Paludisme, peut-on contrôler durablement la nature ?

Publié le 29 novembre, le rapport 2017 de l’OMS* sur le paludisme (également appelé malaria), indique qu’avec 216 millions de cas de paludisme en 2016, ce sont 5 millions de cas supplémentaires qui ont été recensés par rapport à 2015. Le nombre des décès reste stable avec 445 000 morts en 2016. Des résistances partielles aux traitements de référence (combinaisons à base d’artémisinine) affectent tant les traitements que les insecticides utilisés pour les moustiquaires et les pulvérisations intradomiciliaires. Dans 81 % des pays du Grand Mékong, les autorités ont signalé des résistances à la seule classe d’insecticide utilisée pour imprégner les moustiquaires, celles des pyréthrinoïdes.

Le paludisme affecte les êtres humains depuis plus de 50 000 ans et aurait été un pathogène depuis le début de l’histoire de notre espèce. Dans certains endroits d’Angleterre, la mortalité due à la malaria était comparable à celle de l’Afrique subsaharienne d’aujourd’hui. La parasitose concerne majoritairement les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. Toutes les deux minutes, le paludisme tue encore au niveau mondial un enfant de moins de 5 ans et neuf fois sur dix, il s’agit d’un enfant africain. Le principal intérêt du moustique, c’est quand même d’être mortel pour l’homme. Il joue un rôle dans la régulation des populations. Et d’après ce qu’on nous dit, l’explosion démographique en Afrique aurait bien besoin d’être maîtrisée. Comme l’écrivait Malthus en 1798, si nous n’agissons pas sur notre fécondité, la surpopulation humaine accroît les risques de famine, de guerres… et d’épidémies. Il était d’avis de n’agir que dans la perspective d’une solution durable. Il serait certainement d’accord pour l’utilisation de moustiquaires, même imprégnés de DDT. Mais s’il avait su aussi que les insecticides provoquent la mutation des agresseurs de l’espèce humaine, le doute l’aurait envahi.

Comme l’écrivait déjà Rachel Carson en 1962, « L’histoire de la vie sur Terre est l’histoire d’une interaction entre les êtres vivants et ce qui les entoure. C’est seulement dans la séquence temporelle du XXe siècle qu’une espèce – l’homme – a acquis la puissance considérable d’altérer la nature du monde. Depuis que le DDT a été homologué pour l’usage civil, les insectes, dans une splendide confirmation de la théorie darwinienne de la « survie du plus adapté », ont évolué vers des super-races immunisées. Nous avons à résoudre un problème de coexistence avec les autres créatures peuplant notre planète. Nous avons affaire à la vie, à des populations de créatures animées, qui possèdent leur individualité, leurs réactions, leur expansion et leur déclin. Le tir de barrage chimique, arme aussi primitive que le gourdin de l’homme des cavernes, s’abat sur la trame de la vie, sur ce tissu si fragile et si délicat en un sens, mais aussi d’une élasticité et d’une résistance si admirables, capables même de renvoyer la balle de la manière la plus inattendue. Ces extraordinaires possibilités de la substance vivante sont ignorées par les partisans de l’offensive chimique, qui abordent leur travail sans aucune largeur de vues, sans le respect dû aux forces puissantes avec lesquelles ils prétendent jouer. Vouloir « contrôler la nature » est une arrogante prétention, née des insuffisances d’une biologie et d’une philosophie qui en sont encore à l’âge de Neandertal… »

Le paludisme en Afrique aurait bien besoin d’être maîtrisée. Certes ! Mais comment ? Faut-il distribuer gratuitement des moustiquaires ? Faut-il espérer des financement internationaux conséquents qui permettraient de découvrir un insecticide miracle valable ad vitam aeternam ? Faut-il éradiquer les moustiques en répandant un gêne de stérilité ? Faut-il laisser la nature se charger de la sélection des humains résistants au paludisme ? La richesse pétrolière de la société actuelle permet de faire  tout cela à la fois. Pour demain, on ne promets rien…

* LE MONDE du 30 novembre 2017, Les progrès contre le paludisme sont menacés

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6 réflexions sur “Paludisme, peut-on contrôler durablement la nature ?”

  1. Effectivement, si nous poursuivons la faute collective consistant à respecter et appliquer les lois qui protègent les portefeuilles des industriels milliardaires, Dame Nature aura notre peau.

    Il faut donc lutter à la fois contre l’optimisme idiot qui en un capitalisme qui soit humanitaire et écolo croit, et contre le fatalisme qui prétend qu’en absolument tout état de cause, endiguer la catastrophe est impossible.

    Il est impératif que collectivement nous menions une révolution communiste, féministe et écologiste qui entre autres soit destinée à permettre la baisse de la natalité et à faire en sorte que les Africains et les Moyen-Orientaux ne soient plus contraints de migrer en masse vers l’Europe.

  2. @Invite 2018 :
    en principe , stérilisation et contraception + planning familial sont les voies réalistes
    et « douces  » à suivre pour maîtriser puis faire décroître la population mais vu la malignité et l’ inertie volontaire des politocards , je pense que malheureusement dame nature va règler le problème à sa façon , c’ est à dire avec une brutalité inouïe

  3. Il faut « réduire la voilure ». Ne pas chercher à tout contrôler, à abattre partout tous les vecteurs de telles ou telles maladies, à terme ils se reconstitueront sous des formes peut-être encore plus dangereuses car devenues résistantes à ‘l’ensemble des moyens de lutte mis en place précédemment.
    Il faut se souvenir que tous les parasites en Afrique ont de fait interdit à l’homme de s’installer en nombre dans certaines régions. Sans paludisme, sans mouche tsétsé, l’homme se serait installé partout et il n’y aurait plus de grande faune en Afrique.
    La nature n’est pas méchante, elle est subtile, faite d’équilibres, de forces contraires qui s’opposent mais dont jamais une ne l’emporte sur les autres. Nous voudrions gagner, nous imposer partout, violer cette règle de l’équilibre, c »est une erreur, c’est une impasse, c’est un irrespect envers les lois de la vie.
    Laissons des espaces au reste du monde, soyons moins nombreux, plus modestes, c’est la seule voie morale et la seule voie de la durabilité.

  4. @marcel, il existe un moyen non-cruel et tout aussi efficace : généralisation de l’accès à de la contraception qui soit sans effets secondaires et à de la stérilisation qui soit sans mutilations physiques.

    Donc hors de question de dire du bien des malheurs.

  5. Le paludisme par son parasite le plus mortel, plasmodium falciparum, est un moyen surpuissant d’ enrayer la natalité lapinesque des Africains et des Asiatiques voire même de faire régresser leurs chiffres de population : moyen cruel , certes , mais très efficace !
    Il ,est plus que temps de laisser dame nature faire son oeuvre en limitant la ponte des
    lapines locales (2 enfants survivraient sur 10 nés) .
    Monstrueux marcel , va !

  6. Le paludisme par son parasite le plus mortel, plasmodium falciparum, est un moyen surpuissant d’ enrayer la natalité lapinesque des Africains et des Asiatiques voire même de faire régresser leurs chiffres de population : moyen cruel , certes , mais très efficace !
    Il ,est plus que temps de laisser dame nature faire son oeuvre en limitant la ponte des
    lapines locales (2 enfants survivraient sur 10 nés) .
    Monstrueux marcel , va !

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