La Pologne a le plus faible taux de fécondité d’Europe, 1,03 enfants par femme. La hausse des allocations familiales n’y a rien changé. Un taux de fécondité proche de 1 conduit tendanciellement à une division par deux de la population, à chaque génération. Est-ce un bien, est-ce un mal ?
Eric Albert (extraits) : Voilà bientôt quarante ans que la Pologne, pourtant très catholique, est passée sous le seuil du renouvellement des générations, qui est de 2,1 enfants par femme. Le chaos économique de l’ouverture du pays à l’occident et le chômage qui est monté à plus de 20 % paraissaient initialement l’explication la plus plausible. Mais en 2025, le nombre d’enfants par femme en âge de procréer a chuté à 1,03, le plus bas taux de fécondité de toute l’Europe. En comparaison, la France est à 1,62, l’Allemagne, à 1,35, l’Espagne, à 1,12. La population polonaise s’apprête à rétrécir significativement, de 37,5 millions aujourd’hui à 31 millions en 2060, selon les projections de l’institut de la statistique polonais.
Pourtant une allocation était versée pour chaque enfant, aujourd’hui à 800 zlotys (190 euros) par mois, environ un quart du salaire minimum. Cette aide compte aujourd’hui pour 8 % du budget de l’Etat. Quant aux places en crèche, elles ont triplé, à 230 000. Cela a réduit la pauvreté infantile, mais cela n’a eu aucun effet sur la démographie. La Pologne n’a ni pétrole ni matières premières, seulement sa force de travail. La croissance économique est fondé sur des salaires bas et des gens qui travaillent de très longues heures. Des jeunes femmes envisagent de se faire stériliser pour cause d’anxiété généralisée (la guerre en Ukraine, le changement climatique…). On peut faire le parallèle avec la Corée du Sud, un pays qui s’est également enrichi très vite, où les horaires de travail sont très longs, et où la natalité est la plus faible au monde (0,7 enfant par femme).
Le point de vue des écologistes statisticiens
Le chiffre de 2,1 enfants par femme qui permet une stabilisation d’une population à un niveau donné est très utilisé, y compris par les natalistes. Pourtant ce n’est qu’un chiffre sans fondement car cela n’indique pas si un pays à un moment donné a outrepassé ou non les possibilités en ressources durables pour cette population. Le livre de Michel Sourrouille, « SURPOPULATION – Afghanistan, France, Royaume Uni… aucun pays n’est à l’abri » démontrait que tous les pays sans exception, riches ou pauvres, connaissent actuellement les inconvénients du surnombre. Prenons l’exemple de la Pologne.
La population atteint 38 millions d’habitants en 2025. La densité de population en 2025 est de 125 habitants par km² , bien plus que la densité moyenne en Europe de 34 habitants par km². De plus la Pologne n’a ni pétrole ni matières premières et expatrie déjà sa population excédentaire. Problème supplémentaire, le taux urbanisation est élevé 60 %. C’est un signe de fragilité extrême en cas de difficulté. Or la pénurie énergétique nous menace et les métropoles, qui n’ont aucune autonomie, deviendront vite invivables. Comme faire face à à un exode urbain massif ; impossible.
Certes la Pologne a le plus faible taux de fécondité d’Europe, 1,03 enfants par femme. Un taux de fécondité proche de 1 conduit tendanciellement (si cela se poursuit) à une division par deux de la population à chaque génération. Mais ce taux est variable selon le comportement de la population. Le gouvernement polonais, ignorant les enjeux socio-économiques de la démographie, est ouvertement nataliste : une allocation est versée pour chaque enfant, aujourd’hui à 800 zlotys (190 euros) par mois, environ un quart du salaire minimum. Cette aide compte aujourd’hui pour 8 % du budget de l’Etat. Quant aux places en crèche, elles ont triplé, à 230 000. Cela a réduit la pauvreté infantile, mais cela n’a eu aucun effet sur la démographie. Des jeunes Polonaises envisagent de se faire stériliser pour cause d’anxiété généralisée (la guerre en Ukraine, le changement climatique…). On les comprend. La population polonaise est passé de 27 millions en 1955 à 38 millions aujourd’hui. En quoi revenir volontairement en 70 ans à une population de 27 millions serait-elle une évolution catastrophique ?
Au niveau général, la population mondiale de 8,2 milliards augmente encore au taux de croissance annuel moyen de 1 %, soit un doublement en 70 ans pour une planète que l’activité humaine a rendu exsangue et surchauffée. Il n’y a plus désormais de développement durable possible, au sens originel de pouvoir répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire les leurs. On ne peut comprendre ces natalistes qui condamneraient une diminution réciproque de 1 %. Comme l’indiquait Malthus en 1798, si l’humanité ne maîtrise pas sa fécondité au risque de dépasser l’état de ses ressources, il y a des famines, des guerres et des épidémies. En 2025, c’est bien là notre réalité concrète.
Le débat sur lemonde.fr
Nawak : Je pense que la Pologne, ainsi que d’autres pays dans cette situation, devraient lourdement taxer les gens sans enfants. Cela ne doit pas être vu comme une punition mais simplement pour préparer l’avenir. Qui va devoir payer les pensions et les soins pour les vieux sans enfant? Les enfants des autres. Et cela n’est ni tenable, ni souhaitable.
Antispécisme @ Nawak : Mais oui, bien sûr. Le raisonnement des trente glorieuses. Comme si entre temps la population mondiale n’avait pas quadruplé à 8 milliards d’individus, comme si les ressources de la terre étaient infinies, comme si le vivant, la terre, l’eau, l’air et le climat n’étaient pas détruits à petit feu par les humains. Pffff…. Je pense que tous les pays développés devraient lourdement taxer à partir du deuxième enfant. Du point de vue écologique comme des ressources de la planète, moins il y a d’humains, mieux chacun se porte. Sans compter le vivant sauvage, bien sûr, mais ça, chez des gens comme Nawak, c’est une considération intellectuelle ou empathique hors de portée. La pensée boomer dans toute sa laideur.
Gara : La décroissance démographique est une excellente nouvelle et une perspective inévitable. En 1972, « Les limites de la croissance » (le fameux rapport Meadows) concernait aussi la croissance démographique. Que l’on arrête de pleurnicher et que l’on s’y prépare, en limitant aussi la croissance des flux d’origine externe.
Un lecteur du Val de Marne : On ne sait quelle reforme permettra d’avoir assez de soignants, parmi peu de jeunes, pour soigner tous ces vieux ? Avec quel argent faire croitre les dépenses de santé dans un système économique dépressif et en décroissance ? Tant de questions vertigineuses.
EgoBrain : Cela geint et couine parmi certains commentateurs de l’article, et pourtant ils devront s’y faire. Parmi les jeunes générations, un certain nombre ont pris, fermement, la décision de ne pas avoir d’enfants, et rien ne changera à ce fait. Que ce soit parce que le coût du logement est trop élevé, parce que le réchauffement climatique s’accélère et que les systèmes appuient sur la pédale, que les technologies déshumanisantes s’échinent à nier l’humain, ou bien qu’il y ait déjà trop d’humains sur cette terre, la décision est arrêtée. Personne ne pourra contraindre des individus qui ne le souhaitent pas à avoir des enfants ou à les élever, cette époque est révolue. La population décroîtra, dans un monde qui au bonheur des populations ne sait que préférer la croissance économique, et chaque mesure de coercition ne fera que démontrer que ni le système contemporain, ni même l’espèce humaine, ne méritent vraiment d’être préservés. Déplorer les effets dont on chérit les causes, toujours.
Supersined : Pour que les jeunes générations aient envie d’avoir des enfants, il faut leur laisser 1 planète dans 1 état correct (par exemple arrêter d’acheter des voitures à pétrole) et défendre la démocratie (combattre les extrémistes et populistes qui veulent supprimer les contre-pouvoirs). On ne peut pas leur en vouloir d’hésiter à faire naître des enfants sur 1 planète détruite gouvernée par des dictateurs.

Si les polonais ne font pas d’enfant, c’est parce qu’ils n’ont pas assez de revenus, tout simplement ! Il y a déjà eu des enquêtes en Italie, et beaucoup de femmes ont exprimé en vouloir des enfants ou en avoir plus que prévu, mais si elles n’ont pas ou moins de ce qu’elles avaient prévu, c’est à cause du chômage et le manque de revenus ! Ne pas croire qu’elles soient satisfaites de renoncer à faire des enfants !
Non pas du tout ! Pas du tout, tout simplement !
Certes il y a de ça, mais globalement c’est juste un peu plus compliqué que ça.
D’ailleurs il suffit de poser la question à ChatGpt :
– « La question de la baisse de la natalité en Pologne, comme dans d’autres pays européens, est complexe et multifactorielle. Voici quelques raisons […]
1. **Facteurs économiques** : […]
2. **Carrières et aspirations personnelles** : […]
3. **Manque de soutien familial et social** : […]
4. **Changements culturels** : […]
5. **Incertitudes politiques et sociales** : […]
6. **Éducation et contraception** : L’accès à l’éducation et à la contraception permet aux individus de mieux planifier leur vie familiale, ce qui peut également
contribuer à une baisse de la natalité.»
Oui les multiples facteurs peuvent expliquer pourquoi les femmes ne font plus 4 ou 5 enfants. Mais le fait qu’on soit en dessous du seuil de renouvellement est bien lié au chômage, aux salaires insuffisants et manque de logements, les italiennes l’ont clairement exprimé, et même si elles n’en veulent pas 4/5, il n’en demeure pas moins qu’elles étaient très nombreuses a vouloir 2 ou 3 enfants ! A noter, que l’immigration excessive vient aussi saturer l’accès aux logements sociaux ! Les jeunes couples italiens n’ont plus accès aux logements sociaux pour démarrer dans la vie active, car la gauche ne cesse de les attribuer aux migrants !
Tu ne vas quand même pas te prétendre plus intelligent que l’IA , si ?
Sache que vouloir est une chose, et pouvoir en est une autre ! Et pour faire il faut d’abord pouvoir. Tiens la Preuve, bien que ce ne soit pas de ton âge, si ça se trouve tu la connais :
– « J’voudrais bien (ouin ouin ouin) mais j’peux point (ouin ouin ouin)
C’est point commode d’être à la mode, quand on est bonn’ du curé.. »
Ne t’en déplaise, le fait qu’ON soit en dessous du seuil de renouvellement est bien lié à TOUS ces facteurs cités par ChatGpt.
Ceci dit je trouve le 6 plutôt amusant… pas toi ? S’ils étaient bien élevés, et logiques… ceux qui se réjouissent de cette “démocalypse” (j’ai découvert ce mot hier) devraient remercier Monsieur Barthès and Co. Et de l’autre côté, ceux qui n’en dorment plus… qui font des cauchemars de gros débarquements et de Grand Remplacement… devraient les pendre à des grues. Sauf bien sûr s’ils sont pacifistes et non-violents.
Ceci dit, je n’oublie pas que militarisme, nationalisme et natalisme sont généralement liés.
Et que ce sont là des idéologies bien de droite. Voire d’extrême droite.
– « la Pologne est également la pointe avancée de la militarisation de l’Europe. En effet, depuis le début de la guerre russo-ukrainienne, l’État polonais cherche à se constituer comme une des premières puissances militaires de l’Otan. […] Pour le parti d’extrême droite au pouvoir, l’enjeu de la natalité et du contrôle des femmes est donc un enjeu nationaliste. Il s’agit de reconstituer un modèle familial traditionnel pour que les femmes, poussées à rester au foyer, produisent des millions d’enfants, potentiellement destinés à mourir au front. D’autre part, ces politiques bellicistes s’accompagnent toujours d’un projet raciste, avec en Pologne les politiques anti-réfugiés parmi les plus violentes d’Europe. » (Pologne : les attaques contre les droits des femmes se multiplient au service du réarmement – revolutionpermanente.fr)
Les Polonais(es) aussi ont les politiques qu’ils méritent :
En 2022 Jaroslaw Kaczynski, le président du parti d’extrême droite PiS, déclarait que si les femmes n’avaient pas d’enfants… c’était parce qu’elles étaient alcooliques.
Les Polonais(es) aussi ont les meRdias qu’ils méritent :
L’hebdomadaire (progressiste ?) Polityka explique «que les algorithmes auxquels les applications de rencontres ont recours ne favorisent pas la formation de couples mais encouragent, au contraire, leurs utilisateurs à multiplier les tentatives en les incitant à revenir sur les plateformes. » (Une du jour. Cette “démocalypse” qui menace la Pologne – courrierinternational.com)
Nawak (le commentateur rouge) pense (je cite) que la Pologne, ainsi que d’autres pays dans cette situation, devraient lourdement taxer les gens sans enfants. Et moi je pense que le mieux serait de leur couper la tête. À prendre au second degré bien sûr ! Un autre rouge (du Val de Marne) ne voit pas (je cite) quelle reforme permettra d’avoir assez de soignants, parmi peu de jeunes, pour soigner tous ces vieux (etc.). Mon dieu quel manque d’imagination ! Celui-là ne doit pas connaître le principe des vases communicants.
Du côté des verts ce n’est guère plus brillant. Ce pauvre Antispécisme ne pense lui aussi qu’à taxer les mal baisants. Gara doit probablement penser que tous ces pauvres gens qui crèvent de peur (anxiété, éco-anxiété etc.) est une excellente nouvelle. Quand ON le con traindra à baiser comme il se doit, ce que je ne lui (nous) souhaite évidemment pas, EgoBrain geindra et couinera encore plus. Et finalement, bien que plus sensé, Supersined ne propose qu’un yaka.
– « […] et chaque mesure de coercition ne fera que démontrer que ni le système contemporain, ni même l’espèce humaine, ne méritent vraiment d’être préservés. » (EgoBrain)
Ben voyons ! Comme dit l’autre… » L’humanité disparaîtra, bon débarras ! »
Moralité : Ces pauvres verts sont les champions.
Certains ici plaident pour qu’ON mette fin à ces politiques qu’ils qualifient de «natalistes», et appellent donc à la suppression des allocs, du quotient familial, et de tout autre dispositif sensé aider les familles dites nombreuses. Qu’ils m’expliquent alors comment ce qui est vrai dans un sens ne le serait pas dans l’autre.
En Pologne, en Chine et ailleurs, les incitations financières (allocs) pour «réarmer» le pays n’ont aucun effet. Encore une fois nous voyons là les limites de ces politiques visant à «maîtriser» («contrôler») la démographie. Notamment la natalité, et ce dans un sens comme dans l’autre.
Un jour c’est le taux de fécondité, un autre c’est la densité, avec le fameux carré de tant de côté. Aujourd’hui les zécologistes statisticiens viennent nous expliquer comment ON se doit d’interpréter ce chiffre de 2,1 enfants par femme. Un chiffre sans fondement (sic) !
Ben voyons. Par contre I=PAT ça c’est fondé, ça c’est du solide ! La bonne blague.
Chez ces gens là tout est bon pour arriver toujours à la même conclusion :
– Le Poumon vous dis-je !
En attendant, ON en crève ! De quoi ? Je l’ai dit mille fois, mais vous n’écoutez pas.
Tremblez braves gens, et rassurez-vous les autres, ON va toustes crever de PEUR !
– « Des jeunes femmes envisagent de se faire stériliser pour cause d’anxiété généralisée (la guerre en Ukraine, le changement climatique…)
Alors certes ON les comprend… c’est ce qu’ON dit.
Mais osera t-ON dire que ça va dans le BON SENS ? Misère misère !
– « Personne ne pourra contraindre des individus qui ne le souhaitent pas à avoir des enfants ou à les élever, cette époque est révolue. La population décroîtra […]» (EgoBrain)
Certes elle va décroître. Toutefois il est naïf de croire qu’il serait impossible d’exercer cette contrainte. Évidemment pas dans le but de donner de mauvaises idées à certains, j’ai déjà évoqué celle d’un permis de travailler, et/ou de voyager… délivré aux seules personnes ayant tant d’enfants. Deux, trois, quatre… c’est à décider.
Je pense que ces nouvelles classes consuméristes (en Chine et ailleurs) y réfléchiraient à deux fois avant de dire MERDE à leur dictateur.
– « Les célibataires de plus de 20 ans et les couples sans enfants payaient de fortes taxes.
La contraception et l’avortement étaient punis de prison, les femmes étaient sous surveillance, les visites mensuelles chez le gynécologue étaient obligatoires, et sans le certificat établi à leur issu, les femmes étaient privées de leurs droits. »
( La Roumanie de Ceaușescu : laboratoire d’une politique anti-IVG –
radiofrance.fr/franceculture 31 mai 2019 )
Et bien sûr ce genre de politique ne vise pas seulement à augmenter le Nombre, mais vise surtout à fabriquer le plus possible de «bons» patriotes (petits soldats). Bien conditionnés comme ils se doivent, de la couleur qui va bien, exempts du moindre défaut, etc. etc.
– La natalité, un enjeu profondément politique – Regard historique sur les politiques natalistes en France – lagrandeconversation.com