Certains ont fait valoir l’objection par opposition à l’usage collectif des armes. D’autres revendiquent aujourd’hui l’objection de conscience pour s’opposer à la mise en place des technologies d’intelligence artificielle (IA) générative dans les universités et les grandes écoles. En novembre 2025, un collectif a publié un manifeste, signé par environ 2 800 enseignants et enseignants-chercheurs de toutes disciplines partout en France, pour marquer un net refus: « Le déploiement de l’IA générative [qui regroupe notamment les applications comme ChatGPT ou ses concurrents] dans les institutions de l’enseignement supérieur et de la recherche est incompatible avec les valeurs de rationalité et d’humanisme que nous sommes censés représenter et diffuser ».
Soazig Le Nevé : Trois arguments sont avancés, en premier lieu « le gouffre énergétique et matériel » qu’engendre l’installation massive de l’intelligence artificielle, liée à son impact sur l’accès à l’eau, aux métaux rares et à l’électricité. Viennent ensuite « les lourds dégâts sociaux associés à ce système qui se voient renforcés » comme le « travail du clic » des travailleurs précaires. Enfin, les signataires s’opposent à ce que des mégafirmes tels OpenAI et les Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) accumulent « un pouvoir démiurgique », et ce, sans faire mystère de « leurs projets mégalomaniaques, eugénistes, et de leur détestation de la démocratie ».
Pour Guillaume Carbou,« il faut couper court à l’idée qu’on pourrait choisir entre les bons et les mauvais usages de l’IA ».
Le point de vue des écologistes qui utilisent leur propre cerveau
– Faut être sacrément idiot pour croire que chatgpt, c’est mieux que chercher par soi-même.
– Les ravages de l’IA sont déjà dans l’enseignement secondaire.
– Si vous envoyez un robot à votre place à la salle de sport, estimez-vous que ça va servir à quelque chose ?
– Les étudiants perdront la capacité de déduction à la lecture d’un texte. Leur esprit sera formé à utiliser l’IA et ils seront devenus des robots
– Gagner du temps et perdre des compétences… c’est tout à fait ça. Et pour quelle raison gagner du temps ? Pour aller scroller sur des vidéos de chats ?
– Il faut rejeter les calculatrices car cela réduit nos compétences en calcul mental.
– Ces universitaires ont raison. Mais ça ne sert à rien d’avoir raison quand on lutte contre une déferlante phénoménale.
– Leurs étudiants utilisent déjà ChatGPT depuis belle lurette !
– Ces objecteurs veulent seulement rappeler que la maison brûle et qu’il y a mieux à faire que se plier servilement à l’agenda délirant de quelques milliardaires de la tech.
– Mais comment pouvions nous faire avant l’IA ?
En savoir plus grâce à notre blog biosphere
L’IA altère notre pensée, la lecture aussi
extraits : Mieux vaudrait privilégier l’accès de tous à un nombre restreint de textes importants. L’usage de l’écriture, de l’imprimerie, des moteurs de recherche et de l’IA implique une délégation de nos capacités intellectuelles. A travers l’écriture, puis le livre, on délègue la mémoire : plus besoin de se remémorer par nous-mêmes les savoirs. Avec les technologies d’enregistrement analogique comme la photographie et la télévision, on délègue la mémoire des sons et des images. Avec le numérique, nous déléguons aux algorithmes de recommandation notre capacité de jugement et de décision. Et aux IA génératives, notre capacité d’expression. Ce n’est plus moi qui m’exprime, les machines le font à ma place….
ChatGPT nous empêche de devenir intelligent
extraits : On demande à quelqu’un de penser à notre place, évidement on n’aura pas la même trace dans notre cerveau que si l’on avait réfléchi sur le sujet. L’IA est déjà utilisée par des millions d élèves pour avoir de bonnes notes sans travailler ; en ressort conformisme et bouillie intellectuelle. Depuis que le smartphone et son annuaire garde les contacts, on n’est plus capable de mémoriser un n° de tel. Si tu mets l’assistance GPS, tu reste incapable de t’orienter même si tu as déjà fait le trajet. L’usage intensif de la voiture induit une diminution des capacités à marcher.L’homme s’autodétruit par les machines et pas seulement écologiquement….

Je crois qu’hélas le combat est perdu, elle va tout dominer, trop efficace, trop forte, trop bluffante, on commence d’ailleurs à lui donner des pouvoirs décisionnels, c’est effrayant.
– « Faut être sacrément idiot pour croire que chatgpt, c’est mieux que chercher par soi-même. »
(un de ces écolos qui utilisent leur propre cerveau)
=> Comme il faut être sacrément idiot pour se farcir l’extraction d’une racine carrée «à la main»… alors qu’ON a une calculette dans le tiroir.
Je vous avoue que ça fait belle lurette que je je ne sais plus… extraire une racine carrée. Ni me servir d’une règle à calcul. Je ne sais pas non plus faire du feu sans allumettes, ou sans briquet. C’est grave Docteur ?
– « Leurs étudiants utilisent déjà ChatGPT depuis belle lurette ! »
( un de ces écolos pas trop idiots)
=> Ben oui. Comme ils se servent des calculettes, et d’un briquet pour s’allumer un pétard. 🙂
Je suis entièrement d’accord avec les trois arguments avancés par ce collectif.
Seulement je ne le suis pas trop avec ce que dit là Guillaume Carbou : « il faut couper court à l’idée qu’on pourrait choisir entre les bons et les mauvais usages de l’IA ».
Quand ON dit nucléaire… ON pense de suite à la Bombe et aux centrales électriques. De ça, moi je n’en veux pas. Toutefois, pour moi, certaines applications (usages) du nucléaire représentent tout de même de véritables progrès. Et je pense d’abord au domaine médical. Les scanners etc.
L’IA est également utilisée en radiologie, ou encore dans la cartographie du génome, et certainement dans d’autres domaines. C’est notamment pour ça que je trouve curieux qu’un scientifique puisse rejeter l’IA d’une manière aussi … radicale.
Le fait que Guillaume Carbou ne soit QUE maître de conférences en sciences de l’information et de la com’ (à l’université de Bordeaux, et membre de l’Atécopol) n’y est peut-être pas pour rien.