Nous avons posé cette question à Perplexity, l’IA qui se réfère aux articles du MONDE. Voici sa réponse :
« On peut considérer que la nature, c’est Dieu, selon certaines philosophies comme celle de Spinoza, pour qui « Dieu, c’est la Nature. Pas de différence, l’un et l’autre s’équivalent » (Deus sive Natura, dieu c’est-à-dire la nature). » Cette vision, appelée panthéisme, identifie Dieu à la totalité de la nature. Chez Spinoza, chaque événement découle nécessairement des propriétés intrinsèques de la substance infinie, sans volonté libre, ni pour Dieu, ni pour l’homme. Dieu n’est plus un esprit séparé du monde, mais l’univers lui-même, dont tout ce qui existe fait partie. Cette vision rompt avec les conceptions traditionnelles de Dieu comme transcendance séparée, et rapproche la divinité de la réalité physique universelle.
Cependant, dans les religions monothéistes (judaïsme, christianisme, islam), Dieu est considéré comme extérieur à la nature, qui lui est subordonnée : « Dans les monothéismes abrahamiques, Dieu est en dehors de la nature et celle-ci lui est subordonnée ». La nature y est vue comme une création de Dieu, mais distincte de lui.
En résumé, assimiler la nature à Dieu dépend du cadre philosophique ou religieux adopté : c’est une thèse centrale du panthéisme, mais elle est rejetée par la plupart des religions monothéistes.
À lire pour réfléchir :
1182 ASSISE (Saint François d’)
extraits : François d’Assise a réalisé que toute la création forme une grande famille, une sorte de fraternité universelle. Il invite alors tous les humains non seulement à l’amour mutuel, mais aussi au respect de notre mère la Terre, notre sœur la Lune et notre frère le Soleil. Ainsi François devient-il le plus grand révolutionnaire de l’histoire parce qu’il détrône l’humain de son rôle de monarque dans la Nature et proclame le respect de toutes les créatures terrestres. Le texte officiel de canonisation en 1979 souligne que la nature est un don de Dieu fait aux humains, ce qui montre que l’Eglise n’a toujours pas compris le message d’humilité vis-vis de la Nature que propageait François….
1729 Mémoire des pensées et des sentiments de Jean MESLIER
extraits : Fin juin 1729 meurt dans son presbytère Jean Meslier, curé d’Etrépigny (Ardennes) de 1689 à 1729 ; sur la table, une lettre qui exhorte ses confrères les curés à déserter : « Je m’assure que si vous suivez bien les lumières naturelles de votre esprit, vous verrez au moins aussi bien que moy que toutes les religions du monde ne sont que des inventions humaines, et que tout ce que votre religion vous enseigne, et vous oblige de croire, comme surnaturel et divin, n’est dans le fond qu’erreur, que mensonge, qu’illusions et imposture. » Jean Meslier rejette la religion pour mettre à la place une conception matérialiste très contemporaine : « Sur quelles bases ont-ils fondé cette prétendue certitude de l’existence d’un Dieu? Sur la beauté, l’ordre, sur les perfections des ouvrages de la nature? Mais pourquoi aller chercher un Dieu invisible et inconnu comme créateur des êtres et des choses, alors que les êtres et les choses existent et que, par conséquent, il est bien plus simple d’attribuer la force créatrice, organisatrice, à ce que nous voyons, à ce que nous touchons, c’est à dire à la matière elle-même? Toutes les qualités et puissances qu’on attribue à un Dieu placé en dehors de la nature, pourquoi ne pas les attribuer à la nature même qui est éternelle ?….
En savoir plus grâce à notre blog biosphere
Tout savoir sur l'(in)existence de Dieu (extraits)
BD : « La matière n’a absolument pas les attributs de Dieu, Dieu est esprit et la matière est … matérielle. »
Biosphere : La bible (ou le Coran) nous dit que Dieu existe, mais ce sont des feuilles de papier bien matérielles qui l’affirment sans aucune preuve à l’appui. Or l’esprit est bien matière, la conceptualisation est l’œuvre de notre cerveau humain, un organe qui phosphore aux phospholipides. Ce cerveau peut imaginer beaucoup de choses, le Saint-Esprit qui scelle l’union entre le Père et le Fils… On peut mettre les traits d’esprits à toutes les sauces. Quant à la matière, elle a bien les attributs de dieu, l’infinité et l’éternité…
L’existence de dieu ? On s’en contrefout !
extraits : Un jour encore enfant, je me suis enhardi pour demander à un prêtre s’il croyait personnellement à l’enfer. A sa réponse évasive et son air constipé je savais dorénavant ce qu’il fallait savoir : on me racontait des histoires. J’étais devenu plus méfiant. Depuis j’ai multiplié les questions et confronté les réponses ; on ne se pose jamais assez de questions, on ne nous fournit jamais suffisamment d’éléments pour trouver nous-mêmes les réponses. La critique de la religion a été la première marche de l’autonomie de ma réflexion et le fondement de tout mon écologisme à venir. Mais certains ne se posent pas de question. On les appelle « les croyants »….
Dieu à l’épreuve de l’écologie scientifique
extraits : Dieu ne dit rien par lui-même, ce sont toujours des humains qui disent que dieu leur a dit. Comme les religions monothéistes ont été inventées à une époque où on croyait la terre sans limites, il n’y avait donc aucune mention dans les interprétations des textes sacrés d’une quelconque préoccupation écologique. Dans « La Science, l’épreuve de Dieu ? », le théologien François Euvé interroge les rapports entre la science et la foi. Si les deux doivent entrer en dialogue, il invite à ne pas confondre leur domaine respectif….
Écologie, le droit d’emmerder Dieu
extraits : Pour Karl Marx, toute critique commençait par la critique de la religion : « Religion, opium du peuple » ! Il ne faut voir dans la bible et le coran qu’imagination humaine, poison de notre pensée. Les religions du livre font référence à un dieu abstrait, invisible, indéchiffrable. Alors ce sont des humains qui interprètent la parole de « dieu » pour imposer aux autres leur propre conception de l’existence. Impossible de s’entendre, on sacralise des arguments d’autorité, on jette l’anathème sur les infidèles ou on les massacre puisqu’on n’a pas d’argument rationnel pour les convaincre. Cependant aucune société ne peut vivre sans une certaine forme de religion. Mais ma spiritualité, ce qui est sacré à mes yeux, c’est le lever du soleil qui apporte l’énergie de la vie aux plantes, l’eau qui ruisselle et étanche la soif de toutes les espèces, l’équilibre des écosystèmes. Ni la bible, ni le coran, il nous faut lire dans le livre de la Nature l’amour de toutes les formes de vie….
Libéralisme économique, le marché est Dieu
extraits : Derrière le jargon de l’économie libérale, on retrouve une mythologie des origines, des récits de déchéance et même une doctrine du péché et de la rédemption. Avec, au pinacle de cette « nouvelle théologie », la figure du marché, son mystère et la révérence qu’il inspire. Le lieu de la rencontre entre l’offre et la demande, ce mécanisme théorique qui détermine les prix et la distribution des richesses devient une entité transcendante. Le dieu Marché prétend nous offrir le salut. Le cours de la bourse est consulté chaque jour et les journaux s’emplissent de débats ésotériques sur les déterminants de la croissance. Mais c’est un Dieu marchand qui a déclenché le réchauffement climatique, l’extinction de la biodiversité et l’usage des armes….

Non, ce serait limiter Dieu à une dimension purement matérielle
Pour moi ces genres d’affirmation servent juste à se faire apprécier de tout le monde, des écolos et des croyants en leur disant « au fond vous croyez en la même chose ».
C’est pratique, mais c’est une mauvaise compréhension de ce que l’on appelle Dieu
Bien sûr cette remarque n’enlève rien à la nature et au respect qu’on lui doit, ni à l’admiration qu’on lui porte.
Cette fois je ne suis pas d’accord. Déjà, et comme je l’ai dit hier à 19 :23, de « ce que l’on appelle Dieu »… moi je n’en sais rien. Pareil de la nature… de la vie (la Vie), et toutes ces choses sur laquelle la Science (Connaissance) bute.
« Dieu » c’est juste un mot pour nommer ce qui nous dépasse. Partant de là, il n’y a aucune bonne raison d’interdire à qui que ce soit de nommer cette chose (?) comme il l’entend. À condition bien sûr qu’un cercle ne devienne pas un carré, le mensonge la vérité etc. n’allons surtout pas nous faire la guerre à cause de ça.
Dieu, Allah, Dame Nature… peu importe !
De toute façon ça n’enlève absolument rien au… mystère. Celui de la vie, du commencement («au commencement était le Verbe» ?), du Big-Bang etc. tout est lié.
Dieu, la Nature, le Mystère, ou un simple ? (point d’interrogation), pour moi c’est pareil.
(à suivre)
(suite) Je suis toutefois d’accord pour dire qu’un arbre est constitué d’atomes. Seulement il n’y a pas que ça. Bref, c’est sur cette «dimension purement matérielle» que je bute.
Toutefois je vois très bien qu’un tas de pierres ne fait pas une cathédrale. Une mosquée, un pont peu importe. Qu’un tas de rouages et de leviers ne fait pas une pendule, etc. etc. Pour que ces choses, purement matérielles (atomes, cailloux, rouages etc.), fassent un arbre, une cathédrale ou une pendule, il faut bien quelque chose de plus.
Quoi donc ? Déjà un architecte… et puis des maçons, des charpentiers etc. Et un horloger pour la pendule. Et bien sûr des bons. 😉
Généralement on parle là d’ «information». ( à suivre )
(et fin) Et là… la Science me dit que l’information serait (pourrait-être) le cinquième état de la matière… Et tout récemment, cette thèse selon laquelle :
– « La réalité profonde, quant à elle, serait celle d’un vaste champ de conscience auquel le cerveau humain n’aurait qu’un accès limité. Du fait de nos limites perceptives et cognitives, nous percevrions la plupart des choses comme séparées : c’est ainsi que naît l’illusion de la matière. Autrement dit, la matière apparaît lorsqu’on ne perçoit pas (ou insuffisamment) les liens entre les choses, lorsqu’on oublie que tout est lié. » (Et si l’esprit précédait la matière ? La thèse de Maria Stromme – jepense.org 28 novembre 2025)
Mon dieu que tout ça est compliqué ! Et là je mesure à quel point je suis limité.
Misère misère ! 🙂
Un dernier mot : Ce point de vue de Monsieur Barthès est purement catholique.
Et correspond pile poil à ce que disait le pape François dans son Laudato si’.
En gros il ne faut pas confondre le Créateur avec sa Création. C’est à dire le Père avec le Fils. Et encore moins avec le Saint-Esprit. Autrement dit la transcendance et l’immanence ce n’est pas pareil. Et la descendance je vous dis pas !
Que voulez-vous, ne serait-ce que pour se gagner le Ciel… ce saint-homme était bien obligé de s’en tenir à son Credo. 🙂
Pierre-Simon Laplace est né en 1749. De 1798 à 1825 paraissent les cinq volumes de sa «Mécanique céleste». Napoléon lui faisant remarquer qu’il n’y était fait nulle part mention de Dieu, Laplace lui répondit : « Je n’ai pas eu besoin de cette hypothèse ».
Maintenant un panthéiste n’est pas en soi opposé aux croyants, à chacun sa croyance. Mais aux croyants à ne pas vouloir imposer leurs convictions comme l’histoire des religions nous apprend la constance autoritaire…
La constance autoritaire !!?? Pour ne prendre que la «notre», celle qui a fait notre culture, judéo-chrétienne… en l’occurrence le christianisme, voire le catholicisme… je pense qu’il y a déjà un bon moment qu’il y a un bon qu’ON n’use (et abuse) plus de la violence pour l’imposer à qui que ce soit. Maintenant, si ON veut parler de constance autoritaire, alors ils faut l’étendre à certaines autres formes de croyances.
Laplace n’avait pas besoin de l’hypothèse Dieu parce qu’il ne se posait pas la question de la raison d’être de l’Univers, il ne se demandait pas pourquoi il existe quelques chose plutôt que rien.
Constatant ce quelque chose, il se contentait d’en décrire (avec talent, certes) le fonctionnement.
Voilà ce qui sépare les savants des théologiens, encore une fois il ne faut pas ni mélanger ni opposer les domaines
Dieu… La Nature… en ce qui me concerne je reste incapable d’en donner une définition.
Et puis il y en a d’autres, je pense de suite au hasard, l’absolu, l’infini…
Toutefois je pourrais en remplir des pages. Mais à quoi bon puisque d’autres l’on fait depuis longtemps, et bien mieux que je pourrais le faire.
– « ABBE PIERRE : L’aboslu est le genre de sujet devant lequel il faudrait se taire.
ALBERT JACQUARD : C’est un mot terrible ; mais, aussitôt, je me raccroche aux branches mathématiques, et je rencontre le mot « infini » … »
( ABSOLU – Dialogue animé par Hélène Amblard – éditions du Seuil 1994 )
L’infini… là je vous renvoie à l’autre Albert : « Deux choses sont infinies : l’univers et la bêtise humaine. [etc.] » Alors oui, pour moi ON peut considérer que la nature c’est Dieu. Ça ne me dérange absolument pas. 🙂