur “Nous mangeons la planète, nous aurons une indigestion”

  1. Oh je ne sais même pas s’il faut attendre Le Monde du 28-29 août 2018 pour lire ce genre de nouvelles, je crois qu’on peut les considérer comme justes dès maintenant

  2. Oh je ne sais même pas s’il faut attendre Le Monde du 28-29 août 2018 pour lire ce genre de nouvelles, je crois qu’on peut les considérer comme justes dès maintenant

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