One Health, l’humain inséparable de la nature

One Health est un nouvel élément de langage liant santé humaine et santé de la planète qui devrait faire l’unanimité parmi les écologistes, et même à droite comme à gauche. Normal, le SARS-Cov2 a montré l’importance des zoonoses. Les grandes pandémies sont des maladies qui se propagent d’espèce en espèce et dont la diffusion est en grande partie dépendante des bouleversements écologiques provoqués par les humains. L’urbanisation, l’agriculture industrielle et l’expansion humaine entraînent la dégradation et le rétrécissement sans précédent des milieux anciennement peu anthropisés. Cette situation a eu pour effet que des espèces sauvages réservoirs de pathogènes se sont trouvées en contact beaucoup plus intense avec des humains vivant dans des habitats beaucoup plus denses…

One Halth, on peut aussi parler de « santé inclusive ». L’Association pour le contrat naturel a élaboré une approche intégrée qui permet de repenser les défis entrelacés auxquels nous sommes confrontés. Le Contrat naturel de Michel Serres était le cadre de pensée d’une nouvelle coexistence avec la terre et les vivants : « Nous dépendons de ce qui dépend de nous« , écrivait Michel Serres. La santé est l’expression d’une symbiose : le soin renoue les liens. Cela suppose de reconnaître toute leur place à des territoires sur lesquels se forment des socio-écosystèmes à dimensions plurielles. La modernité a cru pouvoir, par démesure, renoncer à penser dans un même monde global les relations croisées entre la santé humaine et la santé de la Terre. Une approche inclusive de la santé affirme au contraire qu’il existe une communauté de destin entre l’épanouissement de la santé personnelle, la santé des sociétés et celle des milieux naturels.

One Health est donc une notion qui permet de rompre l’hyperspécialisation disciplinaire qui nuit à la compréhension de certains phénomènes, de mettre l’activité scientifique au diapason des problèmes effectifs rencontrés par les sociétés. Comment illustrer au mieux cette approche ? En 1962, dans son livre Printemps silencieux, la biologiste Rachel Carson avait été la première à alerter publiquement sur les conséquence néfastes du DDT. Par la suite, une équipe d’épidémiologistes a montré en 2015 que les filles dont les mères appartenaient au quart de la population la plus exposée au DDT avaient, autour de la cinquantaine, un risque presque quadruplé de cancer du sein, par rapport à celles dont les mères avaient été le moins exposées. En 2021, la même équipe est parvenu à établir une association entre l’exposition au DDT de femmes californiennes dans les années 1960 et la susceptibilité au cancer du sein de leurs petites filles – des jeunes femmes d’aujourd’hui.

L’écologisme est aussi un engagement pour la santé publique. Les humains malgré tous leurs efforts démesurés d’artificialisation des milieux, ne peuvent pas être indépendants de la nature environnante et des autres espèces. Il faudrait le savoir avant même d’apprendre à lire et à compter.

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19 réflexions sur “One Health, l’humain inséparable de la nature”

  1. @ BGA80 À 16:23 : « … ça c’était avant ! A présent aillez nous sommes déconnectés à 100%, pour la majeure partie de la population (au moins 95%) on ne peut plus être déconnecté davantage ! Et oui 95 des français ne sont même plus connectés à hauteur de 1% à la nature […] »

    D’abord 95% des français ça ne fait pas 95% des êtres humains. Des millions et des millions d’êtres humains vivent aujourd’hui en lien direct avec la nature. Comme depuis la nuit des temps, soit ils en récoltent les fruits, soit ils en subissent les «caprices». Mais aujourd’hui en plus, ils subissent les conséquences de notre modernité (avec ou sans «»). Parle un peu avec n’importe quel paysan et tu verras qu’il a encore les pieds sur terre. Mais je pense que tu n’as pas compris ce que je disais au sujet de ces époques dites classiques et modernes etc.

    1. (suite) Contrairement à toi, même si notre rapport à la nature évolue (dans le bon sens, oui… mais certes pas assez vite) je pense qu’on peut être encore plus déconnecté qu’on ne l’est aujourd’hui. Du fait justement du déni de réalité et de cette effroyable confusion qui ne cesse de progresser. Je pense notamment aux transhumanistes, aux scientistes bien sûr, mais aussi à tous ceux qui à force de nous faire peur risquent de nous faire sombrer du côté obscur de la Force. Et dieu sait que ce n’est pas ce qu’ils recherchent.
      Aujourd’hui on peut toujours dire que les enfants se conçoivent encore à l’ancienne… on sait encore ce qu’est la viande, d’où elle vient etc. Comme quoi on n’a pas encore tout oublié, on sait encore (plus ou moins bien sûr) ce qu’est la nature. Mais demain qui sait, ce sera peut-être le Meilleur des mondes… ou Soleil Vert, ou 1984.

      1. En outre Jancovici disait que même les pays pauvres bénéficiaient du parc de machine mondiale et que la plupart des pauvres avaient l’équivalent de 100 esclaves énergétique (même en Afrique la population a des vêtements industriels, des chaussures, des portables etc) Donc oui le mode de vie occidental qui n’est pourtant pas viable dans la durée s’étend à l’ensemble de la population mondiale

        Certes le processus n’est pas terminé dans les autres pays mais ça avance dangereusement avant le crash énergétique, des pénuries de charbon commencent à se faire sentir en Chine par exemple…

    2. La moitié des pays du monde est urbanisée à plus de 50 %, et ça fait plus de la moitié de la population mondiale soit plus de la moitié des individus dans le monde qui sont déjà urbanisés (même la Chine avec ses 1,4 milliards d’habitants l’est déjà à hauteur de 56,8% en 2016. Donc tous les pays suivent le même processus d’urbanisation où l’on empile les individus dans des buildings

      Par ailleurs, récemment un dirigeant africain disait que l’aide alimentaire délivrée en Afrique rendait dépendant et que la population ne cherchait plus à s’en sortir autrement puisque habituée à attendre les aides.

      1. Certes, mais tout ça reste hors-sujet. Si nous ne devons pas oublier que l’humain est inséparable de la nature, que notre santé dépend de celle de notre environnement etc. nous ne devons pas oublier non plus que l’humain est inséparable de ses semblables. Et que tout seul nous ne sommes rien. L’Autre fait partie aussi de notre environnement.

        1. Ouais enfin en terme de semblable, c’est aussi fondé sur un bon équilibre, ni être sous-peuplé ni surpeuplé ! Une trop grosse densité démographique est tout autant nocive pour la santé que cela ne provoque des mauvais rapports sociaux. Il n’y a pas de convivialité et d’amitié durable dans une ville surpeuplée, d’ailleurs on dit souvent qu’on peut vivre plus facilement l’anonymat dans les grandes villes, les amis ça se zappe parce que c’est toujours le parcours du combattant pour les rencontrer comme en Ile de France par exemple. Les taux d’agression deviennent de plus en plus élevés proportionnellement à la grosseur des villes… Quant aux épidémies elles se propagent plus facilement

          1. Ben oui c’est que je ne cesse de répéter, tout est une question d’équilibre. Et donc de juste mesure. Regarde seulement les grenouilles et les moustiques. Un peu ça va, mais quand il y en a trop je te dis pas. Alors en attendant, qu’est-ce qu’on fait ?
            Pêche à la grenouille ou DDT ? Pêche, chasse, pulvérisation, consommation etc. à toute heure du jour et de la nuit ou seulement les dimanche ? Pas facile de trouver le bon équilibre, hein.

          2. Ben si, que des populations baissent leurs taux de natalité pour commencer. Il n’y aura certainement pas d’équilibre en entassant des millions d’individus dans des buildings.

          3. C’est marrant ce besoin de passer du coq à l’âne (hi-han) et de tout ramener au (sur)nombre et aux buildings. En passant par les migrants et les gauchistes et patati et patata, sauf cette fois. Finalement si ce n’est pour nous dire que «Reconnecter l’humain à la nature ça va être compliqué vraiment compliqué !» tu ne nous a pas dit grand chose qui puisse nous avancer. Ne serait-ce qu’au sujet du One Health.

  2. Esprit critique

    – « Pour approfondir la médecine, il faut considérer d’abord les saisons, connaître la qualité des eaux, des vents, étudier les divers états du sol et le genre de vie des habitants ». (Hippocrate, Traité des Airs, des Eaux et des Lieux)
    L’idée qu’il existe un lien étroit entre notre santé et l’environnement n’est donc pas nouvelle. Et par conséquent l’idée de l’intérêt de maintenir cet environnement en bon état (ou bonne santé) non plus. Finalement “One Health“ ne nous apprend pas grand chose que nous ne sachions déjà. Toutefois espérons que présentée sous ce nouvel emballage, l’idée puisse alors séduire et bien se vendre.

  3. Michel Castaing

    J’estime qu’un écologiste devrait savoir un certain nombre de choses, dans divers domaines et notamment scientifiques. Je ne connaissais pas ce terme “One Health“, par contre je sais depuis longtemps que tout est lié et qu’un équilibre est toujours précaire. L’écologie c’est justement l’étude (la connaissance) de ces liens et de ces équilibres. Je savais ce que sont les zoonoses, et donc que les virus, comme les bactéries, peuvent se transmettre de l’homme à l’animal et vice versa, et qu’ils mutent etc. Et bien sûr que les grandes populations, qu’elles soient humaines ou animales, favorisent la propagation de ces agents pathogènes et donc des maladies.

    1. Je pense que la pandémie actuelle est un bon exemple de la non prise en compte de cette réalité à sa juste mesure. On se focalise sur les humains, qui évidemment se transmettent entre eux ce coronavirus, plus exactement ces divers variants (mutants), mais on semble occulter le reste. On a certes un peu parlé des visons, mais à part ça pas grand chose.
      Mais finalement, peut-être vaut-il mieux ne pas trop en parler. Parce que si en plus… on se met maintenant à avoir peur des chiens et des chats, des chauve-souris et des oiseaux migrateurs etc. … alors on risque de tous mourir de peur. 😉

  4. Reconnecter l’humain à la nature ça va être compliqué vraiment compliqué ! En effet l’industrie a fait perdre toutes les compétences d’autonomie de l’être humain en remplaçant les individus par des robots, d’où d’ailleurs l’exode rural. C’est vrai les robots c’est confortable ils font absolument tout à notre place d’où le fait qu’on en soit devenu addict ! A présent les gens espèrent pouvoir même donner une conscience aux robots pour nourrir leur manque d’affectivité. Bref on en est même arrivé au point où les individus bichonnent leurs machines (voitures, tablettes, ordinateurs, etc) ils ont même plus d’affection envers leur ordinateur que leur animal domestique ou tout simplement les autres individus. Bref plus d’un français seraient terrorisés à l’idée de vivre sans machine ne serait-ce qu’une seule journée ! Une seule journée sans ordinateur et sans téléphone combien seraient prêts à le faire ?

    1. Au mieux ils le tenteraient une seule fois pour une expérience médiatique et sociologique, mais à mon avis ils ne seraient pas nombreux à vouloir répéter cette expérience Déjà on s’aperçoit que beaucoup espèrent gagner beaucoup d’argent en devenant influenceur et en lançant sa chaîne médiatique sur les réseaux

      Puis on est habitué à rester au chaud tellement on s’est sédentarisé Globalement les gens n’acceptent de vivre en extérieur que pour le camping en été (avec tout de même tout le confort moderne sur place)

      Donc c’est mal barré pour reconnecter l’humain à la nature, vraiment mal barré ! Il faudrait commencer par démanteler tous les réseaux médiatiques audio-visuels car les écrans sont hypnotiques. Tant qu’on pointera collectivement notre nez sur un écran d’ordi ou de portable ou encore de télé en restant au chaud il n’y a aucun espoir, car tout simplement tant qu’on sera hypnotisé par les écrans on sera connecté aux machines…

      1. Certes, notre rapport à la technique (machines, robots etc.) fait que nous sommes de plus en plus déconnectés de la nature. Mais ce n’est pas seulement ça qui est la cause de l’évaporation de ce savoir (ou connaissance) ancestral(e) qui faisait que dès l’enfance nous nous sachions directement liés à notre environnement (nature), et qui plus est dépendants.
        Au sujet de notre rapport à la nature, en gros on distingue deux époques : l’époque classique et l’époque moderne. Cette dernière ayant commencé bien avant les robots. Selon certains, depuis les années 80 nous serions dans l’époque postmoderne (postmodernité). Et pour d’autre dans l’hypermodernité. Une chose est certaine, notre rapport à la nature n’est plus celui qu’il était à l’époque dite moderne, ou ne serait-ce qu’il y a 50 ans.

        1. « Certes, notre rapport à la technique (machines, robots etc.) fait que nous sommes de plus en plus déconnectés de la nature. »

          Nous ne somme pas de plus en plus déconnectés de la nature, lorsque nous étions déconnectés de la nature de manière partielle ça c’était avant ! A présent aillez nous sommes déconnectés à 100%, pour la majeure partie de la population (au moins 95%) on ne peut plus être déconnecté davantage ! Et oui 95 des français ne sont même plus connectés à hauteur de 1% à la nature, pour reprendre ton expression les français sont devenus des pousse-caddy !

        2. Plus on remonte dans le temps et plus la population française est rurale, et dans ce contexte la population avait beaucoup plus conscience de la gestion des ressources locales, par exemple il n’y avait pas de canalisation d’eau avec des stations d’épuration alors la population gérait sa consommation d’eau par rapport aux limites locales, idem avec le bois pour se chauffer ainsi que les aliments. Bref, tous les individus étaient impliqués dans la gestion des ressources.

          Or aujourd’hui, la population consomme comme si tout était illimité, en poussant son caddy on à l’impression que les marchandises poussent indéfiniment dans les rayons, car on a pris à peine 3 boîtes dans le rayon que des manutentionnaires le réapprovisionnent déjà. Les rayons sont toujours plein entretenant l’illusion d’illimité.

        3. Les individus ne gèrent plus les ressources, ils n’attendent que de la monnaie pour acheter ce qu’il y a dans les rayons, tout le monde raisonne de manière monétariste, bref ils pensent juste qu’il faille produire de la monnaie pour que l’on puisse acheter plus sans soucis… Comme si la création de monnaie créait les marchandises par enchantement en contrepartie de cette production monétaire

          Pour les plus jeunes de la population on a toujours connu ça, on est né dans cet environnement ultra-urbain de supermarchés, comme si cet environnement ultra-urbain de supermarchés était notre environnement naturel au même titre que des animaux en forêt. On n’a pas connu autre chose alors ça nous paraît naturel, hormis que c’est véritablement superficiel et illusoire car toute cette abondance n’est pas durable et dépend des énergies fossiles en voie d’épuisement !

      2. Les mentalités (points de vue) changent, sur tous les sujets, parfois dans le bon sens, souvent dans le mauvais.
        Storytelling : Il y a une quarantaine d’années, pas loin de chez moi les habitants d’un tout nouveau lotissement (néo-ruraux) se plaignaient des concerts nocturnes des grenouilles du petit étang voisin. Là encore nous avions deux camps : ceux qui voulaient le faire combler (assainir), et d’autres qui voulaient le garder. Notamment parce qu’ils allaient y pêcher. Certains c’est la chasse, d’autres c’est la pêche etc. c’est comme ça. La pêche à la grenouille n’étant probablement pas leur spécialité, l’idée qui fit consensus fût celle d’y mettre des brochets, dans l’étang. Pendant un temps tout le monde fut content. Finis les concerts ! Sauf qu’après les grenouilles ce furent les moustiques.
        L’histoire ne dit pas la suite. POUR ou CONTRE le DDT ? Choisis ton camp camarade ! 🙂

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