La population française sait parfaitement qu’il ne faut pas dépasser la limitation de vitesse sur routes. Mais elle ignore dans sa grande globalité que nous avons dépassé les limites de la planète et qu’il faudrait instaurer des limites dans tous les domaines. Le mensuel La décroissance de novembre 2014 insiste à juste titre sur ce qui constitue un des fondements de la pensée écologique, retrouver le sens des limites. Nous allons développer ce que dit Marie sur la PMA, procréation médicalement assistée, la technologisation de notre sexualité :
« Quand on est un couple infertile, si l’on ne veut pas du genre PMA-GPA, pour les grands médias, c’est incompréhensible… Bientôt on vous dira que c’est de votre faute si vous souffrez d’être infertile en vous renvoyant à votre refus d’utiliser les biotechnologies… Mais pourquoi refuserions-nous de penser les limites dans la procréation et dans le même temps insisterions-nous sur la nécessité de prendre en compte les limites de la planète pour tout le reste ?… »
Le point de vue des écologistes techno-conscients
Vouloir contourner la sélection naturelle qui a donné la fécondité aux uns et la stérilité à d’autres relève d’une volonté de toute puissance de l’homme, l’hubris, liberté de faire tout et n’importe quoi au nom du « désir individuel » pour le plus grand profit du système capitaliste libéral et de ses spécialistes.
Pour Simone de Beauvoir, la femme n’est pas vouée à la fécondation et certaines féministes aujourd’hui choisissent la nulliparité même quand elles sont fécondes. Avoir un enfant même si on ne peut pas est-il vraiment un droit quand toute naissance supplémentaire aujourd’hui, particulièrement dans un pays riche, consume la planète en surconsommant ? Nous devrions au contraire assumer politiquement un choix raisonné en limitant le nombre des naissances. Ne pas avoir d’enfant n’est pas plus douloureux et insupportable que bien d’autres manques dans la vie.
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Procréation médiatique assistée, un conditionnement (décembre 2012)
extraits : La procréation médicalement assistée ne serait pas entrée dans les mœurs si les médias n’avaient pas cultivé le sensationnel pour booster l’audimat. Prenons le débat sur la fécondation in vitro dans la presse canadienne : « Comment ne pas voir se profiler des mutations anthropologiques sans précédent : « L’élevage de fœtus pourrait devenir réalité dans un proche avenir »… « Enceinte de douze enfants »… « Naissance des premiers quintuplés in vitro »… « Un jumeau de rechange au congélateur ! »… « L’homme pourrait bientôt mettre des enfants au monde »… « Une Romaine accouche du fils de sa mère »… « Naissance « vierge » en G.B. »… « Enceinte de ses petits-enfants »…etc. Incroyable amalgame de « nouveautés » techniques, de dérives, de délires, de transgressions enrobées de l’aura de prouesses biomédicales… » Les médias semblent convertis au tout économique, sous l’influence de l’industrie du vivant sous toutes ses formes. L’absence de sens critique à l’égard du bio-pouvoir aboutit en fait à servir certaines stratégies publicitaires…
pensée des limites et procréation médicalement assistée (janvier 2013)
extraits : Nous avons abandonné la fabrication des yaourts propre à l’économie domestique. Alors pourquoi ne pas appliquer ‘la règle du yaourt’ à notre procréation ? Pourquoi ne pas s’en remettre à la techno-science pour concevoir les enfants ? La société de croissance nous a tellement habitués à dépendre de techno-organisations complexes et à y voir les conditions du progrès. En nous plongeant dans un univers urbain artificialisé, elle a renforcé notre sentiment d’être au centre de tout et accru l’importance que nous portons à l’écoute de nos propres désirs, quitte à passer par-dessus les contraintes biologiques. A quand la gestation en labo pour les couples homo mâles ? ….
Un technologue face à la procréation médicale assistée (février 2013)
extraits : Sur ce blog, nous nous interrogeons aux événements en tant qu’ils relèvent de la nature et de l’écologie. Or toutes nos activités humaines utilisent une quantité plus ou moins grande de ressources terrestres. Médicaliser la procréation nécessite des spécialistes alors que la fonction de reproduction n’a pas normalement besoin de porteur de chandelles. La PMA est une technique sophistiquée, connaissant beaucoup d’échecs et possible financièrement seulement dans un pays riche (ou pour les riches des pays pauvres). On peut aborder aussi une troisième dimension, l’équilibre nécessaire entre une population et son écosystème. Médicaliser la procréation, c’est vouloir pallier à une insuffisance naturelle, la stérilité. Or la démesure de notre empreinte écologique humaine, qui dépasse déjà la capacité de charge de la biosphère, devrait nous inciter à accepter une stérilité, qu’elle soit masculine ou féminine, naturelle ou forcée (couple homosexuel)….
Quelles limites à la procréation médicalement assistée ? (avril 2014)
extraits : Notre système démocratique montre que tout et son contraire est possible quand se dégage un consensus. Mais où sont les limites, la référence ultime ? Le père du premier bébé éprouvette, Jacques Testard, se confie :
« Les dérives actuelles de l’AMP (aide médicale à la procréation) pour raisons sociétales ont davantage à voir avec des comportements individuels qu’avec des inventions scientifiques ; depuis toujours un complice pouvait se substituer au mari pour féconder… je suis consterné par les positions d’EELV sur l’AMP, comme si les écologistes d’appareil reniaient les fondements mêmes de l’écologie, avec les principes de frugalité, d’autonomie et de convivialité. Qu’en est-il de l’autonomie des personnes quand l’enfant est fabriqué par des spécialistes alors qu’une démarche responsable permettrait d’en assumer la technicité rudimentaire ?Il nous faut plutôt construire une civilisation inscrite dans la nature, car nous sommes de la nature, et ses atteintes deviennent vite les nôtres. Contre l’autonomie de la technique, il faut opposer l’autolimitation de la puissance. Et cela passe logiquement par l’objection de croissance…
Annexe documentaire
LE MONDE se fait complice du dépassement des limites en donnant une place démesurée à la procréation médicalement assistée (PMA)
28 avril 2026, Face au défi démographique, ouvrons un débat sur l’évolution du modèle français de la PMA
Un collectif de plus de 100 gynécologues, biologistes et patients appelle à mettre en œuvre les moyens qui permettraient d’augmenter l’accès à la procréation médicalement assistée et au don de gamètes : « Les délais d’accès à la procréation médicalement assistée (PMA) restent élevés et ne se réduisent que marginalement. Dans un contexte de baisse durable de la natalité, le constat est clair : l’effort ne suffit toujours pas à couvrir les besoins… Face au défi démographique auquel la France est confrontée, cette situation dépasse le seul cadre de la PMA et renvoie à un enjeu plus large : celui de la cohérence entre les ambitions affichées en matière de politique familiale et les moyens effectivement mobilisés pour accompagner le désir d’enfant. »
26-27 avril 2026, la « double vie des femmes cumulant travail et PMA
26-27 avril 2026, Questions sur le diagnostic préimplantatoire des embryons
21 janvier 2026, Thibaud Flament forfait pour l’ouverture du Tournoi des six nations en raison d’un processus PMA avec sa femme, atteinte d’endométriose
1er janvier 2026, Quand la PMA échoue, « la société n’a pas de mots, c’est le silence pour ces couples »
16 octobre 2025, PMA : face au manque de donneuses d’ovocytes, l’idée d’une indemnisation fait son chemin

– « Quand on est un couple infertile, si l’on ne veut pas du genre PMA-GPA, pour les grands médias, c’est incompréhensible… Bientôt on vous dira que c’est de votre faute si vous souffrez d’être infertile en vous renvoyant à votre refus d’utiliser les biotechnologies… Mais pourquoi refuserions-nous de penser les limites [etc.] »
Penser les limites… justement ! C’est quoi le « genre PMA-GPA » ? Autrement dit, quel est le rapport entre la procréation médicalement assistée (MPA) et la gestation pour autrui (GPA) ?
D’un certain point de vue… la gestation pour autrui, c’est vieux comme le monde.
– « Comme dans beaucoup d’autres civilisations, la maternité est valorisée en Mésopotamie. Au point que, en cas de stérilité, les couples n’hésitent pas à acheter l’enfant d’une esclave ou même à faire appel à des mères porteuses. » (Les mères porteuses de Babylone – lhistoire.fr)
(à suivre)
(suite) Alors bien sûr, même si aujourd’hui ON continue à parler de «mère porteuse», la GPA actuelle, du moins comme ON l’entend, n’a plus rien à voir avec celle de Babylone.
Et elle rejoint donc la PMA, en ce sens qu’elle repose sur une certaine médecine, pour ne pas dire technologie. Et c’est là que nous en arrivons à cette réflexion, et donc à toutes ces questions, aussi légitimes les unes que les autres… afin d’essayer de voir les seuils, à ne pas franchir, ni pratiquer… Autrement dit la juste mesure, à garder.
Ainsi, pourquoi… une femme qui souffre d’infertilité, qu’elle que soit la cause, devrait-elle refuser des traitements (médicaments, techniques…) qui soignent cette infertilité ?
Les écologistes techno-conscients (sic) diront, je cite : Vouloir contourner la sélection naturelle qui a donné la fécondité aux uns et la stérilité à d’autres relève d’une volonté de toute puissance de l’homme, l’hubris, liberté de faire tout et n’importe quoi [etc.]
(à suivre)
Mouai… N’empêche que dire tout et n’importe quoi est une chose, et faire ou pratiquer tout et n’importe quoi en est une autre.
Que dire alors de ces femmes écolos, ces pures et dures, qui refusent la péridurale ? ON dira que, vu que péridurale ou pas elles en rajoutent au Désastre, alors ce ne sont pas du tout des pures et dures. Mais alors pas du tout du trou !
OK, bien vu, un point pour ON et baballe au centre. Que dire alors des Témoins de Jéhovah qui refusent les transfusions sanguines ? Là ON dira que ceux-là oui, ce sont de bons écolos. Des purs et durs, des vrais, des authentiques ! Parce que de Jéhovah ou de n’importe quoi, un de moins c’est toujours ça !
Mouai… Et lorsque j’ai mal à la tête, quelle que soit la cause… mais pourquoi donc devrais-je refuser de prendre un Doliprane !?
Moralité : Un peu de PMA ça va, et trop bonjour les dégâts !